Chapitre 2
Les quinze minutes qui s'étaient écoulées depuis la sonnerie du téléphone portable de Greenberg, le crissement de la craie sur le tableau et le regard noir de Harris furent les plus froides et les plus silencieuses que Stiles n'avait jamais connues. Plus personne n'osait bouger dans la salle de cours, même pas Jackson. Même pas Danny qui avait laissé tomber par inadvertance sa règle juste à côté de son sac. Il n'avait pas essayé de se pencher pour la récupérer ; de peur de provoquer un autre crissement de craie. Erica s'était renfrognée sur son siège, griffonnant dans un coin de sa feuille de notes un dessin très grossier de Greenberg en train d'être pendu à un arbre et brûlé vif avant d'être barré.
Stiles, dont le menton était posé sur la page droite du manuel de Scott, tentait tant bien que mal de prêter une oreille attentive au professeur de Chimie. Son cerveau avait l'impression que les lettres tracées par des gestes agressifs ainsi que les lignes tantôt droites et tantôt verticales n'avaient plus aucun sens.
L'adolescent avait perdu le fil du cours et n'arrivait simplement pas à retomber sur ses pattes. Et si jamais le professeur avait la si brillante idée de leur donner une interrogation surprise juste avant la fin du cours, Stiles n'était même pas certain de pouvoir orthographier correctement son nom de famille. Ses pensées étaient entremêlées entre la sentence qui l'attendait et la déception de rater une opportunité d'emploi même s'il était conscient que, contrairement à Scott dont les principaux patients étaient bien incapables de se plaindre — les maîtres angoissés ou désagréables pouvaient rendre acerbe même un gentil loup-garou — ; il devra sans doute supporter pas mal de clients pénibles ou même de collègues irritants. Peut-être même que Stiles sera le problème des autres avec son sarcasme et son hyperactivité.
Pour le moment, ce genre de problèmes était le cadet de ses soucis. Même si Harris n'avait pas proféré la phrase fatidique, Stiles n'était pas sorti de l'auberge. Le jeune homme le connaissait que trop bien : le sanctionner dans l'immédiat c'était moins réjouissant que de le faire mariner dans son coin — allait il être en retenue ou non ? —, pendant toute la durée de son cours et de lui donner le papier lui notifiant de ladite retenue qu'à la sonnerie au moment où Stiles passera devant son bureau dans l'unique but de s'enfuir très vite et surtout très loin du dragon à lunettes-acariâtre.
Néanmoins, Stiles n'avait pas dit son dernier mot. Il avait plus d'un tour dans son sac. Peut-être pourra-t-il négocier ? Peut-être s'il présentait quelque chose de nettement plus alléchant comme rester toute la semaine en retenue à condition qu'il ne restât pas après trois heures ? Était-il vraiment en position de négocier, après tout… ? Ou peut-être faire totalement l'inverse : dire Harris de ne surtout pas le coller le lendemain, mais qu'aujourd'hui, ce n'était pas grave.
Vraiment n'importe quoi, Stiles.
Il se redressa sur son siège, fit craquer son cou avant de se tapoter les joues pour se forcer à rester concentré. Il leva machinalement les yeux vers l'horloge placée au-dessus du tableau : il restait plus d'une heure de cours. Il avait envie de s'affaler sur son banc, les bras pendant dans le vide. Il se sentait vidé de toute énergie et de toute volonté. Commencer la semaine avec deux heures de cours de Chimie ce n'était pas humain. Il aurait dû partir dans le groupe de Scott ; eux au moins, n'auront qu'une heure de cours de Chimie tandis que Stiles aura du temps libre juste avant Économie où ils seront ensemble.
Réactif de Wittig. Qui quoi ? Mais qu'est ce qu'il dit ?
Stiles secoua vivement la tête, cherchant à remettre ses idées en place — et accessoirement ses neurones. Il devait tenir, absolument rester calme. Peut-être qu'il ne sera pas collé après tout. Ne pas donner d'autres occasions au professeur Harris de se défouler sur lui. Tout était une question de maîtrise de soi.
Bon sang, combien de temps restait-il ? Une heure ? Dix minutes ? Quatre longues années ?
Il se mit à pleuvoir d'abord doucement avant de se transformer en averse. Stiles jeta un regard en biais vers les fenêtres une demi-seconde. Ce fut une demi-seconde d'inattention de trop. Harris se tourna vers lui et d'une voix froide lui demanda de se lever et d'aller au tableau. Stiles cligna des yeux perplexe avant de parcourir les alentours du regard comme s'il s'attendait à ce qu'un autre « Stilinski » fût dans la salle de classe. Au son nettement plus ferme que fit la voix de Harris au moment de l'appeler une seconde fois, Stiles se leva d'un bond, se prit les pieds dans son sac avant de tituber vers l'estrade devant une assistance retenant son souffle, déglutissant avec peine.
Jackson quant à lui arborait un sourire carnassier qu'il effaça presque aussitôt en apercevant les yeux ocre et menaçants d'Erica dirigés vers lui. Ce n'était pas qu'il avait peur de la jeune fille, mais plutôt un effet de surprise. Derek lui avait répété mainte et mainte fois d'éviter de se montrer à la vue de tous de cette manière ; même si c'était très tentant de lui répondre en montrant les crocs. Jackson ne put s'empêcher de sourire à lui-même en imaginant ce qu'il pourrait dire à ce cher Derek à propos de sa Beta ostensible.
Stiles se plaça à la hauteur du professeur de Chimie, le cœur battant à tout rompre. L'homme lui tendait un morceau de craie à bout de bras. Les yeux de l'adolescent passèrent du minuscule bout blanc au visage impassible du professeur avant de se poser sur le tableau. Son cerveau emmagasina et traita l'information avant que Harris perde patience. Stiles s'empara du morceau de craie d'une main tremblante, effleurant au passage les doigts glaciaux de Harris. Ce dernier remonta ses lunettes du bout du majeur avant de croiser les bras sur sa poitrine et de tapoter du doigt de manière agacée.
Stiles avait la désagréable impression que les notes du professeur au tableau étaient rédigées dans une langue inconnue. Il y avait des lettres isolées, des lignes partant en haut, puis à droite, certaines verticales d'autres obliques. S'il avait révisé ses cours de Chimie durant l'été, il aurait facilement réussi son exercice. Harris ne faisait qu'une révision des cours de l'année dernière afin de remettre les élèves dans le bain de la chimie organique. Néanmoins, l'air ahuri et totalement perdu de Stiles lui faisait comprendre que le jeune homme n'avait aucune once d'idée de ce qu'il devait faire. Pourtant, la leçon avait été déjà faite et refaite. Trois fois déjà. À la quatrième fois, Adrian Harris risquait de foutre un coup de pied à Stiles après lui avoir gentiment — encore heureux — rempli un formulaire au sujet de changement de matière et qu'il ne souhait plus l'avoir dans les pattes. Cependant, et malheureusement pour les deux, l'adolescent avait les sciences en matières obligatoires et Harris était le seul professeur de Chimie de cette école de cinglés et de tarés poilus aboyant à la pleine lune. Stiles était coincé quoi qu'il arrive et s'il ne voulait pas que Harris ne décide de le coller pour le restant de ses jours — niveau supérieur que de la coller pour le reste de sa scolarité ; il avait plutôt intérêt à réussir ce petit exercice de rien du tout.
C'était facile. Très facile.
Stiles déglutit doucement avant de poser le bout de sa craie sur le tableau à niveau d'un tracé linéaire. Il devait écrire le symbole d'un élément chimique. Oui, c'était très simple. Il jeta un œil en biais au professeur qui le fixait toujours impassible, à un mètre de lui tandis que l'assistance retenait son souffle depuis la minute et les trente secondes qui avaient suivi l'apparition de Stiles sur l'estrade et son face à face avec l'ardoise. L'adolescent ferma les yeux, inspirant doucement avant d'ouvrir juste l'œil gauche comme si ce qu'il s'apprêtait à faire faisait partie d'une activité dangereuse. Il était de notoriété publique que répondre mal à un exercice de révision au tableau à moins d'un mètre de Harris était quelque chose de suicidaire.
Stiles fit l'ébauche de la lettre « C » — pour l'élément chimique « carbone » — avant de jeter à nouveau un regard en biais au professeur qui leva les yeux au ciel avant de taper du pied. Stiles effaça du revers de l'auriculaire le peu de craie qu'il avait étalé sur le tableau pour commencer la lettre « O » — pour cette fois-ci l'élément chimique « oxygène ». Il se tourna à nouveau discrètement vers Harris. Ce dernier, excédé, rompit le silence d'une voix ferme, ce qui fit sursauter Stiles :
« Voulez-vous de l'aide, Stilinski, ou peut-être vaudrait-il mieux que je fasse moi-même l'exercice si nous devons compter sur le bon fonctionnement de la moitié de votre cerveau pour le résoudre avant la fin de la semaine ? »
Stiles fit la grimace. Il aurait voulu se transformer en souris et s'enfuir aussi loin qu'il le pouvait. Il était persuadé qu'il aurait un meilleur traitement en squattant la résidence de Peter Hale, caché derrière des boîtes de nourritures. Il déglutit avec peine. Tant pis, cela ne pouvait pas être pire de toute manière. Il était déjà collé — du moins, c'était pratiquement certain — ; il avait pratiquement aucune chance d'arriver à l'heure à son entretien. Les sarcasmes et les moqueries à son sujet étaient le cadet de ses soucis.
Il détestait aller au tableau. Il avait l'impression à chaque fois que son cerveau gelait et ne répondait plus de rien en se retrouvant face ou de dos aux autres élèves de la classe. Il était persuadé que la formule chimique devant ses yeux était d'une facilité enfantine et qu'il aurait facilement résolu le problème s'il n'était pas sur l'estrade, à un mètre du professeur de Chimie, tournant le dos à Danny et à Jackson qui, à son avis, devaient sourire bêtement.
Danny n'avait pas le cœur à sourire. Stiles était son binôme et le voir avoir autant de mal pour un exercice aussi simple ne l'enchantait absolument pas. Cela compromettait le bon déroulement des travaux de groupe durant l'année. Stiles était un bon élève, mais s'il commençait à montrer des signes de faiblesses, peut-être que Danny ira jusqu'à changer de binôme. Il ne pouvait pas se permettre d'avoir de mauvaises notes et surtout pas en sciences.
Jackson arborait cette expression mesquine dont il avait le secret. Erica quant à elle envoyait toutes les bonnes ondes qu'elle possédait à Stiles qui traça une ligne un peu au hasard. Il ne fit pas l'erreur de se tourner vers le professeur de Chimie ; il continua sur sa lancée, inscrivant les symboles chimiques dans la formule, traçant quelques lignes, effaçant par-ci par-là avant de mettre la touche finale avec le symbole de l'oxygène au bout d'une double ligne. Il s'écarta du tableau, intérieurement fier et extérieurement terrorisé par le dragon à lunettes qui avait fermé les yeux, calant ses montures de lunettes contre son nez du bout du doigt.
C'était mauvais. Très mauvais. Et Stiles avait envie de s'enfuir par la fenêtre tel un Scott en pleine crise de lycanthropie aiguë lors d'une pleine lune. Ou de se transformer en rat, de se réfugier dans une poche de la veste du Coach et de pas en sortir avant l'hiver.
Le cœur battant à tout rompre, Stiles déposa doucement le morceau de craie dans le sillon. Il se frotta doucement les mains l'une contre l'autre pour se débarrasser de la poudre sur ses doigts avant de faire face au professeur de Chimie. Il fit un pas de recul avant de se tourner vers l'exercice qu'il venait de résoudre. Il devait bien l'admettre : il avait répondu n'importe comment, ne sachant absolument pas ce qu'il faisait. Sa philosophie était : il valait mieux écrire des bêtises que de ne rien écrire du tout. Le fait qu'il eût parlé de la circoncision lors de l'examen d'Économie n'avait absolument rien à voir avec ce dicton. Absolument pas.
Harris jeta un œil au tableau puis porta son attention à Stiles qui fixait ses réponses en se demandant s'il ne devait pas corriger deux ou trois trucs avant qu'il ne fût trop tard. Il s'empara de la craie, effaça une ligne horizontale entre deux symboles chimiques avant de tracer une nouvelle ligne, cette fois-ci en oblique. Il reposa le morceau blanc dans le sillon avant de reculer de deux pas.
Si l'atmosphère de la classe n'était pas aussi tendue, personne n'aurait entendu Jackson pouffer de rire derrière son manuel de Chimie. Stiles fit volte-face, cherchant l'ancien Kanima des yeux, se retenant de faire une remarque. Harris lança sèchement sans quitter Stiles des yeux :
« Vous avez une remarque à faire, Monsieur Whittemore ? »
Et, peut-être que l'univers ne le détestait pas en fin de compte, Stiles ouvrit la bouche pour ajouter sur un ton à mi-chemin entre l'amusement et le stresse :
« J'ai dû commettre une faute et il veut m'aider. N'est-ce pas, Jackson ? »
L'adolescent se tourna vers son camarade de classe qui, pris au dépourvu, ne répliqua pas, se contentant de plisser les yeux d'un air mauvais en direction du fils du Shérif. Ce dernier afficha un sourire discret de triomphe avant de redevenir sérieux en apercevant le regard froid que lui adressait le professeur de Chimie. Il se gratta l'arrière du crâne en fixant ses chaussures avant de faire à nouveau face à l'ancien petit-ami de Lydia.
« Jackson, si vous estimez que monsieur Stilinksi s'est bel et bien trompé dans son exercice, peut-être voudriez-vous montrer à cette classe où votre camarade de classe a eu un sursaut d'idiotie, fit remarquer Harris en se tournant vers le principal intéressé. »
Jackson regarda Harris et Stiles tour à tour avant de se redresser sur sa chaise et de déclarer d'une voix pâteuse :
« Heu, non. Je crois que Stiles a bien répondu. »
Si Stiles s'était trouvé dans n'importe quel autre cours, avec n'importe quel autre professeur, il aurait émis un « Yes ! » triomphale avant de regagner sa place sous des applaudissements imaginaires. L'adolescent fit la grimace avant de se tourner vers Harris qui émit un son d'agacement avant de prier Stiles d'aller se rasseoir. L'adolescent partit sans demander son reste, se prit à nouveau les pieds dans son sac avant de se glisser derrière son banc à côté d'une Erica circonspecte, mais qui n'oubliait pas Greenberg, assis derrière elle et qui allait passer un sale quart d'heure une fois sorti du cours de Chimie.
Harris continua son cours sans corriger l'exercice que venait de faire Stiles, laissant les tracés du jeune homme dans un coin du tableau. Ce dernier s'était étalé de tout son long sur le manuel ouvert de Scott, vidé et étrangement soulagé.
Cela aurait pu être pire. Bien pire.
La sonnerie retentit et les élèves se précipitèrent vers la sortie de la salle de classe. Stiles, qui venait de laisser tomber une partie de sa trousse, étouffa un juron avant de se mettre à quatre pattes pour rassembler ses portes-mines, crayons et autres objets aussi inutiles qu'une petite règle et une gomme qui n'effaçait absolument rien. Erica grogna en apercevant Greenberg qui se faufilait entre ses camarades de classe pour regagner le long couloir. Elle agrippa ses affaires et, sans aucun mot ou regard pour Stiles, se hâta en direction de l'abruti qui avait oublié de mettre son téléphone en silencieux.
Le fils du Shérif rangea grossièrement le manuel de Scott dans son sac ainsi que sa trousse avant de refermer le tout et de le mettre sur son épaule gauche. Il s'arrêta net dans son geste en apercevant qu'il était le seul élève encore dans la pièce.
Harris était occupé à rassembler ses affaires sur son bureau, ne faisant pas attention à l'adolescent. Était-il au moins conscient de sa présence ? Stiles en était persuadé. Néanmoins, même si ce dernier avait la conviction que la meilleure chose à faire était de partir très loin et très vite, il ne pouvait pas s'empêcher de se demander s'il était réellement en retenue cet après-midi ou peut-être que le professeur ne l'avait tout simplement pas collé après tout. Non. Harris attendait juste qu'il passe devant lui pour lui remettre le papier fatidique. C'était simplement ça.
Stiles ne put réfréner un soupire de résignation, se dirigea d'un pas traînant vers le bureau professoral, la tête baissée et attendit. Adrian Harris ne leva pas les yeux vers lui ou ne récita pas une ligne de son répertoire de sarcasme, faisant des tas avec ses manuels et des notes pour les cours suivants. Stiles inclina la tête sur le côté, intrigué.
Le professeur leva la tête vers Stiles ; ce dernier cligna des yeux, perplexe avant de se pincer les lèvres, attendant la sentence. Le crissement horrible de la craie sur le tableau résonnait encore dans son esprit. Le cœur battant à tout rompre, il dandina sur ses pieds.
Bon, qu'on en finisse.
« Vous voulez quelque chose, Stilinski ? demanda doucement Harris, le corps penché vers son bureau, un manuel de Physique entre les mains. »
Stiles ouvrit la bouche pour répondre, mais aucun son n'en sortit. Comment ça « quelque chose » ? N'avait-il pas gagné une bonne heure bien ennuyeuse de retenue tout ça parce qu'un téléphone ne lui appartenant pas avait sonné en plein cours ?
« Stiles, j'ai cours dans trois minutes. Ou vous me dites ce que vous voulez ou je vous mets dehors. »
Les neurones emmêlés et recouverts d'angoisse de Stiles paniquèrent, cherchèrent une action à réaliser, quelque chose à faire dire à cette insolente bouche avant qu'il ne soit trop tard. Quelque chose, n'importe quoi, pourvu que ce silence idiot s'en aille.
« Par rapport à l'exercice, c'est juste que…, bredouilla l'adolescent.
— Si je n'ai pas jugé bon de vous corriger, c'est qu'il n'y avait rien à corriger, coupa le professeur en se redressant, croisant les bras sur sa poitrine, toisant Stiles de toute sa hauteur. »
Stiles hocha un peu trop vite la tête pour être quelqu'un de parfaitement à l'aise ce qui fit lever un sourcil sceptique à l'homme devant lui. L'adolescent ouvrit la bouche, cherchant ses mots.
Il n'avait pas de retenue. Il pourra se rendre à son rendez-vous professionnel. Il pourra servir les clients et se casser la jambe en voulant rapporter deux plats à la cuisine sous les rires hystériques des vieilles pies et autres clients insupportables.
C'était presque inespéré. Comme irréel.
Comme la stupide réplique qu'il lança avec un sourire crispé. Comme si son cerveau avait perdu pied en se rendant compte que sa peur et ses angoisses n'avaient pas lieu d'être, qu'il n'était pas puni et que l'univers ne le haïssait pas en fin de compte.
« Vous avez changé de lunettes ? »
Comme toute réaction possible, Harris écarquilla les yeux de surprise, bouche bée, tandis que Stiles en profita pour décamper, tel un lapin coursé par une famille de renards. Hébété, Adrian cligna les yeux par deux fois avant de se rendre compte que Stiles avait fui sans demander son reste. Le professeur tourna la tête vers la porte de la classe comme s'il s'attendait à ce que Stiles réapparaisse. Il laissa échapper un soupir de lassitude avant de se frotter les yeux du bout des doigts et de faire face au tableau. Il observa un moment l'exercice de l'adolescent avant de soupirer derechef. Il effaça un des symboles chimiques que son étudiant avait griffonné pour le remplacer par un autre. Il ne pouvait pas se permettre de laisser des fautes au tableau. Surtout pas des fautes faites par l'élève à demi cerveau nommé Stiles Stilinski.
Si Stiles savait que le professeur lui avait délibérément menti par rapport à une des réponses, il hausserait sans doute les épaules sans chercher à comprendre. Il n'en avait totalement cure.
Il y avait qu'une chose qui importait : il avait évité la retenue. Il était libre. Facile. Vraiment facile.
Fin du chapitre 2
