Notes de l'auteur : je sais que je prends mon temps pour construire la relation mais les choses se mettent doucement mais sûrement en place.


Chapitre 7

L'immeuble où résidait Adrian Harris comportait trois étages dont les couloirs étaient recouverts d'un vieux parquet grinçant. Le professeur de Chimie habitait le premier, juste entre une femme à la cinquantaine et une mère de famille nettement plus jeune et stressée. Il ne leur adressait pas la parole, à l'une comme à l'autre. La plus vieille promenait deux gros labradors noirs qui ne manquaient jamais d'aboyer quand il se trouvait à proximité. Il se contentait de les fixer d'un œil mauvais avant de suggérer à leur maîtresse de les museler. Cette dernière rétorquait d'un air pincé que sa façon de gérer ses chiens ne le regardait en rien et que si jamais, ils décidaient d'attraper la longue jambe du professeur acariâtre, elle ne fera aucun geste pour leur en dissuader. Et elle partait en déclarant à qui voulait l'entendre que les jeunes de cette époque ne respectaient vraiment plus rien. Adrian ne pouvait pas s'empêcher de pousser un long soupir d'agacement tout en se retenant de répliquer de façon cinglante. Si cette vieille dame connaissait Stiles et sa troupe, elle changerait rapidement d'avis sur ce qu'elle considérait comme impertinent (de simples conseils de muselière contre l'insolence naturelle du fils du Shérif). Quant à la jeune mère de famille, il l'avait croisée qu'à de rares occasions. Elle avait toujours les cheveux en bataille, son fils de deux ans au bras, tentant de contenir sa fille légèrement plus âgée de l'autre. Elle partait très tôt le matin pour revenir qu'en soirée avec la mine fatiguée et abattue. Et quand elle croisait la dame aux labradors, elle se mettait à hurler d'une voix stridente en collant ses enfants derrière le dos dans un élan protecteur. La première fois, Harris avait cru à une agression tandis qu'il était sur le point de partir en cours, avant d'entendre la vieille femme râler de sa voix nasillarde et d'ordonner à la pauvre jeune femme de se calmer. Quel merveilleux voisinage. Vraiment.

Tout cela à cause de cet idiot de Matt. Avant cette histoire de meurtres et de ce vol de voiture, Harris habitait à l'autre bout de la ville, dans un coin certes tranquille, mais nettement moins rustique que ce vieil immeuble. Après que son innocence fût prouvée, il avait dû être contraint de déménager, non pas à cause de cette affaire sordide, mais plutôt sous un conseil du Shérif Stilinski. L'avantage était qu'il avait un appartement plus grand. Le désavantage résidait dans le voisinage d'à côté comme en bas ou en haut assez tumultueux et surtout incroyablement bruyant. Certes, dans son ancien quartier, il n'était pas du genre loquace, mais il arrivait à parler poliment à un ou deux voisins. Pour l'heure, c'était loin d'être le cas. Et il ne s'en plaignait absolument pas.

Ses retours après une journée de travail avaient l'arrière-goût de la routine mélangée à un rituel très strict. Il rentrait de l'école, posait ses clefs sur la grande table à manger tout en décortiquant son courrier — s'il en avait — avant de poser son sac sur une des chaises. Il faisait les cent pas d'un côté puis de l'autre, déposait les lettres sur un petit meuble avant de se diriger d'un pas lent vers la cuisine. Il sortait du réfrigérateur un plat à réchauffer, le mit dans le four et retourna dans la salle à manger tout en retirant sa veste avant de la déposer sur le haut du canapé en râlant sur l'heure avancée et la tonne de travail qui lui restait à faire avant de se coucher.

En ce jour, tout se passa exactement comme d'habitude sauf qu'il posa le téléphone de Stiles sur le bord de la table, se dirigea vers la salle de bain pour se débarrasser de sa veste froissée par « l'incident du couloir » et la jeta sur un tas de linges sales avant de se frotter les yeux de fatigue. Une fatigue nerveuse. Ce genre de fatigue qui le frappait en plein fouet quand il passait trop de temps avec le fils du Shérif. Généralement après des heures de retenues ou des heures de laboratoire de Chimie à courir après l'insolente stupidité de Stiles Stilinski.

Pour l'heure, il n'avait pas envie de réfléchir à des solutions farfelues pour cette histoire d'échange de téléphones portables. Il était même surpris que l'adolescent n'eût pas encore tenté d'appeler. C'était son propre téléphone donc il connaissait son numéro, n'est-ce pas ? Ou était-il encore plus idiot et absurde que cela ? Adrian Harris n'avait pas touché au téléphone alors qu'il était pratiquement persuadé que si, en ce moment même, l'adolescent était bel et bien conscient de sa bêtise, il était certainement en train de fouiller le téléphone de son professeur, scandant chaque numéro, chaque photo, chaque discussion ou simple message, chaque appel passé ou manqué. Ah. Aussi curieux qu'une chatte enceinte même si cette expression ne valait pas grand-chose en soi. De toute façon, l'adolescent allait vite déchanter. Il n'y avait pratiquement rien de compromettant. Pas de photos ou peut-être juste une d'un pneu crevé faite pour l'assurance. Pas de discussion étrange mise à part avec le Coach au sujet des élèves et de leurs comportements. Quelques messages du proviseur à propos de la réunion des parents d'élèves, du planning de réunions des professeurs et d'autres choses totalement professionnelles. Si Stiles pensait y découvrir quelque chose de réellement intéressant, il trouverait certainement fascinante la demande du professeur d'Histoire au sujet d'un groupe à intervertir pour la fin de la semaine.

Dans un sens, c'était même pathétique, mais Adrian en faisait bien fi de ce genre d'avis. Il avait autre chose à penser qu'avoir un soupçon de vie sociale. Alors que Stiles, un adolescent de dix-sept ans, né en plein boom technologique de la téléphonie, devait passer son temps sur son appareil à envoyer des messages à son ami McCall ou à d'autres personnes de ce genre. Adrian pouvait trouver des choses nettement plus gênantes dans le téléphone de cet idiot de Stiles. Seulement, il n'avait pas envie de savoir. Il n'avait pas du tout envie de fouiller l'appareil, car s'il devait reprendre l'adolescent sur la notion de vie privée, il voulait avoir un semblant de véracité dans ses propos. En plus de cela, qu'allait-il bien trouver à part des discussions sans grand intérêt qu'il entendait chaque jour à travers la porte de son bureau ou de la salle de classe ? Pour ce qui était des potentielles photographies, ce n'était pas judicieux de les parcourir. Il suffisait que cet idiot eût fait une photo de lui-même dénudé et… Non. Ce n'était pas du genre de Stiles. Il était plutôt du genre à se mettre des choses dans le nez et de se prendre en photo avec un sourire idiot à côté de son ami McCall. Ou du genre à faire une photo de la jeune Martin et de son amie Argent en train d'essayer des tenues dans un grand magasin.

Harris n'avait vraiment aucune envie de jouer les curieux. Il aurait pu appeler Stiles et le prévenir de cet échange, mais il craignait que le jeune homme parte dans tous les sens, amplifiant ce mal de crâne. Ou même qu'il eut laissé le téléphone à son père, car il lui aurait expliqué vaguement qu'il avait laissé son téléphone quelque part et qu'il avait trouvé celui-là par hasard. Son père l'aurait cru, peut-être pas, gardant le téléphone près de lui au cas où le propriétaire essaierait d'appeler. Mais Adrian ne le fera pas.

Du moins, si Stiles décidait de l'appeler, et que son propre numéro de téléphone apparaissait sur l'écran, peut-être que Harris décrocherait.

Pour le moment, il avait décidé de brancher le téléphone pour le charger — il ne lui restait que dix pour cent de batterie —, de manger rapidement et de corriger l'interrogation surprise qu'il avait donnée au groupe de McCall — le regard effrayé et perdu de Scott McCall à l'annonce du contrôle fut admirable. Il avait pourtant certifié qu'il avait étudié pendant les vacances. Il avait été bien incapable de donner la formule chimique d'un acide alors que celle-ci avait été vue et revue la semaine dernière. Bon sang, pourquoi n'avaient-ils que des élèves à la mémoire de poisson rouge dans cette ville ?

Comme prévu, la plus grande partie du groupe de McCall n'avait pas répondu à toutes les questions. Certaines réponses étaient même étranges et le professeur dut se creuser les méninges pour tenter de comprendre le raisonnement utilisé pour arriver à une telle conclusion avant de se rendre compte que certains avaient opté pour « autant répondre une bêtise que de rien mettre ». Pour ce qui était d'Allison Argent, elle n'eut que la moyenne. Et encore. Adrian n'était pas certain de comprendre si la jeune fille eût mis un ion positif ou négatif, le signe « plus » ou le signe « moins » juste à côté de l'élément chimique impliqué. Dans le doute, et même si cela ne changeait pas grand-chose à son maigre « C — » Adrian Harris avait compté comme si c'était une bonne réponse. Scott McCall avait réussi à décrocher un « B+ ». Le professeur poussa un long soupir : il y avait de l'espoir après tout même si le jeune homme avait perdu bêtement des points.

Stiles Stilinski était un cas terriblement à part. Il pouvait répondre parfaitement à un exercice très complexe et se planter à la première question sur un sujet nettement moins compliqué. Ou perdre la moitié des points, car il oubliait de noter son nom de famille. Harris avait failli plus d'une fois lui mettre la meilleure note avant de se plaquer la main sur le visage de consternation en remarquant que le fils du Shérif avait oublié son nom.

Systématiquement.

À chaque fois.

Constamment.

En permanence.

Comme toujours.

Une fois encore.

Toujours le même problème.

Dès que Harris tombait sur un contrôle ou un examen où l'élève semblait avoir parfaitement compris son cours — même, nettement mieux que Lydia Martin, et c'était pas peu dire —, c'était Stiles Stilinski. Ce même Stilinski qui oubliait son fichu nom sur cette fichue feuille lui faisant perdre plus de la moitié de ses fichus points. Il avait essayé l'année dernière de lui faire comprendre subtilement les choses en prétextant que seulement en inscrivant son nom de famille, il aurait la moitié des points de l'examen. Oui, le jeune homme l'avait écrit. Seulement voilà, McCall s'était senti mal et avait quitté la salle d'examen ; et cet idiot l'avait suivi. Et contrairement à Scott qui avait voulu repasser son examen, Stiles n'en avait pas trouvé l'utilité vu que Harris lui avait octroyé la moitié des points — Scott n'ayant pas eu le temps de noter son nom sur la feuille avant d'avoir son malaise. Un demi-cerveau, dans les règles de l'art.

Adrian pouvait néanmoins reconnaître que Stiles avait le mérite de prouver que ses cours n'étaient pas si compliqués que cela et qu'il faisait plutôt bien son travail. Des parents d'élèves blasés étaient déjà venus lui soumettre des idées pour changer ses manières d'enseigner, car d'après eux, ce n'était pas de la faute de leurs si intelligentes têtes blondes s'ils se ramassaient des notes épouvantables. Non. Absolument pas. Tout était de la faute du professeur, bien entendu. Ah, le manuel ? C'était aussi de la faute du professeur. Après tout, si les élèves n'arrivaient pas à comprendre un paragraphe de ce fichu livre scolaire, c'était certainement à cause d'Adrian Harris qui ne leur avait pas enseigné la compréhension à la lecture. Non, ce n'était pas de la faute à ces adolescents qui préféraient passer leur temps devant des séries inintéressantes remplies de clichés en tout genre ou à jouer à des jeux vidéo ou à commenter les derniers potins d'Hollywood au lieu d'étudier leur leçon pour un contrôle prévu un bon mois à l'avance. Et que dire de ces regards globuleux qu'ils lançaient à Harris durant les cours et qui lui donnaient envie de casser sa règle en deux, d'en faire des copeaux et de foutre le feu à toute l'école ? Absolument rien.

Adrian avait heureusement une patience à toute épreuve.

Sauf quand il s'agissait de Stiles Stilinski.

Pour l'heure, il devait admettre que le jeune homme avait tout fait pour rester discret, même si cela était dû au fait que son ami Scott McCall n'était pas dans le même groupe que lui. Il avait essayé. Doucement essayé. Maladroitement essayé. Et cette sonnerie abominable retentissant dans la classe avait eu comme effet de rappeler à Harris que malheureusement, Stiles n'était pas le seul élève qui pouvait interrompre son cours. Bien entendu, c'était généralement le fils du Shérif avec ses manies de parler quand il n'en avait pas la permission. Ou bien juste ses façons de travailler durant les laboratoires. Il pouvait tout réussir à condition qu'il ne perdît pas le peu de concentration dont il faisait preuve. Et il suffisait d'un petit rien pour que le jeune homme rate une expérience. C'était en devenir complètement fou.

Bon. Qu'il se cogne contre le coin de la table en levant le bras, c'était maladroit, mais pas insolent. Il avait au moins eu l'intelligence d'étouffer son stupide cri de douleur.

Juste à ce moment-là, Harris croyait que ces deux heures de cours avec l'hyperactif allaient être calmes et efficaces. Stiles avait semblé décider à se faire discret. Le professeur l'avait ressenti de la sorte et pour un lundi matin, ce n'était pas du luxe. Combien de fois avait il eu envie de balancer Stiles par la fenêtre, car il avait parlé à voix haute à Danny ou à Erica dès cinq minutes après le début du cours ? Pas cette fois-ci. Le jeune homme lui avait paru terriblement angoissé — plus que d'habitude et c'était suffisant pour qu'il essaie de lui-même de ne pas provoquer le professeur. Ce fut pourquoi ce dernier n'avait pas lâché un sarcasme après ce coup absurde contre la table en levant le bras durant l'appel. Même si cela avait été tentant.

Jusqu'à cette sonnerie.

Il avait su de suite que ce n'était pas le téléphone de Stiles.

Il l'avait aperçu éteindre son téléphone à la va-vite dans un geste disgracieux. Il avait tracé la ligne au tableau avec nettement plus de calme qu'il aurait cru un jour posséder dans ce genre de situation — il aurait pu faire volte-face et s'en prendre violemment à Greenberg devant toute la classe, quitte à en faire pleurer un ou deux par la même occasion et cela n'aurait pas été la première fois. Seulement, il s'était forcé à calmer la colère noire qui l'avait envahi pour que Stiles reste conscient durant le reste du cours. Son visage si pâle et son expression presque suppliante avaient été un argument suffisant pour garder le silence tout en notant bien que ses camarades de classe l'avaient envoyé au bûcher d'un doigt accusateur.

Être « agréable » avec Stiles n'était pas aussi compliqué qu'il l'aurait cru.

Cependant, il ne savait pas quoi faire de ce téléphone portable en train de se charger dans un coin de la pièce. Il savait pertinemment bien que le jeune homme s'était rendu compte de l'échange et qu'il devait être en train de faire les cent pas dans sa chambre en se demandant ce qu'il devait faire de son côté. Appeler le professeur au risque que ce dernier lui raccroche au nez ? Éteindre l'appareil et attendre le lendemain pour le lui rendre juste avant les cours sans faire de commentaires ?

Adrian était trop fatigué pour y trouver de solution. Et si le jeune homme se décidait bel et bien à l'appeler, il n'était pas certain de décrocher.

Harris rangea ses affaires après avoir préparé les leçons pour le lendemain, se dirigea vers le téléphone de Stiles d'un pas lent. Il avait reçu trois messages d'un certain « Miguel ». Le professeur fronça les sourcils. Il ne connaissait pas de « Miguel » dans l'école. Il haussa les épaules. Après tout, c'était peut-être un cousin ou un collègue du Shérif ou un ami hors de l'école.

Il n'y avait que l'icône indiquant des messages et le nom de l'expéditeur sur l'écran du téléphone. Pas d'aperçu du dit message sinon Adrian aurait pu lire que Miguel demandait à Stiles pourquoi son ami « loup-garou » ne répondait pas à son message et s'il était obligé d'aller grogner.

Oui. Harris aurait pu lire les conversations intéressantes entre Scott et Stiles, entre ce dernier et Lydia. Et aussi avec « Miguel » qui n'était autre que Derek Hale. Il aurait pu comprendre bien des choses sur le comportement et l'hypervigilance de l'adolescent.

Seulement, ce n'était pas honnête de fouiller le téléphone d'un élève même si ce dernier devait l'avoir fait avec celui de son professeur. Et puis, quel adolescent sain d'esprit ne mettait pas de code de verrouillage ? Vraiment, Stiles...

Adrian laissa échapper un soupir de fatigue, se frotta les yeux du bout des doigts, retira ses lunettes avant de les poser à côté du portable du fils du shérif. Il passa dans la salle de bain pour prendre une douche. Peut-être que l'eau chaude l'aidera à mieux réfléchir à cette absurde histoire d'échange.

Une fois sous la douche, il se força à faire le vide dans son esprit tandis que l'eau cascada depuis le sommet de crâne jusqu'à ses orteils. Il prit appui avec la main droite contre le mur devant lui. Il ne pouvait pas s'empêcher de se remémorer le fou rire de Stiles. Ce fou rire terriblement nerveux. Le professeur n'avait pas compris ce qu'il avait pu dire de si drôle. Ou en quoi il avait été « adorable ». Il avait tenté d'aider son élève et rien de plus. Du moins, peut-être que si cet imbécile de Greenberg avait eu la bonté de venir à sa retenue tout de suite, peut-être qu'il aurait même pas croisé Stiles dans le parking sous-terrain. Dans ce cas, comment le jeune homme aurait pu s'en sortir ? En dormant dans sa voiture ? Non, bien sûr que non.

Que faisait-il dans ce quartier, loin de chez lui, loin de l'école, loin des résidences de ses amis, loin du bureau du Shérif ?

Comment un adolescent avait-il pu oublier de recharger son téléphone pour la journée ? Ou, dans le cas échéant, de prendre son chargeur avec lui pour la voiture ? Certes, si sa jeep n'avait pas eu des soucis, cette histoire de batterie de téléphone n'aurait pas eu autant d'importance. Néanmoins, Stiles avait eu de la chance. Une chance presque insolente.

Voilà maintenant qu'ils se retrouvaient tous les deux avec le téléphone de l'autre. Ah ! Adrian se promettait de changer de marque et de modèle dès qu'il le pouvait. Et de prendre une coque ou quoique ce soit d'autre pour ne plus être confronté à ce genre de situation farfelue.

Il enverra peut-être un message à cet idiot pour le prévenir, au cas où. Après tout, Stiles pouvait avoir laissé de côté l'appareil et ne pas l'avoir touché de la soirée. Un message et pas un appel. Ce n'était pas le moment de subir les paroles incohérentes du jeune homme. Harris était exténué et n'avait pas la patience de supporter la voix du jeune homme quand il partait dans tous les sens.

Le professeur était conscient que cela devait faire partie de son mécanisme de défense. Stiles se laissait envahir par ses émotions, ses angoisses et ses peurs et finissait par vomir des tas et de tas de choses sans reprendre son souffle et sans laisser le temps à son interlocuteur d'en placer une. Cela lui devait lui donner un sentiment de contrôle. Très faible, certes.

Envoyer un message.

C'était la chose la plus sensée à faire pour le moment.

Il sortit de la douche et s'arrêta quelques secondes pour observer le miroir couvert de buée. Il ne put s'empêcher de penser à Stiles traçant des lignes ci et là sur la vitre de sa voiture dans un geste ennuyé.

Il sourit à lui-même avant de tracer une ligne du bout de l'index sur le miroir. Il ne sut pas exactement pourquoi ses doigts glissèrent pour écrire le nom de Stiles avant de balayer le tout de la main.

Le message. Envoyer le message. Bien. Très bien.

Après avoir enfilé quelque chose pour la nuit, Harris s'empara du téléphone du fils du shérif, retira le chargeur et emporta le tout vers sa chambre. Il remit ses lunettes sur le bout de son nez, s'installa sur le bord du lit, brancha le tout à côté de sa table de nuit, régla son réveil matin — il ne faisait pas confiance au système de réveil des téléphones portables et encore moins, venant du téléphone de l'adolescent. Il fit attention à ne pas ouvrir la conversation de « Miguel » en allant dans l'application de messagerie. Ce qui était intéressant avec la configuration de l'appareil de Stiles était qu'il affichait les noms des contacts de la conversation et rien d'autre. En plus de cela, une icône indiquait s'il y avait des messages non lus. Toutes les conversations disponibles avaient de nouveaux messages. Stiles aura la preuve formelle que son professeur n'avait rien lu. Ou alors... il pouvait imaginer qu'il avait lu avant d'avoir reçu de nouveaux messages ? C'était assez tordu pour le demi-cerveau de Stiles Stilinski. Néanmoins, c'était le cadet des soucis du professeur de Chimie.

Il composa un message qu'il envoya à son propre numéro de téléphone après avoir inspiré longuement et s'être frotté les yeux de fatigue. Il posa le téléphone à côté de son réveil, sortit son livre de chevet en sachant pertinemment bien qu'il ne lira pas plus de deux pages avant de le ranger. Il s'allongea, ouvrit son livre et le téléphone vibra.

Perplexe, il cligna des yeux avant de tourner la tête vers l'appareil. Voyant son numéro affiché en notification, Adrian comprit que Stiles lui avait répondu en moins de trente secondes. Il ne savait pas si cela était réjouissant ou inquiétant. Il posa son livre sur le bord du lit, s'apprêtant à lire la réponse de l'adolescent. Il eut un mouvement de recul de la main comme si le téléphone possédait une sorte de champs de force. Il se mit à appréhender ce qu'il était sur le point de lire. Peut-être que Stiles s'était contenté de lire le message et que ce n'était qu'un accusé de lecture quelque chose comme cela ? Ou peut-être était-ce ce « Miguel » ou Scott McCall. Les doigts à quelques centimètres à peine de l'écran de l'appareil, le professeur prit une grande inspiration, afficha un rictus avant de reprendre la lecture de son livre.

Stiles n'avait pas pu lui répondre aussi rapidement. Le message avait dû croiser un de ses amis ou famille et voilà. Ou alors, cet idiot était vraiment en train de fouiller son téléphone et l'avait entre les mains quand ce dernier avait vibré à la réception du petit mot d'Adrian Harris.

Enfin « petit mot ». Tout était relatif. Le professeur avait juste fait la remarque que le jeune homme avait échangé leurs appareils durant sa « sortie » précipitée et qu'il lui demandait de bien vouloir le rendre le lendemain matin à la première heure. Il n'avait pas précisé ce qu'il allait faire en cas de refus ; il en avait fait totalement fi. Après tout, Stiles n'avait aucune raison de retenir son portable en otage. Harris s'en servait uniquement pour le travail et rien d'autre.

Néanmoins, le professeur se réservait le droit de lui tirer les oreilles — ou même de lui donner un coup de pied aux fesses — si jamais il ne venait pas demain à la première heure dans son bureau ou dans sa salle de cours avec son dû.

Harris tenta tant bien que mal de comprendre le paragraphe qu'il était en train de survoler depuis un quart d'heure, l'esprit ailleurs. Il tapota du bout des doigts la couverture de son livre avant de le fermer et de le ranger dans sa table de nuit non sans jeter un œil au téléphone à l'écran éteint juste à côté de son réveil matin.

Peut-être que Stiles ne s'était pas rendu compte de l'échange.

Peut-être qu'il avait jeté le téléphone dans un de ses tiroirs et qu'il ne comptait plus y toucher avant la fin de l'année.

Peut-être que le Shérif se chargera de le lui rendre pour que cela ne semble pas si bizarre.

Harris ne savait pas exactement pourquoi il aimait aucune de ces perspectives. C'était absurde.

Pourquoi cet idiot ne lui répondait pas ? Avait-il éteint le portable ? L'avait-il perdu ? Cassé en le jetant contre le mur de peur ou de rage ? Revendu peut-être ? Avait-il peur qu'en le touchant le professeur lui donne des retenues ?

Bon sang, pourquoi avait-il fallu que Greenberg ne l'écoutât pas et ne vînt pas en retenue tout de suite ? Pourquoi avait-il fallu que le professeur restât des heures avec cet imbécile à le fusiller du regard tandis qu'il rangeât et astiquât la grande bibliothèque de cette école de dingues ? Et par conséquent, il n'avait pas pu avancer dans ses corrections avant d'être rentré chez lui.

Pourquoi avait-il fallu que le fils du Shérif fût dans son parking, juste à côté d'une place libre ?

Ah. Il aurait dû passer son chemin et laisser ce stupide adolescent se débrouiller avec sa stupide voiture.

Il aurait dû le pousser à bout durant ses cours comme à chaque fois.

Il aurait dû s'emporter après cette stupide bousculade et pas essayé de se montrer rassurant et compréhensif.

Il aurait dû faire volte-face en l'apercevant entrer dans la salle de cours d'Économie avec des dizaines de minutes de retard, l'attendre à la sortie de ce même cours pour lui donner sa feuille de retenue même s'il était fort probable que le coach l'aurait collé avant lui. D'ailleurs, pourquoi cet idiot de Finstock ne l'avait pas fait ? Parce que Stiles était dans l'équipe de Crosse ?

Non, c'était impossible. Le Coach ne cessait de bassiner Harris avec l'incompétence de l'équipe de Beacon Hills depuis quelque temps et surtout, le professeur d'Économie mettait tous ses espoirs sur Jackson Whittemore et Scott McCall. Pour ce qui était de Stiles, Finstock se plaignait de lui tout en allant à des remarques ou autres moqueries sur le fait que le jeune homme passait le plus clair de son temps sur le banc de touche et que s'il devait monter sur le terrain, c'était uniquement pour remonter le moral des troupes durant les entraînements en louper tous les arrêts. Sans oublier que l'adolescent était de la chair à canon durant les matchs. Et en ce qui concernait la place des élèves dans l'équipe par rapport à leurs notes catastrophiques, le Coach utilisait Stiles comme monnaie d'échange contre ses meilleurs joueurs durant des négociations totalement absurdes avec le professeur de Chimie. Ce dernier passait le plus clair du temps à défendre le jeune Stilinski au grand dam du Coach qui lui trouvait aucune autre utilité que de chauffer le banc des remplaçants.

Oui, le professeur de Chimie défendait Stiles Stilinski et son collègue ne se privait pas pour lui rappeler que l'adolescent le rendait suffisamment fou pour que la proposition de le coller pendant des heures entières — tandis que les bons joueurs ayant de mauvaises notes en Chimie et en Physique étaient certains de continuer à jouer — fût suffisamment alléchante pour être négociée et acceptée.

Le chimiste blêmit, tenta d'attraper le téléphone portable qui glissa entre ses doigts avant de s'écrouler sur le parquet en faisant un bruit sourd.

Il n'avait pas pensé à cela. Du tout. Il était conscient que la discussion avec le Coach pouvait paraître barbante, mais en remontant assez loin, Stiles pouvait lire des échanges le concernant et qui étaient plus ou moins problématiques. Il fallait toutefois remonter dans l'historique jusqu'à l'année précédente.

Et si jamais Stiles...?

Certes, il n'avait aucune preuve que Stiles eût lu la conversation entre les deux professeurs jusque là. Cependant, si cela s'avérait exact...

La dernière notification était, comme le pensait le professeur, un message d'un de contacts de Stiles.

Il s'assit au bord du lit et observa quelques instants l'appareil entre ses doigts. Il était presque minuit. L'adolescent était probablement déjà couché et endormi. Comment dormait-il ? Parfaitement allongé sur le dos, la couette parfaitement en place ? Sur le ventre, une jambe sortie de la couette et un bras en dessous du coussin ? Les pieds sur la tête du lit, la tête dans le vide, la couette sur le sol ? Sur le côté, les genoux près du ventre, les mains contre le visage ?

Harris cligna des yeux avant de secouer la tête pour chasser ses pensées étranges et inappropriés. Il examina une seconde fois le téléphone. Il tapota du bout des doigts le côté de l'appareil, consulta l'heure, leva les yeux en direction de son salon plongé dans la pénombre avant de déglutir.

S'il ne voulait pas répondre au message, il ne lui restait plus qu'à l'appeler. Il aurait voulu en rester avec un simple message même si dans un sens, le fait que Stiles eût lu ou non la conversation n'avait pas autant d'importance que cela. Après tout, l'adolescent était bien conscient que son professeur ne l'appréciait pas. Cela ne changera rien à cela. Finstock ne pensait qu'aux résultats de l'équipe de l'école. Pour ce qui était des cours, Stiles s'en sortait mieux que la plupart des élèves. Il était nul en sport, mais qui pouvait le blâmer pour cela ?

Très lentement, Harris composa son propre numéro de téléphone. Il esquissa un rictus, fixant le bouton d'appel. Il passa une main moite sur son visage avant d'annuler le tout et de reposer le téléphone sur le bord de la table de nuit.

Ce n'était pas si important que cela. Après tout, si Stiles lisait les messages, il serait en tort et il ne pourrait s'en prendre qu'à lui même. Le respect de la vie privée.

Le professeur se laissa tomber en arrière, les bras au-dessus de la tête et se mit à fixer le plafond. Il tapa du pied, ferma les yeux, se concentrant sur sa respiration.

Le visage paniqué et décomposé de Stiles après leur bousculade, les yeux humides et les lèvres légèrement entrouvertes et tremblantes.

Harris avait rien à se reprocher. C'était le Coach qui revenait sans cesse à l'attaque avec ses « Stilinski est une catastrophe dans l'équipe. Il ne sera jamais sélectionné. Il est incapable de rattraper une balle sans assommer quelqu'un avec sa crosse ». Le professeur de Chimie se contentait d'accepter de coller Stiles pour des motifs futiles à condition de ne pas interdire les bons élèves en sports, mais mauvais en Sciences de jouer.

Si Stiles devait détester quelqu'un, c'était bien Bobby Finstock et pas Adrian Harris.

Non, il avait vraiment aucune raison de le haïr.

Harris se mit en appui sur les coudes, soupira avant de se redresser et de s'allonger sur le ventre, le bras pendant dans le vide, la tête tournée en direction du téléphone portable dont la charge devait avoisiner les soixante pour-cent. Il retira ses lunettes, les posa juste à côté de l'appareil et éteignit la lampe de chevet. Il resta un moment sans bouger, le bras à nouveau ballant avant de se tourner sur le côté, dos à la table de nuit.

Il n'arrivait pas à sortir Stiles Stilinski de son esprit. Il le revoyait debout à moins d'un mètre de lui en train d'écrire au tableau ; sa main se rappelait ce moment où elle avait effleuré la tête de l'adolescent. Et ses vêtements devaient le remercier de les avoir aspergés d'eau. Bon sang, quelle personne sensée marchait sans regarder où elle allait avec une bouteille d'eau ouverte ?

Il se tourna à nouveau vers la table de nuit où les chiffres de son réveil matin étaient la seule source de lumière dans tout l'appartement. Il étouffa un juron, tendit la main et s'empara du téléphone de Stiles. Il composa son propre numéro et confirma l'appel. Il se tourna à nouveau, l'appareil entre son coussin et son oreille gauche.

Une sonnerie.

Il porta l'index en bouche et se surprit à ronger l'ongle avant de se reprendre et de cacher la main récalcitrante derrière son dos.

Deux sonneries.

Dehors, une voiture démarra en trombe tandis que des passants s'esclaffèrent, quelques verres d'alcool dans le nez. La vieille aux chiens promenait ses compagnons tout en fumant une cigarette et ne manquait pas de commenter ces personnes bruyantes et irresponsables. La mère de famille n'était pas encore rentrée du travail et ses deux enfants étaient toujours chez la nounou, paisiblement endormis dans des lits jumeaux.

Trois sonneries.

Il imagina Stiles allongé dans son lit, sous la couette, en train de lire des bandes dessinées ou de finir ses devoirs pendant qu'un téléphone sonnait dans un fond de tiroir entre deux livres pour le cours de Littéraire, étouffant le bruit.

Quatre sonneries.

« Vous allez répondre à ce putain de téléphone, Stiles ! s'emporta Harris, à bout de patience. »

Ce fut au même moment que Stiles décrocha et, surpris par la voix passablement irritée de son professeur de Chimie, il s'exclama sur un ton espiègle qui lui était propre :

« Ne devez-vous pas être en train de dormir, professeur ? »

Harris ferma les yeux de consternation, passa une main sur son visage avant de se mettre sur le dos, plaquant la tête contre son oreiller.

« Ne devez-vous pas être attentif à ce que vous faites avant de partir en trombe de la voiture de quelqu'un ? s'enflamma derechef Harris. »

Il entendit Stiles rire doucement à l'autre bout du fil. Il se mit en appui sur les coudes, l'estomac noué et le cœur battant à tout rompre. Qu'avait-il dit encore dit de si drôle ?

« Navré pour votre téléphone. Le proviseur vous a laissé un message sur votre boîte vocale, déclara Stiles légèrement mutin. Vous avez cours avec les dernières années demain toute la journée ? Je me demande qui peut avoir envie de prendre les cours de Chimie avancée. »

Harris eut envie, là, tout de suite, sur le champ même, de raccrocher au nez de Stiles et de s'enrouler dans sa couette jusqu'au lendemain matin en imaginant tout ce qu'il pourrait mettre en place pour lui retirer l'envie de jouer avec ses nerfs. Il n'en fit rien, écoutant cette voix qui ne savait jamais quand se taire.

« Vous croyez que l'année prochaine, je pourrais prendre ce genre d'option ? Bon d'accord, j'ai aucune idée de ce que je compte faire après l'école ou même si je vais à l'université ou me contenter de suivre la même carrière que mon père. Peut-être que la Chimie est utile pour les corps de métiers de police non ? Genre, la criminologie ou je ne sais quoi d'autre.

— Stiles, êtes-vous conscient qu'il est minuit et dix-sept minutes et que vous êtes en train de me parler d'orientations de carrière ? murmura Harris d'une voix fatiguée, en se frottant les yeux du bout des doigts.

— Êtes-vous conscient que vous m'avez appelé à cette même heure, une veille de jour d'école, en plein semaine ? »

Harris se surprit à nouveau à ronger un ongle de sa main libre. Il secoua la tête, s'assit au bord du lit et fixa le réveil matin.

« J'étais tenté de vous appeler, mais je ne connaissais pas le numéro de portable que vous avez en ce moment, ironisa Stiles sur un ton léger. Néanmoins, j'admets ne pas avoir su comment vous approcher avec cette histoire d'échange. Je me voyais déjà vous expliquer que j'avais perdu votre téléphone ou alors qu'une meute de loups l'avait kidnappé et que la rançon était des croquettes pour chats.

— Je ne comprends rien à ce que vous dites, Stilinski, murmura Harris, sincère.

— Je disais qu'en gros...

— En gros, coupa le professeur, vous allez faire ce qui suit : vous raccrochez et demain matin, vous m'apporterez mon portable dans mon bureau. Je vous rendrai le vôtre par la même occasion.

— Je disais qu'en gros..., reprit Stiles en appuyant chaque syllabe.

— Stiles, taisez-vous.

— Si je me tais, je ne pourrai pas dire ce que j'ai d'important à vous dire. Et c'est quelque chose de fondamentalement important. Autant que les meutes de loups kidnappeurs et demandeurs de croquettes pour chats.

— Taisez-vous.

— Oui, professeur. Je vais me taire. Juste deux secondes. Même pas deux secondes. Un centième de seconde de votre temps. Juste cela et je raccroche. Et puis, pourquoi me demandez-vous de me taire ? Vous pouvez très bien me raccrocher au nez, n'est-ce pas ? Mais vous ne le ferez pas, car vous avez envie de savoir pourquoi je tiens à vous dire ce quelque chose d'important. Et surtout, vous êtes plutôt poli. C'est quelque chose qui se fait rare, n'est-ce pas ? Avez-vous une idée de ce que je tiens à vous dire à minuit passé ? Parce que cela peut très bien attendre le lendemain matin quand je rendrai votre téléphone.

— Stiles, fit Adrian d'une voix ferme. Allez-en aux faits ou raccrochez.

— Jy viens, j'y viens, professeur. »

Harris se massa les tempes avant de soupirer de fatigue. Pourquoi l'avait-il appelé ? C'était exactement ce genre de discours sans queue ni tête qu'il avait voulu à tout prix éviter.

« Je ne vous déteste pas. »

Perplexe, Harris cligna des yeux et émit un « hein ? » totalement perdu.

« Je ne vous déteste pas, professeur, répéta doucement Stiles.

Adrian fronça les sourcils, regarda un instant le portable de l'adolescent comme si l'écran affichant l'appel en cours allait lui donner les réponses qu'il attendait.

« Bonne nuit, monsieur Harris. »

Stiles raccrocha avant de lui laisser le temps de réagir. Le principal concerné écouta quelques secondes la tonalité avant de couper le téléphone à son tour. Il le reposa sur le bord de sa table de nuit avant de se glisser doucement dans les couvertures. Il n'était pas plus avancé que tout à l'heure sur ladite lecture de la conversation avec Finstock. Stiles avait semblé...être dans son état normal. Bizarre, mais normal.

Il posa les yeux sur le réveil matin pour consulter l'heure avant de se mettre sur le dos et de fixer le plafond.

Il répéta doucement les mots de Stiles "je ne vous déteste pas" avant de fermer les yeux. Il roula sur le côté, s'empara une nouvelle fois du portable et composa un message :

« Je ne vous déteste pas, Stiles. »

Il confirma l'envoi, soupira avant de se masser le front. Il afficha un faible sourire malgré lui, bâilla avant de se tourner et de s'endormir.

Le téléphone vibra à la réception de la réponse de Stiles que le professeur lira le lendemain avant de partir pour l'école de Beacon Hills :

« Je sais. »

Voilà autre chose.

Fin du chapitre 7