Auteur : kaneda26
Origine : YuYu Hakusho
Genre : Yaoi
Disclaimer : Pas à moi, on le sait mais ai-je besoin de le dire ?
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SOUVENIRS
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Chapitre six
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Ils n'étaient qu'à quelques mètres de l'immeuble quand Hiei se figea.
« J'me casse.
-Quoi? Hiei, attend! »
En un bond, le petit démon avait atteint le toit d'un bâtiment et une demi-seconde plus tard, sa silhouette avait disparu.
Et Kurama n'eut pas de mal à deviner pourquoi le jaganshi s'était éclipsé si rapidement. Sa mère était rentrée un peu en avance.
Une fois la porte ouverte, il fut accueilli par un sourire radieux.
Shiori était agenouillée au milieu du salon, plusieurs cartons l'entourant.
« Bonjour, mon chéri. Tu vas bien? »
Kurama hocha la tête.
« Maman, qu'est-ce que c'est que tout ça?
-Oh, quelques affaires que la voisine nous avait gardé lors de notre déménagement. »
Les cartons ouverts débordaient de vêtements d'enfants, de livres et d'albums photos.
« C'est quand j'ai retrouvé cette vieille photo que je me suis dit qu'il était temps de les récupérer.
-La photo?
-Je l'avais posée sur ton bureau. »
Cette fameuse photo, celle qui intriguait tant Hiei. D'ailleurs, Kurama ne comprenait pas vraiment l'attirance du jaganshi pour cette image. Alors qu'il avait le véritable modèle devant les yeux! Et à portée de main...
Kurama essaya de chasser les pensées qui lui venaient à l'esprit. Le baiser de ce matin avait été trop bref pour qu'il puisse vraiment en profiter. Et il en voulait plus.
Il secoua la tête et regarda sa mère farfouiller dans les cartons. Il finit par se laisser tomber à ses côtés, regardant certains de ses anciens livres.
« Shu-chan! s'écria Shiori, ravie. Regarde ce que je viens de trouver!
-C'est quoi cette horreur? s'exclama Kurama. »
Sa mère poussa un petit soupir.
« Une horreur? Tu exagères! D'accord, il est un peu sale et il faut le recoudre par endroits. Mais un tour dans le lave-linge et quelques points et il sera comme neuf.
-Ca me dit toujours pas ce que c'est, fit Kurama, fixant l'objet d'un air suspicieux.
-C'est ta peluche, enfin! Tu ne reconnais même pas ta peluche? »
Kurama secoua la tête.
« Maman, je n'ai jamais eu de peluche.
-Bien sûr que si! Ne me dis pas que... Oh, c'est vrai que ça remonte à cette époque... »
Les yeux de Shiori s'éteignirent un petit peu et elle contempla la peluche d'un air triste.
« Maman?
-C'est rien. C'est normal que tu ne t'en souviennes pas après tout. »
Kurama fronça les sourcils. Il avait certes constaté que la mémoire des ningens était incertaine, que certains ne se rappelaient pas clairement de leur enfance. Mais lui se souvenait parfaitement de tout, du moment où il s'était réincarné en foetus à ce jour.
« Maman, je ne comprends pas de quoi tu parles. Quelle époque? Et pourquoi je ne m'en rappellerais pas? »
Shiori regarda son fils d'un air hésitant.
« C'était juste après l'accident. C'est un des sauveteurs qui t'a donné ce renard pour te rassurer le temps qu'ils te sortent de là. Et tu n'as plus voulu le lâcher. »
Kurama fixa sa mère tristement. C'était encore si douloureux pour elle de parler de cet évènement.
« Je croyais être inconscient, murmura Kurama.
-Non, non, tu ne l'étais pas. Mais tu étais quelque peu... différent. »
Le yohko hésita. Il sentait parfaitement la souffrance provoquée chez sa mère en évoquant ce passé. Mais il découvrait des choses qu'il ignorait et il avait le sentiment que c'était important.
« Maman, différent en quoi? »
Shiori agita la main devant elle.
« Choc post-traumatique. Tu ne te souvenais plus de rien. On a dû te rappeler ton nom... Et aussi te dire qui j'étais... »
Les larmes perlèrent aux yeux de Shiori et elles heurtèrent de plein fouet le coeur de Kurama.
« Maman... Je... je suis désolé.
-Oh, ce n'était pas de ta faute, mon chéri! Tu as passé plus de vingt heures dans ce tunnel. Ton père était mort sur le coup. Tu avais réussi – dieu sait comment – à t'extirper de la voiture. Mais l'air était vite devenu irrespirable. Pour être honnête, les sauveteurs n'avaient aucun espoir de retrouver des survivants. Tu as d'ailleurs été le seul rescapé. »
Tout ça, Kurama le savait. L'accident qui avait coûté la vie à son père. Ce père qu'il n'avait pas réussi à aimer à temps. Mais qu'il avait aimé après comme on aime les gens disparus, c'est à dire trop tard.
« Et... Comment ça s'est passé... après? »
Shiori eut un sourire forcé.
« Et bien, tu étais comme un enfant de onze ans normal, certes un peu craintif et tu n'aimais pas trop que je m'éloigne mais... »
Shiori sourit, l'air un peu embêté.
« Enfin, je ne veux pas dire que tu n'étais pas normal avant, comprend-moi bien, mais disons que tu étais un peu singulier. Tu comprenais tellement de choses que les enfants de ton âge sont censés ignorer ou tu agissais parfois avec une telle maturité que c'en était déstabilisant. »
Kurama baissa les yeux. C'était sans doute la première fois qu'il avait une discussion de ce genre avec sa mère. Et il ne s'était alors jamais rendu compte à quel point sa mère avait bien pu constater sa différence.
Shiori se mit à rire soudainement.
« C'est ton professeur principal qui étais catastrophé, expliqua-t-elle. Tes notes ont subi une chute vertigineuse. Il en était atterré. »
Kurama eut un léger sourire.
« Et comment ça s'est terminé?
-Et bien, ça a duré un mois. Et un matin, quand tu es descendu, tu étais redevenu exactement comme avant.
-Mais sans aucun souvenir du mois passé, c'est ça?
-Oui. Les médecins m'ont dit que c'était plus ou moins normal. Bien que la rapidité de ta récupération les aient tous surpris. »
Kurama fixa son regard sur la peluche.
« Je l'ai retrouvé au bas de l'immeuble, à moitié déchirée, expliqua Shiori. Je l'ai recousue et je l'ai rangée dans un carton. Voilà toute l'histoire.
-Maman... Tu veux bien la réparer à nouveau? Je... J'aimerais bien la garder, je crois.
-Bien sûr mon chéri. »
Shiori sourit, souleva la frange de son fils d'un main et déposa un baiser sur le front du garçon.
Elle se leva, emportant avec elle la peluche retrouvée.
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Allongé sur son lit, Kurama écoutait le murmure de la machine à coudre qui lui parvenait par la porte restée entrouverte.
Il ne savait pas pourquoi mais il avait le sentiment d'être passé à côté de quelque chose. Comme si ce mois dont il ignorait totalement l'existence quelques heures auparavant avait une importance capitale.
C'était en fait si étrange de constater qu'il ignorait des choses sur sa propre vie, comme s'il s'était fait des cachoteries à lui-même.
L'accident, il s'en souvenait parfaitement. Le choc violent et la lumière au bout du tunnel disparaissant soudainement. Les klaxons bloqués qui émettaient leurs rugissement continuels et les lumières des phares qui éclairaient parcimonieusement la scène.
C'était presque avec nonchalance qu'il avait pris le pouls de son père et qu'il avait constaté la mort. La portière était bloquée, il avait dû la sortir de ses gonds pour s'échapper.
Ses pouvoirs étaient déjà partiellement revenus à cette époque là. Mais pas au point de pouvoir bouger les blocs de roche qui obstruaient les sorties.
Les premières heures, il avait erré dans le tunnel, comptant morts et blessés plus ou moins grave. Ce n'était pas l'heure de pointe et les véhicules étaient peu nombreux.
Les heures suivantes, il s'était rendu compte que les secours tardaient à arriver. Et au bout d'une dizaine d'heure, il avait senti l'air se faire vicié, comme un circuit tournant sur lui-même qui n'était pas régénéré.
Le béton dur ne permettait pas à une plante de s'implanter. Et il n'arrivait pas à faire appel à des plantes ne nécessitant pas de nutriments du sol.
Il fit alors la seule chose possible, il se mit en hibernation, son côté yohko permettant de ralentir son besoin d'oxygène, de maintenir en vie ce corps humain.
Et son souvenir suivant, c'était une aube rouge vue de sa fenêtre. Et une colère froide qui menaçait d'exploser, difficilement contenue en lui.
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Il n'avait pas essayé de se dégager des bras qui l'entouraient. Shuichi le tenait contre lui comme il le faisait avec sa peluche renard, serré contre son torse.
Et c'était apaisant en quelque sorte. Ça avait eu le même effet que sa pierre de Hirui.
Hiei finit par repousser légèrement Shuichi. Il avait été imprudent. Ne pas réussir à se maîtriser dans une telle situation était tout simplement impardonnable!
Il n'avait pas pu se calmer seul. Et le chasseur aurait eu tout loisir d'attaquer pendant ce temps.
Heureusement que ce type n'agissait pas comme ça.
Hiei s'approcha de la fenêtre. Il ne sentait pas sa présence dans les parages. Ce qui voulait dire que le mec était en train de rechercher des infos.
Même si Hiei avait essayé de ne pas se faire remarquer, l'exposition de son aura et l'utilisation de flammes pour protéger Shuichi et décourager les yohkais les plus faibles devaient déjà être connues.
Et le chasseur ne tarderait pas à savoir à qui il avait à faire. Sans avoir à proprement parlé de nom, il devinerait sans le moindre mal que Hiei était un démon de feu.
Il scruta encore l'obscurité. Pas le moindre piège détectable. Mais ça ne voulait pas dire pour autant qu'il n'y en avait pas.
Un murmure le fit sursauter. Il se retourna et constata que Shuichi marmonnait des mots incompréhensibles dans son sommeil.
Voilà, lui se faisait chier à essayer de trouver une solution et ce sale gosse dormait!
Non, mais est-ce que quelqu'un pouvait seulement lui dire ce qu'il foutait encore là?
En fait, mieux valait qu'il n'ait pas d'avis extérieur. Parce que la première personne venue – fut-ce t-elle un crétin fini – eut pu répondre à cette question.
Parce qu'il l'aimait bien. Il aimait Shuichi. Il aimait le sourire du gamin, il aimait son rire également. Il aimait aussi ces yeux magnifiquement verts.
Et il aimait se sentir... presque normal. Et aussi se sentir aimé.
Parce que le baiser avait été doux, bien plus que toutes les nourritures qu'il avait pu goûté jusqu'alors.
Merde! Evite de penser à ce genre de conneries! Ca ne servira qu'à te déconcentrer!
Mais un murmure s'échappa encore des lèvres de Shuichi. Et Hiei se rendit compte que c'était la première fois qu'il tenait à quelqu'un. Et que ça n'avait rien d'horrible, contrairement à tout ce qu'il avait pu croire.
Que ça ne l'affaiblissait pas. Bien au contraire, il se sentait étrangement fort.
« Hé! Qu'est-ce que tu fais debout? »
Hiei ne répondit pas. Il tourna son regard vers la nuit encore une fois.
Cette confiance, ce sentiment qu'il protégerait Shuichi coûte que coûte n'était qu'une illusion. Parce que le chasseur était définitivement plus fort.
Shuichi prit sa peluche entre ses bras et s'approcha du petit démon.
« Tiens, fit-il. Tu peux la prendre.
-Qu'est-ce que tu veux que je foute de ce truc?
-Je sais pas. C'est doux, c'est rassurant.
-Hn. »
Hiei ne prit pas la peluche tendue vers lui et Shuichi la resserra dans ses bras.
« Il va revenir? demanda-t-il à mi-voix.
-Sûrement.
-Il veut me dévorer lui aussi?
-Non, il veut te tuer.
-Mais je lui ai rien fait! s'écria Shuichi.
-Ca, il s'en fout. C'est un chasseur. Et s'il te traque depuis dix ans, il est du genre tenace. »
Le garçon fronça les sourcils.
« Je ne comprends pas. Pourquoi il me poursuit?
-Parce que tu es un yohko, j'imagine. T'es une cible de choix.
-Un yohko? Tu parles de ces créatures de légende. C'est ridicule! Je suis pas... »
Le regard de Shuichi devint absent. Et Hiei le contempla attentivement. Comment il n'avait pas pû remarquer avant? Cette beauté presque féminine, cette peau pâle, ces yeux couleurs de feuilles, ces cheveux. Tout, tout en lui donnait à penser à une réincarnation d'un yohko. Hormis les pouvoirs, faibles, éteints.
« C'est vrai? demanda Shuichi. Tu crois vraiment que je suis un yohko? »
Hiei acquiesça.
« Ca, c'est trop cool, s'exclama le garçon. »
Non, ce n'était pas cool du tout. Parce que Hiei avait un yohko diminué sur les bras d'un côté et un chasseur qui allait en profiter de l'autre.
Et qu'il ne voyait pas d'autre solution que de réveiller le yohko. Mais la solution qu'il envisageait ne lui plaisait pas du tout.
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« Tu es revenu? Je m'en doutais. Je suppose que tu as faim?
-Hn.
-Je prends ça pour un oui. Et tu sais, tu n'étais pas obligé de t'enfuir comme un voleur ce matin. En plus, tu sais que ma mère t'adore. »
Hiei haussa les épaules.
En effet, malgré le fait qu'il ne parle pas, que son comportement frise l'impolitesse et qu'il mange comme quatre, Shiori adorait le petit démon. C'était comme apprivoiser un chat sauvage.
Et Shiori avait toujours aimé les animaux.
Hiei regarda la pièce d'un air circonspect. La photo était toujours là, sur le bureau. Et ce coin blanc. Kurama ne pouvait pas deviné ce que c'était. Mais Hiei savait.
Et c'était sans doute ça qui créait sa culpabilité. Comme s'il n'avait fait que faire semblant. Comme si ce cadeau, donné sur un coup de tête, sans arrière-pensée, n'avait été fait que pour créer plus de mal par la suite.
Parce que Shuichi avait été heureux à ce moment-là.
Kurama remarqua la tension qui habitait le petit démon.
« Hiei?
-Hn.
-Qu'est-ce qui t'arrive à la la fin?
-Rien. »
Kurama le fixa et le petit démon ne put faire autre chose que baisser les yeux sous ce regard inquisiteur.
« Ecoute Hiei, je suis désolé. Tu as le droit d'être en colère après moi.
-Nani?
-Je n'aurais pas dû t'embrasser ce matin. Mais je crois que tu sais pertinemment ce que je ressens pour toi. Et je pense que tu ressens la même chose alors...
-Je ne suis pas en colère, coupa Hiei n'ayant pas la moindre envie de discuter de ses sentiments à l'égard du yohko. »
Sauf que ça n'eut pas l'effet désiré. Kurama s'avança vers le petit démon et se pencha.
« Ca veut dire que je peux encore... t'embrasser? »
Hiei rougit. Quelle idée aussi de lui demander la permission! Parce qu'il avait bien envie de répondre « oui »! Et il préférait mieux se mordre la langue plutôt que de laisser ce mot lui échapper.
Le regard du jaganshi s'attarda partout sauf sur Kurama, évitant consciencieusement le regard du kistuné.
Mais alors, ses yeux se posèrent sur un objet incongru, anachronique. Un objet qui n'aurait pas dû être là.
Presque hypnotisé, Hiei contourna Kurama et s'approcha du lit. Il prit la peluche renard entre ses mains.
L'attitude du jaganshi était tellement étrange que Kurama en conçut un peu d'inquiétude.
Et quand il vit Hiei ramener la peluche contre son torse pour la serrer contre lui, semblant tout à coup très jeune et un peu perdu, Kurama se sentit mal.
Quelque chose lui échappait. Et Hiei était la clé de l'énigme.
Levant ses yeux rougeâtres vers Kurama, Hiei serra davantage la peluche contre lui.
« Je suis désolé, murmura-t-il d'une voix quand même suffisamment audible. Je suis désolé, Shuichi. »
Et malgré la peluche qu'il tenait, Hiei ne se sentait absolument pas rassuré.
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A suivre...
Rhaaa, je suis encore en retard. Pardon, pardon. J'espère que ce chapitre vous a plu surtout que j'ai un peu galéré à l'écrire.
Merci pour vos reviews sur le chapitre précédent.
Shunelodie: Ravi que ça te plaise malgré le fait que le chap 5 ne soit vraiment pas ce que j'ai fait de mieux. Quand à ce que Hiei découvre que c'est yohko Kurama..., ben, je dis rien pour l'instant, héhé! Merci pour ta review.
Koorimé: Quoi? T'as hésité à lire mon chapitre tout de suite?!! Non, je plaisante, faut bien garder de quoi lire pour les jours où y'a rien à faire! Et bon, je dirais que ton hypothèse d'évènement marquant qui se rapporte au chasseur se précise de plus en plus, non? Mais je ne dirais rien de plus, niark niark! Merci pour ta review et à bientôt.
Kitsu34: Heu, je crois que ce chapitre a répondu à tes questions sur le pourquoi du comment le yohko est endormi. Sinon... mes fics un plan rigoureux et logique?... rigoureux? Si je fais un plan avant d'écrire?... un plan?... pardon, là, je risque de m'étouffer de rire. Non, je ne fais pas de plan, je suis incapable de faire un plan, je suis trop bordélique. J'ai juste les grandes lignes dans la tête et je fais le reste au feeling. Je suis de toutes façons pas vraiment convaincu de l'utilité d'un plan. Ca pose trop de choses et ça empêche finalement des changements ou des ajustements nécessaires. Enfin, je suppose aussi que chacun fait comme il veut. Si à la fin, ça paraît quand même construit et logique, chacun sa méthode. Merci pour ta review.
Alors le prochain chapitre, ben... je sais pas du tout quand je pourrais l'envoyer étant donné que je pars un peu et que je n'aurais pas forcément un accès internet. J'essayerais de me débrouiller. Sinon, ce sera à mon retour.
Voilà, à bientôt et laissez des reviews.
