Auteur : kaneda26
Origine : YuYu Hakusho
Genre : Yaoi
Disclaimer : Pas à moi, on le sait mais ai-je besoin de le dire ?
Note: Attention... A vos marques... Prêts? Partez! Aie-euh! Bon sang, j'avais dit pas les briques! Ca fait super mal, non mais, bande de brutes! Comment ça, c'est mérité? Tout ça parce que j'ai un tout petit petit peu de retard? AIE-EUH! Hé? Ca va pas de balancer des haches? C'est super dangereux! Bon, vous vous êtes assez défoulé? Non. Non? Ok, deux minutes (chope Kuwabara pour en faire un bouclier). C'est bon, allez-y. Kuwabara: Pourquoi moi? K26: Parce que t'es moche et que personne se plaindra si t'es abîmé! Et que je peux pas faire ça avec Kurama parce que Hiei devient hystérique dès qu'on touche à son kistu! Hiei: Qui veut toucher à MON kistu? K26: Mais personne, va voir ailleurs si on y est! Et tiens, le script de ce chapitre! Kuwabara: ERGLL! Mais y envoient des oeufs pourris maintenant! K26: Ah bon? Atttention... A gauche! Kuwabara (stoppe un oeuf pourri en le rattrapant magnifiquement sur ses cheveux! Quel bouclier efficace!): Mais c'est dégueulasse! J'ai rien fait moi! K26: C'est ça. Bon, bouges pas (hop, mets une silhouette me ressemblant derrière Kuwabara). Ok, c'est bon! Allez-y, j'suis prêt! Kuwabara: Hein? Hein? Qu'est-ce qui se passe? (reçoit cinq briques, douze haches, treize couteaux à pains, huit fourchettes et un batteur électrique dans la gueule).
K26 (loin, très loin dans l'univers): Ouf, l'ai échappé belle!
Bon plus sérieusement, désolé de ce retard énorme. Pas beaucoup de temps, beaucoup beaucoup de fatigue et d'emm..., bref, pas évident de pouvoir écrire.
J'espère quand même que vous apprécierez ce dernier chapitre (Souvenirs? Ca parle de quoi ça déjà?...)
Note2: Je précise cette fois-ci qu'il y a deux types de flash-back: ceux se passant quand Hiei et Kurama sont petits et les autres se déroulant lors de leur première rencontre dans le manga (tome 7 plus précisément). Voilà, j'espère que ça ne posera pas de problème de lecture.
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SOUVENIRS
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Chapitre huit
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C'était la dernière cassette. Mais étrangement, ce n'était pas une séance mais un monologue du médecin.
« Ce matin, j'ai été appelé au domicile de Shuichi Minamino.
Selon sa mère, il avait recouvré la mémoire.
En effet, il avait bel et bien retrouvé ses souvenirs mais ne se rappelle cependant aucun événement du mois qui vient de s'écouler. Il ne m'a même pas reconnu et ne m'a montré qu'une indifférence polie, pensant que j'étais une connaissance de sa mère.
Shuichi présentait des blessures, surtout des ecchymoses au visage et ses avants-bras montraient des traces de brûlures.
Je l'ai questionné à ce sujet et il a vaguement répondu qu'il s'était battu à l'école.
Je ne pense pas que sa mère ait réellement constaté la gravité de ses blessures étant donné qu'il prenait bien soin de tirer ses manches sur ses poignets dès qu'elle apparaissait.
Je lui ai fortement suggéré de soigner ces brûlures en aparté, lui donnant même le nom d'un confrère, ayant compris qu'il ne souhaitait pas inquiéter davantage sa mère.
Il m'a regardé froidement et m'a dit qu'il s'en occupait déjà sur un ton qui me suggérait de me mêler de ce qui me regarde.
A part ces blessures physiques, Shuichi semble en bonne santé. Il est calme et posé. Un calme presque inquiétant pour un enfant de cet âge.
Il semble néanmoins que le choc, quel qu'il soit, lui a permis de recouvrer la mémoire.
Ceci étant, je pense que les différents chocs traumatiques ne sont pas la cause de ces pertes de mémoires successives.
Il est plus probable que cette fluctuation de mémoire soit due à un début de schizophrénie.
Un suivi régulier serait à envisager pour en être certain.
Mais pour être franc, je crains de ne pas être totalement objectif dans le cas de Shuichi.
Tout simplement parce qu'il me fait froid dans le dos. Il me fiche une trouille bleue. Et je n'ai jamais ressenti une telle tension près d'un autre patient.
Où est donc passé l'enfant charmant et souriant dans ce monstre de froideur?
L'a-t-il enfermé à l'intérieur de son esprit comme un invité indésirable? C'est fort possible.
A un moment où nous étions seuls, l'attention de l'enfant a été attiré par quelque chose à l'extérieur. Shuichi s'est posté devant la fenêtre ouverte avec un regard meurtrier. Et j'ai bien cru voir une ombre bouger dans un arbre.
Etre près de ce garçon est tellement éprouvant que je me suis laissé aller à imaginer des choses!
Après un entretien en privé avec Shiori Minamino, elle a décidé de ne pas imposer à Shuichi plus de tourments et mes séances sont apparemment considérées comme tels!
Je n'ai plus qu'à espérer que l'état de Shuichi se stabilisera, qu'il ne s'aggravera pas.
Je m'apprêtait à repartir avec le sentiment d'avoir mal fait mon boulot, de n'avoir pas fait assez quand j'ai entrevu un léger espoir alors que je reposais ma tasse de café.
Un polaroid était resté sur la table basse. Je l'attrapais.
« Je l'ai prise il y a deux jours, me dit Shiori. Il était tout heureux, disant que son ami lui avait fait un cadeau.
-Lequel?
-Et bien, je crois que c'est ce morceau de tissu qu'on voit dans le coin. Il l'avait plié tellement précautionneusement que c'était vraiment drôle. »
C'était le sourire de Shuichi, du moins du Shuichi que je connaissais sur cette photo, à la fois timide et éclatant en même temps.
« Et où est ce tissu maintenant?
-Il est là, dans le tiroir. Pourquoi?
-J'aimerais beaucoup voir la réaction de Shuichi s'il le voit. »
Shiori Minamino a froncé les sourcils. Mais elle a sorti le tissu blanc et l'a déposé sur la table.
Quand Shuichi est réapparu quelques minutes plus tard, il n'a au début pas fait attention à l'étoffe.
Mais il a inconsciemment posé la main dessus au bout de quelques instants et un léger sourire est apparu sur ses lèvres.
Quelque part à l'intérieur, l'enfant, l'adorable gamin que j'ai vu pendant ce mois, est en train de revenir, d'adoucir l'autre personnalité. Il ne semble pas avoir de combat pour la dominance et c'est extrêmement bon signe.
Je pense que bientôt il ne devrait plus y avoir de distinction possibles entre les deux Shuichi.
Et les sourires qu'il adresse à sa mère sont aussi un signe de guérison.
Du moins, je l'espère. »
La cassette ne contenait plus rien d'autre que du vide entrecoupé de grésillements.
Les larmes de Kurama dévalaient ses joues en silence.
Il se souvenait. De cette journée, de cet homme qui lui avait posé tant de questions qu'il avait bien failli le tuer.
Il se souvenait aussi de cette présence dans les arbres non loin, cette présence qui pesait sur lui comme une menace.
Le tissu – une écharpe à n'en pas douter – c'était ce fameux coin blanc sur la photo.
Oui, il se rappelait de ce jour-là.
Et surtout, ce dont il se souvenait le mieux, c'était son réveil brutal dans un corps perclus de douleur alors qu'il hurlait des menaces à cette présence invisible.
Pourquoi avait-il menacé Hiei alors que tout montrait qu'ils étaient amis? Pourquoi...
Kurama ferma les yeux, comme pour ne pas voir la vérité, mais ses yeux clos n'y changèrent rien.
Des traces de brûlures... Même si j'avais mis en veille mes pouvoirs, aucun feu humain n'aurait pu m'atteindre... Aucun feu... Hiei... Je ne comprends pas. Que s'est-il passé? Pourquoi? Pourquoi as-tu cherché à me tuer?
Et le seul moyen d'avoir la réponse à cette question était de la poser directement à l'intéressé.
Sauf que Hiei ne répondrait pas. Hiei ne répondait jamais. Il se murait dans son silence, dans sa douleur.
Kurama ouvrit les yeux brusquement. Il avait une autre personne à interroger. Quelqu'un qui lui avait caché la vérité d'une façon tellement habile qu'il n'avait rien vu. Rien du tout à part ce sentiment. Ce sentiment persistant, presque de déjà-vu quand il avait aperçu Hiei pour la première fois. Ce sentiment qu'il aimait déjà ce petit démon alors qu'il pensait ne pas le connaître.
Oui, cette personne devait lui dire. Tout lui dire.
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Le premier coup ne fut pas le plus dur à donner contrairement à ce qu'avait pensé Hiei. Non, le premier avait été presque le plus facile.
Mais les suivants, c'était une autre histoire. Continuer de cogner alors que Shuichi s'était mis à hurler et à pleurer en même temps, continuer alors que les yeux verts remplis de larmes n'affichaient que de l'incompréhension.
Continuer jusqu'à ce que le sentiment de trahison apparaissent sur le visage.
Jusqu'à ce que Shuichi attrape ses mains pour les bloquer.
« Arrête! Arrête! S'il te plaît, arrête! »
Hiei stoppa. Quelques secondes qui semblèrent durer des heures. Et il entendait, il sentait le chasseur se rapprocher. Ainsi que les deux autres.
Le petit démon repoussa les mains de Shuichi et le saisit par les poignets.
Les coups ne suffisaient pas. Les coups ne suffisaient pas!
Tout ce qu'il faisait ne servait à rien. Il blessait Shuichi et ça ne servait à rien!
Hiei ferma les yeux brièvement pour en chasser les larmes. Il fut presque soulagé que la nuit fut enfin tombée, que son ami ne puisse pas voir son visage.
Hiei sentait un dégoût se matérialiser dans l'arrière de sa gorge et il savait que c'était le dégoût de lui-même qu'il ressentait.
Et soudain, ce fut fini.
Une main puissante enserra sa gorge, l'étranglant, et l'entraînant loin de Shuichi pendant que le deuxième acolyte du chasseur attrapait le rouquin par le col.
Shuichi se débattit, tentant de donner coups de poings et coups de pieds sans résultats.
Hiei laissa la main qui l'étouffait serrer davantage.
Après tout, espérait-il encore quelque chose?
Non! Il sera blessé, il te détestera mais... Mais il sera vivant!
Il se dégagea en donnant un coup de coude dans le plexus de son opposant. Un coup bien dosé. L'homme s'écroula immédiatement, le souffle coupé.
Shuichi continuait de se débattre sans le moindre succès. Et le yohkai s'était mis à rire.
« Lâches-le! Lâches-le ou je te bute! cria Hiei, serrant les poings jusqu'à faire apparaître des flammes.
« Vas-y, attaques-moi! ricana le yohkai. Mais tu risques de le tuer aussi. »
Hiei se mordit la lèvre. Shuichi s'agitait toujours, il avait attrapé la main qui le tenait par le col et tentait de l'écarter.
Agacé, le yohkai le frappa du revers de la main sans aucune retenue, un coup qui aurait tué un éléphant. Mais Shuichi sembla ne pas le sentir.
Aucun humain ne pouvait encaisser un coup pareil. Et une légère aura, comme une brume, commençait à flotter autour de Shuichi.
Les coups ne suffisaient pas. Hiei le savait. Et en un instant, il sut ce qu'il devait faire. Et il agit sans réfléchir à ce que ça allait lui coûter. Pas que ça allait lui coûter extrêmement cher.
Hiei lança ses flammes sur le yohkai et Shuichi.
Pile là où la main du yohkai agrippait la chemine de son ami. Le yohkai hurla, lâchant Shuichi, agitant sa main, tentant d'éteindre le feu qui ne fit que se propager au reste de son corps. Il brûla rapidement.
Shuichi hurla aussi. Ses mains, ses avants bras recouverts de flammes. Puis les flammes le recouvrirent entièrement alors qu'une aura impressionnante se manifestait.
Quand les flammes se dissipèrent, Hiei recula jusqu'à heurter une étagère métallique.
Il ne put identifier le rire qui lui parvint. Ce n'était pas Shuichi. Non, ce n'était pas...
« Ca faisait longtemps que quelqu'un ne m'avait pas blessé de la sorte, très longtemps... Viens là, montre-toi qui que tu sois que je puisse te remercier de m'avoir réveiller à ma façon. »
La voix était froide, presque indifférente et pourtant, elle parvenait à faire passer une quantité impressionnante de haine pure.
Les yohkos sont des créatures fascinantes et rares, mais d'une dangerosité mortelle. Et cette voix parvenait à faire frémir Hiei.
Il avait pourtant rencontré des tonnes d'adversaires plus dangereux les uns que les autres.
Alors pourquoi tremblait-il? Pourquoi avait-il reculé jusqu'à sentir les arrêtes de métal de l'étagère lui rentrer dans le dos?
Parce qu'aussi froide qu'était la voix, elle contenait encore quelque chose de Shuichi, son timbre de voix même si l'intonation amicale n'y était plus.
C'était peut-être ça qui le faisait trembler. Ca et l'aura qui commençait à ressembler clairement à un yohko.
Subitement, l'intérêt de Shuichi fut attiré ailleurs. Un volée de flèches s'abattit sur lui.
Un cri s'étouffa dans la gorge de Hiei. Les flèches furent repoussées en un clin d'oeil avec une facilité déconcertante.
Shuichi se tourna, faisant face au chasseur qui arrivait, arbalète levée, prêt à tirer.
Les sourcils du rouquin se froncèrent.
« Je te connais, toi? »
Le chasseur eut un petit sourire.
« Tu m'aurais déjà oublié? Ca me fait de la peine, vraiment. »
L'aura fluctua un peu sous l'hésitation de Shuichi.
Et Hiei comprit que le yohko avait du mal à stabiliser sa mémoire, à y retrouver des informations.
Mais l'instinct de conservation était toujours vivace. Et Hiei connaissait cela. Peu importe qui attaque, l'important c'est de survivre.
Alors quand le chasseur tira, Shuichi fit ce qu'il savait faire, ce que son côté yohko savait faire.
Hiei avait jusque-là réussi à distinguer ce qu'il se passait grâce à son excellente vision nocturne et son habilité à repérer les énergies.
Mais là, il ne vit plus rien si ce n'est du brouillard. Et l'aura de yohko disparut soudainement.
Et réapparut juste à côté de celle du chasseur.
Puis plus rien. Un silence absolu.
Il paniqua, il ne sentait pas Shuichi, il ne sentait même plus sa présence. Le chasseur... Le chasseur l'avait tué.
Une odeur florale lui chatouilla le nez. Et une voix lui chuchota à l'oreille presque tendrement:
« Tournes-toi que je puisse voir à quoi tu ressembles. Regardes-moi que je te tues.»
Hiei ferma les yeux.
Vas-y! Qu'est-ce que t'attends?
Il avait envie de crier ces mots. Mais ce furent d'autres qui sortirent.
« Je ne regrette pas. Tu es en vie. Et je... »
Les mots se brisèrent en même temps que les mains fines se posaient sur son cou, serrant très légèrement.
Ce n'était pas Shuichi. Ce n'était pas lui!
Shuichi était mort. Et c'était Hiei qui l'avait tué. Parce qu'il ne restait rien de son ami dans cette créature froide.
« Je vais... te tuer... »
L'aura du yohko se flétrit comme une fleur, les mains se desserrent et un poids tomba sur le dos de Hiei.
Le petit démon se retourna vivement et Shuichi tomba comme une masse à côté de lui, épuisé.
A ce moment-là, la lune apparut brièvement entre les nuages.
Hiei effleura doucement le visage. Les marques de coups qu'il y avait infligé étaient déjà en train de guérir. Les brûlures sur les bras mettraient plus de temps.
Mais Shuichi n'était plus humain. Shuichi n'était plus là.
Doucement, Hiei attrapa le bras du garçon et le posa sur son épaule.
Puis soutenant son ami, Hiei zigzagua pour sortir de l'entrepôt.
La lune était retournée derrière les nuages. Plus de lune, aucune étoiles et les lumières de la ville trop loin.
Les ténèbres. Hiei ferma les yeux. Ce n'était pas comme s'il n'avait jamais mérité autre chose.
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Tu avais peur que je le tue, n'est-ce pas? Tu avais peur que je le mette en pièces au premier regard? C'est ça, hein? Si j'avais su que c'était lui qui m'avait...
Chasseur? Chasseur? Le chasseur?
Ce n'était plus qu'un monologue désormais. La voix de Shuichi qu'il entendait parfois comme un écho autrefois ne se manifestait plus. Juste des souvenirs qui revenaient vers lui.
Le chasseur. Le même qui l'avait poursuivi dans le makai, celui responsable de ses blessures, du fait qu'il ait du se réincarner.
Comment était-il parvenu à lui échapper? Cette fois-ci, la mémoire se fit douleur. Des coups, une brûlure intense, insupportable.
Et puis, ce fut son côté yohko qui se chargea de raconter la suite.
Kurama ouvrit les yeux en inspirant bruyamment, se rendant compte qu'il était resté en apnée pendant plusieurs minutes lors de cette plongée dans sa mémoire.
Mais maintenant, les pièces du puzzle s'assemblaient. Elles collaient parfaitement les unes aux autres et il pouvait enfin distinguer les images juxtaposées.
Hiei. Hiei. Hiei qui sourit. Hiei la bouche recouverte de chantilly. Hiei le visage éclairé par les flammes qu'il faisait danser. Hiei sur le balcon le protégeant.
Hiei dans ses bras, tremblant, n'arrivant pas à se maîtriser. Hiei lui tendant son écharpe. Et Hiei face à lui, leurs fronts appuyés l'un contre l'autre, lui demandant de le pardonner.
Shuichi... Shuichi... C'était Shuichi qui avait voulu tout oublier. Lui qui avait tout effacé.
Et Kurama savait pourquoi. Pour que jamais, jamais son côté yohko ne cherche à sa venger, ne cherche à tuer Hiei.
Shuichi avait donné à Kurama une autre chance de pouvoir rencontrer Hiei sans toutes les erreurs du passé, sans tous ces souvenirs.
Mais Shuichi avait laissé quelque chose. Quelque chose qu'il n'avait pas pu effacer: un sentiment persistant.
Un sentiment qui s'était manifesté dès leur première – deuxième en fait – rencontre.
Kurama se leva.
Je ne te laisserais pas m'échapper une seconde fois, Hiei!
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Il l'avait ramené dans sa chambre, déposé sur le lit. Et il avait contemplé les dégâts. Les marques sur le visage, les brûlures.
Hiei aurait bien voulu faire quelque chose mais il connaissait pas de techniques de soins, il ne connaissait que des méthodes pour faire mal.
Il avait finalement attrapé la peluche renard et l'avait posé doucement près de Shuichi.
L'aura se manifesta à nouveau, violente et dure. Et Hiei recula jusqu'à la fenêtre précipitamment. Il sauta. Quelque chose heurta sa poitrine et dégringola avec lui, sans doute le premier objet à portée de main du yohko.
« Lâche! Montre-toi! »
Hiei se récupéra sur le sol et bondit aussitôt dans un arbre, dissimulé sous le feuillage.
L'objet qui l'avait heurté toucha le sol.
Le matin avait trouvé le petit démon tremblant dans ce même arbre. Un soleil rouge se levait, auréolant de lumière les cheveux rouges de Shuichi. Faisant briller les yeux remplis de colère.
Puis le garçon disparut. Et Hiei se sentit seul. Il l'avait toujours été.
Seul, abandonné. Un peu comme cette peluche sur le trottoir privée de bras dans lesquels se lover.
Hiei partit. Il ne vit pas la femme qui, une demie-heure plus tard, jeta un coup d'oeil intrigué vers le jouet avant de le ramasser.
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Hiei serra les poings. Ressasser le passé ne servirait à rien. A rien du tout. Peut-être devrait-il tout dire, tout avouer? Peut-être que Kurama ne lui en voudrait pas? Peut-être même qu'il l'aimerait quand même?
Et peut-être que Hiei devrait se jeter dans la rivière la plus proche avec deux tonnes de béton suspendues aux pieds. Parce que c'était bien beau en théorie mais en pratique, c'était impossible.
D'une part, parce qu'il avait la capacité de communication d'une anguille, il le savait très bien. D'autre part, parce que le côté yohko de Kurama... Hiei frissonna. Pas de peur, non. Mais il se souvenait parfaitement de la voix sans pitié de yohko Kurama. Cette même voix que Kurama avait utilisé contre ses adversaires dernièrement.
Et yohko n'était pas du genre à pardonner.
Et pourtant... il devait bien se rendre à l'évidence. Il ne pouvait pas être avec Kurama en sachant ce qu'il avait fait. Mais il ne pourrait pas non plus être avec Kurama une fois qu'il aura tout dit.
Dans tous les cas, il allait le perdre. Il allait le perdre...
Et il ne voulait pas que ça arrive une seconde fois.
Déjà, il avait cru que Shuichi avait disparu pour laisser place au yohko et pendant longtemps, il s'était senti responsable. Mais surtout, il avait souffert. Souffert de savoir qu'il ne trouverait jamais quelqu'un qui le regarderait à nouveau comme ça, avec bienveillance, avec... amour?
Et puis, il avait eu son combat à la recherche de Yukina. Et cette deuxième rencontre...
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Il était crevé. Son jagan, greffé depuis peu, lui donnait un mal de crane atroce. Et il avait du mal à focaliser sa vision. Le jagan interférait avec ses yeux, le laissant parfois dans un flou désagréable. Shiguré l'avait prévenu que ça pourrait arriver. Il forçait inconsciemment ses yeux à voir aussi bien que son jagan, ces derniers n'étant pas faits pour ça ils se fatiguaient, le laissant alors dans le brouillard.
Shiguré avait dit que ce serait temporaire. Mais ça faisait plus de deux mois et s'il se servait de mieux en mieux de son jagan, il y avait toujours des moments comme ça où la migraine le suivait comme une ombre.
Le seul moyen qu'il avait trouvé pour atténuer sa mauvaise vue était de cacher son jagan momentanément. Petit à petit, ses yeux fonctionnaient normalement. Sauf que ce n'était pas encore le cas et qu'il venait de repérer une énergie menaçante.
Un complice de Yatsudé, le type qui avait peut-être tué Yukina? Fort probable. Il ne réfléchit même pas. Il cherchait sa soeur depuis si longtemps. Il était si près du but. Il n'allait pas se laisser arrêter par une faiblesse passagère.
La faiblesse, on la surmonte, on la domine, c'est tout.
Alors, il avait attaqué.
Hiei avait brandi son épée, visant l'énergie qu'il avait repéré. Et son arme avait été parée avec une facilité déconcertante par un brin d'herbe.
Du moins avait-il senti une énergie végétale parce que tout ce qu'il distinguait, c'était une silhouette entourée d'une puissante aura. Et une dextérité à l'épée qui si elle était loin d'égaler la sienne n'en était pas moins impressionnante.
Du moins, il n'avait aucun mal à l'égaler en ce moment alors qu'il ne voyait pratiquement rien.
En quelques minutes de combat, une blessure au ventre mal cicatrisée se réveilla.
Depuis combien de temps n'avait-il pas dormi, mangé? Avait-il seulement pris le temps de se soigner correctement?
Le combat se termina abruptement quand ils se rendirent compte qu'ils se trompaient d'adversaire.
Hiei avait porté la main à son ventre avant de poser un genou à terre.
Et alors que l'inconscience le gagnait, un parfum de fleurs lui monta aux narines.
Il se réveilla, sa vision se focalisant sans trop de difficulté sur un plafond qui lui semblait familier.
Du coin de l'oeil, il observa la pièce et surtout, surtout, sentit et ressentit la présence à côté de lui.
« Tu as une grande capacité de récupération... »
La voix était plus grave mais elle n'avait pas pour autant perdue son timbre particulier. Hiei tourna un visage inexpressif vers Shuichi.
Ce dernier ne le reconnut pas. Hiei dut se maîtriser pour ne rien laisser paraître. C'était Shuichi. Avec des pouvoirs yohko certes mais c'était Shuichi!
Il ne pouvait pas rester. Il ne pouvait pas rester ainsi si près de lui. Alors il se dirigea vers la fenêtre.
La voix de Shuichi l'arrêta.
« Et c'est quoi ton nom? »
Hiei hésita. Il ne lui avait jamais dit. Jamais. Et ce ne fut pas vraiment au Shuichi de ce jour qu'il répondit mais à celui d'autrefois.
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Kurama trouva sans aucun mal le petit démon grâce à un détecteur d'aura. Hiei ne s'était vraiment pas éloigné. En quelques bonds, il fut sur le toît.
Hiei regardait l'horizon – ou plutôt le vide – et ne sembla pas l'avoir remarqué.
Quand Kurama effleura sa joue, le jaganshi cligna longuement des paupières avant de se reculer brusquement.
« Tu as de la chance que ce soit moi, sourit Kurama.
-En quoi c'est une chance? maugréa Hiei en sentant son coeur se serrer. »
Il se leva en tournant le dos au yohko. En même temps, il lui devait une explication. Il le savait. S'il partait ainsi, il blesserait Kurama alors qu'il n'était en rien responsable dans cette histoire.
Juste une histoire de mauvais moment, mauvais endroit.
Y a-t-il seulement un bon moment pour tomber amoureux?
« Kurama... »
Des bras se refermèrent sur lui et son dos fut plaqué contre le torse de Kurama.
« Je sais, Hiei, je sais tout.
-Non... Tu ne sais...
-Si, je sais. Je sais que je t'ai rendu accro à la chantilly, je sais quand je t'ai embrassé pour la première fois, je sais aussi ce que j'ai ressenti à ce moment, ce que je n'ai pas arrêté de ressentir depuis la première fois... non la deuxième fois que je t'ai vu... Je sais, Hiei.
-Déteste-moi...
-Pourquoi? Pourquoi je devrais te détester? »
Hiei baissa la tête sur les mains qui le retenaient fermement. Mon dieu qu'il était bien ainsi. C'était ça qu'il emmènerait, cette étreinte et tous ces baisers volés.
« Je t'ai frappé, je t'ai fait du mal...
-Hiei, tu m'aimes?
-... Oui.
-Tu m'aimes assez pour me sauver peut importe les moyens! Même s'il faut me blesser pour ça!
-Il y avait un autre moyen! Il devait y en avoir un! »
Le silence régna pendant de longues minutes.
« Non..., chuchota Kurama. Non, il n'y en avait pas. Je t'aime, Hiei. Et s'il le faut, je n'hésiterais pas à te blesser pour te le prouver. »
Kurama fit pivoter Hiei brusquement, il attrapa le menton du petit démon dans sa main et posa un baiser presque violent sur les lèvres du brun, forçant les lèvres de sa langue.
Forçant les sentiments de Hiei à s'exprimer autrement que dans cette attitude emplie de culpabilité.
Il lâcha le menton de Hiei pour attraper ses mains et les ramener sur sa nuque.
Hiei agrippa le cou de Kurama comme un naufragé, répondant enfin au baiser.
Ils se séparèrent à bout de souffle.
« Viens Hiei... »
Le petit démon haussa les sourcils.
« Viens chez moi... Je ne suis plus un enfant. Et j'ai envie d'autre chose quand je te vois. »
Hiei rougit jusqu'à la pointe des oreilles ce qui fit rire Kurama.
Ce dernier se pencha pour chuchoter.
« Et je sais que t'es un garçon. Mais j'y peux rien, t'es trop mignon! »
Ce qui ne fit que rajouter de la couleur au visage de Hiei.
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Ils venaient de tuer Yatsudé qui n'avait jamais vu Yukina. Encore une fausse piste. Shuichi avait récupéré la fille et lui avait filé du pollen de l'oubli.
Hiei en ressentait une certaine joie. Parce qu'il avait bien senti une once – une tonne pour être précis – de jalousie.
Il jeta un coup d'oeil à son coéquipier d'un soir.
« Et toi? C'est quoi ton nom? Je ferais l'effort de le retenir.
-Kurama. »
Hiei réprima un frisson, un sourire.
Il était tombé amoureux d'un des plus célèbres yohko du makai. Voilà qui promettait d'être intéressant.
FIN
Ok, pas tapé! Je sais, cette fin est pas terrible. Mais c'était soit je l'envoyais telle quelle maintenant, soit c'était jamais... Je prie aussi pour qu'il n'y ait pas trop de fautes ou d'incohérences parce que j'ai vraiment corrigé rapidement. J'espère quand même que ça vous a plu. Désolé, je n'ai pas vraiment le temps de répondre aux reviews du ch7.
Sinon, pour me faire un peu pardonner, je posterais d'ici peu 2 one-shots plus ou moins débiles.
A plus et laissez des reviews.
