Le voyage dans la voiture de David sembla durer une éternité à Belle.
C'est avec un soulagement certain qu'elle referma la porte de l'appartement, situé au-dessus de la bibliothèque que Rumplestiltskin lui avait offerte.
Elle n'avait qu'une envie : se débarrasser de la mini jupe moulante brodée de strass et du débardeur au décolleté plongeant que Lacey avait enfilés la veille.
Comment une partie d'elle-même pouvait-elle apprécier un tel accoutrement ?
Elle piqua un fard en repensant aux manières débauchées de sa jumelle maléfique.
Dire que Rumple avait enduré sa présence pendant plusieurs semaines quand Regina avait remplacé sa mémoire !
Ce dernier lui avait assuré que si Lacey s'était révélée sous les traits de la Ténébreuse, c'était sans doute parce que la Méchante Reine l'avait fait germer de son imagination et non parce qu'elle représentait tous ses travers.
Belle n'était pas convaincue par sa tentative pour lui remonter le moral. Elle avait ressentit bien trop d'affinité avec cette entité sombre pour ignorer que c'était un côté à part entière d'elle-même.
Néanmoins, elle avait fait semblant, parce qu'elle savait que Rumple voulait avant tout la déculpabiliser pour les actes répréhensibles qu'elle avait posés tout au long de la semaine écoulée.
Ils n'avaient pas réellement eu le temps de parler sérieusement.
Le baiser ... les baisers, se reprit-elle, qui avaient permis sa libération avaient été de plus en plus fiévreux et auraient certainement plus à Lacey.
Si Rumple n'avait pas pris sur lui d'interrompre la chose, elle imaginait sans encombre jusqu'à quel point cela aurait pu dégénérer
Cependant, elle reconnaissait aisément qu'il avait pris la décision la plus sage.
Ils avaient beaucoup de choses à mettre à plat, avant que leur relation n'arrive à ce stade à nouveau.
Bien que l'envie ne lui en manquait pas. Les quelques jours passés avec Lacey avaient fait renaître en elle des désirs qu'elle avait presque oubliés.
Mais elle ne voulait surtout rien brusquer. Elle s'était préparée à quitter la ville, sept jours plus tôt, de peur de souffrir encore.
Elle avait eut du temps pour se convaincre que c'était la meilleure option pour elle. Seulement sa petite expérience en tant que Ténébreuse avait tout remis en question. Et principalement le fait qu'elle n'était pas prête à renoncer à lui.
L'espoir renaissait de ses cendres dans son cœur et elle se sentait incapable de faire une croix sur leur bonheur, s'il existait encore une chance pour eux de l'obtenir.
Il lui avait prouver qu'il la faisait passer en tout premier, avant lui-même. Il l'avait sauvée d'elle-même.
C'était des preuves de sa bonne foi qu'elle ne pouvait ignorer. Il était devenu l'homme qu'elle espérait, par amour pour elle. Il avait réussi à combattre ses propres démons intérieurs ... et les siens, également !
Elle prit une douche rapide et enfila une jupette lilas qui arrivait à mi-cuisse – bien plus longue que celle de la veille – et une blouse blanche, qu'elle surmontât d'un cardigan violine.
Elle voulait soigner sa tenue et se surpris à être aussi nerveuse à l'idée de le voir qu'elle ne l'était au Dark Castle. Quand elle s'arrangeait pour le croiser le plus souvent possible, l'air de rien.
De sa fenêtre, elle pouvait apercevoir le magasin. Le signe indiquait « fermé » mais ça n'avait jamais été un élément qui permettait de savoir s'il était là où pas. Ni les importuns de s'y invite !
Elle grommela en repensant au nombre de fois où les Charmant, ou encore Regina, avaient outrepassé le panneau censé leur assurer un peu d'intimité.
Elle hésita une seconde. Elle pourrait préparer un pic-nique et passer à l'improviste, à l'heure du déjeuner. Ou peut-être valait-il mieux l'appeler avant ? Il avait agit de façon étrange, le matin même.
Quoi qu'il était difficile de savoir ce qui était étrange ou pas le concernant, maintenant qu'il n'était plus le Ténébreux.
Ou peut-être, n'avait-il pas si bien accepté SA phase Ténébreuse, qu'il le lui avait laissé entendre ?
Non, ce n'était pas le genre de Rumple de tenir des griefs à son encontre. Plutôt le sens inverse.
Et, comme il le lui avait fait remarquer, il était celui qui comprenait le mieux la situation.
Le problème du déjeuner se régla de lui-même quand elle réalisa que son réfrigérateur était complètement vide. Évidemment, Lacey n'avait pas eu besoin de faire des courses dans le courant de la semaine écoulée !
Étant donné qu'elle ne se sentait pas encore d'affronter le regard de tous ces « braves gens » de Storybrooke, elle refusa l'idée de passer chez Granny pour obtenir des panier-repas.
La deuxième solution serait donc la bonne.
Elle se saisit de son gsm, et s'apprêtait à appuyer su la touche raccourci numéro 1, quand le carillon retentit dans le petit appartement.
- Madame Gold ? interrogea le commis qui se tenait sur le paillasson.
- Euh ... Oui, balbutia-t-elle.
Elle n'avait pas vraiment eu le temps de s'habituer à son nom de femme mariée, vu l'enchaînement des événements depuis la célébration.
- Signez ici, s'il vous plaît.
L'homme indiqua une petite case marquée d'une croix, puis lui tendit une grande enveloppe brune.
Quand elle releva la tête après une inspection sommaire, il avait disparu.
« Etude MUNCH, GREYSON & GRABOWSKI » était notifié sur le volet, au verso.
Elle l'ouvrit et en extrait le contenu.
Son cœur remonta dans sa gorge.
Il avait fait préparé des documents de divorce et ils étaient signés de sa main !
