Merci aux reviews laissées par celles qui décidemment, sont toujours là. Ca fait très plaisir ! Je me garde de promettre quelque chose que je ne pourrai pas tenir, mais sachez que l'envie d'écrire et de poursuivre cette fic est bien présente ^^ !
Pour tout dire, ce que fait Hyde, l'idée m'a été donnée par un drama que j'ai vu récemment… J'ignore bien sûr si médicalement je suis bien dans le vrai ou si je fais ça bien, mais enfin une fic n'est pas documentaire ^^.
Chapitre 4
Hyde avait suivi le médecin qui coordonnait tout ce qui concernait les soins apportés à Tetsu, dans son bureau. Sa décision était prise. Il ne savait pas vraiment dans quoi il se mettait les pieds, mais il sentait que ce ne serait pas une partie de plaisir chaque jour. Tant pis, il prendrait sur lui dans son coin, mais il était décidé à faire bonne figure. Comment pouvait-il rester là, à attendre ? Il fallait qu'il agisse, sinon il ne supporterait pas longtemps la situation. Il n'y connaissait rien, mais il devait bien y avoir quelque chose à faire, même pour lui.
Le médecin n'était pas très âgé. Il devait même avoir dans ses âges, pas plus. C'était un homme qui avait l'air calme et avisé, comme Hyde le confirmerait durant cette conversation. Qui était Tetsu lui importait peu. Pour lui, c'était un simple patient, ni plus ni moins… bien que la horde de journalistes qui campaient devant l'hôpital devait tout de même lui faire reconnaître que ce n'était pas tout à fait juste.
Bien sûr, vous pouvez aider. Au contraire même, c'est une bonne chose. Je ne sais pas exactement quelle relation vous avez avec Ogawa-san, mais j'imagine vue la conversation que nous avons, que vous êtes des amis proches.
En effet.
Alors c'est important, fit le médecin en hochant la tête. Bien sûr, sa rééducation, le travail physique et psychologique doivent être encadrés et suivis par des professionnels, ce que vous n'êtes pas. Mais c'est important pour le patient d'être entouré par ses proches. Famille, amis… Dans ce genre de situation, il arrive que le patient rejette l'aide apportée. Pourtant elle est nécessaire.
Comment puis-je concrètement aider ? demanda Hyde avec impatience.
Tout d'abord, je dois être honnête et vous prévenir que ce ne sera sans doute pas facile. Pour vous, j'entends. J'ignore comment Ogawa-san va vivre les jours, semaines et mois qui viendront. Il se peut qu'il y ait des phases d'abattement terribles. Il se peut même qu'il soit désagréable, qu'il rejette l'aide de ses proches.
Je m'accrocherai.
Vous dites cela maintenant, répliqua le médecin en prenant ses lunettes pour les nettoyer, mais croyez-moi, c'est une chose à considérer. Vous avez à cœur d'aider et c'est tout à votre honneur, mais vous êtes humain. Et il n'est pas donné à tout le monde d'accepter lorsqu'on vous rejette, voire qu'on vous crie dessus. Surtout quand vous appréciez la personne. On a beau excuser, savoir que ce n'est pas vraiment lui qui parle… C'est difficile. Je vous demande, quand vous sortirez d'ici, de bien y penser.
Je le ferai, Docteur.
La mise en garde avait eu l'effet recherché. Hyde n'y avait pas pensé, et dire que ce n'était pas un problème aurait été un mensonge. Il savait combien Tetsu pouvait être blessant quand il le voulait. Il finissait toujours pas s'excuser quand il agissait ainsi… Mais à présent, la situation était inédite, et tellement complexe. Bien sûr qu'il ne pourrait pas lui en vouloir de péter un câble. Quelles que soient les multiples réactions qu'aurait le bassiste à l'avenir, elles seraient légitimes. Cependant, le savoir et le comprendre est une chose, l'encaisser est une autre. Voilà ce que le médecin avait voulu dire. Parce que probablement qu'il avait déjà dû en avoir par le passé, des familles ou des amis confrontés à de telles situations. Alors Hyde y penserait. Sérieusement. Mais il ne se voyait pas vraiment reculer maintenant.
Bien. Si vous maintenez votre résolution, alors vous pouvez envisager par exemple, d'être présent lors de ses séances de rééducation. Ça n'est pas interdit. L'encourager est primordial. Les exercices seront bien évidemment faits par des professionnels, mais votre soutien, votre présence, peut être d'une grande aide. Pas tout le temps, car évoluer sous le regard de quelqu'un que l'on connait est plus difficile pour le patient. Il ressent une pression, que vous le vouliez ou non, et il y a des jours où cela peut être un frein aux progrès.
Entendu.
Il y a des étirements également, des gestes destinés à ne pas laisser les muscles s'endormir ou des escarres se former, ce qui arrive quand on reste couché. Vous pouvez aider lorsque vous venez le visiter. Je vous montrerai dans un instant.
D'accord.
Et bien sûr il a le psychologique. Là encore, même si vous n'êtes pas professionnel, vous êtes son ami. Ne sous-estimez jamais l'importance d'un tel lien dans une guérison… s'interrompa-t-il alors qu'on frappait à la porte. Oui, entrez. Oh, bonjour.
La mère de Tetsu se tenait là. Comme chaque jour, elle venait aux nouvelles. Elle passait des heures auprès de son fils, et allait voir le médecin en arrivant ou en repartant, même s'il n'avait rien à lui dire de plus à l'heure actuelle. C'est d'ailleurs ce que le médecin lui dit aussitôt. Elle avait l'air si fatiguée… Elle et son mari logeaient pour le moment chez leur fils. Elle ne voulait pas le quitter. Pourtant le père de Tetsu ne pourrait pas indéfiniment rester à Tokyo : son travail ne le permettrait pas. Ses sœurs étaient déjà reparties d'ailleurs, mais elles revenaient voir leur frère chaque week-end. La vie continuait, qu'on le veuille ou non… Mais Hyde savait bien que même si le père de Tetsu devait repartir chez lui, à contrecœur bien sûr, sa mère resterait ici. Il était son seul fils et cette histoire l'avait fait vieillir de 10 ans. Hyde l'avait rencontré plusieurs fois et il la trouvait élégante, mais là… Elle faisait peine à voir. Elle était vraiment marquée.
Lorsque le médecin eut tout expliqué à Hyde, celui-ci prit le bras de la mère du bassiste et l'emmener marcher un peu dans les couloirs, avant qu'elle n'aille voir son fils. Cette famille était discrète, polie. Et quand on avait rencontré ses parents, on comprenait bien pourquoi le bassiste était aussi bien éduqué. Pourquoi aussi, il avait tant peur d'être une gêne. Car en effet, la mère et le fils se ressemblaient sur ce point puisqu'elle regarda le chanteur d'un air à la fois reconnaissant et embarrassé, quand elle prit la parole :
Takarai-san, je vous suis reconnaissante de ce que vous faites. De ce que vous comptez faire. Mais cela me gêne que vous vous impliquiez ainsi. Notre famille peut…
Tetsu est un ami, la coupa-t-il, madame. Je suis venu en mon nom, mais je pense que tous ses amis, Ken le premier, ont à cœur de l'aider. Votre famille n'est pas forcée d'affronter ça toute seule. Si vous avez besoin de quoi que ce soit…
Merci…
Par ailleurs, votre mari ne pourra pas rester éternellement à Tokyo, devina-t-il, sachant qu'elle ne conduisait pas. Alors il va bien falloir que quelqu'un s'occupe de vous.
Oh non, je n'oserai pas…
Ogawa-san, insista-t-il avec un sourire bienveillant, Ken et moi nous nous ferons un plaisir de vous conduire ici, de vous emmener en courses ou où vous voudrez.
Mon fils a vraiment rencontré de bonnes personnes… murmura-t-elle, touchée. Il a de la chance.
C'est nous qui avons de la chance.
En rentrant chez lui, Hyde appela Ken. Il avait parlé à sa place, mais il ne doutait pas que le guitariste se coupera en quatre pour aider. D'autant qu'il connaissait mieux la mère de Tetsu que lui, elle serait sûrement plus à l'aise en sa compagnie. Evidemment Ken accepta de bon cœur. De toute façon toutes leurs activités avaient cessé quand le bassiste avait été hospitalisé. Quitte à avoir du temps libre, autant l'employer de manière intelligente…
Ainsi la vie s'organisa-t-elle, installant une routine, en quelque sorte. Yukki, Ken et Hyde, ainsi que d'autres amis de Tetsu, se succédaient à son chevet. Si on devait mesurer la valeur d'un homme au nombre d'amis qu'il a, alors Tetsu était certainement très chanceux. Il semblait qu'il ne se passait pas un jour sans qu'il n'ait de la visite. De leur côté comme promis, Ken et Hyde s'occupaient au mieux de sa mère, qui ne cessait de les remercier pendant de longues minutes à chaque fois.
Un jour que Hyde était une fois de plus près du bassiste, il décida que le moment était venu de se jeter à l'eau. Il n'y a que le premier pas qui coûte… Il décida de mettre en pratique tous les conseils du médecin reçus la dernière fois, et il savait que la première fois serait la plus compliquée. Il fallait que Tetsu accepte son aide. Après, les choses pourraient se mettre en place. Et comme le bassiste, ce jour-là, ne lui avait pas encore donné l'impression d'en avoir marre de lui ou d'être particulièrement mal, Hyde décida que c'était le moment où jamais.
Tet-chan, tu es fatigué ?
Non…
Le médecin m'a expliqué que pour stimuler tes muscles, expliqua-t-il, un peu stressé, il y avait des mouvements simples. Tu veux que je le fasse ? Ca te fera du bien. Et comme tu attaques ta rééducation lundi…
Hyde.
Quoi ?
Les infirmières sont là pour ça.
Bien sûr, mais il a dit que comme elles ont beaucoup de patients, elles ne peuvent pas te le faire souvent. Alors je peux, moi, quand je viens te voir. Il m'a montré.
Non…
Ca te gêne ?
Oui, avoua le bassiste en regardant ailleurs.
Je comprends. Mais Tet-chan, c'est pour ton bien. Ta mère voudrait bien le faire, mais j'ai peur qu'elle se fasse du mal, elle est âgée et un peu… fatiguée en ce moment… Et j'ai pensé que tu voudrais bien que je t'aide. C'est pas indécent, je t'assure !
Cet ultime argument fit sourire le bassiste malgré lui. Hyde le nota d'ailleurs, puisque c'était la première fois qu'il lui souriait depuis des jours. Tetsu était quelqu'un de très pudique. Il y avait la culture bien sûr, mais il l'était vraiment plus que la plupart des gens. Aussi Hyde avait-il bien compris que l'idée de se faire toucher par un ami ne le remplissait pas de joie. Ca, et le refrain habituel sur la gêne qu'il ne voulait pas être, et que Hyde ne voulut même pas relever puisque ce chapitre était clos, pour lui.
Hyde sentit le bassiste fléchir. Par réelle volonté d'améliorer les choses ou pour lui faire plaisir –ou pour se débarrasser de lui, qui sait-, peu importe dans le fond. Il tourna la tête vers le chanteur, l'air plein de gratitude :
Hyde, c'est très gentil de ta part. J'apprécie, vraiment.
Alors on essaie ?
… D'accord.
Je vais y aller tout doucement, fit Hyde en remontant ses manches, stressé maintenant comme il avait à cœur de faire les choses bien. Mais si tu as mal, tu me le dis aussitôt, hein ?
Oui.
Ne sois pas si tendu, relâche tout, laisse-toi faire.
Tetsu était très crispé. Il n'aimait déjà pas vraiment quand les infirmières le tripotaient, même s'il n'avait guère le choix, alors Hyde… Ce dernier, qui n'était pas réputé pour être quelqu'un de très doux, déployait au contraire des trésors de douceur à cet instant, comme si au moindre geste brusque, Tetsu allait se briser en mille morceaux. La sueur perlait presque à son front, tant il était concentré alors qu'il s'occupait de sa jambe droite. Ce fut à ce moment-là que le batteur du groupe entra dans la chambre, se demandant dans un premier temps ce qui se passait :
Oups, je dérange ?
Bonjour Yukki.
Je peux repasser…
Non, tu tombes bien, fit Hyde. Parle-lui, comme ça il m'oubliera et il sera moins gêné. Je ne te fais pas mal ? demanda Hyde au bassiste, alors qu'il lui pliait la jambe.
Je ne sens plus rien, tu sais…
Un ange passa. Le silence dura quelques secondes, mais Hyde fut mortifié. Quelle question stupide. Si Tetsu pouvait ressentir de la douleur à cet endroit, ils n'en seraient pas là. Il se mordit la lèvre et regarda le sol en poursuivant sa tâche, maudissant son cerveau qui ne réfléchissait pas assez. Yukki vint à son secours en s'approchant du lit pour parler un peu avec Tetsu. Ce dernier oublia effectivement un peu ce qui se passait, l'attention accaparée par la conversation. Ce n'était pas qu'il soit bien bavard, mais c'était toujours cela de pris. Après plusieurs minutes, Yukki constata que les yeux de Tetsu étaient mouillés. Il fit un geste en direction du chanteur :
Hyde, stoppe un instant, veux-tu ? Tu pleures ? demanda-t-il à Tetsu, l'air inquiet. Tu as mal ?
Non… Je suis juste fatigué… murmura Tetsu en fixant le plafond.
Ok, on te laisse alors. 'faut pas forcer. Repose-toi.
Au revoir Tet-chan…
Il fallut toute la patience de Yukki pour que Hyde soit sûr qu'il n'avait pas été trop brutal, qu'il ne lui avait pas fait mal. Et que tut ça n'avait probablement pas grand chose à voir avec lui. En réalité, ce n'était pas tout à fait juste. Tetsu n'était pas fatigué. Il n'avait pas mal non plus. Il s'était juste senti pathétique, d'obliger un de ses meilleurs amis à jouer les garde-malades… De son point de vue, il n'était qu'un poids. Il ne comprenait pas que rien n'obligeait Hyde à l'aider, que rien n'obligeait personne à venir le voir. Si ce n'est l'amitié qu'on lui portait. Et quand il avait vu la sueur perler sur le front de Hyde, son visage tendu parce que mine de rien, cela ne devait pas être si facile quand on était novice, il s'était senti mal. Et maintenant qu'ils étaient partis, Tetsu se reprocha de ne pas l'avoir remercié. Il le ferait, la prochaine fois.
En fin de journée, ce fut au tour de Ken de passer. Il n'avait que peu de temps avant la fin des visites, mais il n'était pas prévu qu'il passe au départ. Il ne voulait pas fatiguer Tetsu, car il savait bien qu'il n'était jamais seul bien longtemps. Mais au final l'envie de le voir avait pris le pas, et il était venu. Il était en quelque sorte missionné par le père de Tetsu, qui l'avait appelé dans la journée pour le prier de ne pas laisser son fils sombrer. De tous ses amis, Ken était celui qu'il connaissait le mieux et depuis plus longtemps, et le seul à qui il pouvait demander de secouer un peu Tetsu. Ken n'était pas emballé par l'idée, néanmoins. En temps normal il était effectivement le genre d'hommes à mettre des coups de pied aux fesses plutôt qu'à tendre un mouchoir. Mais ce que vivait Tetsu n'avait rien de normal. Comment pouvait-il lui dire « hé ho, tu as assez pleuré, non ?! »
Tetsu, tu dois te ressaisir.
Ken, je suis fatigué…
Non tu ne l'es pas, rétorqua le guitariste, se demandant vraiment pourquoi c'était à lui de faire le sale boulot. Je sais que c'est ta façon de dire aux gens de partir. Ecoute... Je n'y connais pas grand chose et je ne cherche pas à dire que je comprends ce que tu ressens... Mais je sais que quand on vit un traumatisme aussi violent que le tien, il faut se reprendre sans trop attendre. Sinon c'est comme abandonner...
Je sais…
Le meilleur moyen de vaincre un traumatisme, c'est de l'affronter, et tout de suite. Plus le temps passe, plus c'est difficile.
Ou impossible.
Tetsu, si tu continues à t'apitoyer sur ton sort comme tu le fais, l'impossible deviendra une réalité. Tu finiras ta vie dans ce lit. Et je ne pense pas que ce soit ce que tu veux.
Ken ferma les yeux à s'en fendre les paupières. En temps normal, s'il lui avait parlé ainsi, Tetsu lui aurait sûrement sauté à la gorge. Il était allé 10 fois trop loin, et sur le coup, Ken se détesta pour ça. Mais quand il rouvrit les yeux, il vit juste son ami qui le regardait, une infinie tristesse dans le regard... et l'air de dire « tu as raison ». Et cela lui brisa le cœur. Ken savait que d'un côté il avait raison. Si Tetsu persistait dans cet état d'esprit, on courait à la catastrophe. Mais comment lui dire de se ressaisir sans faire preuve de cruauté ? Comment lui dire de se bouger sans passer pour un insensible ? Mais peut-être parce que Tetsu avait conscience de cela, ou peut-être parce que c'était Ken qui le lui disait, il ne s'énerva pas. Et Ken y vit une chance d'enfoncer le clou, puisqu'il l'écoutait.
Tu dois essayer. Et si ça ne marche pas, alors tu dois trouver... une nouvelle façon de vivre désormais. Mais pas tant que tu n'auras pas tout donné, pour y arriver.
Je ne suis pas sûr d'avoir ça en moi…
Tetsu, je pense que le jour où tu as décidé de tout lâcher pour faire de la musique, personne n'aurait pu dire que les choses finiraient ainsi.…
Ca n'a rien à voir.
Si, en un sens. Il s'agit de volonté. Il s'agit de se donner les moyens pour atteindre un but fixé. Et je ne connais personne qui soit meilleur pour ça. Ca ne sera pas facile, et peut-être qu'il y aura des jours où tu te demanderas « à quoi bon ». Mais je sais que tu tiendras bon, acheva Ken avec tant de conviction que le regard de Tetsu reprit de la consistance, tandis qu'il le fixait.
