Bonjour, bonsoir, mesdemoiselles & messieurs ! Tout d'abord, j'ai tellement honte de mon retard que je ne vais même pas m'exprimer là dessus, je m'excuse rapidement avec amour et espère ne pas vous décevoir ou quoi que ce soit :(

Ensuite, merci à ma superbe bêta qui a la crève pour cette merveilleuse correction ! (On t'embrasse fort fort rétablie toi vite !)

& pour finir, voici avec ÉNORMÉMENT DE RETARD DONC, mon 4ème chapitre ! Un peu plus de suspens, de Destiel et de Révolution Iranienne même si ont est pas encore en plein dedans (ça arrive)

On en apprend un peu plus sur John & Mary, sur Castiel et sur le passé de Sam... ;)

DONC BON.

BONNE LECTURE et n'hésitez pas à donner vôtre avis sur tout et n'importe quoi, en bref les reviews sont autorisées !

Pleins de bisous & à bientôt !


Notes :

Émasculer : Couper les parties génitales d'un homme.

No Man's Land : terme utilisé pour la première fois lors de la 1ère Guerre Mondiale, désignant sur le front, l'endroit entre le camp adverse et le camp allié, un terrain de quelques centaines de mètres, jonché de mines, de barbelés et de corps des soldats qui tentent de traverser. Aujourd'hui encore on utilise ce terme pour parler d'une certaine région de centre Afrique, un désert qui relie deux pays en guerre, souvent traversés par des réfugiés qui sont régulièrement kidnappés et torturés par des nomades et ensuite vendus comme esclaves ou simplement tués, ou relâchés sous demande de rançon. Comme son nom l'indique c'est un endroit où les hommes ne peuvent pas aller sauf en subir les conséquences.


Chapitre 4

John et Mary avaient eux aussi de faux passeports anglais. Ils venaient tout droit de San Francisco et étaient chercheurs, d'après ce que Dean avait compris, ils travaillaient dans les fouilles religieuses ou ce genre « de trucs flippants. Non mais Cas, me regarde pas comme ça, c'est carrément glauque comme métier » et étaient ici pour une mission ;

- On ne sait pas vraiment ce que c'est, on suppose que c'est une galerie souterraine. – John exposait leurs données aux trois journalistes. – On nous a juste donné des coordonnées qui nous ont menées ici, en Iran. Et depuis on essaie d'accéder à ces fameux souterrains, ils sont un peu plus à l'Est du pays, pas très loin de la frontière Arménienne, et comme la guerre a éclaté, on en profite pour se rapprocher de l'Arménie, au cas où.

Sam avait les sourcils froncés, et écoutait John parler avec enthousiasme, tandis que Castiel avait allumé sa caméra et filmait Dieu savait quoi à travers la fenêtre poussiéreuse.

- Mais, vous allez trouver quoi là-bas ? Qu'est-ce qu'on peut bien trouver dans des souterrains ? Je veux dire – Dean baissa d'un ton – vous cherchez quoi au juste ? Y a pas grand chose de précieux au fin fond de ce pays de merde si vous voulez mon avis.

Le blond fit semblant de ne pas noter le regard réprobateur que lui lancèrent le cameraman et son cadet, simultanément.

Le couple se regarda, une lueur d'hésitation dans les yeux, alors que le silence se répandait doucement à travers le bus, seulement brisé par les éternels rires et cris de soldats.

Mary prit la parole réajustant nerveusement une de ses mèches derrière son oreille gauche, maladroitement.

- C'est que… c'est un peu fou, et je suis pas sûre qu'on puisse vous le dire, ni même que vous nous prendriez au sérieux…

John hocha la tête, un air désolé au visage, mais Sam se redressa, ouvrit grands les yeux et échangea un regard avec le couple avant d'avancer avec un ton qui ne laisse guère de place au doute.

- Vous cherchez la porte de l'Enfer.

C'était plus une affirmation qu'une question, et le couple fut ébahi quelques secondes avant de lentement hocher la tête.

Mary ouvrit la bouche mais fut prise de court ;

- C'est une blague ? Dean se redressa et fit face à Sam, un sourire en coin. Vous êtes tarés ma parole ! Je ne savais pas qu'en 1980, des gens pouvaient encore croire à ce genre de conneries ! Putain pendant deux secondes j'aurais pu y croire, réellement, mais là les gars… la porte de l'Enfer, et puis quoi encore ? Le pays d'Oz ? L'Atlantide ?

Dean n'était pas con, et l'Enfer n'existait pas, manquerait plus que ça !

Castiel s'interposa.

- L'Atlantide existe Dean.

Le blond soupira en se tournant vers le brun et sa caméra, bien ancrée sur ses épaules avant de lever les yeux au ciel.

- Mais oui Cas ! Et moi, je suis une aubergine !

Mary, visiblement vexée, rétorqua.

- Dean, ce n'est pas une blague. Je vous avais dit que vous n'y croiriez pas. Mais les données sont là, des rumeurs circulent, les gens parlent de cette grotte d'où personne n'est jamais revenu –

- Parce que personne n'y est jamais allé. Arrêtez avec vos conneries, l'Enfer c'est l'histoire qu'on raconte à Saint Jean quand il ne veut pas manger ses petits pois, rien d'autre ! Dean se retourna, se rassit confortablement dans son siège et croisa les bras tandis que Sam et le couple continuaient de parler, d'Enfer, ou de Charlie et sa Chocolaterie, après tout pourquoi pas ?

Dean s'en foutait de toute façon, à quoi bon.

Castiel sourit, et pointa sa caméra dans la direction du blond.

- Tu boudes Dean ? À vingt-trois ans, tu en a pas marre de bouder ?

Dean lui fit un doigt d'honneur.

- De un, j'ai vingt-six ans, mais merci, et de deux, bouder c'est génial. Tu devrais poser ta stupide caméra et essayer un peu, au lieu de filmer la poussière, tu gaspilles tes cassettes pour rien.

Castiel prit un air faussement offensé avant de s'avancer encore plus près, de rapprocher son stupide objectif en plein sur le pif de Dean, qui grogna.

- Cas, enlève moi ce machin du nez avant que je n'explose le tien. Ça serait dommage, casser un aussi joli nez.

Le brun sourit et fit un clin d'œil « c'était un clin d'œil ça ou du morse Cas ? »

- Tu trouves mon nez joli ? J'avoue que le tien n'est pas mal non plus Dean, tu n'as rien à envier au mien. Dis plutôt coucou à la caméra tu veux ?

Dean sourit discrètement.

- Plutôt coucou à la caméra tu veux. C'est bon t'es content ? Il aperçut le sourire de Castiel et ricana – Nan, t'as trouvé ça drôle ? Mon pauvre Cas, si tu ris à mes blagues, que va-t-on faire de toi ?

Castiel rigola doucement, posa sa caméra, s'assit correctement et se tourna vers le blond, avec ce putain de sourire ravageur planté sur son visage, alors que le bus avançait doucement, rebondissait quelquefois, et que la conversation entre les trois cinglés de derrière ne semblait pas cesser.

- Du coup comment tu vas faire pour ton reportage sur les pistaches ? Bobby va te tuer non ?

Le blond sourit doucement à l'allusion de son taré de patron.

- Nah, les États-Unis ont sûrement eut vent de la révolution, je me demande même si des soldats ne sont pas déjà arrivés ici, ça ne m'étonnerait pas. Cette enflure va sûrement me virer puis me téléphoner en me donnant un nouveau reportage à faire, quelque-part dans le Groenland.

Ils rirent ensemble, et un silence s'installa, calme et reposant.

- Et toi Cas ? Tu vas faire quoi après, quand on sera rentré ?

Et comme si la chaleur du bus s'était évaporée, le regard de Castiel s'en alla vers la fenêtre, scrutant un point invisible dehors, entre le sable et le ciel.

- Je ne sais pas. Je vais sûrement rentrer chez moi quelques jours et puis repartir je ne sais où pour une nouveau boulot. Peut-être rendre visite à ma sœur.

- Tu as une sœur ?

Dean s'était toujours imaginé Castiel en fils unique, livré à lui-même et prêt à tout pour s'enfuir loin de la solitude.

- Oui, et une ribambelle de frères, si tu savais ! Elle vit en Californie, Anna. Elle est malade, un cancer du poumon.

- Je suis désolé.

Le brun fit un geste évasif de la main.

- Ne le sois pas, elle fume comme un pompier, pas étonnant qu'elle en soit là.

Le silence n'était pas pesant, ne l'était jamais, mais il était présent et Dean sentait, voulait le briser, à coup de hache, si le regard de Castiel pouvait en ressortir plus brillant.

- T'auras qu'à venir à l'agence, Bobby aura forcément du boulot pour toi. Cameraman, qui sait, c'est peut-être le futur métier le plus prisé du continent Américain !

Castiel sourit faiblement.

- Est-ce que tu essaies de me vendre mon métier ? Tu fais ça parce que tu es jaloux de mon nez et que tu voudrais me le voler… tes tentatives sont vaines Dean, tu ne l'auras jamais.

Le blond éclata de rire et s'attendrit de la manière maladroite qu'eut le petit brun de changer de sujet.

- J'avoue Cas, tout ce que j'ai fait jusqu'ici, c'est de t'amadouer dans le seul but de te voler ton magnifique nez. T'a-t-on déjà dit à quel point ce chef d'œuvre de la nature pouvait coûter cher ?

Castiel prit un air faussement intéressé.

- Combien ? Combien serais-tu prêt à payer pour ma magnifique monture nasale ?

- Des dizaines de millions de dollars. Et ça Cas, ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup de caméras.

xxx

- Tu te fous de ma gueule Sam. Je le sais, ça ne peut pas en être autrement. C'est quoi, on est en Avril ? On est le premier, t'es pas sérieux. Sam Wesson, je te jure que je vais te découper en rondelle et te faire cuire à feu doux et –

Sam soupira longuement puis finit par couper Dean dans son long monologue « …T'écorcher à vif, puis te couper les veines une par une… » « …couper ta langue… » « … émasculer … »

- Écoute Dean. Les faits sont là ; on a pas de reportage, et Dieu sait où Bobby est capable d'aller à cause de ça… et Mary et John ont un super projet ! Même si tu n'y crois pas, jettes-y un œil ! Dean, ça ne te coûte rien, et si c'est bien faux comme tu le dis, ça nous fait juste faire un petit détour !

Dean explosa.

- Un petit détour dans un pays en pleine révolution ! Mais bien sûr Sam, quoi d'autre ? Tu voudrais pas qu'on se jette sous une pluie d'acide ? Ça me paraît être un bon plan, après, je balance juste deux trois idées comme ça !

- Mais Dean imagine que John et Mary aient raison ! Imagine un peu la tête de Bobby quand il verra les images d'une porte de l'Enfer ! En exclusivité mondiale, le premier passage vers l'Enfer, enfin découvert ! Ton nom et le mien sur la première page de tous les journaux Dean ! C'est la gloire assurée !

Le blond fronça les sourcils.

- Et Cas ?

Sam sourit, un sourire sans fossette, les yeux sombres et une voix sourde, presque rieuse, moqueuse, sans même jeter un coup d'œil au brun qui assistait à la conversation, discret, confortablement installé aux côtés de Dean, sa caméra pointée vers les deux journalistes

- Et Cas aussi, Dean, cesse de faire l'enfant capricieux ! C'est une chance unique qui se présente à nous aujourd'hui !

Dean était abasourdi devant la foi absolue de son collègue.

- Sammy, t'es au courant que cette histoire d'Enfer c'est des conneries ? Que c'est dans ta tête ? Il émit un ricanement – Sam, mec, t'es athée !

Le brun émit un bruit sans écho, une sorte de soufflement rauque en baissant les yeux, le regard soudainement fixé sur ses mains.

- Je n'ai jamais dit ça.

Un lourd silence s'abattit sur le petit groupe, alors que Dean avait la bouche grande ouverte devant le ton presque dur que Sam venait d'employer.

Il souffla et se résigna.

- Ok, imaginons deux secondes que cette histoire de… d'Enfer complètement débile soit vraie – Mary acquiesça doucement, l'intimant à poursuivre mais Dean l'ignora superbement – C'est ça ton idée Sammy ? Foncer droit dans le No Man's Land ? Se jeter dans la gueule du Diable ? Hey, salut Satan, comment va la vida loca là dessous ? – Une pointe de cynisme dans la voix.

Légère.

Sam haussa les épaules, d'une désinvolture consternante.

- J'imagine qu'on verra bien. On ne va pas descendre à quinze mille sous terre Dean, nous en avons ni le temps, ni les moyens matériels. On y va, on trouve un truc intéressant, on filme et on se barre, ça s'arrête là. Et comme l'a spécifié Mary tout à l'heure, les coordonnées indiquent un endroit qui se situe non loin de la frontière, où est le problème ?

Dean hallucinait. C'était forcément un rêve, un très mauvais rêve entre le drame et le comique ; Rire ou pleurer, Dean ne savait pas quoi faire, alors il fit ce qu'un bon Winchester se devait de faire ;

- Tu sais quoi sale enfoiré ? Vas-y, jette toi dans ce trou de merde, jette toi dans la cage aux lions. Moi j'en ai rien à foutre, je t'accompagne, te vois te prendre la raclée du siècle devant une grotte tout ce qu'il y a de plus poussiéreuse et je me tire, avec ou sans toi. – se levant de son siège.

Sam hocha la tête d'un air entendu que Dean n'apprécia pas, vraiment pas. ;

- Et ne t'avise pas d'hocher la tête comme si on venait de conclure un accord, ceci n'a rien d'un putain d'accord ! Il jeta un regard méprisant au couple et au grand brun : S'il vous arrive quoi que ce soit, ne comptez pas sur moi ne serait-ce que pour cligner des paupières.

Il se dirigea vers l'arrière du bus, là où les chuchotements des comploteurs Sataniques n'étaient pas audibles, où les secousses du bus moisi de ce pays moisi jusqu'à la moelle s'éteignaient vaguement à la lueur du soleil qui descendait de son perchoir, se noyait dans les vagues de sable qui allaient et venaient par la fenêtre.

Dean n'avait pas aimé l'insistance avec laquelle Sam parlait de cette fichue caverne, de cette connerie d'idée de merde, ces yeux soudains noircis, ce rictus foncièrement moqueur et indifférent qui déformait son sourire.

Dean ne lui avait vu cette expression que deux fois ; le jour ou Ruby était morte et qu'il s'était juré de tuer le fils de pute qui avait fait ça. Dean aurait juré avoir un tout autre homme devant lui ce jour-là. Et le jour où il s'était battu avec un petit con dans un bar pour une connerie de verre renversé : le dépassant d'un bon mètre, il l'avait rapidement mis à terre et l'avait frappé, encore, encore et encore, du sang sur son visage, ses mains blessées, marquées par ses propres coups, cet espèce de sourire malsain incrusté sur son visage.

Et, bordel, ce soir-là, Sam n'avait même pas bu.

xxx

- Hé, l'aubergine !

Dean sursauta.

Il n'avait pas entendu les pas de Cas, perdu dans ses sombres pensées, et sourit doucement devant l'air constipé du brun, et putain, ce mec le faisait devenir bipolaire.

- C'est quoi encore cette tête Cas ?

Celui-ci se frottait le coude, les sourcils froncés en un regard accusateur dirigé vers un siège se trouvant à sa droite.

- Je me suis pris le siège, là – désignant sa manche relevée sur une légère marque rouge incrustée sur son avant-bras.

Le blond pouffa avant de désigner la place à côté de lui, que Castiel ne reste pas comme un idiot, étant donné que le brun semblait attendre une invitation par écrit.

Puis il réalisa.

- L'aubergine ?

Cas s'assit en face de Dean, dans la rangée se trouvant en face du blond, qui s'était calé contre la fenêtre, les jambes étendues sur le second siège, un léger sourire en coin, et se positionna à son tour contre la fenêtre, les jambes ramenées contre son torse et les yeux plantés dans ceux de Dean, face à face, le long couloir les séparant.

À la lumière du soleil couchant qui traversait la vitre en verre abîmé, Castiel était magnifique ; les cheveux parsemés de poussière dorée, les yeux sombrement bleus, la bouche rosie, incroyablement homme alors que sa position de petit garçon à l'étroit criait l'innocence.

Dean ne put lâcher le brun des yeux, se moquant éperdument de la niaiserie avec laquelle son regard semblait découvrir chaque parcelle de Castiel, qui lui sourit timidement.

- Tout à l'heure, quand je t'ai parlé de l'Atlantide, tu m'as envoyé bouler en disant que si elle existait, tu étais une aubergine.

Il haussa les épaules.

- Et puis c'est un joli mot, aubergine.

Dean ne sut que dire pendant quelques instants, déconcerté par la capacité de Cas à savoir faire fi des essentiels et d'y ajouter sa touche personnelle de non-sens.

Il souffla assez fort pour que Cas puisse l'entendre.

- Je suis désolé, pour tout à l'heure. Je ne voulais pas être désagréable, mais cette histoire d'Enfer… ça me met mal à l'aise, c'est complètement dément !

Castiel haussa les épaules maladroitement.

- N'empêche que l'Atlantide existe.

Dean rit doucement, franchement content que ce taré de cameraman change de sujet, n'ayant en aucun cas envie de s'attarder sur Sam et ses idées de merde.

Il sourit en coin, un air faussement supérieur au visage.

Il avait envie de faire chier Cas.

- Comment tu peux le savoir d'abord ? Et puis quoi, t'es aussi un putain d'illuminé ?

Castiel renifla avec dédain, deux secondes, et Dean sut qu'il avait gagné, alors qu'il tentait de masquer un rire bruyant.

- Non Dean, je ne suis pas un ''putain d'illuminé'' comme tu dis. Juste quelqu'un qui a foi en certaines idées, j'aime à croire que certains trucs sont réels, que tout ne s'arrête pas à quelques formules mathématiques ! Ce n'est pas parce que tu n'y crois pas que ce n'est pas réel !

Castiel boudait et Dean rit, dix secondes, douze, vingt « Cas, je plaisantais ! » « Cas, arrête de faire la tête, je voulais juste te faire chier ! » « Mec, tu ressembles à un poulpe en période de reproduction là » « Rooh, allez déride toi ! »

Dean se rapprocha de Cas, enjamba le siège et se posa en face du brun, lançant un sourire opaque lorsque celui-ci continua de l'ignorer et prit un air vexé.

Dean essayait réellement de retenir sa main lorsque celle-ci partit se balader sur le visage du brun, dérida son front, détendit ses sourcils, il essayait, promis. Mais rien n'empêcha cette foutue main de bouger, de se placer sur les pigments de la peau de Cas, d'y trouver sa place, d'y tracer des cercles alors que le blond luttait pour ne pas fermer les yeux sous la chaleur de la joue rosie de Castiel.

Il laissa sa main vagabonder, un peu, sourit, beaucoup, et rougit presque trop.

Pourtant, la Terre tournait encore rond. En fait, le bus allait peut-être plus rapidement, peut-être même qu'un nuage s'était légèrement déplacé, peut être qu'un des soldats en perpétuelle hilarité avait éternué, et Dean trouva ça injuste de voir que tout était encore en place, alors que lui n'était plus que lambeaux de chair déchiquetée par sa propre audace et ce satané cœur qui battait si vite.

Personne ne dit rien mais tout semblait tellement bruyant, les molécules se fracassant entre elles.

- J'y crois parce que j'ai besoin d'un endroit où partir, où m'évader quand tout est trop dur et que le soleil prend trop de temps à se coucher.

Castiel murmura ces mots, ses yeux bleus plantés dans ceux de Dean et il n'y avait rien d'autre à dire lorsque la main de celui-ci se laissa tomber sur celle du brun sans aucun bruit qui puisse en témoigner.

Dean soupira ;

- Un jour tu m'expliqueras pourquoi le soleil a l'air de prendre ses congés chez toi ?

Castiel sourit.

- Un jour.

Il posa ses yeux sur leur mains, posées l'une sur l'autre avec chasteté.

- Et ne t'avise plus jamais de me traiter de poulpe en période de reproduction, Dean Winchester.

Ils rirent, un peu nerveusement et un peu magiques, l'un contre l'autre, alors que Sam les apostropha.

- Dean, si t'as fini de faire ta meuf, viens plutôt m'aider à faire un regroupement par ici ! Et amène Cas !

xxx