Bonjour ! Bon, eh bien voilà le quatrième chapitre ! Il est peu plus long que les précédents. J'espère que vous aimerez, ce chapitre est surtout centré sur Eleanor mais je pense qu'il permet de mieux comprendre la suite. Alors, bonne lecture !


Disclaimer : Rien ne m'appartient, à part Eleanor et son histoire


Chapitre 4 : L'épée du lieutenant Jones

Entre la forêt enchanté et le pays imaginaire, portail, passé

Le portail était très long. Vraiment très long. Comment était-ce possible qu'elle soit encore vivante ? Avec tout ce poison dans les veines... Aucune idée. Elle pensait que mourir était sa seule issue. Maintenant qu'elle était seule, et que tout le monde la croyait morte... Mais elle ne mourait pas, elle en était sûre. Ou alors, était-ce ça mourir ? Un tunnel sans fin ?

Comme tout le monde à la fin de sa vie, elle repensait à la sienne. Elle revoyait tout. Et pour la première fois, elle regrettait d'avoir quitté Killian après qu'il ait perdu Milah. Qu'était-il devenu son frère ? Lui qu'elle avait laissé noyé dans sa tristesse, une main en moins, avide de revanche et de mort. Il voulait partir vers le pays imaginaire, trouver sa vengeance... Ah ! Le pays imaginaire... Elle y avait perdu son autre frère, il y a si longtemps ! Liam... pour qui elle n'avait jamais vraiment existé...

C'est sur ces pensées qu'elle franchit l'extrémité du portail. Elle s'écrasa lourdement sur le sable. Le sable du pays imaginaire. Quelqu'un la regardait, elle en était sûre. Elle sentait le poids d'un regard sur sa nuque. Eleanor Jones releva la tête. Elle fut éblouie par le soleil qui tapait sur la rive mais elle le reconnut. Sa silhouette d'adolescent, ses cheveux courts. Elle pouvait déjà deviner son sourire moqueur. Peter Pan.


Pays imaginaire, présent

Eleanor se trouvait sur le pont, perchée au dessus de l'eau pour penser, comme à son habitude. Tout l'équipage était sous le choc après l'épisode des sirènes. Tous sauf elle. Eleanor n'avait été que spectatrice, ne faisait rien pour arranger les choses, ni pour les aggraver d'ailleurs. Elle devait même avouer avoir eu un petit plaisir sadique à voir Mary Margaret et Regina s'entretuer... En revanche, elle ne pouvait qu'admirer le courage d'Emma. Celle-là était sans doute un peu suicidaire, mais courageuse tout de même ! A présent, ils contournaient l'île. Elle n'avait fait aucun commentaire sur les décisions mais s'était contentée de rire face au costume de ténébreux à nouveau revêtit par Rumplestilskin. Puis ils avaient accosté, marché... Suivant Crochet qui s'improvisait guide. Pendant cette sorte de randonnée, elle ne les accompagna pas. Elle voulait vérifier quelque chose...


Pays imaginaire, passé

Le regard narquois de l'adolescent la regardait de haut. Elle détestait cette sensation d'infériorité : elle était une Jones tout de même ! Une Jones qui n'avalait pas sa fierté si facilement. Même si c'était aussi une Jones qui était dans une situation défavorable, elle n'allait pas se laisser se démonter par Peter Pan. Eleanor s'empressa de se relever pour se mettre à la hauteur de Pan. Malgré la taille d'adolescent de celui-ci, la jeune femme ne le dépassait pas. Il était même un peu plus grand. Elle devait avoir l'air miséreuse. La tristesse, non le désespoir plutôt, et les effets du poison ne devaient pas lui donner un air très fringuant... Ce fut Pan qui brisa le silence :

- Eleanor Jones, c'est ça ?

Elle n'avait même pas la force de lui demander comment il savait son prénom. Ce n'était pas vraiment une question, il savait très bien qui elle était... Elle acquiesça tout de même.

- Tu viens d'où comme ça ? demanda-t-il.

Ne répondant pas, elle se traîna et s'assit sur une souche d'arbre à un mètre de là. Ses jambes ne voulaient plus la soutenir. La douleur l'accablait. La folie avec. Elle cria. Même elle n'était pas sûre qu'il ait vraiment retenti. Il avait résonné dans sa tête. Ce cri... Elle revoyait son visage...elle n'avait que son visage à l'esprit. Son cri alors qu'elle tombait dans le puits. Elle revoyait le haricot lui frôler le visage et la sensation d'être aspirée par le portail qui s'ouvrait sous elle. Lui...Il devait la penser morte. Tout le monde devait la penser morte. Pourquoi ne l'était-elle donc pas ? Grace, sa toute jeune fille qui grandirait sans connaître sa mère, sans même savoir qu'elle est vivante. Eleanor ne pouvait qu'espérer que Jefferson allait arriver à surmonter la séparation mieux qu'elle. A ces pensées, elle reprit conscience de la réalité et du regard de Pan braqué sur elle. La jeune mère prit son courage à deux mains, enfin ce qu'il en restait, et reprit son regard ironique et son sourire arrogant qui lui allaient tant. Elle fixa Pan de cette manière et lui répliqua en détachant chaque syllabe plus que nécessaire :

- Ce ne sont pas tes affaires.

L'adolescent fut faussement surpris.

- Voilà, tu te réveilles enfin !

Il pencha la tête en l'examinant et dit :

- Tu me rappelles ton frère.

Il avait ce sourire tant détesté. Qu'il avait quand il faisait semblant de s'apitoyer mais qu'il savourait une victoire. Eleanor répondit entre ses dents, pensant savoir de quel frère il parlait :

- Liam...est...mort.

- Bien-sûr ! Mais je veux parler de ton autre frère, le Crochet.

Elle n'eut pas le temps de s'indigner du « bien-sûr ».

- Crochet ? répéta-t-elle, interloquée.

Pan rit d'un rire fou.

- Attends, ne me dis pas que tu ne connais pas son nouveau surnom ? Crochet, c'est Killian Jones. Ton frère, il me semble !

« On dirait que tu as acquis une belle réputation, Killian » pensa l'autre Jones.

Pan partit en riant.

- A bientôt, Eleanor Jones !

Celle-ci espérait revoir ce diable dans le plus grand temps possible..


Pays imaginaire, présent

Elle avait marché longtemps dans la jungle noire, lorsqu'elle fut enfin en vue. La cascade d'eau. Elle faisait un bruit doux en jaillissant sur les roches. Le choix existait toujours. Enfin, l'espoir plutôt. Eleanor promena les yeux sur les berges, l'éclat d'or l'interpella et elle s'approcha. le sextant. Dans la sacoche du capitaine Liam Jones, l'insigne brillait toujours sur le devant de la besace. Elle la prit dans ses mains en les scrutant. Elle observa les étoiles du sextant alors qu'une larme roulait sur sa joue en même tant que se déversaient les souvenirs dans sa mémoire. De colère, elle les jeta tous les deux, besace et souvenirs, du haut du pic dans un cri de rage.


Pays imaginaire, passé

Dans son désespoir, elle errait dans la jungle. Elle ne faisait aucun effort pour lever ses pieds qui traînaient dans la boue. Ses jambes étaient zébrées des griffes des hautes herbes tandis qu'elle tentait de résister à la folie. Il faisait jour, mais il lui semblait être envahie d'une nuit d'un noir d'encre qu'aucune lumière ne parvenait à percer. Dans son esprit résonnaient des voix... Tant de voix... lointaines mais en même tant si proches, si familières... Soudain, ses pieds heurtèrent quelque chose de lourd. Eleanor s'abaissa, le bruit stoppé le flux de ses pensées. Un fourreau, un fourreau de la marine. Elle le tint dans sa main gauche et sortit le sabre de son autre main. La jeune femme examina d'un œil connaisseur la lame, qui scintilla à la lumière du soleil, celui-ci étant pourtant caché par les hautes feuilles qui formaient le toit de la jungle noire. L'arme était sans doute à l'abandon mais la lame était encore acérée, prête à servir. Sur le fer était gravé :

« Lieutenant Killian Jones, XXIV »

A la vue de cette inscription qui semblait venir d'un passé enfoui, révolu, des larmes perlèrent à ses yeux. Elle avait compris. Ce qu'elle allait faire à présent. Eleanor Jones serait pirate. « Pirate pour perpétuer la tradition » Autrefois, Killian voulait être pirate pour venger Liam, mais il voulait se venger lui-même maintenant. « Pirate pour aider mon frère » Elle passa le fourreau à sa ceinture. « Pirate pour oublier »


Pays imaginaire, présent

En revoyant ses souvenirs, elle avait compris pourquoi elle avait retrouvé Killian. Elle devait l'aider à trouver sa vraie voie, même si ce n'était pas celle des pirates. Même si Liam n'était pas encore tout a fait vengé. Il avait déjà réussi à laisser tomber sa vengeance, mais il méritait plus. Killian méritait le bonheur, elle en était convaincue.

- Ah tu es là ! Je me demandais où tu étais passée !

Eleanor sourit malgré elle en entendait la voix de Killian.


Voilà ! Alors, vous avez aimé ?