Bonjour !

Je poste enfin un chapitre. Je m'excuse pour mon inpardonnable retard de...deux mois ? trois ?... En tous cas, je me fait pardonner par un chapitre un peu plus long, même si ça ne se voit pas !

Bref voilà un chapitre. Pas très joyeux, certes, mais un chapitre quand même...

Bonne lecture !


Disclaimer : L'univers de OUAT ne m'appartient pas.


Chapitre 5 : Les méchantes reines

Pays imaginaire, présent

Depuis qu'ils étaient réunis, Eleanor comprenait peu à peu ce qui avait amené son frère ici. Le sauvetage de ce Henry n'était qu'une façade : Killian était là pour Emma. Et il faudrait éviter à tout prix que les parents de cette dernière ne s'en aperçoivent, ce qui, hélas, risquait d'arriver prochainement.

Cependant, Eleanor détestait la vie en groupe. On l'avait habituée à vivre seule ou à être le chef. Ici, alors qu'elle n'était ni l'une ni l'autre, ses capacités d'adaptation étaient mises à rude épreuve. Emma et ses parents se méfiaient toujours d'elle et Regina faisait mine de l'ignorer, semblant ne toujours pas se rappeler de ses crimes. Killian semblait gêné de leurs retrouvailles, comme s'il ne savait pas s'il devait s'en réjouir ou non, comme s'il ne savait pas quoi en penser.

Le seul vrai problème pour la pirate, celui qui occupait de force ses pensées, était l'envie de meurtre qui l'envahissait dès que Regina la regardait, accompagnée d'une palpitation dans ses veines et d'un immense désespoir.


Forêt enchantée, passé

« Une fille ! C'est une fille ! »

Des hurlements raisonnaient dans la chambre. Des cris de rage, des rires aussi, curieux mélange dans une famille étrange. Un homme s'émerveillait devant sa fille tout juste née et la femme sur le lit, celle dont les traits étaient défigurés par la douleur quelques secondes plus tôt, semblait épuisée mais riait aux éclats en prenant son enfant dans ses bras.

« Alors vous allez l'appeler comment ce trésor ? demanda la femme rondelette - une naisseuse, comme on l'appelait - qui se tenait près du lit. »

Le ménage vivait aisément, mais ses deux membres étaient d'origine modeste, ou croyaient l'être, et avaient des manières plutôt paysannes. Un regard fut échangé entre les époux.

« Grace. Elle s'appelle Grace, répondit l'homme. »

Et ils continuèrent à rire. C'est ce qu'ils faisaient toujours.

Les noces avaient été célébrées un an plus tôt, dix ans après leur rencontre sur le pont d'un bateau pirate. Eleanor et Jefferson, la pirate et l'aventurier. Le couple bizarre. Personne ne leur adressait vraiment la parole, on les trouvait étranges. Lui et son grand chapeau, ramenant des fils d'or à chacun de ses retours; elle et son sabre qui lui venait on ne savait d'où. Mais ils n'en avaient que faire. Elle l'avait retrouvé, ils ne se quitteraient plus. Puis la malédiction arriva, sous la forme d'une femme qui toque à la porte.

Le rires s'arrêtèrent brusquement et le seul bruit que l'on entendit alors était le cri de la petite fille qui ouvre à peine les yeux. La menace planait toujours, malgré les apparences de gaieté. Le travail de Jefferson comprenait la richesse mais aussi ses effets secondaires. Telle que la crainte fondée de voir la méchante reine débarquer chez eux.


Pays imaginaire, présent

Pan lui avait parlé. Peter Pan avait parlé à Emma. Cet adolescent était toujours sur l'île, en chair et en os avec ses rires sarcastiques et ses sourires ironiques qui vous font comprendre qu'il pourrait réduire votre vie à néant à tout instant.

Il avait donné une carte à Emma, qu'elle ne pourrait lire que si elle acceptait qui elle était vraiment. Eleanor admirait le courage de la jeune femme mais exécrait Peter Pan - comme tout le monde - et elle ne pouvait pas s'empêcher de douter d'Emma pour les en débarrasser. Tandis que Killian lui faisait toujours les yeux doux qu'elle ignorait fabuleusement, et dont Charming et Snow se méfiaient déjà. Eleanor faisait toutes ces observations du haut d'un arbre, son sourire moqueur sur les lèvres. Cette petite troupe la faisait bien rire, tant qu'elle ne pensait pas à la dernière membre... Soudain, Killian releva la tête et lui lança d'une voix ironique :

« Très chère sœur, auriez-vous l'obligeance de bien vouloir descendre de votre perchoir ? »

Elle sursauta et faillit tomber de sa branche. Deux rires raisonnèrent dans la jungle, ceux de la frère et de la sœur qui avaient un sabre à la ceinture. Les autres les regardaient d'un air désapprobateur. Alors la pirate descendit de son arbre et se planta devant son frère.

« Oui très cher frère ? demanda-t-elle dans un sourire.

- Nous voudrions juste savoir si tu comptais rester avec nous...

- Surtout si tu comptes nous aider à retrouver mon fils, continua Emma.

- Notre fils, grommela Regina. »

Eleanor n'était pas surprise et avait préparé sa réponse à cette question.

« La question est surtout de savoir si vous m'acceptez, dit-elle.

- Bien-sûr ! répondit vivement son frère. Quelle question !

- La question ne se pose pas pour toi, Killian. Si tu avais répondu autre chose, ça aurait été la dernière chose que tu aurais dite. » Elle marqua une pose - son frère la regardait d'un air hébété - et se tourna vers Emma. « Je serais heureuse de vous aider si vous arrivez à me supporter, moi et mon humour.

- Je pense sincèrement avoir des problèmes plus importants que ton humour. Merci de ton aide, répondit la jeune femme d'un ton froid et sec, tandis que ses parents acquiesçaient à chacun de ses mots.

- Je ne pense pas être tout à fait favorable à cette décision. »

La voix de Regina laissa place à un silence glacial et tendu tandis que les poings d'Eleanor se fermaient.

« Ne...me...parlez...pas, grommela-t-elle entre ses dents, tandis que Killian la tirait par le bras en murmurant un vague « Il faut qu'on parle » . Ils disparurent tous deux dans la forêt.


Forêt enchantée, passé

La sorcière rentra dans la maison d'un pas fier, alors que les visages s'étaient figés et que le temps semblait s'être arrêté brusquement. L'ambiance était glaciale et les rires paraissaient avoir été oubliés. La reine passa devant Eleanor et Grace sans même paraître les voir. Elle se planta devant Jefferson et déclara :

« J'ai besoin de vous. Etes-vous prêt à faire un nouveau voyage pour moi ?

- Cela dépend, répondit l'intéressé d'un ton sec, alors que sa femme fixait la reine d'un regard noir.

- Pays des merveilles. Un voyage pour récupérer un objet. C'est votre spécialité, non ?

- Les circonstances ne sont plus les mêmes qu'avant. Je ne travaille plus pour Rumplestilskin, ni pour vous.

- Vraiment ? Ah ! Oui, je comprends, s'exclama-t-elle en voyant pour la première fois Eleanor et Grace. Mais dîtes-moi, Jefferson, continua Regina, comment comptez-vous nourrir toute votre petite famille sans mon aide ?

- Vous n'êtes pas la seule à avoir besoin du chapeau. Je me débrouille très bien sans vous, merci. »

La reine fit une mine faussement outrée puis continua d'une voix douce qui n'était certainement pas la sienne.

« Jefferson, est-ce que votre femme compte pour vous ? »

Eleanor échangea un regard avec son mari.

« Qu'est-ce que ça peut vous faire ? répondit-elle.

- Que je peux très bien vous prendre en otage, ou pire.

- Je n'en ai rien a faire. »

La méchante reine parut offensée.

« C'est vraiment comme ça comme vous le prenez.

- Il semblerait oui, répondit l'intéressée d'un air insolent.

- Très bien, je vois que dans votre cas l'espoir d'une soumission est totalement inutile... Il ne me reste qu'à appliquer mes menaces dans ce cas. »

Elle s'approcha de la jeune femme. Leva la main pour lancer le sort.

« Arrêtez ! cria Jefferson.

- Ah, je vois que quelqu'un a quand même le sens des responsabilités ici, dit Regina d'un air satisfait, tout en jetant un regard significatif à la jeune mère sans baisser le bras. »

Celle-ci resta de marbre, observant son mari réduire à néant ses efforts de rébellion.

« Que voulez-vous ?

- Allez au pays des merveilles. Là-bas sévit un monstre du nom de Jabberwocky. Il garde un objet qui m'appartient. Trouvez-le et ramenez-le moi.

- Non.

- Et pourquoi donc ?

- Je connais le Jabberwocky et il n'est pas question que je m'y confronte alors que ma fille vient de naître. Je ne veux pas qu'elle grandisse sans son père.

- Alors, vous ne verrez pas d'objection à ce qu'elle grandisse sans sa mère, déclara la méchante reine en pesant ses mots d'une voix cruelle.

- Quoi ? Je... »

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Eleanor avait disparu, la reine aussi. Le silence soudain lui pesait, comme si le ciel venait de s'écrouler. Même Grace avait arrêté de pleurer. Le cœur de sa mère avait arrêté de battre dans le sien.


Pays imaginaire, présent

Ils avaient marché dans une seule direction et s'étaient retrouvés sur une plage de sable blanc éclairé par la seule lueur de la lune. Ils n'avaient pas prononcé un mot. Eleanor n'avait même pas tenté de se justifier et Killian n'avait pas encore posé de question. Comme s'ils s'étaient consultés, le frère et la sœur s'assirent sur le sable, leurs yeux rivés vers l'horizon. Elle avait desserré les poings et une larme roulait sur sa joue, entamant sa course vers le sol. D'autres suivirent, flot interrompu de souffrance. Elle plongea la tête dans ses genoux.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? commença Killian d'une voix qui se voulait douce. Sa sœur releva la tête et riva son regard dans le sien. Il fut submergé par ses malheurs, ses souvenirs qu'elle croyait avoir enfouis pour toujours. Qu'est-ce qui s'est passé ? cria-t-il presque.

- Après la mort de Milah, je ne supportai plus de rester avec toi. Ta rage jetait une ombre sur mes rêves et je savais que je ne pourrais pas vivre sans eux. J'ai rejoint quelqu'un que j'avais rencontré, bien avant, le jour où tu l'avais rencontrée, elle. Je l'ai retrouvé et un an plus tard, nous nous sommes mariés. Un an après, on a eu une fille et c'est là que Regina m'a séparés d'eux et leur a fait croire que j'étais morte. Ils le croient encore, si seulement ils se souviennent de moi. »

Eleanor marqua une pause, comme si elle revivait toute cette séparation.

« Je n'ai pas eu de nouvelles de lui pendant très longtemps, jusqu'à un jour où j'en entendis parler. Il était au pays des merveilles. C'était elle qui l'y avait envoyé. Et là-bas, il est devenu fou. Et à cause de qui ? Devine. »

Il s'apprêta à dire qu'il l'ignorait. Mais c'aurait été un mensonge. Bien-sûr qu'il le savait.

« Cora, murmura-t-il.

- Tu comprends pourquoi je ne peux pas l'entendre ! Est-ce que tu peux comprendre que je ne peux pas la voir sans que l'envie me vienne de l'étrangler jusqu'à ce qu'il ne reste plus aucune souffle de vie dans son cœur ? »

Le pirate eut un petit rire.

« Oh oui. Et ça a même duré une siècle... Tu sais, un certain crocodile... Regarde-moi maintenant ! Je l'ai accueilli sur mon bâteau..."

Il la regarda dans les yeux.

" Eleanor, si j'y suis arrivé, je suis sûr que tu peux le faire. "

Ils restèrent assis, là. A regarder l'horizon. La mer qui les avaient tous les deux accueillis un jour alors que tout espoir était enterré.


Voilà. J'espère que ça vous a plu.

J'espère sincèrement arriver à poster le prochain plus vite. Normalement ce sera sur l'enfance des Jones !

Bonne continuation.