Je te hais comme je te désire 3
Disclaimer: Euh... Card Captor Sakura... non... je plaisante! Persos de Saint Seiya, pas à moi, blablabla... sauf Phya!
Auteur: Ben moi!
Genre: Si vous avez lu jusqu'ici, vous savez à quoi vous attendre! Lemon powaaaa!
Couple: Dans ce chapitre, c'est PhyaxShion.
Note: Les choses deviennent très corsées pour Shion! Va souffrir! Ca existe le NC-30? Non? Ben va falloir le créer!
1741:
Cela faisait un an que Dohko l'avait publiquement éconduit, et il y repensait encore. Dohko avait été son seul et unique échec et il ne lui pardonnait pas. Plusieurs mois après, la rancune du Bélier restait tenace. Il avait essayé d'amadouer Dohko. Il avait employé tous les moyens possibles pour l'avoir allant même jusqu'à s'excuser, une grande première pour lui. Mais le Tigre avait fait la sourde oreille et l'avait violemment rabroué. Finalement, Dohko avait sauté sur la première mission venue pour échapper à l'ambiance licencieuse du Sanctuaire et était retourné en Chine. Autant dire qu'il ne reviendrait pas de sitôt! C'était rageant.
Ce qui était moins rageant et très étonnant, c'était l'attitude de Phya. La Vierge n'était jamais venue réclamer son dû. A croire que Phya avait oublié le pari, chose ô combien incompréhensible. Pendant deux semaines, Shion s'était préparé à tout et surtout au pire. Tous les soirs, il avait attendu Phya seul dans son Temple du Bélier. Il avait même annulé ses rendez-vous et vécu 15 jours d'abstinence pour rien! Phya n'était pas venu. Depuis, Shion avait cessé d'attendre persuadé que Phya s'était désintéressé du pari ou bien avait décidé de se montrer clément. L'une ou l'autre de ces raisons étaient incroyables, mais bon, les faits étaient là. Quelque soit la raison, il n'allait pas s'en plaindre! Autant ne plus y penser.
Tout en songeant à cette année passée, Shion vaquait à ses occupations habituelles. Comme tous les soirs où il recevait quelqu'un, quelqu'une en l'occurrence, il se mettait sur son trente et un.Il venait d'apporter la touche finale à sa toilette en nouant une ceinture argentée autour de sa micro-tunique, très affriolante. Shion passa devant son miroir, coiffé, parfumé, impeccablement toiletté. Il était sublime. La demoiselle n'allait pas tarder à arriver. Shion versa un de ses vins préférés dans deux coupes en cristal. Il saisit une coupe et huma son contenu. Quel parfum exquis! Décidément, il adorait l'arôme du vin.
Shion entendit un bruit de pas qui s'approchait de chez lui. Sa conquête du soir arrivait. Le Bélier vint à sa rencontre, une coupe à la main.
- « Bonsoir Shion. C'est pour moi que tu t'es fait si beau? »
Phya... quand on parlait du loup.
- « Bonsoir Phya. En fait, j'attends quelqu'un ce soir. Si tu as quelque chose à me dire, je te conseille d'être rapide. »
- « Tu parles de la ravissante blonde que je viens de croiser? Je l'ai renvoyée dans ses pénates. Nous avons tout notre temps maintenant! »
Shion ouvrit de grands yeux éberlués et vitupéra, outré et interloqué:
- « Comment? Ne te gêne pas surtout! Pourquoi tu as fait ça?
- Parce que nous allons passer notre nuit ensemble! Tu te souviens? Dohko? Le pari? Cette soirée sera la mienne. »
Le Bélier fit montre d'une expression alarmée, courroucée où l'incompréhension le disputait à l'inquiétude et la rage.
- « QUOI! Tu te moques de moi? Cela fait un an... tu ne crois pas qu'il y a prescription? »
Phya s'avança en terrain conquis et subtilisant la coupe de vin des mains d'un Shion survolté, il répondit nonchalamment:
- « Prescription? On n'a jamais parlé de durée de validité du pari! Nous avions convenu que le gagnant déciderait du moment, peu importe quand. J'ai décidé que ce serait ce soir. »
Phya porta la coupe à ses lèvres et but une longue gorgée du breuvage.
- « Excellent ton vin. On est toujours aussi bien reçu chez toi. »
Shion restait pantois sur le pas de la porte. Seul ses yeux lançaient des éclairs à l'adresse de Phya qui le narguait en se délectant de son vin. Un des plus gros défauts de Shion, parmi tous les autres, était sa mauvaise foi. Shion était très mauvais joueur et n'acceptait pas de perdre. Si en plus, son adversaire se payait sa tête il devenait hargneux. Il n'avait pas du tout l'intention de s'écraser devant Phya et de céder à ses caprices.
Shion se plaça devant Phya et campant solidement sur ses jambes, lui lança sèchement:
- « C'est hors de question! Tu as eu largement le temps avant. Maintenant, c'est trop tard. Qu'est-ce que tu as fait pendant tout ce temps? Je t'attendais moi!
- Oh, je t'ai fait attendre pour rien? Tu m'envoies désolé! C'est juste que j'étais occupé, j'avais d'autres priorités.
- Pendant un an? Et c'était quoi ces priorités qui t'empêchait d'honorer ton pari?
- Des choses... qui ne te regardent pas! Bien que tu sois persuadé du contraire, tu n'as pas été le centre de ma vie pendant toute cette année. C'est sans doute ça qui te dérange le plus? »
Phya avait touché un point sensible. Le Bélier ne concevait pas que l'on puisse accordé plus d'importance à une quelconque priorité qu'à une nuit avec lui. N'importe qui se serait précipité immédiatement à l'idée de l'avoir comme esclave sexuel, mais Phya s'était payé le luxe d'attendre un an. Comment avait-il fait pour résister à la tentation?
- « Bon... après tout, je n'ai pas besoin de me justifier. J'ai décidé que ce serait ce soir, et ce sera ce soir. On passe dans ta chambre, ce n'est pas la peine de s'éterniser dans ton salon. »
Phya reposa la coup vide et amorça un pas en direction de la chambre de Shion. Constatant que ce dernier ne bougeait pas, il le tança:
- « Tu viens!
- Non! » s'opiniâtra Shion.
Devant l'air parfaitement buté que le Bélier arborait, Phya esquissa un sourire narquois. Il se tourna vers Shion et colla son visage à quelques centimètres du sien. Il gronda sa victime récalcitrante sur le ton d'un professeur faisant une remontrance à son élève:
- « Je sais que tu es plus jeune que moi, mais tu as depuis longtemps passé l'âge de jouer les gamins bornés. D'une manière ou d'une autre, il va falloir faire entrer dans ta jolie petite tête de mule que je respecte les termes du pari que j'ai gagné. Par contre, toi tu te défiles. Si c'était moi qui avait perdu et que je réagissais comme toi, tu aurais fait quoi?
- Ce n'est pas le cas! Pas la peine de discuter sur des suppositions!
- C'est toi qui m'obliges à faire des suppositions! Puisque tu as commencé ce jeu, continue! Répond-moi! »
Shion détourna les yeux et se recula légèrement pour échapper au regard inquisiteur que Phya dardait sur lui. Mais la Vierge ne l'entendait pas de cette oreille et saisit le menton de Shion avant que ce dernier ne lui échappe complètement. Tenant fermement Shion par la mâchoire, il replaça le visage du Bélier à proximité du sien. La proie tenta de se dégager, mais Phya la bloqua dans son vain effort. Shion se retrouva immobilisé contre le corps de la Vierge, sans autre possibilité que de lui obéir.
- « Si j'avais gagné, je n'aurais pas attendu aussi longtemps.
- Ah! C'est une bonne excuse! Mais en quoi cela change les termes du pari? Moi j'aurais accepté, même si tu étais venu plusieurs années après, parce que contrairement à toi je sais ce qu'implique un pari et j'accepte toutes les conséquences, pas seulement quand je suis gagnant. Tu t'es engagé Shion, maintenant tu assumes. »
Phya avait avancé son visage pour prononcer ces paroles, pénétrant Shion de son regard acéré. Sa bouche n'était qu'à une poignée de millimètres de celle de Shion. Elle poursuivit sa route jusqu'à s'emparer des lèvres du Bélier dans un long baiser sulfureux. Shion se laissa faire de mauvaise grâce. Il n'avait pas le choix de toute façon.
- « Tu vois que je ne peux pas te résister! » Lança Phya à un Bélier boudeur.
Phya passa son bras derrière les reins de Shion et glissant sa main sous le bout de jupette qui recouvrait la chute de rein, saisit une des délicieuse dune veloutée.
- « Tu vas me suivre sans faire d'histoires... comme un gentil mouton! Ne put s'empêcher d'ajouter Phya très sarcastique.
- Je te poserais moins de problèmes si tu ne me traitais pas comme un enfant.
- Je te traiterai en adulte, quand tu et comporteras en adulte. Il faudrait déjà que tu sois responsable. Bon... tu commences à me fatiguer Shion! »
Phya serra la taille du Bélier de son bras fin mais puissant et l'entraîna à sa suite. Shion ronchonna, freina des quatre fers pendant quelques secondes mais finit par suivre Phya en traînant les pieds.
- « Tu as de la chance d'être mignon, soupira Phya en pinçant légèrement une des joues rondes du Bélier. »
La Vierge poussa le Bélier dans la chambre et referma la porte.
- « Nous allons enfin pouvoir passer aux choses sérieuses! Déshabille-toi! »
Shion émit un soupir de désapprobation plus pour la forme que pour autre chose. Il n'avait de toute manière pas le choix, alors autant en finir tout de suite. Il usa de sa télékinésie pour faire voler sa tunique jusqu'à une chaise et se retrouvera entièrement nu en un clin d'oeil.
- « Tu aurais pu utiliser la méthode manuelle! C'est plus sensuel.
- Je ne suis pas d'humeur sensuelle! Maugréa Shion.
- C'est bien dommage. Pourquoi t'entêtes tu à rendre les choses difficiles? Ce serait tellement plus agréable pour tout le monde si tu coopérais. Tu y trouverais du plaisir.
- Moi? Éprouver du plaisir à jouer les pantins sexuels? Tu plaisantes!
- Cela peut-être amusant et très excitant. Tu n'as jamais essayé, tu ne peux pas savoir.
- C'est vrai que tu aimes être en dessous à tes heures! Tu aimes ça être dominé?
- Un, être en dessous ne veut pas forcément dire être dominé. La domination, c'est une question de tempérament, d'ascendant moral sur l'autre, pas de posture physique. Deux, on éprouve beaucoup de plaisir à être en-dessous et même à se laisser faire. Par expérience, je peux t'affirmer que c'est plaisant d'être pris.
- Pour toi peut-être, mais certainement pas pour moi. »
Phya captura les hanches du Bélier qu'il flatta avec volupté. Se collant au dos de Shion, il lui souffla à l'oreille.
- « Tu vas éprouver beaucoup de plaisir cette nuit. Je te ferais apprécier d'être dominé, possédé.
- C'est un pari?
- Non, une promesse. Tu vas te donner à moi, et je ferais en sorte que tu aimes ça. Je suis très doué pour ce genre choses.
–Tu rêves! Je ne te ferai pas ce plaisir, ricana Shion. »
Phya émit un rire persifleur:
–« Toi, tu serais prêt à renoncer volontairement au plaisir? Cela m'étonne de toi!
–J'ai ma fierté! Rétorqua Shion de plus en plus courroucé.
–Très mal placée en l'occurrence. »
Shion ne releva pas. Il était d'une mauvaise foi aussi tenace que sans limite mais tout de même pas stupide. Son entêtement le menait dans une impasse, voire aux confins du paradoxe. S'il continuait le jeu de Phya il allait se contredire et se rendre encore plus ridicule qu'il ne l'était déjà.
Satisfait du silence éloquent de sa proie, Phya poussa cette dernière vers un lit aux draps de soies parfumés, visiblement préparé à accueillir des ébats imminents. Ce n'étaient pas ceux auxquels le propriétaire des lieux avaient pensé en parsemant le pied du lit de pétales de rose mais ils allaient faire tout autant honneur à ces préparatifs raffinés... et même bien plus!
En fin connaisseur des lieux, Phya se dirigea tout droit vers une commode dont il ouvrit le tiroir du haut.
–« Je suppose que tu n'as pas changé la place de tes accessoires, ironisa la Vierge. »
Shion qui attendait avec inquiétude accolé à une colonne du lit passa rapidement en tête les accessoires qu'il rangeait dans ce tiroir et commença à pâlir. Il n'allait quand même pas oser! Si... Phya était capable de tout et Shion devait bien l'admettre.
Le siamois se retourna, l'objet de l'angoisse de Shion enfermé dans ses mains. Il s'approcha de son jouet du soir un sourire carnassier aux lèvres, ses yeux d'onyx s'insinuant dans les moindres replis du corps nu offert. Le spectacle avait de quoi séduire et réveiller tous les instincts de prédateurs de Phya. Shion essayait vainement de dissimuler sa plastique superbe et entièrement dénudée derrière une mince colonne torsadée et surtout sous son imposante chevelure. Malheureusement pour le Bélier ses mèches d'or devaient avoir sceller un pacte traître avec Phya car au lieu de protéger son corps du regard gourmand de la Vierge, elles ne faisaient qu'en rehausser l'éclat, encadrant harmonieusement son visage de poupée précieuse, dessinant élégamment ses courbes sculpturales et surtout ne cachant rien! Les boucles chatoyantes suggéraient des trésors de sensualité indiquant la route à suivre aux yeux de Phya au lieu d'en barrer l'accès.
Phya observa avec un plaisir non dissimulé les mains fines de Shion désespérément accrochées à la colonne -dernier rempart avant d'être étendu sur la couche qui les attendait-, les lèvres charnues et frémissantes esquissant une moue qui se voulait... dédaigneuse. Phya adressa un regard condescendant et moqueur à l'adresse de Shion tant il trouvait cette tentative de contenance cocasse. Celle-ci était d'ailleurs contredite par les yeux d'aube où se mêlaient peur et colère et qui se transformaient de plus en plus en un regard de biche effrayée. Le grand Shion, fier et séducteur affichait des airs de vierge effarouchée! Quel paradoxe! Beaucoup auraient payés cher pour assister à un si délicieux spectacle.
Phya se débarrassa du contenu de ses mains sur le lit et caressant une joue soyeuse du bout des doigts il laissa tomber:
–« Quel charmant tableau tu offres Shion! Tu n'as jamais été aussi désirable qu'en cet instant »
Ne laissant pas au Bélier le temps de riposter- si tant est qu'il en ait encore eu l'envie- Phya glissa un bras sous les genoux de Shion, l'autre en travers de son dos. Renversé dans les bras de la Vierge, Shion se retrouva déposé comme une jeune mariée au creux du lit.
- « J'aurais très bien pu m'allonger tout seul! Pesta Shion qui venait de retrouver sa langue.
–Oh... c'est tellement plus romantique comme ça mon amour!
–Ne m'appelle pas mon amour! » Hurla Shion.
Mais le Bélier fut interrompu dans le flot d'insultes qui s'annonçait par un bout de cordelette pendant sous son nez. Phya venait de saisir un des objets qu'il avait pris dans la commode et le lui montrait sans vergogne.
–« Que préfère tu? Foulard? Ruban en satin? Cordelette de coton? J'ai des liens en chanvre aussi... il y a tout ce qu'il faut chez toi, à part les chaînes. Dommage, j'ai oublié les miennes chez moi.
–Je ne veux pas être attaché!
–Ce n'est pas à toi de décider. Bon... trêve de discussion. Allons-y pour celui-là. »
Et Phya attacha les poignets de Shion, franchement paniqué, à la tête de lit.
Mais qu'avait-il fait au bon Dieu pour mériter un tel sort?1 Après un millième de seconde de réflexion, Shion préféra éviter de penser à tous les motifs de Jugement Dernier que Dieu pouvait retenir contre lui. Si Dieu était aussi juste qu'il était censé être chaste, le calvaire de Shion n'était pas prêt de se terminer2.
- « Merveilleux te voilà totalement à ma merci à présent.
–Et qu'est-ce que tu vas me faire?
–Mais ce que je t'ai promis: plein de bonnes choses! »
Shion se concentra pour retenir les battements affolés de son coeur. Il ne fallait surtout pas que son « tortionnaire » s'en rende compte. Tout ce qui lui restait à faire était de ne pas lui donner de victoire facile et de prendre son mal en patience en attendant que cette nuit de cauchemar finisse.
Phya enfouit ses doigts dans la chevelure éparse et en huma le parfum suave.
–« Je dois avoué que tu t'es préparé avec soins. Cette chambre est magnifique et tu es apprêté comme un parfait courtisan. Je n'aurais pas pu rêver mieux!
–Ce n'était pas pour toi!
–Je sais... Qu'aurais-tu fait pour moi? Aurais-je eu le droit aux fleurs, au parfum?
–A une époque sans doute oui... quelle est l'utilité de toutes ces questions?
–Tu préfères que l'on passe tout de suite au vif du sujet?
–Je préfère être libéré le plus vite possible!
–C'est comme ça que tu vois les choses... c'est malheureux, surtout pour toi.
–Phya, je me passe volonté de tes leçons de morale! »
La Vierge se leva et se dirigea vers une petite table.
- « Sais-tu comment dit on « chéri » en anglais? »
Devant l'absence de réponse de Shion, Phya continua.
- « Les anglais disent « honey »3 ce qui est intéressant c'est que cela signifie également miel. Mignon n'est-ce pas? »
–« Oh non... Se dit Shion qui commençait à voir où Phya voulait en venir ».
Justement celui-ci revint au lit, un pot ouvert à la main.
–« Tu as toujours adoré le miel.
–Si tu veux m'en badigeonner, ça va coller partout!
–Ne t'inquiète pas, je te nettoierai soigneusement. Je suis friand de miel moi aussi. »
Phya trempa ses doigts dans le pot et les introduisit dans la bouche du Bélier.
–« Et n'essaie pas de me mordre!
–Chen 'eux as!
–Mais si, ça te fera prendre des forces. »
Shion suça rapidement les doigts enduits de miel avant de les recracher.
–« Je pensais que tu allais faire honneur à ton met préféré!
–Donné par ta main, il a un tout autre goût!
–Tu sais que tu mériterais une paire de claque? Un autre que toi y aurait laissé sa vie! » Gronda Phya.
La Vierge reprit le pot et laissa couler quelques gouttes sur les gemmes de chair qui saillaient sur la poitrine de Shion. Les lèvres de Phya s'emparèrent des pointes sucrées les léchant avec délectation, les dévorant même.
- « Aie! » Cria Shion sentant l'emprise cuisante des dents de son bourreau sur sa chair tendre.
–Ca t'apprendra à me manquer de respect. Fit simplement Phya
–Et moi je n'ai pas le droit de mordre!
–C'est moi le maître. »
Et pour conformer ses dires, Phya saisit le lobe arrondi d'une oreille entre ses dents, lobe qu'il se mit à mordiller presque sauvagement.
Shion qui sentait la morsure de plus en plus incisive de Phya ondula sur le lit pour tenter d'échapper à cet étau.
La vue du corps de nacre ondoyant parmi les plis soyeux des draps ne fit qu'attiser les appétits, déjà gargantuesques de Phya. Ce dernier laissa folâtrer une main aventurière sur la peau opaline qui trémulait sous les doigts chauds et habiles. Était-ce de dégoût orageux ou de plaisir naissant? Laissant pour l'instant de côté cette épineuse questions les doigts poursuivirent leur chemin allant pincer délicatement les petites boules de chair rougies par l'empreinte des dents de Phya.
Shion émit un petit cri mais se garda bien de toute réflexion.
- « Tu as compris maintenant?J'espère que tu vas te laisser faire sans te rebeller. »
Shion ne bougea pas. Hors de question pour lui d'acquiescer mais il ne pouvait pas non plus tenir tête à Phya. Il n'était pas en position pour. De toute façon, la Vierge se passait de son accord.
- « Si tu restes tranquille, tu pourras apprécier cette nuit.
–Il ne faut pas rêver non plus! Je vais te laisser faire des petits jeux mais c'est seulement pour en finir au plus vite!
–Shion, tu es décidément la créature la plus butée que je connaisse! Mais je n'ai pas l'intention d'en « finir au plus vite » comme tu dis. Au contraire, je vais prendre mon temps. C'est encore la meilleure façon de profiter d'une nuit de délices. »
Phya s'interrompit une demi seconde avant de reprendre malicieusement:
- « Ou plutôt... c'est toi qui va prendre mon temps.
–Que veux-tu dire?
–Que l'on en finira quand tu le réclameras.
–Ah? Parce que tu veux que ce soit moi qui te demandes... d'aller jusqu'au bout?
–Mais oui. J'ai bien l'attention de me faire prier. Je dirais même que tu vas en redemander!
La bouche de Shion se tordit en un rictus moqueur. Le Bélier écarta les jambes d'un coup sec et gouailla sur un ton cinglant:
- « Et bien je t'en prie Don Juan. Ne te gêne pas, je suis tout à toi! Si tu t'y prends bien, en 5 minutes c'est fait! »
Phya jeta un regard langoureux vers les cuisses ouvertes. Heureusement qu'il était un champion de la maîtrise de soi sinon, il n'aurait peut-être pas résister.
- « C'est tentant... mais non. Je préfère que tu me le demandes... sincèrement. On prendra le temps qu'il faudra pour cela »
Et avant que Shion ne réplique, Phya ponctua sa phrase d'un baiser passionné qui bâillonna la bouche de Shion avec violence. La Vierge décela de force les lèvres qui ne se décidaient pas à s'ouvrir.
–« Tu n'es pas très coopératif pour quelqu'un qui veut expédier l'affaire » Fit remarquer Phya en relevant la tête.
–Puisque tu as décidé de t'éterniser, je ne vais pas me laisser vaincre facilement.
–Toujours ton stupide orgueil!
Les lèvres de Phya rejoignirent à nouveau celles de Shion pour ne plus les quitter avant un long moment. Tandis que Phya prenait possession de la bouche de son captif sa main impudique profita des cuisses ouvertes pour s'y engouffrer avec volupté. Elle flatta les renflements charnus et rosés qui s'enflammèrent à ce doux contact. Un nid de chaleur enveloppa bientôt les doigts de Phya qui s'activèrent de plus belle. Remontant plus haut, les doigts saisirent le bourrelet de chair carminé où le sang ne tarda pas à affluer. Phya accentua son étreinte et l'haste pulpeuse enfla avec ardeur jusqu'à devenir une lame incandescente chauffée à blanc.4
–« Tu ne sembles pas si insensible à mes assauts, mon cher Shion » souffla Phya à l'oreille de son amant.
–Ce n'est qu'une réaction symptomatique! Cela ne veut rien dire. N'importe qui me ferait cet effet.
–Oh je n'en suis pas si sûr. Mais nous allons bien voir... grâce à un jeu.
–Encore un de tes jeux stupides! Tu sais que ça devient lassant?
–Tu vas voir... tu vas adorer! Une variante à ma façon du jeu action ou vérité5
Ce faisant, Phya quitta le lit pour s'emparer d'une grappe de raisin qui trônait au milieu d'une coupe à fruits6. Revenant vers le lit il referma les jambes de Shion lui intimant l'ordre de les maintenir serré. Le Bélier se demandait bien ce que Phya avait en tête. C'était si étonnant qu'il lui demande de refermer les jambes! Phya picora quelques grains avec gourmandise avant de dépouiller la grappe de ses billes sombre et luisantes qu'il disposa sur le corps de Shion en une ligne parfaite allant de la poitrine au creux des cuisses.
–« Bien... le jeu peut commencer. C'est simple, je vais te poser des questions et à chaque fois que tu me mentiras, je mangerai un grain de raisin.
–Et comment sauras tu que je te mens?
–En lisant dans ton esprit.
–Parce que tu crois pouvoir d'introduire dans l'esprit d'un chevalier d'or aussi facilement?
–A l'état normal je ne pense pas... mais vu comment sont tes barrières mentales, je rentre dans ton esprit comme dans un moulin! »7
Shion eut un hoquet de stupeur mais dut bien admettre que Phya avait raison. Il avait beau faire le fier, ses pensées se bousculaient en désordre sans qu'il parvienne à les contrôler. Il pouvait résister à un chevalier d'argent, mais ses pensées ne pouvaient cacher aucun secret à un chevalier de l'envergure de Phya.
La Vierge s'assit nonchalamment aux côtés de Shion immobilisé sur sa couche. Après quelques secondes de fausse réflexion le maître du jeu prit la parole:
- « Mes questions porteront sur le thème de l'amour... cela s'impose n'est-ce pas? Alors... voyons... aime-tu Dohko?
–Pas du tout ! Affirma Shion.
–C'est vrai... on ne peut pas appeler cela de l'amour. Mais... est-ce qu'il t'attire encore?
–Il ne me fait plus aucun effet... j'ai oublié cet imbécile! Rétorqua le Bélier avec aplomb.
Phya regarda Shion droit dans les yeux et s'exclama triomphalement:
–Alors ça c'est un beau mensonge! Il t'obsède encore!
Et les lèvres de Phya cueillirent un premier grain effleurant au passage la peau laiteuse qui tressaillit légèrement à ce contact.
–« Reprenons... as tu déjà été amoureux?
–Bien sûr que non!
–Je m'en serais douté... et moi?
–Quoi toi?
–Que pense tu de moi?
–Tu es un pervers sadique.
–Merci du compliment... mais encore?
–Je ne t'aime pas si c'est ce que tu veux savoir! Ce n'était déjà pas le cas avant ce soir... et maintenant j'en viens à te détester.
–Je te trouve bien cruel. Je ne fais qu'honorer mon pari. Veux tu dire par là que tu n'éprouves aucun désir pour moi?
–Plus maintenant... tu me dégoûtes! Cracha Shion sur le ton le plus insultant possible.
–C'est faux! Je note dans ton regard une petite lueur de désir. C'est un gros mensonge qui vaut bien deux grains.
Deux grains supplémentaires disparurent du ventre de Shion laissant à la place des parcelles de peau rosissantes et chaudes.
–Dans tes rêves ma lueur de désir! Mentit éhontément Shion.
–C'est la stricte réalité. Ton corps même te contredit. Regarde ta chair réagit quand je la touche. Et ne vas me dire que c'est une réaction symptomatique... la première fois passe encore, mais la deuxième, tu devrais pouvoir te contrôler!
Mais Shion n'avait même pas besoin de voir. Il sentait bien l'exquis mouvement circulaire que l'index de Phya imprimait à son ventre tout autour du grain de raisin siégeant sur son nombril. Ce dernier palpitait sans qu'il puisse contrôler quoique ce soit. Phya étendait son emprise sur le corps du Bélier.
Une troisième boule juteuse se volatilisa punissant ainsi l'entêtement de Shion à nier la vérité. Le Bélier voyait s'abattre avec un désespoir paniqué le dernier rempart avant que les lèvres de Phya n'atteignent la zone fatidique.
Le siamois, d'humeur plus que joueuse, décida de marquer une pause dans le jeu... mais pas dans le délicieux supplice de son prisonnier si désirable.8
Les lèvres veloutées cernèrent de petits baisers la cavité qui marquait le centre du ventre de Shion. Un sillon humide dessina bientôt de brûlantes arabesques sur toutes la largeur des abdominaux fermes et lisses du Bélier, tandis que Phya léchait avec une volupté vorace le flanc droit de son amant avant de mordiller sa taille fine. Un frémissement de plus en plus violent saisit tout le corps de Shion au fur et à mesure qu'il sentait le creux de ses hanches pris dans l'étau des mâchoires de la Vierge. Les reins de la proie se cambrèrent sous cette emprise faisant rouler un des derniers grains de raisin qui ornaient le corps d'ivoire.
- « J'ai toujours adoré le mouton! Susurra Phya. Et toi arrête de bouger, tu fais partir les grains de raisin. Tu n'as qu'à te contrôler. »
Pour une fois Shion ne dit rien. Il n'était plus en état de rétorquer quoique ce soit et son orgueil légendaire s'était mis en berne devant le constat implacable de son inefficacité.
Les dents de Phya revinrent marquer la chair de son gibier et histoire de mettre à l'épreuve le maîtrise de Shion sur son corps, ses ongles s'enfoncèrent dans la poitrine palpitante traçant de fines stries amarantes entre les deux gemmes corallines.
Le Bélier résista héroïquement et jeta ses dernières forces dans la répression d'un cri que son esprit embrumé n'aurait su qualifier de plaisir ou de douleur.
Phya interrompit sa tâche et releva la tête:
- « Alors? Te fais-je de l'effet?
–On peut dire ça, maugréa Shion avec beaucoup de réticence.
–Me désire-tu? Continua Phya caressant le bas du ventre de son amant avec langueur.
–N'exagérons rien...
Sans un mot, Phya ravit une autre bille brune sous le nombril de Shion. La peau s'embrasa à nouveau et les flammes avides s'étendirent rapidement à tout le corps le consumant d'une fièvre dévorante.
Il ne restait désormais plus aucun obstacle à la bouche gourmande de Phya. Les deux derniers grains ne faisaient que l'attirer vers le trésor niché entre les cuisses d'albâtre.
- « Ne désire tu pas que je te prenne?
–Dis comme ça , ça ne donne pas envie...
–Mais si, tu en meurs d'envie! »
Une boule sombre de plus se volatilisa de la langue de chair vermeil et turgide,qui, à force de manifester ses ardeurs vigoureuses finit par déloger le dernier grain de son promontoire. Phya regarda rouler le long d'une cuisse rosie et brûlante le témoin irréfutable du désir du Bélier avant que ses lèvre ne vinrent goûter à l'autre fruit défendu. Le cinabre du pilastre enflé ne cachait plus rien des émotions qui étreignaient Shion et ne cessait de se durcir sous les coups de langue de Phya.
Lorsque que la bouche affamée se délecta pleinement du fruit tant désiré, le gémissement que Shion aurait voulu retenir se passa du consentement de ce dernier et passa en force la barrière des lèvres purpurines.
Phya se sentit encouragé par cet aveu si franc. Ses mains puissantes saisirent avec force et douceur les hanches de son amant et ses ongles agrippant avec fermeté les flancs frémissants, il fit sombrer Shion dans un gouffre sans fin et vibrant de plaisir.
Le Bélier qui s'enfonçait de plus en plus dans la gorge de la Vierge, cria à nouveau. Dévoré de désir, il laissa ses hanches ondoyer sous les mèches lisses et sombres qui courtisaient sa peau. Attisé par les feux du siamois, le torse de l'Atlante s'arqua dans un brusque soubresaut, tirant sur les liens qui attachaient ses poignets. Ces derniers firent rougir la peau délicate, mais la langue de Phya poursuivant son langoureux va et vient, le Bélier n'eut d'autre choix que de se laisser aller aux secousses enfiévrées qui serrèrent un peu plus ses entraves.
La Vierge caressa longuement les cuisses de son captif, amenant celle-ci à se relever et à former un écrin autour de sa tête. Sentant la jouissance du Bélier pulser entre ses lèvres, Phya lâcha prise une seconde avant qu'elle n'explose.
Haletant, Shion laissa ses feux s'écouler hors de son corps, torrent de lave bouillonnante dévalant ses cuisses. Mais au lieu de s'atténuer, ses ardeurs ne faisaient que s'échauffer au fur et à mesure qu'elles jaillissaient. Il faut dire que Phya s'était transformer en pyromane décidé à ravager les sens de l'Atlante par les flammes de la luxure.9
Ne laissant pas son amant reprendre son souffle et ses esprits, le siamois saisit les orteils entre ses lèvres. Il mordilla et lécha avec volupté les bourgeons de chair. Shion, plutôt chatouilleux, se tortillait comme un beau diable mais n'en éprouvait pas moins de plaisir. Phya remonta le long de la jambe par une succession de baisers et de coups de langue lascifs. Il parcourut ainsi le torse de son amant vers sa gorge déployée, s'emparant au passage du membre rubescent qui s'apprêtait à goûter à quelques secondes de repos. Les doigts potelèrent l'hampe charnue lui redonnant une forme conquérante.
Égaré dans les brumes d'une douce folie, Shion offrit sa gorge à la bouche gourmande qui la cueillit avec délice. Il commençait à entrevoir le plaisir promis par Phya.
Être ainsi le jouet d'un autre... être à la merci du moindre de ses caprices. Se laisser faire, se faire déposséder de soi-même. Shion n'avait pas l'habitude de cette situation, il était plutôt de l'autre côté de la barrière. Mais une étrange sensation l'envahissait quand les mains de son amant s'emparaient de lui soit avec douceur comme un objet précieux leur appartenant ou avec plus de vigueur voire de dureté comme un maître corrigeant un animal rétif.
Il n'avait jamais ressenti ce qu'il éprouvait à cet instant et avait du mal à mettre un nom dessus, mais la sensation qui l'étreignait avait quelque chose d'agréable et d'intense.
Il sentait ne plus s'appartenir et alors qu'il craignait de devenir rien ce n'était pas le cas. Il devenait quelqu'un d'autre mais pas rien. En étant offert à Phya il avait l'impression de fusionner avec lui, de faire parti de lui.
C'était sans doute dû à la façon dont la Vierge le traitait, mélange de punition et de récompense. Il était on va dire « ferme » avec lui, comme un professeur éduquant un élève difficile, mais pas égoïste. Il était même respectueux voire tendre, ne cherchant pas son propre plaisir mais attentif au contentement de son partenaire. C'était peut-être cela le véritable sens de partenaire, pas seulement un amant d'une nuit qu'on jette après usage, mais deux moitié se confondant en un tout.
A condition évidemment que les 2 partenaires acceptent de jouer le jeu, ce qui n'était pas le cas de Shion.
Le Bélier avait conscience que la Vierge le traitait comme lui n'aurait jamais traité un de ses amants, surtout si ce dernier était tenu de ne rien lui refuser. On ne pas dire que Phya ne profitait pas de la situation mais il faisait en sorte de partager avec l'Atlante alors que ce dernier en aurait profité tout seul.
Shion se gardait bien de partager avec autrui, de fusionner avec quelqu'un d'autre préférant rester intact. Il considérait respecter son intégrité ainsi, en restant seul et unique à chaque seconde. Se donner à quelqu'un d'autre ou « recevoir » une autre personne en soi c'était risquer de se perdre et menacer sa liberté. Il ne voulait pas être lié à quelqu'un et refusait toute entrave, charge et responsabilité. Il restait impénétrable à toute intrusion étrangère ce qui était aussi une excellente façon de ne rien devoir à personne.
Mais Phya changeait peu à peu sa façon de penser lui faisant comprendre que l'autre n'était pas une menace même sous sa forme la plus intrusive. Accepter l'autre, accepter d'être à lui ne revenait pas à se perdre mais à se trouver en trouvant un alter ego.
Peut-être y gagnerait-il?
Shion reconsidérait ses notions de domination/soumission, pas aussi simpliste qu'il l'aurait crû ainsi que le lui avait suggéré Phya. Lui-même était dominé mais pas réduit à néant et pas humilié.
Le Bélier se demandait bien pourquoi Phya était aussi « gentil » avec lui. S'il voulait lui donner une leçon et le surprendre s'était en bonne voie de réussite.
- « Tu as fini de réfléchir? L'interrompit Phya qui lui avait laissé quelques secondes de répit.
–Oui... de toute façon je ne suis pas en état de philosopher, répondit Shion sur un ton plus doux qu'à l'accoutumer.
–C'est certain... par contre je pense que tu es prêt. »
Ce faisant, la Vierge se releva et détacha l'attache de sa tunique. Shion prit conscience à ce moment là que Phya était resté habillé alors que lui était nu comme un ver depuis un bout de temps.
La Vierge se planta dans le champs de vision de son partenaire et laissa glisser la tunique le long de son corps longiligne. Un froissement de tissu parcourut la peau cuivré en même temps que le regard de Shion qui pour une fois se trouvait en position de voyeur.
Phya était beau tout autant que Shion. Même ce dernier reconnaissait en cet instant l'exquis satiné de la peau pain d'épice qui aurait suscité l'appétit d'un moine en jeûne. La longue chevelure, lisse et soyeuse, d'un noir de jais soulignait les courbes harmonieuses, la musculature fine mais puissante, encadrait un visage délicat mais déterminé. Les yeux en amande d'un onyx insondable n'étaient pas pour rien dans cet aspect androgyne, à la fragilité apparente ne masquant pas le caractère farouche et volontaire de leur propriétaire.
La beauté de Phya était insaisissable et troublante, tout en ambiguïté. Cet être félin pouvait être aussi dangereux qu'un fauve tapi dans l'ombre s'approchant de sa proie d'un pas de velours, que doux et cajoleur comme un chat accordant ses faveurs à un être qu'il apprécie. Il était imprévisible mais, à l'image des félins toujours libre et joueur, choisissant les personnes avant qu'elles ne le choisissent lui et traversant la vie avec une élégance nonchalante et un brin désinvolte. Phya était un maître, maître de sa vie, de ses choix et de son destin.
Shion fût séduit par cette ambivalence. Elle attisait ses feux l'inquiétant et le rassurant à la fois. Cette incertitude, l'éventualité de se mettre en danger pimentait sa curiosité et son envie de percer l'énigme Phya. Pour la première fois Shion avait envie de plonger dans l'inconnu en compagnie de ce partenaire creuset de ses doutes et de sa confiance.
Maintenant, le Bélier attendait la suite avec un calme où commençait à poindre une certaine impatience.
Sans un mot, Phya répondit à la l'interrogation muette de son amant par un baiser tendre. Il colla sa peau nue contre le corps de Shion qui répondait avec passion à ce contact.
Les deux corps entretenaient mutuellement leur désir, poitrine haletante contre poitrine haletante, ventre brûlant contre ventre brûlant et leurs jambes jouant et s'emmêlant l'une à l'autre.
Les mains de la Vierge sillonnaient les flancs palpitant provoquant une vague de plaisir emportant Shion.
L'ondulement des hanches de la Vierge suivait le rythme de celles de Shion.
Phya allait et venait le long du corps de son amant, invité par les cuisses désormais ouvertes et accueillantes.
Pantelant et fou de désir, Shion supportait de moins en moins l'attente de son soulagement. Il avait accepté cette ivresse mais avait aussi compris qu'elle se transformerait en frustration douloureuse si Phya n'agissait pas.
Shion savait désormais qu'être pris ne lui donnerait pas un coup de grâce humiliant mais sonnerait sa délivrance et l'apogée de son extase.
Empressé, Shion souffla:
- « Vas-y Phya... c'est ce que tu veux non?
–C'est aussi ce que toi tu veux. »
Phya sourit et plongea ses yeux dans le regard enfiévré de son vis-vis.
Shion était fin prêt.
La Vierge rassura le Bélier par un doux sourire le convaincant qu'il pouvait lui faire une confiance aveugle.
- « Tu n'as plus besoin de ça. Au contraire, ça te gênerait, » dit Phya en détachant les poignets du captif.
La Vierge frictionna les poignets endoloris pour les soulager avant de poser les doigts fraîchement libérés sur son torse. Shion parcourut la peau doré qui s'échauffa sous ses caresses. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas touché Phya ainsi.
Les deux amants s'embrassèrent à nouveau avec volupté, tous les deux enlacés. Shion serra un peu plus le corps si désiré contre lui.
Mais la Vierge interrompit cette étreinte au bout de quelques secondes pour s'intéresser au bas ventre de l'Atlante.
L'index de Phya fut le premier à prendre possession du Bélier, entrant dans le corps avec précaution.
Cette antre farouchement gardée par son propriétaire était secrète pour nombre des amants de Shion. Peu avaient eu le privilège d'y accéder, même Phya n'avait encore jamais été convié à y pénétrer. A vrai dire, la Vierge avait la certitude que depuis sa défloration, Shion en avait interdit l'accès. Cela faisait si longtemps que le corps de l'Atlante n'avait pas été visité que Phya avait à coeur de ne pas brusquer sa venue.
Pour Shion c'était comme une seconde première fois.
Alors, Phya prépara son amant tout en douceur prenant tout le temps qu'il fallait pour habituer le corps à l'accueillir.
Baisers et caresses accompagnèrent l'intrusion.
Shion sentait de lentes allées et venues en lui. C'était à la fois étrange et fascinant mais loin d'être désagréable. Il avait craint la douleur mais Phya s'y prenait tendrement alors le Bélier se détendait peu à peu facilitant la route à ce doigt inquisiteur. Évidemment, on en était encore qu'au prélude mais le Bélier faisait confiance à son amant. Il savait qu'il prendrait soin de lui et s'arrangerait pour qu'il goûte à autant de plaisir que lui.
Sentant le Bélier apaisé, Phya s'étendit entre les cuisses nacrées qui se relevèrent d'instinct pour inviter Phya à aller plus loin ce dont la Vierge de ne se fit pas prier.
Profitant de l'entrée ouverte qui n'attendait que lui, Phya s'avança en terrain conquis10.
Le Bélier poussa un cri qui se prolongea en gémissement lascif. Ses reins se cambrèrent et ses bras se nouèrent par réflexe autour de Phya. Sous l'effet d'une pointe de douleur, le Bélier planta ses ongles et ses dents dans la peau cuivrée ce qui arracha un cri à la Vierge.
Mais la douleur fut de courte durée et céda la place à un déferlement de jouissance balayant les 2 corps embrasés.
Peau moite contre peau moite, les 2 amants ondoyèrent à l'unisson, les hanches de l'Atlante vibrant de désir sous les coups de rein du Siamois. Les deux bouches se dévorèrent en un baiser avide et sans fin.
Les assauts de Phya embuèrent un peu plus les yeux de Shion perdu dans des contrées lointaines qu'il n'avait jamais connues.
Ce que le Bélier ressentait en ce moment, il ne l'avait jamais éprouvé. Il connaissait une extase autre que celle dont il avait l'habitude mais tout aussi enivrante si ce n'est plus.
Alors, comme pour encourager Phya, ses jambes serrèrent un peu plus les hanches du siamois les poussant à poursuivre plus loin leur incursion.
La Vierge intensifia ses aller et retours prenant entièrement possession du ce corps offert. Phya aussi sentait monté en lui des ondes de plaisir incontrôlables. Il n'avait de toute façon plus envie de les maîtriser. C'était la première fois qu'il goûtait à Shion de la sorte, que ce dernier se donnait à lui et la jouissance indicible que cela lui procurait menaçait d'égarer ses esprits dans les brumes d'une folie torride. Tant lui que Shion souhaitaient un abandon total à l'euphorie des sens, alors Phya se laissa aller et libéra son désir fou dans ce corps qu'il avait fait sien.
La brûlante sensation unit les 2 amants en deux cris jumeaux avant que Phya ne s'affaisse essoufflé à côté de Shion.
Les 2 chevaliers goûtèrent à quelques secondes de repos, Shion niché au creux des bras de Phya.
- « Alors tu te sens bien? Demanda Phya
–Hummm... »fit seulement Shion.
Le Bélier n'avait plus envie de parler ni de réfléchir. Sa vanité était toujours bien présente, trop ancrée pour être dissipée en une nuit, si plaisante soit-elle et il n'oubliait pas totalement qu'il avait perdu son pari sur toute la ligne. Mais c'était bien la première fois qu'il perdait avec autant de plaisir.
Cette situation était un casse-tête pour lui et il se décida , enfin, à suivre les conseils de Phya: profiter de cette nuit de délices sans se poser de questions.
La Vierge comprit ce que cette non réponse avait de significatif et sourit sans rien dire. Il n'y avait plus besoin de dire quoique ce soit, de sermonner, d'admonester etc... Les actes se suffisaient à eux-même. Le plaisir surtout était là partagé par les deux amants et c'était bien là l'essentiel. Phya suivit également ses propres conseils. Arrêtant toute réflexion ou interrogation importune, il enlaça Shion pour poursuivre cette nuit torride.
Après ces quelques instants de repos, les deux amants reprirent leurs étreintes avec flammes, laissant libre cours à leur désir passionné durant toutes les heures qui les séparaient du petit jour.
Les yeux encore brumeux de sommeil du Bélier s'ouvrir lentement. Par réflexe, sa main engourdie tâta les draps autour de lui mais ses doigts ne saisirent que du vide. Peu à peu, ses oreilles captèrent des bruits d'ablution provenant de sa salle de bain. Quelqu'un était en train de s'y préparer.
Phya... il était déjà levé. Shion se rappela qu'on était mercredi, jour où Phya prenait en charge ses apprentis pour un entraînement matinal. Le matin était aussi levé depuis longtemps puisque qu'un rayon de soleil déjà bien vigoureux vint chatouiller les narines de l'Atlante.
En résumé, il n'y avait que Shion pour être encore au lit, émergeant tout juste des vapeurs du sommeil. Cette pensée ouvrit définitivement les yeux du Bélier. Il avait beau avoir passé une nuit particulière, cela ne le dispensait pas de son entraînement.
- « Enfin tiré des bras de Morphée? Demanda Phya en entrant dans la chambre.
–Oui... après avoir été tiré des tiens. Je n'en reviens pas que tu m'es laissé dans les bras d'un autre.
–C'est toi qui passes par tous les bras! Après quelques heures d'ébats amoureux, tu réclamais les siens. Je te fatiguais trop.
–Dis tout de suite que je ne tiens pas le coup!
–Bah... il y a de ça. Cela se voit que tu n'as pas l'habitude d'être en-dessous. Cette position a été éprouvante pour toi.
–On ne dirait pas comme ça... c'est censé être passif.
–Pas tant que ça, tu vois. Bon je vais te laisser méditer là-dessus, mes apprentis m'attendent. Ne traîne pas trop au lit quand même. J'ai été gentil, je t'ai préparé ton petit-déjeuner dans ta salle à manger.
–C'est très romantique!
–De rien mon amour »
Phya ponctua sa phrase d'un baiser d'au revoir avant de quitter la chambre.
Shion s'étira comme un chat... il avait quelques courbatures. Il avait pourtant l'habitude du sport de chambre, mais jamais aussi mouvementé. Phya l'avait achevé tout en restant frais comme une rose. Shion était épaté par la forme que tenait son amant.
Se levant pour enfiler une tunique et s'attabler à son petit déjeuner, Shion se remémora ses péripéties nocturnes.
Quelle étrange nuit, en même temps la pire et la meilleure de sa vie. Il était passé du fond du gouffre au sommet du plaisir, avait ressenti un arc en ciel d'émotions. Le bilan était positif: il avait vécu une expérience inédite et dans le domaine des ébats amoureux, Shion était à l'affût de toute expérience nouvelle. Le point négatif était qu'il avait eu tort sur toute la ligne ce qui ne manquait pas de chagriner son orgueil démesuré.
Phya avait été un amant parfait qui l'avait réconcilier avec la position dominée, enfin presque car ce n'est pas une position qu'il accepterait avec tout le monde non plus. Le talent de Phya avait en bonne partie effacé les traces douloureuses de son dépucelage ce qui n'était pas un mince exploit. Shion n'aurait jamais parié un bouton de culotte là-dessus!
Comment aurait-il évolué si Phya avait eu sa virginité? Peut-être serait-il devenu le roi des dominés!
Un gargouillis d'estomac interrompit les réflexions intenses du Bélier, dont le cerveau n'était pas du matin.11 De toute façon réfléchir « au pourquoi du comment si » n'était pas du genre de Shion, habitué à profiter de la vie au jour le jour sans se poser de question et à foncer dans le tas à l'occasion. La fougue de la jeunesse aidant, le Bélier jeta ses pensées profondes aux oubliettes et mordit goulûment dans ses tartines de pain.
1Shion est catholique à ses heures... bah faut dire qu'il ne sait plus à quel saint se vouer non plus!
2.Autre solution: Dieu est un pervers voyeur et là non plus Shion n'a pas fini d'en baver! Et nous non plus...
3.Je ne sais pas du tout si on disait ça au 18ème siècle.
4.Ou comment un « banal » acte masturbatoire se transforme en casse-tête littéraire. Ah le dico des synonyme... quelle mine d'or!
5.La encore je ne sais pas si ce jeu existait à cette époque. On va dire que oui... ça se prête tellement bien au yaoi.
6.Quand je vous dit qu'il y a tout ce qu'il faut chez Shion! La pauvre doit bien regretter d'être aussi bien équipé. Aller... dès que Phya s'en va: grand ménage de printemps suivi d'une opération vide-grenier au pied du temple du Bélier. Ce sont les autres chevaliers qui vont en faire une tête en découvrant tous les trésors de Shion!
7. Et pas que dans son esprit Ok Shion je me tais.
8.Soupir de soulagement des lecteurs+ lueur concupiscente dans le regard ...vas-y Phya, continue!
Shion: bande de sadiques!
9.Il s'est levé de bonne heure Phya.
10.Il y est! Enfin, j'y suis arrivéechampagne!
11.Et pas du soir non plus. Il n'y a qu'une partie du corps de Shion qui est opérationnelle 24h/24h et c'est... oh my god quelle blague pourrieElana catastrophée par son mauvais goût
