Bonjour bonjour !

Plus d'un an après la publication du premier chapitre, nous mettons en ligne le 2e, normaaaaaal. Entre temps nous avons visité les studios de la Warner Bros à Londres et autant dire que ça nous a donné pleins d'idées ! C'est la première fois que j'écris là, je sais pas trop quoi raconter en fait. Enfin voilà, pour les fan de Dean, c'est le moment pour lui d'avoir un chapitre !

Et sinon, nous avions précisé au chapitre précédant qu'on écrirait surtout du point de vue de Dean, Sam et Castiel. Sauf que pour tout dire, écrire du point de vue de d'autres persos de SPN c'est sympa aussi donc je pense qu'on fera un petit mélange tout en s'axant bien évidemment sur les 3 lascars.

Voili voilou, bonne lecture !


Titre : Le grand voyage ou comment vivre l'enfer.

Genre : humour, amitié, famille.

Personnages : Dean - Sam - Johanna - Rufus.

Pairing : je sais pas quoi mettre donc aucun je crois...

Disclaimers : Supernatural appartient à la CW, Harry Potter appartient à J. K Rowling


Chapitre 2

Le grand voyage ou comment vivre l'enfer.

(écrit par Bagel)

Enième station d'essence. Ils avaient décidé de faire halte sur aire d'autoroute bordant l'un des nombreux lacs de la région. Dean avait demandé à ce qu'ils puissent sortir de la voiture quelques instants et profiter de cette triste journée qui se profilait un peu plus à mesure qu'ils voyaient les kilomètres défiler. Il avait mal, ce petit engourdissement qui le prenait au niveau des chevilles, remontait le long de ses jambes puis de ses cuisses, qui augmentait en puissance et qui finissait par être outrageusement désagréable. Et il n'était pas le seul à ressentir ces effets de l'étroitesse du véhicule. La jolie blonde qui l'accompagnait pouvait plus ou moins décréter être dans la même situation, en ajoutant la pénibilité d'être coincée entre deux frères et des valises.

Les deux adolescents longèrent la côte plus ou moins escarpée de l'étendue bleue dans laquelle ne pouvait se refléter que les teintes colorées du ciel grisé français et grimpèrent le long de ce petit sentier abimé par le temps et les caprices de la pluie, peu emprunté par les touristes, le sable granuleux craquant sous chacun de leurs pas. Ils cheminaient dans un silence élogieux, ne sachant quoi dire à l'autre, par peur de démarrer une discussion à sens unique ou bien de s'attiser les foudres de l'autre. Ni l'un ni l'autre ne semblait pressé d'avancer, profitant du silence avoisinant que le lieu pouvait leur procurer et pourtant aucun des deux ne fit marche arrière, nul ne tenta de trouver un prétexte pour s'échapper. Ils croisèrent un couple de jeunes moldus, poussant une poussette dans laquelle un bambin se reposait comme apaisé par les tressauts.

Ils arrivèrent sur le point culminant du chemin, à plusieurs mètres au-dessus de l'eau. Une étrange chaleur dominait malgré le ciel morne de la journée pluvieuse, donnant cette sensation particulière de lourdeur orageuse. Toujours pas un mot. Un seul, une syllabe, qui aurait pu briser l'instant en des milliers de fragments qui s'évanouiraient dans l'infini. Un banc régnait sur le monticule de terre à partir duquel la vue était, il fallait l'avouer, remarquable. Une étendue verte s'étalait sous leurs yeux, entourant le cercle bleu, parcourant des kilomètres à ne plus savoir combien.

Johanna se pencha sur la barrière, la pointe des pieds effleurant le sol, prête à basculer la tête la première à la moindre rafale comme une simple poupée de chiffon. Ses mèches blondes furent balayées sur le côté par les faibles souffles du vent et elle ne fit rien pour les retenir les paupières closes, les lèvres fines entrouvertes en une esquisse de sourire, elle savourait le fait de pouvoir vivre ce moment. Elle savait combien ils étaient rares, comment ils pouvaient s'effondrer comme un château de carte au moindre détail, elle se contentait de prendre le présent comme ça et ne plus penser. A rien. Un mètre derrière elle, finalement en appuie contre le banc, Dean avait du mal à juger quel paysage était le meilleur. Le lac ou Jo qui lui tournait le dos.

« C'est si calme… »

Elle était jolie dans ce débardeur flottant un peu trop grand pour elle, et ses courbes ne pouvaient être qu'appréciables pour le garçon. Il s'évada dans la contemplation des mouvements des filets blonds qui voltigeaient allégrement, oubliant à son tour les problèmes qui l'avaient amené ici.

« Si je tombais là d'un coup, tu viendrais me chercher ? » La question se perdit dans l'écho de vaguelettes de l'eau, assurément entendue, assurément ignorée. La demoiselle savait que Dean pouvait ne pas répondre à cette question si stupide et irréfléchie. « Sans magie. » Ajouta-t-elle d'une voix sérieuse et monotone avant de se retourner, une expression indéchiffrable au visage.

Il croisa son regard. En cet instant, perchée tel qu'elle l'était, elle lui semblait si fragile qu'il aurait pu la briser d'un coup de batte de baseball et laisser les morceaux s'évanouir comme ça.

« Putain Dean, parle, dis quelque chose… Allez, je suis désolée, je te l'ai… »

- Surement. Finit par sortir l'intéressé sans dire quoi que ce soit en supplément.

- Tu le ferais vraiment ? Sans magie ? Courir jusqu'en bas, enlever hypothétiquement tes vêtements, et nager pour voir si je n'ai rien, pour me tirer de là ?

- Retirer mes fringues n'est absolument pas un problème pour moi. »

Et il n'ajouta rien de plus à sa réponse. Elle avait réussi à lui extirper un sourire moqueur alors qu'il ne voulait pas lui adresser un quelconque signe de gentillesse. Mais il n'avait pas pu s'empêcher. Il avait toujours su que des deux, il était celui qui craquait le premier, mais qu'il était également celui qui pouvait encaisser le plus sans le montrer. Puis elle avait arrêté de le regarder avec cette expression troublée, elle retrouvait cette lueur amusée dans ses mirettes foncées. Elle ne le prenait pas au sérieux, et ce n'était pas faute de l'être.

« Si tu tombes, je saute. Si tu te cognes au fond du lac, je te ramènerai sur le bord. » Et elle ne rit plus du tout la demoiselle. Elle le fixa avec intensité, une surprise non feinte sur le visage.

« J'aurais trop peur de la réaction de ta mère si elle apprenait que je t'ai laissé au fond d'un lac. Viens, on retourne à la voiture, ils vont s'inquiéter sinon. »

Dean s'étira, son tee-shirt suivant le mouvement s'éleva et laissa apparaître une cicatrice récente sur son abdomen. Elle ne le faisait plus souffrir, elle était juste là pour lui rappeler que chaque action avait un prix. Et alors qu'il entamait la descente avec précaution, il sentit un doux réconfort s'agripper à son bras, s'accrocher à lui comme un dernier espoir. Jo, un sourire flotta sur son visage serein. Il aurait aimé savoir à quoi elle pensait, il aurait voulu être moins vulnérable en cet instant précis. Elle était là, frivole et belle, il la regardait comme un homme regarde une femme, mais elle était avant tout une amie. Pas une fille gentille qu'il devait trimballer partout. Non, une forte tête, un caractère trempé, de la détermination et un sens de la loyauté indéfectible. Il n'était pas amoureux, Dean ne tombe pas amoureux. Pas de sentiments, c'est tellement plus simple quand il s'agit de vivre le présent, d'ignorer les conséquences, de se dire que de toute façon on ne pourra jamais revivre le moment. Parfois elle arrivait à l'atteindre, cette demoiselle d'un an de moins avait ce don de l'énerver et de l'apaiser après. Comme une médaille, deux côtés en contradiction qu'il appréciait pourtant. Et elle ne cédait jamais.

Un lapin passa devant eux brusquement, poursuivit par les éclats de rire d'une fillette aux boucles brunes qui sursautaient à chacun de ses petits pas saccadés. Ils la virent chercher ci et là des empreintes de l'animal dans l'espoir de retrouver sa trace mais, déçue, elle dû mettre fin à ses activités de traqueuse à l'appel de ses parents. Johanna dévisagea Dean discrètement. Il dégageait cette assurance qui la rassurait et avait ces yeux verts qui le qui-vive à chaque instant, prêt à conquérir le monde si l'occasion se présentait. Elle s'accrocha un peu plus sans avoir exactement pourquoi et ce n'est que lorsque Sam vint à leur rencontre qu'elle se détacha de son étreinte.

La voiture continuait de rouler, les phares allumés pour éclairer la nuit sombre, les bruits claquant des gouttes d'eau retentissant sur le pare-brise avant avec une violence sèche. Dans le lointain on pouvait deviner les silhouettes d'un village se détachant dans l'obscurité, floutées par les traînées d'eau de la pluie sur les vitres. Le conducteur avait mis un léger morceau de musique en fond aux influences de country qui ne passaient pas inaperçues. La jeune Harvelle émergea dans la douceur tiède d'une couverture dans laquelle elle s'était emmitouflée et n'eut pas le courage de la retirer tant elle se sentait bien comme ça.

« Bien dormi ? » Demanda Dean doucement pour lui laisser le temps de reprendre ses esprits.

« - Pas vraiment non… Et toi, t'as réussi à dormir ?

- Je sais pas, non je crois pas. Sam par contre dort comme un chat gâteux rassasié depuis qu'on a repris la route après que notre charmant chauffeur ait décidé de pioncer un peu. Je n'arrive pas à comprendre comment Sam fait pour dormir autant.

- La question que tout le monde se pose… Hum, aille… » La demoiselle voulu se dégager de l'énorme sac qui s'était écroulée sur ses pieds. « Rappelle-moi, pourquoi on est là ?

- Tu aurais suivi mon plan, tu seras sagement restée au poste que je t'avais donné, on ne se serait pas fait prendre par Ellen et mon père, qui n'auraient pas découvert qu'on les suivait dans leur chasse au mage noir au lieu de profiter de la maison de vacances, ta mère ne se serait pas énervé en découvrant que tu étais impliquée et ne nous aurait pas renvoyé en Angleterre dans cette stupide voiture de moldu avec autant de bagages.

- Ah ouais, c'est vrai. Je te le redis, je suis désolée. Mais t'avais qu'à pas me laisser en poste de surveillance devant la porte !

- Parce que tu crois franchement que j'allais te laisser risquer ta vie alors qu'Ellen m'avait demandé de te surveiller à la maison ?

- Parfaitement. Je mérite autant que toi d'avoir un peu d'action Dean. Je suis meilleure en sortilège et tu le sais. Tu es peut-être plus doué en défense, mais je maîtrise bien mieux ma baguette que toi.

- Oh, ça dépend laquelle !

- Crétin. »

Il eut un petit rire nerveux et tourna la tête vers le paysage obscur qui défilait sous ses yeux. Des lumières colorées, bleues, rouges, jeunes, vertes, indiquaient des villes un peu partout et il lâcha un soupir lassé. Ils avaient roulé la nuit entière. Pourquoi son père avait-il écouté Ellen alors qu'il avait volontairement embarqué ses fils dans cette histoire de chasse ? Pourquoi se retrouvait-il coincé dans cette voiture, sur la banquette arrière de surcroit entre des sacs et des valises alors qu'il n'y avait rien sur la place avant du passager. Mais Ellen avait été formelle. Personne à l'avant, aucune valise dans le coffre. Ils avaient voulu désobéir, ils avaient mérité ce qui leur arrivait. Et du sud de la France, elle les avait obligé à monter à bord du véhicule, à s'entasser à l'arrière et à aller jusqu'à la capitale prendre le train, un autre moyen de transport moldu, pour rejoindre Londres. Lui qui pensait passer de magnifiques vacances en bord de mer avec des filles, de l'alcool et du fun, attentes de n'importe quel jeune de son âge, il s'était retrouvé malgré lui dans cette histoire de mage noir bien plus rusé. Il enrageait. Vraiment. Et si Jo n'avait pas tout fait foiré, non seulement ils auraient pu trouver la planque des partisans du sorcier, mais ils auraient peut-être eu une chance de le combattre. Ce gars venait d'Irlande et était venu se réfugier en France. Quel abruti il avait été d'accepter naïvement de partir avec son père, Sam et les Harvelle. D'ailleurs, il ne comprenait pas pourquoi Ellen avait tenu à venir alors qu'elle ne voulait plus de ce monde.

« T'as des nouvelles de Castiel ? » Coupa la voix de Jo dans laquelle on pouvait sentir un brin de jalousie.

« - Pas depuis deux semaines. Je m'en veux un peu de ne pas lui écrire, mais il est en Angleterre et je ne vais pas lui raconter tous mes malheurs quand même ! Cas est peut-être comme un frère pour moi mais pas besoin de lui dire mon agenda ! Il se débrouille très bien sans moi de toute façon.

- Hé calme-toi, je demandais juste…

- Désolé. C'est juste que Cas c'est…

- Cas.

- Ouais, voilà. J'ai l'impression qu'il s'en fout totalement que je lui envoie des lettres pendant les vacances. Et puis, lui non plus n'y répond pas forcément. Il m'énerve à ne jamais… » Il ne put finir sa phrase car le virage fit tomber les valises sur lui et Jo, dont la ceinture rendit l'âme à ce moment, fut emportée par le mouvement.

- Dean retire ta main.

- Quoi ?

- Ta main. Retire là. Je sais qu'il n'y a pas beaucoup d'espace dans cette voiture, néanmoins j'aimerais bien que tu respectes un peu le mien et que tu ne passes pas le reste du trajet à me peloter la poitrine.

- Désolé les jeunes, je pensais pas que le virage serait aussi brut. Tout va bien derrière ? Demanda le chauffeur avec un bel accent du sud et amusé par la situation.

- Plus ou moins, répondit Jo avec peu d'enthousiasme néanmoins dans un très bon français. Si on prend en compte le fait que je suis coincée sur ce gars qui tripote ma poitrine sans gène et que son frère à ma gauche vient de basculer de mon côté et que je n'arrive pas à remettre droit. Dean aide moi au lieu de profiter de la situation !

- On n'en a plus pour très longtemps mamz'elle. Une petite trentaine de minutes. Ou une heure. Ou plus. J'sais pas trop en fait. Vous pourrez tenir ? Ah, deux en fait, je viens de voir un panneau. C'est la première fois que je fais un trajet aussi long. Je préfère mieux les grands voyages, on rencontre des gens et tout, c'est sympa ! »

Un large sourire s'étira sur les lèvres de Dean lorsque Jo lui eut traduit et Sam émit un ronflement satisfait. Il devait apprécier le support. La blondinette quant à elle soupira et fusilla du regard le Winchester éveillé. Oui elle pourra tenir, et oui ces trente minutes seraient probablement les plus longues de sa vie. Elle lui ferait regretter amèrement par la suite de ne pas avoir tout simplement fait comme ce qui était prévu, à savoir passer des vacances au soleil, profiter de la mer, des beaux surfeurs et des soirées mousse le soir. Parce qu'à la base, c'était ça le programme.

Dean bougea finalement sa main. Deux heures déjà qu'il l'avait logé finalement autour de la taille de sa voisine. Elle lui paraissait toute engourdie soudainement, comme si elle avait été coupée de toute circulation nerveuse ou sanguine, il n'avait jamais vraiment compris le processus. Deux heures que le chauffeur leur promettait d'arriver. L'aube était apparue, majestueuse dans ses couleurs chaudes. Que le trajet était long. Que de temps à voir des champs défiler. Des minutes à compter les panneaux. Et ils conduisaient à droite. Il avait aussi du mal avec ce principe, volant à gauche, voiture à droite. Trop bizarre. Et là ils arrivaient en ville, Paris, la capitale, l'attraction, Paris, la ville culturelle, cette ville immanquable. Paris le dégoutait, intéressait Jo et fascinait Sam. Il ne voyait pas la beauté de la ville, il voyait seulement ces gigantesques immeubles qui occupent les banlieues le long de ce qui était semblable au périph', il regardait toutes ses voitures s'entasser les unes à la suite des autres, il pouvait observer ces gens par sa fenêtre, ces conducteurs qui attendent patiemment au volant qu'un espoir, un miracle qui sait-on jamais, apparaîtrait et les ferait rentrer chez eux un peu plus tôt. Il n'avait pas d'intérêt pour les musées que Sam aurait voulu visiter, il ne comprenait pas l'attrait qu'avaient ces boutiques hors prix dans les grands boulevards qui plaisaient tant à Jo lorsqu'ils étaient passés devant à l'aller. Et puis, ici, il devait se mélanger à tous ces moldus qui ignoraient tout de la magie devant qui il ne pouvait se laisser aller.

Il entendait les coups de klaxons résonner tout autour de lui. Ils avaient dû faire 100 mètres à tout casser depuis une dizaine de minutes. Alors il soupira, posa sa tête contre le rebord oblique de la fenêtre et essaya de se laisser bercer par une chanson acoustique d'un chanteur probablement français s'il comprenait bien quelques mots. C'était agréable, il ne pleuvait plus, les nuages avaient été chassés et le soleil émergeait peu à peu par ses doux rayons. Il jeta un rapide coup d'œil à sa montre. Presque 7h30. Ils avaient embarqué aux alentours de 17h30. Première pause vers 19h. Deuxième à 21h. Troisième sur les coups des 23h où le chauffeur avait décrété qu'il voulait dormir, ce qui semblait logique. Reprise de la route à priori vers les 5h du matin. Et un peu plus de 2 heures plus tard, toujours dans les bouchons. Conclusion, Ellen leur avait fait vivre une sacrée punition, plus jamais il n'irait s'opposer à elle.

« Dean… J'ai faim. On mange quand ? Demanda Sam dans un demi-sommeil.

- Je ne sais pas Sammy. On peut pas dire qu'on avance vraiment là… Répondit le concerné avant de questionner dans un français approximatif le conducteur à propos de leur destination.

- La gare du Nord est toute proche. Mais c'est le mating alors ça peut aller entre 10 minutes et 30 minutes » expliqua ce dernier bien que Dean n'eut compris qu'à peine la moitié, mais l'essentiel, c'est-à-dire 10 à 30 minutes.

Etrangement la circulation se fluidifia et ils arrivèrent à bon port dans un délai acceptable. Le chauffeur ne s'étonna pas de l'état délabré des valises, ni plus du fait qu'il y eut un bocal de têtards desséchés qui roula accidentellement à ses pieds. Il se contenta de hausser un sourcil étonné mais incluait dans son contrat une partie « ne pas poser de questions ». Et à la vue de l'enveloppe que Dean lui tendait, ce n'était surement pas le moment d'ouvrir la bouche. Il regarda les adolescents continuer leur chemin, répondit à un vague au revoir de la part de la jolie blonde et remonta à bord. Il n'avait pas tout compris. Son patron l'avait appelé, lui avait dit qu'il y avait un trajet jusqu'à Paris à faire, une belle somme à la clé. Il n'avait pas hésité. Il ne s'était pas demandé pourquoi les valises ne pouvaient pas aller dans le coffre, n'avait pas eu de problème à transporter trois mineurs qui auraient pu prendre le train au lieu de monter sur la capitale en voiture. Et ils avaient été plutôt cool. La jolie blonde parlait bien français, le garçon un peu plus âgé était simplement risible lorsqu'il tentait d'aligner quelques mots et le plus jeune ne parlait pas, tout simplement. Le conducteur leur lança un dernier regard avant de retourner dans le trafic parisien en se disant qu'il pourrait rester visiter la ville quelques jours. Après tout, pourquoi pas.

Lundi 25 Aout 2014.

Voilà quatre jours qu'ils étaient rentrés de leur excursion française plus ou moins tumultueuse. Dean avait passé le plus clair de son temps à draguer Melinda Crockford, la vendeuse ambulante de gri-gri en tout genre. Elle était complètement bizarre, mais il s'en fichait car vu la carrosserie, il se doutait qu'elle serait forcément un bon coup. Son père leur avait envoyé un vague message « Toujours en chasse, restez au Chaudron Baveur. Serait absent un moment. Ellen rentre dans quelques jours. Bonne rentrée, on se voit à Noel si tout va bien. » Le papier finit sa vie déchiré en de multiples morceaux au fond d'une poubelle avant de terminer côté moldu dans une benne à ordures gigantesque. Du coup, ils étaient libres de faire plus ou moins ce qu'ils voulaient, dans le monde sorcier bien entendu, en restant sur le Chemin de Traverse, bien sûr. Donc pas si libres que ça au final, mais convenable. Jo avait repris son emploi au bar et avait recruté Sam pour l'aider aux heures de pointe. Dean avait catégoriquement refusé sans donner de prétexte. Il avait passé ses journées à errer entre les boutiques, quoiqu'avec un faible pour le rayonnage de défense de Fleury & Bott. Il prenait des pauses plus ou moins dans toute terrasse qu'il croisait. A force, il connaissait les proprios. Il avait également pu croiser certains de ses camarades de Poudlard voire de dortoir comme Clay Evans et sa copine, la jolie Quinn de Serdaigle. Oh, il aurait bien tenté quelque chose avec elle, mais il s'entendait plutôt bien avec Clay et de toute façon, la demoiselle avait refusé ses petites avances plusieurs fois. Il avait pu observer en riant les jumeaux farceurs Connor et Travis Alatir s'acharnant gaiment sur un Serpentard de leur promo du nom de Chris Keller. Il avait eu l'occasion de discuter un peu avec Tessa, une 5e année de Gryffondor et avait pu croiser certains Weasley ainsi que les Potter, donc par la même occasion avait pu prendre un coup avec Teddy Lupin, un autre camarade de dortoir, qui accompagnait ces derniers. Et puis bien sûr il y avait Ash qui avait élu domicile du mois le Chaudron Baveur avec qui il passait du temps. Voilà. Ses journées se résumaient à peu près à ça. Croiser des gens, devenir une masse amorphe qui boit un peu partout, qui déambule sans trop savoir où aller. Il aurait pu aller voir Bobby, mais celui-ci s'était semblait-il volatilisé comme à son habitude et ne donnait aucune nouvelle. Dans quelques jours il serait de retour pour enseigner à l'école, nul doute là-dessus, mais en attendant, Dean se sentait… Seul. Voilà. Il y avait certes cette présence féminine, jamais la même, dans son étreinte nocturne qui occupait ses bras quelques heures, mais pas plus. Et il devait l'avouer, Castiel lui manquait. Son sourire un peu tordu et légèrement effacé qu'il avait lorsqu'il était content mais conservait ce masque froid qu'il avait au visage, ses sourcils délicatement froncés dans une sorte d'indécision ou d'incompréhension, sa voix étrangement mature, ses yeux inquisiteurs et étrangement doux. Et par-dessus tout, c'était l'ami qui lui manquait, ce jeune Serdaigle avec qui il aimait passer du temps, à qui il pouvait raconter plus ou moins tout et n'importe quoi parce que de toute façon Cas ne le répèterait pas. Il s'en voulait de ne pas avoir écrit la moindre véritable nouvelle mais prenait sur lui comme toujours. Sammy lui avait à plusieurs reprises proposé son téléphone, engin que Dean trouvait tout à fait inutile cela dit en passant, pour joindre Gabriel qui lui adorait ce jouet moldu qui ne fonctionnait que chez les non-sorciers. Mais non. Rien, pas le moindre mot.

« Dean réveille-toi, t'as de la visite. »

La voix de Sammy fit émerger le blondinet de son sommeil. Il se retourna dans le lit en emmenant les draps dans son mouvement. Si c'était ça la nouvelle technique pour le lever… Non. Non, il ne bougerait pas. Pourtant, ce fut une voix féminine dynamique et familière qui résonna par la suite.

« Toc toc… Dean ? Dean bouge tes fesses, mes parents m'attendent en bas, alors t'as intérêt à te lever parce je repars très vite. »

La voix se tut, et le Winchester, les yeux clos, sentit un souffle chaud pas loin de son visage. Ses paupières s'ouvrirent.

« Bouh.

Salut Charlie… Ça va ?

Ben écoute, réveillée, pimpante, en forme pour une nouvelle année à Poudlard pour apprendre pleins de sort pour tuer ces misérables mages noirs !

Tu fais trop de bruit pour un matin… Avoue, tu carbures au café…

Ah mais j'en n'ai rien à faire, et non, aujourd'hui c'est naturel. Bref, j'ai pleins de trucs à te raconter sur mes vacances, mais j'ai promis à mes parents de les emmener sur le Chemin de Traverse. Tu comprends, je n'ai pas trop été avec eux cet été alors je leur dois bien ça. On se croisera surement aujourd'hui, et sinon on se verra dans le train. Allez bonne journée ! »

Elle lui colla un généreux baiser sur la joue et repartie aussi joyeusement et rapidement qu'elle était arrivée. Sammy la suivit de peu et Dean se retrouva seul allongé sur cet immense matelas rien que pour lui. Il avait eu un lit double, à force de persuasion avec la gérante, ses pulsions de mâles ayant besoin de tant de place. Suite à un énième auto-encouragement, il se leva et alla enfiler un tee-shirt pour descendre plus ou moins habillé d'une manière correcte car il bien qu'il fût tentant de débarquer dans la salle à demi-pleine en caleçon aux couleurs du drapeau d'Angleterre en hurlant « PUDDIIIING ! »

Il arriva en bas des escaliers et reconnut le dos d'une silhouette plutôt familière de laquelle il s'approcha naturellement. Sammy était assis à la même table que l'homme et ressemblait à un hamster avec ses joues gonflées pour réussir à engloutir le plus de pain possible en une bouchée. En imaginant son frère avec des oreilles de rongeur et des dents proéminentes en avant, le Winchester eut un large sourire, avec lequel il aborda l'étranger, qui n'en n'était pas vraiment un. Il alla s'asseoir à ses côtés.

« Bonjour professeur Taner, comment allez-vous ?

Winchester, même Bobby ne m'appelle professeur. Tu ne vas pas commencer. Hors de l'enceinte, tu peux m'appeler Rufus.

Oui chef suprême. Jo ! Un suprême matinal s'il te plait ! Demanda Dean à la demoiselle qui passait derrière lui.

Alors vous deux, comment se sont passées les vacances ? Continua le professeur ignorant le petit pic de son voisin.

Bah… Juillet chez Bobby dans le Dorset, puis dans le Kent, avant d'aller plus dans le nord et aout en France, du moins une partie, avant qu'Ellen nous renvoie illico ici car nous lui avons désobéi. Voilà, résumé. Autre chose à ajouter Sammy ?

Tu as tout dit. Répondit le cadet après une déglutition étrange.

Et… C'est tout ? Rien à dire de plus ? Pas de trucs particuliers à me raconter ? Franchement les gars, vous me décevez là. Moi qui croyais que vous étiez de redoutables futurs aurors, je suis forcé de constater que vous n'avez pas trop l'étoffe… Surtout toi Dean. Ne rien faire pendant l'été ? Mon gars, tu t'ramollis. »

Jo apporta la commande de Dean, un mélange sandwich/bacon/café/sauce d'origine inconnue et il la gratifia d'un clin d'œil charmeur. Un jour elle serait dans son lit, il en était persuadé. L'adolescent se jeta sur le sandwich comme si il n'avait pas mangé depuis des jours, coupant ainsi toute conversation sur les vacances remarquablement sans action qu'il avait vécue. Le peu de combats qu'il y aurait pu avoir avait été annihilé par une magnifique blonde qui n'avait pas voulu respecter son rôle. Il lui en voulait encore d'avoir gâché le truc, mais devait admettre qu'il y avait également un danger assez important quant à ce qu'il aurait voulu faire. Mais le coup de la voiture…

La demande de Sam le fit revenir sur terre. Son frangin voulait savoir quand rentrerait John, ce à quoi l'ainé répondit par un bref mouvement d'épaule sans savoir que dire d'autre. Il n'aurait rien pu ajouter de toute manière. Rufus du le remarquer à son air sceptique mais ne releva pas. Il laissa les Winchester terminer leur déjeuner et les quitta pour son rendez-vous à Gringotts. Les fonds de mois étaient durs ces derniers temps, même pour un enseignant. Il se retourna une dernière fois vers Dean et lui lança d'un air faussement enjoué « Au fait, tu pourras féliciter la famille Stark ! Michael, professeur à Poudlard… Qui aurait cru ça. » Son interlocuteur le regarda s'éloigner sans trop comprendre. Michael… Le frère de Castiel ? Le Michael ? Prof ? Pas possible. Pourquoi ferait-il prof, il n'avait jamais semblé émettre une quelconque attirance envers l'enseignement…

Il devait être aux alentours des dix heures du matin lorsque Dean, d'un pas conquérant et fier, s'élança sur l'habituel et bien connu Chemin de Traverse. Il savait que Castiel venait aujourd'hui, Arianne Stark état d'une ponctualité sans faille lorsqu'il s'agissait d'aller faire les courses pour et avec ses enfants. Dean trouvait ça amusant, qu'une personne si bien placée au Ministère trouve ça drôle d'aller faire le lèche-vitrine avec ses fils une semaine avant la rentrée. Néanmoins, le garçon n'ignorait pas que par conséquence, son ami aller devoir supporter une semaine ses cousins, tous aussi étranges les uns que les autres. Bien qu'Anna et son p'tit cul rebondi, et ses jolies mèches rousses… ! Il ne devait pas penser à elle. En attendant le Serdaigle, le Gryffondor blond avait pour objectif de se renseigner un peu plus sur ce qu'il aurait pu trouver en France. Voilà quelques jours qu'il avait fait des recherches, mais il n'avait pas encore été fouiller du côté de la Libraire, pourtant LA référence pour trouver toute information. Mais il avait préféré fouiner un peu ailleurs avant d'attaquer la source principale. Il ne faut pas négliger les petites sources.

Il croisa la jolie Daenerys, une fille de sa promo, qui lui adressa un sourire joyeux lorsqu'elle quitta la boutique alors que lui-même y rentrait. Et se dirigea directement vers le rayon de forces obscures. Rien ne pouvait égaler ce rayon.


J'espère que ce 2e chapitre vous aura plu, n'hésitez pas à laisser des commentaires pour montrer votre satisfaction, ou non, et pour qu'on sache si on publie le 3e chapitre ! Bye bye !