Genre : amitié, humour

Personnages : Sam - Dean - Kevin - Charlie - Castiel

Disclaimers : Supernatural appartient à la CW, Harry Potter appartient à J.K Rowling

Chapitre 3

(écrit par Moosebee)

Sam Winchester était en ce moment même en train de livrer l'une de ses plus grandes et anciennes batailles : lutter contre les pulsions huileuses et supracaloriques qui hantaient Dean depuis ce qui semblait être toujours. Et ce n'était pas une mince affaire. Dean semblait aussi obsédé par les hamburgers et tartes bourrés d'édulcorants et de conservateurs en tout genre que par les filles. A bien y penser, pauvres filles... Avoir la même valeur orgasmique (parce que c'était ça, au plus grand effroi de Sam) qu'un steak pris entre deux tranches de pain ressemblant à tout sauf du pain... Lui faire passer ce fétichisme culinaire serait comme arracher un bras à Dean, Sam le savait bien, aussi acceptait-il de faire un compromis : trouver un pub servant autre chose que seulement de la junk food et où les feuilles de salades ne traînaient pas dans un coin miteux du fin fond du frigo décongelé de l'arrière cuisine. Parce que parfois, certains resto font juste genre pour attirer plus de monde, et c'est limite s'ils vous agitent pas des feuilles de salades visqueuses semblant muter en limaces. Bref, Sam avait fait valoir sa demande dès qu'il avait vu Dean revenir en compagnie de Castiel et qu'il avait annoncé vouloir trouver un endroit sympathique où manger. Le plus jeune Winchester ne pouvait même pas compter sur Castiel : les habitudes alimentaires de son aîné avait désespérément déteint sur leur ami.

Cela faisait maintenant vingt minutes qu'ils arpentaient les rues côté moldu en quête d'un pub qui conviendrait aussi bien à Sam qu'à Dean, ce dernier pestant contre le côté tordu de Sam concernant l'alimentation, ce à quoi Sam répondait qu'il ne manquait pas d'air, et qu'ils verraient bien qui se retrouverait dans trente ans, obèse et vautré dans un canapé, trop amorphe pour bouger, tandis que Castiel ouvrait la bouche pour leur rappeler qu'avec un coup de baguette tout serait arrangé, rendant inutile l'argument, et c'est alors que les deux frères se mettaient d'accord pour soupirer, exaspérés, « façon de parler, Cas ! ».

Alors que Dean se plaignait de bientôt entrer en crise d'hypoglycémie s'il ne mangeait pas dans les minutes qui suivaient, Sam repéra au bout de la rue un petit pub semblant offrir à la fois de la nourriture saine, et ladite « nourriture divine » de Dean. Sam regarda son frère presque courir et enfoncer la porte, levant les yeux au ciel, et s'engouffrant à son tour dans le petit n'y avait pas beaucoup de monde, le service n'avait pas encore commencé, au plus grand dam de Dean. Ils choisirent une table dans un coin de la salle, Castiel s'asseyant à côté de Sam sur la banquette, tandis que Dean s'étalait sur celle d'en face.

Certes, le pub avait une allure ancienne, avec sa moquette démodée et délavée aux motifs victorien, d'un bordeaux passé, ses boiseries sombres sur les murs, ses tables massives en bois percé de trous d'anciennes mites, ses banquettes aux coussins ramollis par le nombre incalculable de fessiers qu'elles ont pu accueillir, son plafond bas barré de vieilles poutre, son bar où l'on n'était sûr d'y trouver nombre de whisky irlandais et écossais, toutes sortes de bières, mais il n'en restait pas moins propre et plutôt agréable. La tenancière leur avait presque sauté dessus à la minute où ils s'étaient assis, annonçant de sa voix chaleureuse et non-nonchalante qu'il faudrait attendre un peu, que le service était long à lancer. « Mais faut pas croire, Willy est foutrement rapide pour un manchot, vous devriez voir comment il se débrouille avec son moignon, le pauvre diable ! » avait-elle lancé avant de tourner les talons, sourire aux lèvres. Dean grinça un « Sammy... » entre ses dents, lui jetant un regard noir, auquel il répondit en haussant les épaules. Il ne pouvait pas savoir que le cuisinier du pub était infirme.

Dean décida de passer le temps en racontant en détail leurs vacances à un Castiel attentif, qui buvait les paroles de Dean avec une dévotion presque sainte, comme à son habitude. Sam n'y prêta qu'une oreille distraite, après tout, il les avait vécu et on ne pouvait pas dire non plus que cela avait été les meilleures vacances de sa vie. Depuis toujours, Dean l'embarquait dans ses aventures sans que Sam n'ait trop son mot à dire, et généralement, les dites aventures étaient synonymes de parties de chasses en douce, dans le dos de leur père, ou alors plus simplement, prendre ce dernier en filature, comme cet été, jusqu'à ce qu'ils se fassent surprendre et renvoyé au bercail sans pincettes. Sam était plutôt las de ces été mouvementés, et aspirait à des vacances plus calmes où il pourrait étudier, lire calmement.

Sam était perdu dans la contemplation d'une araignée escaladant les feuilles épaisses d'une plante verte un peu plus loin, quand il s'aperçut qu'une tête familière se dirigeait vers eux.

– Hé, Kevin ! sourit-il au nouvel arrivant qui se laissa tomber à côté de Dean, poussant un soupir exaspéré.

Dean lui lança un sourire goguenard, s'exclamant :

– Waouh, Kev' ! Un problème ?

– Mis à part le fait que je fuis ma mère qui est en train de faire un scandale chez Fleury & Bott ? Non, aucun, ironisa le jeune asiatique.

– Aaaah, Mrs. Tran, quelle femme de caractère, soupira Dean dans une fausse béatitude.

– Particulièrement quand on essaye de, je cite, dit-il en mimant des guillemets, « de mettre des bâtons dans les roues de son fils en pleine ascension de la montagne qui lui permettra de devenir le premier Premier Ministre de la Magie asiatique de Grande-Bretagne ».

Dean éclata de rire, tapotant avec condescendance l'épaule de Kevin, tandis que Sam ne pouvait s'empêcher de sourire. Le tempérament de feu de Linda Tran était légendaire, du genre à vous coffrer un mage noir dans le coffre de sa voiture à l'aide d'une seule et unique baguette magique. Et en plastique. Sam aurait parié qu'un de ses ancêtres étaient un bout de feu chinois, si cela avait été possible.

– Au fait, Kevin, où en es-tu avec les runes ? demanda soudainement Castiel.

– Facile, surtout les runes scandinaves. Les hongroises m'ont donné légèrement plus de mal, mais je pense pouvoir dire que c'est bon. Je pensais m'intéresser à l'étrusque, expliqua le garçon avec désinvolture.

Kevin n'était qu'en deuxième année, mais il pouvait se vanter d'atteindre les niveaux de 5ème année dans pas mal de matière. Sam était lui-même très bon élève, mais Kevin lui était carrément un prodige. C'était plutôt déconcertant, au premier abord.

– Et l'alphabet Magi ? proposa Sam. J'y ai déjà jeté un coup d'œil, et ça m'a semblé vraiment digne d'intérêt.

– Je dois avouer que Paracelse est plutôt fascinant à étudier, approuva Castiel.

– Il fait partie de ma liste des choses à étudier. Enfin, ma mère l'a mit sur ma liste.

– Pourquoi faut-il que les Serdaigle passent leur vie à parler étude et à faire leurs gros intellos ? se plaignit Dean qui s'attira des regards exaspérés de la part des trois autres.

L'aîné des Winchester passait plus de temps à draguer les filles et s'amuser avec ses amis (du moins, quand il n'est pas en train d'établir un plan visant à faire de lui un auror avant l'heure) qu'à étudier, et Dieu sait que ses notes s'en ressentait, dans les matières que Dean jugeait « inutiles », au grand dam de Sam. Il arrivé parfois au plus jeune de se saisir d'un devoir d'astronomie de son frère portant la pitoyable note de « Troll », la tenant du bout des doigts comme si la feuille était un vrai torchon dégoûtant (ce qui n'était pas faux), roulant des yeux et lâchant un « Sérieusement, Dean ? » excédé.

– Comment t'as su qu'on était là Kevin ? demanda Sam, qui venait tout juste de se poser la question.

– J'ai croisé Charlie qui m'a dit qu'elle vous avez vu rentrer dans ce pub. D'ailleurs, je crois qu'elle a prévu de venir vous rejoindre.

– Au moins je ne serai plus seul à être submergé d'intello ! grogna vaguement Dean.

Et en effet, cinq minutes plus tard, Charlie passait le pas de la porte et trottinait gaiement vers eux, s'exclamant un peu trop fort et dans un large sourire :

– Heeeeeey, bitches !

Aucun ne se formalisa du surnom, c'était habituel avec Charlie, sauf peut-être Kevin qui tiqua légèrement. Il était moins habitué à elle que les Winchester, et les Winchester avaient de toute façon l'habitude de fréquenter les gens complètement loufoques.

Charlie eut à peine le temps de s'asseoir en bout de table que la serveuse de toute à l'heure venait prendre leur commande, et tous l'accueillir avec soulagement. Sans être aussi morfale que Dean, Sam devait bien avoué qu'il commençait à avoir faim. Alors que Sam et Kevin se contentaient respectivement d'une salade de poulet et d'une salade de pois, sans surprise, Dean et Castiel commandèrent hamburgers et frites, et Charlie demanda un classique fish and chips. Sam ne fut pas surpris non plus qu'usant des ses charmes, Dean parvienne à convaincre la tenancière d'ajouter deux pintes de bière, une pour lui même et une pour Charlie qui fit la moue quand Dean refusa de tenter le whisky.

– Alors Charlie, tes vacances ? On n'a eu trop de nouvelles cet été ! s'enquit Sam.

– Il semblerait que ça ait été une habitude chez les gens cette année, de pas donner de nouvelles, dit remarquer Dean, avec un brin d'amertume, en fixant sciemment Castiel qui fronça les sourcils. Il y eu un bref moment de silence gêné, pendant lequel Sam toussota et Charlie s'agita sur sa chaise.

– J'ai raté un épisode ? souffla la rousse à Sam, celui-ci agita la main pour lui dire de ne pas s'en préoccuper. Lui-même ne savait pas exactement ce que reprochait Dean à Castiel, ni pourquoi ils n'avaient pas échanger de nouvelles cet été. Ce n'était pas tellement ses affaires, et tenter de comprendre ces deux idiots étaient mille fois plus compliqué qu'exécuter un patronus. Sans euphémisme.

– Bref, désolée les gars de pas avoir pu communiquer cet été, disons juste que ça a été plutôt... heuuu... elle marqua une pause, visiblement embarrassée, ce qui attira l'attention de tous, mouvementé ? Finit-elle dans un sourire timide.

– Charlie... gronda Dean. Qu'est-ce que t'as encore foutu ?

Son ton exaspéré fit se recroquevillé un peu plus la jolie rousse sur son siège. D'une petite voix d'enfant qui vient de faire une grosse bêtise, elle continua :

– Ben... Avec Garth on...

– Garth ? répéta bêtement Sam, qui fut complété par Dean qui s'exclama, s'attendant au pire :

– Toi et Garth ? Ensemble, cet été, et « mouvementé » ? Bon sang, qu'est ce que vous avez foutu ?

– C'est quoi ces préjugés Dean ? rétorqua Charlie, soudainement piquée au vif.

Sam ne pouvait être que d'accord avec Dean. L'équipe formée par Charlie et Garth, aussi futés qu'ils pouvaient être, ne pouvait être que synonyme d'aventure rocambolesque quand on savait qu'ils étaient tout deux complètement intrépide, irréfléchi et vibrant d'héroïsme. Charlie chercha ses mots un instant, puis fini par lâcher, en agitant la main :

– C'est une longue histoire, je vous raconterai ça plus tard.

– Une longue histoire... Sérieux... maugréa Dean, qui visiblement avait atteins des sommets d'exaspération. Sam afficha un sourire amusé, premièrement parce qu'il avait définitivement envie d'entendre l'aventure de Garth et Charlie, mais aussi parce que même si Dean ne l'avouait pas vraiment (comme à chaque fois qu'il est question de sentiments) il s'inquiétait souvent pour Charlie, cette petite sœur qu'il n'avait jamais voulu mais qu'il adorait.

– Oui, Dean. Une longue histoire. Bref, et vous les gars, c'était comment vôtre été ? Lança-t-elle à la cantonade, retrouvant tout son enthousiasme plein de naïveté.

Kevin expliqua qu'il l'avait passé à étudier, comme à son habitude, Castiel raconta laconiquement qu'il avait passé ses deux mois à traîner avec Balthazar, en gros, et Dean se chargea de refaire, pour la deuxième fois mais avec le même entrain, la narration de leurs pérégrinations estivales.

Et à cet instant, un immense sourire naquit sur les lèvres du plus jeune des Winchester, qui venait de repenser à une anecdote qu'il appréciait particulièrement et qui lui permettrait de charrier son frère. Il attendit patiemment que Dean ait fini son récit, savourant le moment qui allait venir. Il lança un sourire innocent à Dean, lui faisant remarquer avec nonchalance :

– Tu as oublié un détail, Dean.

– Ah ? Lequel ?

Sam détourna ses yeux de son frère qui semblait réfléchir à ce qu'il avait bien pu omettre, s'adressant au autre avec une pointe de jubilation et de franche rigolade dans la voix :

– Dean vous a parlé de son « truc gay » de cet été ?

Cela fut accueillit par les sourires curieux et un brin moqueur de Kevin et Charlie, cette dernière secouant vivement la tête en signe de négation, tandis que Castiel se contentait de son froncement de sourcils curieux (à force de fréquenter le garçon, on finissait par se rendre compte que même s'il passait son temps à froncer les sourcils, ils étaient différents selon son humeur). Bien sûr, cela ne fit pas rire Dean qui rosit légèrement en s'exclamant, irrité :

– Sam !

– Oh, allez, c'était quoi déjà son nom ?

– Aaron, bougonna Dean.

– Voilà, tu vois, tu t'en souviens en plus ! On était dans un café, poursuivit Sam en se tournant de nouveau vers les trois autres, attentifs, Dean était au comptoir, et il s'est fait abordé par ce gars, Aaron, qui lui a fait le coup du « moment magique ».

Kevin émit un petit sifflement railleur, tandis que Charlie faisait un clin d'œil complice et équivoque à Dean qui leur jeta des regards noirs.

– Un vrai tombeur, se moqua gentiment la rousse.

– Ouais, c'est ça, marmonna Dean, de son ton boudeur et agacé.

– Tu l'as d'ailleurs rembarré gentiment, ça m'a étonné, rajouta Sam.

– Faut pas croire, mais Dean est un vrai nounours en fait, ronronna Charlie, tout sourire.

– J'allais pas non plus lui envoyer un pain dans la figure pour ça ! Mais crois-moi, j'ai jamais été aussi mal à l'aise de ma vie ! Grinça Dean, ignorant délibérément la remarque de Charlie.

– Dean, je ne vois pas le problème, fit soudainement remarquer Castiel avec lenteur. Dean le fixa, roulant des yeux et lâchant sèchement :

– Vraiment ? Peut-être parce que je suis un mec et que j'aime les filles ?

– Je sais, mais je ne comprends pas pourquoi...

– Tu sais Cas, le coupa l'aîné des Winchester, sans vouloir te vexer, il y a beaucoup de choses que tu piges pas. T'es un vrai bébé en trench coat parfois.

Dean avait dit cela sur un ton crû et agressif qui ramena le silence gêné et dubitatif de tout à l'heure. Kevin regardait alternativement le brun et le châtain, et Charlie avait un vague sourire figé qui semblait dire « j'ai vraiment raté un épisode ou quoi ? »

Castiel avait fixé Dean un moment, avant de brusquement se renfrogner, tournant sa tête vers la fenêtre. Sam lança un regard un Dean, qui lui sort un « quoi ? » défensif et plein de mauvaise fois.

– Je crois que tu l'as vexé, soupira Sam.

Ils restèrent en silence un instant, puis changèrent de sujet quand la serveuse leur apporta leurs plats, parlant de choses et d'autres, principalement de la rentrée imminente, et d'à quel point ils étaient tous excités de retourner à Poudlard. Kevin entreprit de faire une liste de toutes les choses qu'il changerait quand il serait ministre de la Magie, Charlie parlait technologie moldu et s'amusait du regard perdu et confus que lui lançait Dean, et ce dernier n'avait d'autre mots à la bouche qu'auror. Seul Castiel restait complètement muet.

Sam les écoutait avec le sourire, mais au fond de lui, il se sentait à l'écart. Ils avaient tous leurs projets, quelque chose qu'ils aimaient faire, ils avaient de l'ambition. Lui, il était perdu. Il savait qu'il était en deuxième année, que c'était pas grave s'il n'avait pas encore d'idée précise, mais le problème était qu'il n'avait aucune idée du tout. Il ne voulait pas devenir auror. Il savait que son père et son frère s'attendait à ce qu'il prenne cette voie, il ne savait pas comment leur expliquer qu'il ne voulait pas faire cela.

Ils étaient arrivé au dessert, tous avaient pris une glace sauf Castiel qui n'avait plus faim et Dean qui ne pouvait faire d'infidélité à la tarte au pomme. Toutefois, il semblait la manger avec moins d'entrain que d'habitude.

Sam était en plein débat avec Kevin et Charlie sur si les relations entre sorciers et moldu devraient être plus approfondies quand Dean se leva, et lâcha d'un ton neutre :

– Cas, je peux te parler ?

Castiel acquiesça et ils quittèrent tous les deux la table, puis le pub. Les trois autres les regardèrent s'en aller, perplexes.

– ça va entre eux ? demanda Kevin à Sam, qui haussa les épaules, blasé.

– Ces gars sont mariés, soupira gravement Charlie.

Sam eut un léger sourire. C'est vrai que Dean et Castiel avaient tendance à agir comme un vieux couple parfois, mais en ce moment, il y avait vraiment quelque chose de bizarre entre eux. Une espèce de tension qui prenait petit à petit de l'ampleur et dont ils ne semblaient pas vraiment parler.

Kevin se mit alors à raconter comment un sorcier irlandais avait fait complètement brûler sa maison en ensorcelant une console de jeux vidéo pour pouvoir jouer grandeur nature. Ayant mis un peu trop de zèle dans son enchantement, le dragon tout droit sortir de Skyrim avait s'était mis à cracher du feu, et le temps que le sorcier inverse l'enchantement, sa maison était réduite en cendre. Depuis, il était passé par le département des usages abusifs de la magie. La conversation avait dévié sur à quel point le dernier Skyrim était génial, Charlie et Kevin couinaient tellement fort d'enthousiasmes qu'ils s'attirèrent les regards curieux de gens assis aux tables voisines. Sam était certainement aussi geek que les deux autres, mais son intérêt résidait plus dans les bouquins et jeux sur table.

– Il faut que je vous montre quelque chose ! s'exclama soudainement Sam. Il fit signe à Charlie de s'asseoir en face, et installa les menus debout, de sorte que personne ne puisse plus voir leur table. Il fouilla un instant dans sa poche, et en sortit deux cartes Magic : The Gathering qu'il posa sur la table.

– J'ai toujours préféré les anciennes éditions, on y est plus attaché, approuva Kevin en appréciant les cartes Elémental de nuage et Griffon tacheté que Sam avait sortit.

Sam sortit discrètement sa baguette et tapota rapidement les deux cartes. Aussitôt, elles tremblèrent légèrement avant de projeter un hologramme opaque. L'élémental et ses nuages bougeaient avec indolence tandis que le griffon faisait battre ses ailes avec vigueur.

– J'ai appris ça cet été, annonça fièrement Sam. Kevin émit un son appréciatif alors que Charlie, soudainement toute excitée, s'exclamait :

– J'ai encore mieux !

Elle sortit avec rapidité trois cartes (un Archiviste, une Equénaute librevent ainsi qu'un Pégase cuirassé). Elle tapota les cartes, murmurant un léger « imago animans » et chacune des trois cartes disparurent, pour ne laisser que des miniatures on ne peut plus réalistes. L'archiviste blondinet tenait rouleaux sont son bras semblait réellement vivant, comme s'il était humain réduit en miniature. Il en était de même pour le pégase en armure aux reflets bleus qui piaffait sur le bois de la table et la splendide Equénaute qui regardait avec détermination les alentours, se baladant autour des deux autres.

Les deux garçons poussèrent des exclamations admiratives. Charlie afficha un sourire comblé et satisfait.

– J'ai mis du temps à y arriver, ça ne marche qu'avec les cartes auxquelles on est le plus attaché et je n'ai pas encore réussi à les faire parler, mais niveau jeu, ça a son petit effet !

– Il va falloir que tu m'apprennes à faire ça ! s'enquit Sam. C'était encore mieux que les simples projections.

Ils ne tardèrent pas à faire disparaître les petits personnages, de peur que quelqu'un finisse par les apercevoir. Restant encore quelques minutes dans le pub, ils finirent par sortir et Sam pu apercevoir Dean et Castiel qui parlaient un peu plus loin. Il hésita, puis décida finalement de les rejoindre. Les deux garçons se fixaient désormais sans un mot, ce livrant cet habituel et étrange duel de regards,

– Hé ! lança Sam, en arrivant à leur hauteur. Ça va vous deux ? rajouta-t-il en voyant les visages légèrement troublés de Dean et Castiel. Ce dernier lui répondit de son ton calme et rauque :

– Oui. On réglait seulement certaines choses.

– Tant mieux, leur sourit Sam.

Il n'était toutefois pas tellement convaincu, vu leurs mines sombres. Rien n'était jamais simple entre ces deux là.

Ils décidèrent de tous retourner sur le Chemin de Traverse, Kevin devait retrouver sa mère en espérant qu'elle ait arrêter de cracher son feu sur les pauvres libraires, et Charlie venait de se rappeler qu'il fallait absolument qu'elle retrouve Daenerys pour que cette dernière lui raconte son voyage en Roumanie, chez les Dragons. Les trois garçons se mirent à déambuler allégrement, croisant de temps à autres des amis, les saluant et discutant rapidement.

– Au fait Cas, tu nous avais pas dit que ton frère allait devenir professeur à Poudlard, lança Sam alors qu'ils attendaient dehors pendant que Dean s'était engouffré dans une boutique pour refaire son stock de friandise, ce à quoi ne tenait ni Sam ni Castiel.

– En effet, je n'y pensais plus, répondit lentement Castiel, d'un ton bizarre.

– Il va enseigner quoi ?

– L'étude des runes.

– Tu n'as pas l'air ravi, fit remarque Sam, dardant ses yeux sur Castiel, qui lui avait le regard perdu dans le vide, visiblement mal à l'aise et irrité par le sujet.

– Ce n'est pas ça. Je me demande juste pourquoi il a accepté le poste. Il est d'un genre tellement ambitieux que c'est... étonnant.

Sam ne répondit rien, beaucoup trop choqué par le spectacle qui se déroulait devant ses yeux. Il était sûr que s'ils n'étaient pas sortit de leur orbite, c'était simplement parce que c'était physiquement impossible. Dean venait de sortir de la boutique. Enfin, il savait que c'était Dean car personne d'autre ne pouvait acheter autant de bonbons et autres friandises d'un coup : les sacs étaient tellement énorme qu'il ne voyait même plus la tête de son frère.

– Dean, t'es sérieux ? s'écria Sam, abasourdi.

– Très ! J'avais de l'argent en plus, tu sais, de quand on a arnaqué ces abrutis de français au billard, alors je fais mes provisions !

Tu, les a arnaqué, Dean, corrigea Sam d'un ton sec.

Dean posa ses sacs à ses pieds et tendit la main vers son frère.

– Quoi ?

– Ton sac, crétin !

– Abruti... Tu fais chier Dean, soupira Sam, faisant glisser son sac à dos de l'épaule. Dean y fourra ses sacs, qui disparurent rapidement, engloutit par le sac sans fond.

Castiel les observait d'un regard circonspect mais amusé aussi. Sam se dit qu'ils devaient vraiment être une source d'amusement pour lui, avec toutes les conneries que Dean pouvait inventer. Et ce dernier semblait d'ailleurs très fier de ses achats.

– Tu sais qu'il y a carrément plus de bonbons dans ce sac que de fournitures maintenant ? se plaignit Sam.

– Ouais, un problème ? nargua Dean.

Sam ne répondit rien, et se contenta de soupirer. Castiel leur annonça alors qu'il devait retrouver sa mère et Gabriel, et les quitta. Sam observa Dean qui regardait Castiel s'éloigner avec une drôle d'expression, mais il se doutait qu'il se ferait rembarrer s'il demandait ce qu'il s'était passé entre eux cet après midi. Ils décidèrent de regagner le Chaudron Baveur. Encore une fois, Sam pu constater que leur père n'avait toujours pas donné de nouvelle. Et une part de lui s'en fichait presque. Il était blasé par l'attitude de son père, et plus encore quand Dean lui disait qu'il n'avait pas toujours été ainsi.