Il était invisible. Bien que les gens le voient lorsqu'ils passent près de lui, jamais personne ne s'est souvenu de son visage. Ce n'était pas l'effet de quelconque sort ou malédiction, ç'aurait presque été rassurant si tel avait été le cas pour le principal intéressé.
En effet, tout le monde, même ces moldus tant méprisés connaissaient les sorciers, le Survivant, tout cela. Mais, personne, pas même ces moldus n'arrivait à le voir lui. Cela avait toujours été ainsi, il ne s'en plaignait plus.
Il avait étudié à Poudlard en même temps que le célèbre Harry Potter. Placé à Serdaigle, personne n'avait fait attention à lui, et il ne s'en était jamais plaint. Qui y aurait placé l'attention nécessaire de toute manière ? Personne. Pas en temps de troubles, puis encore moins en temps de guerre.
La paix, ensuite avait laissé les plaies de la violence et des traumatismes de la guerre cicatriser. Lui, il n'en avait pas beaucoup eu, de cicatrices, lors de la guerre. Il était resté dans la chambre des Secrets caché tout du long. Lorsque Weasley et Granger étaient arrivés, ils ne l'avaient pas vu. Personne ne le voyait jamais. Rien de nouveau. Puis, après des heures à rester dans le noir et le silence coupé régulièrement par des gouttes d'eau tombant sur le sol sale, il était finalement sorti.
Empruntant un énième passage secret que seul lui avait jamais connu, il était sorti le lendemain, certain que qui que fût celui qui était sorti vainqueur, la bataille serait terminé. Après tout, les connaissant, le Seigneur des Ténèbres et son Némésis ne devaient pas aimer faire traîner les choses.
Et en effet, à l'extérieur il avait pu constater l'évidente victoire de la Lumière. Bien que le prix de cette victoire fût écrasant. Nombreux cadavres jonchaient le sol, certains dont l'on ne pourrait plus jamais reconnaître celui ou celle à laquelle âme il avait appartenu. Pourtant, lui, il continuait son chemin. Les cadavres, l'odeur putride et le sang, il connaissait. Il connaît toujours.
Il traversa le château tel un fantôme, personne ne le voyait, perdus tels qu'ils étaient dans leurs larmes.
Lorsqu'il fût enfin sorti du château, une nostalgie sans précédent réussi l'exploit de faire céder ses boucliers d'occlumencie. Une larme unique, la première depuis si longtemps, parvint à se frayer un passage entre ses cils. Au milieu de toutes ses âmes qui pleuraient une perte, lui, pleurait sa première maison. Ses premiers vrais souvenirs. Il pleurait car, plus jamais, il ne reviendrai comme un étudiant. Plus jamais.
Lorsqu'il passa enfin, les grandes portes du château, il continua son chemin jusqu'à la barrière anti-transplanage qui entourait l'école renommée. Il transplana aussitôt qu'il eu franchi celle-ci. Ne prenant pas la peine de se retourner une dernière fois.
