Et le chapitre 2 !

Bonne lecture !


Hermione s'était invitée à petit-déjeuner avec la reine, seule. Cela arrivait pratiquement tous les jours.

La souveraine lui parlait des nouvelles qu'elle avait de la guerre. Les rapports étaient très bons, les français se défendaient très bien malgré la résistance espagnole.

- Vous m'écoutez Hermione ?

La jeune femme releva la tête croisant le regard plein de bienveillance de la blonde.

- Veuillez m'excuser, je suis soucieuse pour mon père, vos rapports n'en parlent pas et il ne m'a point écrit depuis plus d'un mois. J'ai peur tous les jours d'apprendre sa mort. C'est vraiment difficile. Personne ici ne peut comprendre, on attend, anxieuse que des messagers viennent chambouler notre vie. Veuillez me pardonner une nouvelle fois, je ne suis pas de bonne compagnie de toute évidence. Nous avons toutes les deux un même mal votre altesse, la solitude.

La reine posa une main rassurante sur son épaule.

- Mon enfant, je dois avouer moi-même être soucieuse du sort de Drago, dit-elle doucement. Mais ce sont des hommes courageux qui reviendront de la guerre.

Elle donna sa tasse à Hermione afin qu'elle puisse se ressaisir, une petite gorgée d'un thé anglais pouvait être un très bon stimulant.

- J'y pense, repris la femme royale. Vous vivez seule dans des appartements assez éloignés des miens avec votre gouvernante. Pourquoi ne pas investir ceux à côté des miens, nous serions voisines et pourrions-nous voir dès que l'envie s'en ferait ressentir !

L'idée rendit la jeune femme si heureuse qu'elle faillit taper des mains telle une petite fille gâtée. Hermione fit un sourire radieux devant un tel comportement, la solitude de la reine devait lui peser. Toutes ses dames de compagnie étaient des riches envieuses, quand à Bellatrix Lestrange, certains disaient même que le roi l'avait imposé à la reine car elle était une des maîtresses royales. Une vie qu'Hermione n'envia aucunement. La régence avait permis à la reine de choisir elle-même son entourage.

- C'est une délicieuse idée ! Répliqua la brune. Nous pourrions passer plus de temps ensemble, aimez-vous la lecture ?

- Evidemment, répondit la gracieuse femme. L'éducation anglaise concernant les femmes est beaucoup plus pointue chez moi qu'ici.

- La France ne vous plait guère ? S'enquit la jeune femme.

La reine prit le temps de déguster un canapé avant de réponse, elle sembla chercher les bons mots, Hermione comprenait parfaitement. Les murs avaient des oreilles et aux regards de la conjoncture actuelle, un incident diplomatique de plus serait une catastrophe pour l'image de la royauté, et en particulier celle de la reine.

- La France est un beau pays, qui possède une belle culture et de belles choses, les penseurs y sont forts nombreux, cependant on ne peut jamais oublier ses origines. Mon pays natal me manque, je n'ai pas revu ma famille depuis mon mariage.

Hermione posa sa main sur celle de la souveraine en signe de réconfort.

- J'aimais énormément votre mère ma chère enfant. Elle avait de l'esprit et ne se laissait pas faire, je pense d'ailleurs que c'est cela qui a plus à votre père. Elle était une amie formidable qui ne voulait ni titre ni gloire, juste vivre avec son époux. Votre père et votre mère furent un exemple de ce que l'amour peut construire, et cette notion est si rare dans notre milieu. J'espère que vous suivrez leur trace, sachez que je serai là pour devenir votre conseillère le moment venu.

La plus jeune aurait voulu répondre, lui parler des sentiments qu'elle possédait envers un beau ténébreux, de ses projets d'avenir, et des tâches économiques dont elle s'occupait pour son père. Mais il n'en fut rien. Elle se contenta de faire un franc-sourire et de boire son thé. La collation se termina dans un silence confortable et des regards pleins de complicités.

La reine tenue parole et Hermione déménagea le jour même à ses côtés. Elles passèrent beaucoup de temps ensemble jusqu'à l'heure du coucher. Cependant cela ne suffisait pas à la jeune Potter qui pouvait voir des changements dans le comportement de la reine : teint pâle, fatigue, elle sembla affreusement souffrante, si bien qu'elle resta cloîtrée dans sa chambre. Dès lors, la jeune femme brune se devait de trouver la cause de cela, le lien avec Jedusor et la conversation entendue il y avait quelques temps était plus qu'évident. Elle enfilait donc une tenue de servante afin de se faufiler dans le château sans éveiller de soupçons. Pour ne pas être reconnue, elle enduisait à l'aide de sa gouvernante ses cheveux de charbon dans le but de les rendre aussi noirs que la nuit. Son seul souci était les gardes du ministre qui se firent de plus en plus nombreux, allant pratiquement jusqu'à remplacer les gardes royaux. Un soir, elle trouva un passage secret conduisant de l'antichambre de la reine aux appartements du roi. En continuant son exploration, elle arriva dans les quartiers personnels de Jedusor. Elle ne put les voir de la porte cachée, mais la finesse de celle-ci permettait d'entendre à merveille.

- Le roi rentre dans quelques jours, monseigneur, les hommes sont formels, la guerre est un succès.

- Bien Carrow, n'hésite pas à annoncer au roi la maladie de la reine dès son arrivée. Et pour nos chers gêneurs ?

- Maître, ils sont morts pour la plupart, nous aurons certainement le plaisir de voir leur corps déjà en décomposition quand l'armée arrivera.

- Point de corps, j'ai réussi à mettre dans l'esprit du roi que cela n'était point sain de ramener des cadavres, aussi noble soit la mission de ramener les corps aux familles. Ils seront donc soit enterrés sur place ou mangés par des charognards, que Dieu est pitié de leur âme.

Hermione se retint à temps d'exprimer un grognement de rage. Cet homme était abject autant dans ses propos que dans ses actes. Elle allait pour s'approcher d'avantage quand une main lui scella les lèvres, l'empêchant presque de respirer. Une autre lui encercla le haut du corps et ses bras. Elle se sentit trainée en arrière sans pouvoir se défendre.

- Ne hurlez pas, ou nous mourrons tous les deux, fit une voix à son oreille.

Elle se laissa donc un peu plus faire, ne pouvant trouvez une faille pour se libérer. Elle comprit que la personne en question la ramenait aux appartements du roi, qui était vide en l'absence du souverain.

- Une femme trop curieuse voilà ce que vous êtes. On ne peut plus faire son travail tranquille de nos jours, même les servantes nous empêchent de le faire.

Hermione fut relâchée. Prête, elle s'empara d'un poignard caché pour se défendre. Elle se retourna pour planter son armé au niveau de la jugulaire quand elle stoppa brutalement son geste.

- Seigneur Weasley ?

En effet, il s'agissait de ce dernier qui se permit de reculer d'un pas devant cette femme armée.

- Vous n'êtes pas parti en guerre ? Pourquoi ?

- Je ne vois pas pourquoi je devrais vous répondre mademoiselle Potter, que dirait votre père s'il vous voyez prendre de tels risques, déguisée en servante ? Espionner le premier ministre Jedusor dans son propre passage secret, voilà qui est d'une stupidité déconcertante, cherchiez-vous à être découverte ?

Hermione eut le don de rougir sous le regard du chevalier. Elle n'avait pas vraiment pris la peine de réfléchir en découvrant le passage. Son seul but était de suivre les traces de son père et de découvrir comment empêcher le ministre de sévir, mais le reste du plan n'était que des ombres troublantes.

- Je ne puis rester enfermée chez moi, des choses trop importantes se trament pour que je laisse faire. Ils veulent la tête de la reine.

- Ainsi que celle du prince, et des mousquetaires ralliés à sa cause dont votre père. Si je reste en arrière ce n'est pas de mon plein gré sachez-le ! Votre père est mon meilleur ami, et il vous a entraîné comme un chevalier, mais il n'en reste pas moins que vous manquez vraiment de savoir-faire en matière d'espionnage et en matière de courtisanerie.

- Que voulez-vous dire ?

L'homme en face d'elle semblait prendre un vrai plaisir à cette conversation. Il ne pouvait s'empêcher de penser qu'avant ce soir, elle avait été très douée dans sa tâche, mais elle devait apprendre à devenir meilleure, et aussi à user d'un charme dont les hommes étaient dépourvus.

- Jedusor aime votre personne et particulièrement votre fortune, expliqua-t-il. Il vous a invité à dîner une fois, recommencez ! Pénétrez son entourage le plus proche, apprenez à connaître un minimum ses hommes de main, et le moment venu, nous les piégerons tous les uns après les autres.

- Je dois rentrer dans leur clan ? Fit la jeune femme dégoutée. Vous êtes fou ? Je m'y refuse, la compagnie de cet homme n'est qu'un supplice pour moi !

- Et c'est un supplice pour moi de demander une telle chose à ma fille religieuse.

Il s'approcha d'elle pour la prendre dans ses bras.

- Tout va changer ma chère Hermione. Si Jedusor gagne, le France tombera dans une tyrannie des plus atroces.

Il raccompagna la jeune femme en lui faisant promettre qu'elle ne retournerait pas dans le passage secret du premier ministre. Ce qu'elle fit, même si elle se jura intérieurement de rompre cette promesse si nécessaire. Elle se promit tout de même de découvrir comment cet homme sombre pouvait tenir en joug la vie de la reine.


Le bruit des sabots foulant à peine le sol envahit les rues de la capitale parisienne.

Hermione se précipita dehors, en attente des deux hommes qui comptaient le plus dans sa vie.

- Ils vont arriver.

La jeune femme sursauta en entendant son parrain. Elle pouvait entendre son cœur battre tel un tambour dans le fond de sa poitrine.

- La reine est dans un état critique, chuchota la jeune femme. Je n'arrive pas à comprendre comment ils arrivent à l'approcher, je suis presque toujours avec elle.

- Ne vous en faîtes pas mon enfant, répondit le roux sur le même ton. Harry aura bien une solution, il a campé devant le manoir de votre mère pendant deux mois afin d'obtenir l'accord de votre grand-père pour le mariage, il sera capable de camper devant la chambre de la reine.

Cette parole à la fois sérieuse, plaisante et presque romantique déclencha chez la jeune femme un doux sourire. Le seigneur Weasley s'écarta d'elle afin d'accueillir le roi comme il se devait. Mais il n'était pas le seul à vouloir faire bonne figure : Jedusor et sa garde venait d'apparaître à l'entrée du palais. Le ministre salua poliment la jeune femme qui lui rendit sa révérence, cependant le sourire triomphant du ministre lui provoqua un sentiment d'angoisse.

Le premier à pénétrer dans la cour royale fut le roi. Il ne paraissait pas revenir de guerre, il était étonnement propre, comme s'il revenait d'une petite promenade. Son fils était l'inverse de ce portrait. Le prince était plus pâle qu'à son habitude et avait l'air exténué. Ses habits étaient dans le même état que leur propriétaire, il ressemblait plus à un noble déchu qu'à un prince.

Hermione s'agenouilla à l'image de toute la cour devant le retour des héros. Mais elle ne voyait ni son père ni Severus.

Le prince descendit de sa monture. S'approchant de la jeune femme, il lui demanda de le suivre alors que les autres nobles et soldats vaquaient à leurs occupations. Avant de pénétrer dans le palais, elle vit Jedusor venir ramper devant le souverain, elle comprit aussi qu'il devait l'avertir de l'état de la reine. Ce à quoi le roi ne fit qu'une figure dédaigneuse avant de sourire aux dames venues à sa rencontre.

- Demoiselle Potter, avez-vous aimé votre séjour parmi nous ? Commença le prince.

- Votre Altesse, prononça la jeune femme. Je fus presque heureuse ici, je suis dans les appartements juxtaposés à ceux de votre mère qui est d'ailleurs très souffrante malheureusement. Je suis heureuse de vous savoir de retour. Avez-vous envoyé mon père remplir une nouvelle obligation pour vous avec Severus ? Je ne les aient point encore aperçu.

Le prince poursuivit son chemin vers les quartiers de la jeune femme. Minerva fut grandement étonnée de constater l'arrivée du prince suivit de sa pupille.

- Ma chère, si j'ai choisi de revenir à vos quartiers pour vous parler est que j'ai des nouvelles. D'affreuses nouvelles, Dieu m'en garde d'en prononcer de nouvelles. Votre père est décédé durant la dernière bataille ainsi que le seigneur Rogue.

Hermione se sentit défaillir, Minerva vint la soutenir pour la conduire jusqu'à un fauteuil. Son père et Severus n'étaient plus ? Elle l'aurait senti s'il leur était arrivé quelque chose de la sorte non ? Son père était un puissant mousquetaire et il avait entraîné Severus, ils ne pouvaient pas l'abandonner ! Ils n'en avaient pas le droit ! Elle était seule maintenant, sans plus personne pour la protéger. La porte s'ouvrit, laissant entrer le seigneur Weasley qui accourut auprès de sa filleule. Il la prit sans cérémonie dans ses bras, ignorant presque le prince devant qui il baissa la tête en signe de prosternation. Le silence ne fut brisé de temps en temps que par les sanglots de la jeune noble.

- Quand auront lieu les funérailles ? S'enquit la gouvernante dont les larmes silencieuses s'écoulaient doucement de ses vieilles joues.

- Une cérémonie se tiendra durant une grande messe dans quelques jours, suite à la volonté de mon père, les corps n'ont point étaient recherchés.

- Vous êtes en train de m'annoncer que le corps de mon père est toujours en Espagne ? Et qu'il n'aura pas une sépulture décente ? Questionna la jeune femme dont le ton froid surprit l'assemblée.

- Les ordres du roi sont indiscutables. J'ai tout de même envoyé des hommes pour essayer de les retrouver et leur offrir une belle sépulture chrétienne, je ferai mon maximum ma dame, soyez-en assurer. Votre père fut mon bras droit dans les instants difficiles, il en sera toujours ainsi, je ne peux oublier sa fidélité à mon égard.

Drago prit congé, réclamant un repos bien mérité. Hermione continua de pleurer sans le moindre bruit entourée de son unique famille. Elle ne voulait pas rester dans ce château, elle ne voulait plus voir les hypocrites, mais elle se devait de continuer la tâche de son père. L'honneur familial devait être sauf.

Jedusor, le roi et leurs acolytes. Elle se devait de les arrêter.

- Apprenez-moi, dit-elle d'une voix rauque. Apprenez-moi à manipuler Jedusor, on doit l'arrêter.

- Hermione mon enfant, c'est la guerre qui vous a pris votre père, et non le ministre, répliqua doucement la gouvernante.

La jeune femme se leva, lui faisant face.

- Cela je ne veux point y croire, que la guerre me prenne Severus ou mon père, je peux le concevoir, mais qu'elle m'enlève les deux alors que des nobles d'un niveau bien inférieur, que le roi ! Que le roi survive alors que Severus et mon père meurent, non, je ne peux accepter.

- Seigneur Weasley je vous prie ! Supplia la gouvernante. Faîtes la revenir à la raison. Depuis que son père lui a parlé du côté sombre de Jedusor elle ne voit que des complots partout ! Allant jusqu'à risquer sa vie ! Mon enfant je t'en supplie à genoux si cela doit en être ainsi, laisse la politique et les combats aux hommes. Tu te dois maintenant de trouver un doux mari qui sera te prendre sous son aile.

Hermione se contenta d'aller à sa fenêtre pour observer le paysage en silence. Après la tristesse, l'envie de vengeance et la colère naissaient en son sein. Minerva ne voulait que son bien, elle ne pouvait lui en vouloir, pourtant les signes ne trompaient pas. Les paroles de Jedusor, les événements en cours et les sourires qu'il lui avait adressé, il savait que son père n'allait pas rentrer.

- Je suis confus Minerva, s'excusa le seigneur roux. Je suis plutôt de l'avis de notre cher ange. Mes espions sont formels, la mort de ces hommes ne peut être due qu'à la guerre, il semble qu'un sabotage eut lieu sur le champ de bataille. Cette information est fondée, les hommes du prince n'ont toujours point le corps de mon ami. Je refuse de laisser passer un tel affront.


Un bal. Encore un. Tout le monde de la noblesse était convié à ce bal en l'honneur de la victoire française. Même la plupart des veuves étaient venues festoyées, ne portant en signe de deuil qu'une tenue noire qui, dans les bras de certains coquins, n'allaient pas empêcher de joyeuses festivités.

D'autres comme Hermione et dont la souffrance était réelle choisirent de rester en retrait, du moins pour celles et ceux qui étaient venus. Il fallait donner bonne figure par la présence, mais la nouvelle de l'abandon des corps avait conduit de nombreuses familles à entreprendre le rapatriement par eux-mêmes. Le roi s'amusait également, l'absence de la reine ne choqua personne. Quant au prince, il était sur son fauteuil, ne prenant aucun plaisir réel à tout ce cirque.

Le roi se leva devant toute l'assemblée afin de prendre la parole :

- Mes chers amis, nous sommes vainqueurs !

Les applaudissements retentirent dans la salle.

- Je tiens à dire que cette victoire n'est pas celle que notre épée nous a offerte, c'est la victoire de la France entière ! Nous avons su montrer à nos voisins espagnols la volonté française de combattre. Si nous devons cette victoire, c'est grâce à nos maréchaux de France ! Qui ont su voir la faille de l'armée espagnole bien mieux que Nous. Notre premier ministre fut aussi un soutien bénéfique. Il sut gérer notre pays durant notre absence, c'est ainsi que je lui accorde une faveur. Notre ami, que désirez-vous ?

Le ministre s'approcha d'Hermione, s'empara de sa main et la guida devant le roi. De nombreuses personnes de l'assemblée semblèrent retenir leur souffle. Pour la jeune femme, ce fut un supplice, elle mit son éventail sur son visage afin de cacher le dégoût qu'il faisait émerger de son être.

- Mon roi, je ne puis demander qu'une seule et unique chose, la main de mademoiselle Potter ici présente.

Avant que le roi ne puisse répondre, Hermione se dégagea de la prise de son kidnappeur.

- Je ne puis épouser un homme avant ma période de deuil, et je m'y refuse avant que le corps de mon père me soit rendu. Et sachez votre altesse que notre reine fut une régente royale, digne de son pays.

Son discours d'une voix claire fut clos pour une élégante révérence. Jedusor ne montra point son agacement, se contentant de faire un sourire particulièrement hypocrite.

Le prince prit alors la parole :

- Ma dame. Sachez que le vrai héros de cette guerre est votre père. Il fut un tacticien bienfaiteur à notre cause, et un fervent défenseur de la France. Je vous prendrai sous ma protection et celle de ma garde jusqu'à ce que vous trouviez un mari digne de vous. Je comprendrai que vous portiez évidemment le deuil pendant six mois ou plus, votre perte est grande, comme la mienne.

- Je suis prêt à attendre auprès de vous ma mie, et reconnait le travail acharné de notre vénéré reine en l'absence du souverain, fit le ministre d'une voix un peu trop aiguë pour paraître vraie.

Hermione s'inclina à nouveau, sa robe noire flottant autour d'elle et son voile assombrissant son visage sans le cacher lui fournit un air mystérieux, elle ne prit pas la peine de jeter un regard au premier ministre, alors qu'elle lança un regard plein de gratitude au prince. Ce dernier lui fit un sourire franc avant de la regarder s'éclipser. Son père lui lança un regard noir, il venait devant tous de passer outre son autorité, une chose que Lucius ne supportait pas en public. Un autre homme bouillonnait de colère. Jedusor. Il ne pouvait croire que ce jeunot indigne d'être prince venait de lui faire perdre une occasion de rentrer dans la noblesse, d'obtenir un titre, des terres et la richesse des Potter.

Ron regardait ce beau monde se pavanait. Il était heureux d'avoir pu prévenir à temps le prince des projets matrimoniaux de Tom Jedusor. Le bal, grâce à l'intervention du prince, lui paraissait plus simple à supporter. Tout le monde n'avait plus qu'à la bouche le sursis du prince, certains parlaient même déjà du mariage secret entre la jeune Potter et le dauphin. Voyant Jedusor partir dans le but d'échapper aux regards humiliants, il en fit de même, disparaissant dans les ténèbres du palais. Le premier ministre n'allait pas en rester là, le roi était sous son contrôle. Il allait trouver une parade, elle voulait le corps de son père ? Elle allait l'avoir !

- Carrow ! Cria-t-il une fois dans ses appartements. Carrow !

- Monseigneur, fit l'homme de main en s'inclinant.

Trouve moi un homme, brun, grand et yeux verts, parcourent tout le pays s'il le faut, tu n'as que quelques semaines.

Aurais-je l'insolence de demander quel est le but de tout cela, S'enquit l'homme la voix soumise.

Il me faut un corps, ressemblant à deux doigts à celui de ce diable de Potter, mutile le, fait le souffrir, qu'il en soit dévisageait. Et préviens le prêtre, je me marie dans six mois. Dans six mois je serai Sire Jedusor comte de Belinghen, même mieux ! Tom I roi de France !

Son homme de main partit exécuter les ordres de son maître sans rechigner à la besogne. Le premier ministre avait été clair, plus ils étaient fidèles, plus ils seraient récompensés le moment venu, mais quiconque le trahissait, disparaissait…..

Les trois jours suivant furent un supplice pour Hermione. Le prince ne pouvait la voir, devant avec son père étudier la nouvelle situation du royaume. Un valet était venu lui apporter au lendemain du bal une invitation à déjeuner chez le premier ministre, elle dû à contre cœur accepter, accompagnée toujours de Minerva. Le repas se passa dans une ambiance morose, Hermione voulut faire des efforts pour faire croire qu'elle s'intéressait aux projets de Jedusor. Il désirait enfermer tous les marginaux dans des hôpitaux généraux où ils trouveraient un travail et de quoi revenir dans le système social. Bien que l'idée de base ait pu paraître ingénieuse, la jeune femme ne comprit point comment un tel projet pouvait voir le jour, et surtout continuer dans la durée.

L'argumentation de ce projet fit passer énormément de temps. Hermione put observer la configuration des appartements de son hôte, à croire que les anciens rois aimaient que les appartements se ressemblent tous.

Elle retourna à ses propres appartements rapidement, soulagée de n'avoir parlé que de sujet politique. Elle se reposa une petite heure en étant plongé dans un roman. Sa gouvernante pénétra dans le petit salon, un pli à la main.

Mon enfant, ce message vient d'arriver pour vous, le messager qui revenait d'Espagne s'est fait attaquer, ce pli n'était point avec le reste des courriers, il a pu le garder précieusement, expliqua-t-elle doucement. Je vais vous laisser.

Elle ne comprit pas le comportement de Minerva, que pouvez bien contenir cette lettre ? Le sceau de cire indiquait qu'elle n'avait jamais été ouverte, mais elle comprit la réaction de sa nourrice, ce n'était pas son père qui avait écrit.

Elle trembla légèrement en ouvrant le pli. Reconnaissant une écriture fine, légèrement penchée mes larmes envahissaient ses yeux. Il avait pensé à elle.

Chère Hermione,

Je ne sais guère quoi écrire ou comment commencer. Je ne vous ai point écrit, pourtant j'ai bien reçu vos doux mots sachez-le. Nous devrions rentrer bientôt, et je me permets de rester le plus discrète possible sur cette lettre.

Vous hantez mon esprit plus que de raison, mais pas un mal. Vous êtes une illusion bienfaitrice alors que tout n'est que noirceur dans mes pensées. Depuis notre rencontre, vous en souvenez-vous ? Nous étions si jeune, vous plus que moi ! Vous étiez une jeune fille, avec vos joues roses, vos cheveux en bataille et une robe rouge et or. Une rose en bouton.

Votre père m'a encouragé, si on put l'écrire, à vous envoyer cette missive cette nuit. Demain à lieu un combat rude qui nous garantit la victoire. Je serai de retour rapidement. Notre conversation lors du bal d'anniversaire de la reine fut close, mais tant de choses sont encore à débattre. Vous dîtes rêver de m'épouser ? Je ne vois point votre but, épouser un noble de naissance garderait intact votre lignée que de la souiller avec un enfant des rues. Dans d'autres conditions, sans guerre, sans titre, un mariage aurait pu être envisageable. Tellement d'obstacles dont vous n'avait guère connaissance nous empêche de vivre heureux.

Nos lectures me manquent, nos instants ensembles aussi, mais ils font partis d'un passé qui n'aura point d'avenir. Je ne veux que votre bonheur, je ferai tout pour cela, même à renoncer à vous pour l'éternité.

Si je ne puis vous offrir d'être votre époux, sachez que vous possédez tout de même mon cœur.

A jamais dans votre ombre,

Severus Rogue.

Hermione était sous le choc. Cette journée s'éternisait, et les mauvaises nouvelles ne faisaient que s'enchaîner. Elle aurait pu avec suffisamment d'arguments et de temps convaincre l'homme qu'elle aimait de l'épouser, elle ne voulait aucun autre !

Elle pleura tout le temps qu'il restait, la journée avait beau se terminer quand ses larmes s'atténuèrent, elle resta cloîtré dans ses appartements, refusant même de s'alimenter.

Désespérée, elle voulut aller voir la reine, elle vit une lumière sous la porte de la chambre. Une seule chose l'arrêta dans son élan : une voix d'homme.

Elle entrouvrit la porte afin de pouvoir mieux observer. Un homme, certainement au service du premier ministre se trouvait dans la chambre de la reine.

- Buvez votre tisane Altesse, cela va vous faire le plus grand bien.

Elle le vit aider la reine, pâle et faible, à engloutir un verre d'une contenance dont elle ignorait tout. L'homme était louche, petit, gras, vieux et très dégarni. Hermione se décida à pénétrer dans la chambre, comme si elle ne l'avait jamais ouverte.

- Votre Altesse ? Appela-t-elle pour duper l'étrange personnage. Oh, veuillez excuser mon intrusion tardive monseigneur.

L'homme paru un instant perdre pied, mais se ressaisit rapidement. Hermione fit comme si elle n'avait rien remarqué, se contentant d'approcher du lit de la reine.

- Puis-je vous demander votre nom ?

Jouer à la jeune femme curieuse, les hommes se plaignaient de ce défaut qu'ils disaient appartenir à toutes les créatures féminines. Elle ajouta sa demande d'un sourire triste, elle ne pouvait tout de même ignorer la douleur qui sévissait toujours en elle.

- Barjow, docteur Barjow, je suis médecin et apothicaire au service de la reine, je me dois de la soigner.

- Hermione Potter, vicomtesse de Belinghen. Une amie proche de la reine, je vis dans les appartements d'à côté. Comment se porte notre chère reine ?

Le vieil homme haussa la tête en signe de compréhension. Il était nerveux, Hermione pouvait l'affirmer.

- Elle ne semble point se stabiliser hélas.

- Vous devez sauver la reine, prononça-t-elle. J'ai perdu déjà trop de monde qui m'est cher, je ne veux point en perdre d'avantage.

- Je ferai de mon mieux ma dame, je ne peux éviter cependant ce que Dieu a décidé.

- Que lui donniez-vous à l'instant ? Interrogea la jeune femme.

La sueur perla en infime quantité sur le front du personnage masculin.

- Une simple concoction de plantes afin d'obtenir un remède évidemment. Je vais vous laisser, je dois me rendre auprès d'un autre patient avant de rentrer chez moi.

Hermione resta seul avec la malade. Elle sut immédiatement que l'homme mentait. Un bon médecin ne laisserait certainement pas une patiente aussi importante avec une telle fièvre !

- Minerva ! Appela-t-elle à l'entrée de ses appartements.

- Mademoiselle, que vous arrive-t-il donc ? S'inquiéta la vieille femme.

- Il me faut l'ipécacuanha de notre pharmacie de toute urgence !

La vieille femme ne se le fit pas dire deux fois et alla prendre possession du médicament. Elle suivit la jeune femme jusqu'à la chambre de la souveraine. Il était d'ailleurs fort étrange de n'y croiser aucun garde à cette heure plus qu'avancée de la nuit.

La jeune brune fit avaler le médicament à la souveraine, qui presque instantanément se mit à avoir des hauts de cœur avant de rendre sur le sol tout ce qu'elle venait de boire. Minerva lui passa un linge humide sur le visage et le haut du corps. Hermione s'empressa de lui fournir de l'écorce de quinquina afin de lui faire baisser la fièvre.

- Comment avez-vu eu connaissance de tout cela ? S'alarma la vieille dame.

- Je voulais voir la reine je suis tombée sur son empoisonneur. Il se dit médecin mais ses gestes n'allaient pas avec ce qu'il prétendait être. C'est pour cela qu'on ne le voyait jamais, qui viendrait visiter la reine à onze heures ? Nous pensions qu'elle dormait et qu'il était trop tard pour son agresseur d'agir.

- Miss Hermione ? Est-ce vous ?

La voix faible de la reine rompit l'échange entre la jeune femme et la gouvernante, cependant ce fut un grand soulagement pour les deux femmes. Si elle pouvait parler, même avec un accent anglais très prononcé, c'est qu'elle avait encore des forces en elle. Minerva changea les draps de la souveraine, elles ne pouvaient faire appel à des domestiques, elles seraient alors découvertes par le premier ministre. Hermione se permit de mettre à la reine de nouveaux changes, elle ne pouvait point rester dans une toilette de nuit souillée par la transpiration. Leur tâche effectuée, la souveraine dormait, sereine.

- Que faisons –nous mon enfant ? Nous ne pouvons la veiller in vitam aeternam il nous faut une solution.

- Nous reviendrons à cinq heures demain matin pour lui donner un teint blanchâtre avec un peu de poudre, et nous lui remettrons son ancienne chemise, de cette façon, ils ne seront rien de ce que nous avons fait. Après je désire que vous alliez chez un apothicaire pour renouveler nos stocks de plantes médicinales et que vous demandiez à mon parrain de nous rejoindre le plus rapidement possible dans la journée, dans le but de prendre de mes nouvelles.

- Et pour le prince ? Ne devrait-il pas connaître l'état de sa mère ?

- Pour l'instant je le crains, nous devrons garder cela secret de sa majesté le prince. Nous manquons énormément de preuves. Il y a une personne qui pourra nous aider dans notre tâche, mon père m'a parlé de lui un jour dans le cadre d'une discussion portant sur les pays orientaux.

- Qui est-ce ? Questionna doucement la vieille dame afin de ne pas être entendu, pas même de la reine.

- Un certain Dumbledore.


Les hommes du prince français arpentaient les plaines et les montagnes espagnoles, spectatrices muettes de la guerre qui venaient d'avoir lieu. Les corps des deux nations s'entassaient, donnant au paysage autrefois paradisiaque une représentation apocalyptique digne d'un tableau.

Les hommes avaient laissé leur monture en amont du champ de bataille. Le soleil et sa douce lumière leur offrait environ six heures de recherches avant la nuit. Retournant les corps, s'interrogeant sur l'identité d'un, essayant de retrouver des armoiries au milieu des armes, en vain.

- Le prince veut vraiment qu'on cherche un seul corps dans cette boucherie ? Cracha un soldat fatigué.

- En effet, il n'est pas en accord avec son père sur ce point, il ne voulait pas abandonner les corps, et c'est le corps du comte Potter que nous cherchons, il a entraîné les meilleurs d'entre nous, nous nous devons de lui offrir une sépulture digne des hommes qu'il a fait de nous ! Répliqua un officier. Même toi tu n'aurais pu recevoir notre enseignement si cet homme n'avait pas fait son devoir ! Alors fais le tien !

Le soldat repris sa besogne sans ouvrir une seule fois la bouche. Son supérieur avait été plus que clair : cherche et tais-toi.

L'officier quant à lui s'interrogea. En réalité le prince ne lui avait pas demandé de chercher un seul corps, mais deux. Il était le seul à connaître l'identité du second corps. Il fut surpris quand il vit le corps du sieur Nott. Il se permit de jeter un regard autour de lui, ses hommes étaient plus loin, il pouvait ainsi agir en toute tranquillité. Il comprit dès lors pourquoi le prince tenait à mener une enquête secrète. Il était évident que Nott avait été frappé dans le dos, le poignard était toujours en place, un poignard qu'il ne put reconnaître que facilement, d'autant plus qu'il en portait un. Une arme offerte lors d'une bataille antérieure à peu de gens d'arme. Un poignard réalisé par un travail d'orfèvre, il était impensable qu'un espagnol ait pu voler un tel objet sans que son propriétaire ne cherche désespérément à le retrouver. Une seule solution pouvait expliquer un tel abandon : le propriétaire de cette arme était celle de l'assassin. Prenant un linge propre dans son baluchon, il retira la lame de son camarade afin de l'enrouler précautionneusement, il fallait qu'il parle de ses trouvailles au prince et à ceux qui pouvaient être en danger de mort. Les soupçons étaient confirmés, le ministre cherchait à les détruire tous.


- Etes- vous sûr mon enfant ?

- Mon cher Parrain, je ne vous aurez pas fait déplacer si je n'avais pas vécu la nuit dernière une véritable course contre le temps. La reine a été empoisonnée et qui sait depuis combien de temps tout cela a commencé.

Le sire Weasley se tenait droit devant la jeune Potter. Il venait de passer une heure à écouter le récit des aventures nocturnes de sa fille religieuse. À sa droite, la gouvernante de cette dernière se fit caution du récit de la plus jeune. Il savait certes qu'elles ne pouvaient pas mentir, mais entendre Hermione raconter comment elle avait sauvé la reine la nuit dernière alors qu'il essayait de veiller aux actions malfaisantes du premier ministre continuellement, n'était pas une tâche aisée.

- On va devoir agir rapidement mon enfant, fit la vieille dame. On ne peut pas laisser la reine ainsi, elle doit souffrir atrocement de cette situation, et son fils qui ne vient pas la voir ! La journée est pratiquement terminée et pourtant il n'a point visiter sa mère.

L'homme posa son menton sur ses mains croisées, perplexe.

- Votre père et Severus ne sont pas les seuls qui ont succombé durant la guerre. De nombreux de nos alliés, ayant juré fidélité au prince au lieu de Jedusor, ne sont pas revenus vivants. Le premier ministre a décidé de jouer ses pions sur l'échiquier, mais nous tous restons interrogatif quant à ses intentions, pourquoi la reine et pourquoi maintenant ?

- N'est-il pas fou de penser qu'il puisse s'agir du fait que le prince, en quant de décès du roi soit un âge de régner seul ? Il devient un danger permanent pour le ministre Jedusor, ne serait-il pas non plus des plus justes d'envisager qu'il veuille agrandir son pouvoir ? fit la plus jeune.

- Cependant ma chère, prit la parole Minerva. Pourquoi cette soudaine demande en mariage dans ce cas ?

- Avoir la fille de son ennemi ma dame, répondit l'homme roux. Hermione deviendrait de ce fait un symbole de son triomphe, sans compter la fortune et les titres qui déboucheront de ce mariage.

- Même si je dois partir au convent, jamais je ne l'épouserai ! S'injuria la jeune femme. J'en préfère même la mort. Concernant la reine, mon père me fit part d'informations concernant un certain Dumbledore, je pense que cette homme peut l'aider, je veux Parrain que vous me prépariez une entrevue avec cet homme le plus rapidement possible. Pour cette nuit, nous ferons exactement la même chose qu'hier. Nous attendrons caché que l'empoisonneur agisse pour soigner la reine, demain nos réflexions se tourneront sur un moyen plus efficace pour clore les plans de Jedusor.

Sur ces paroles ayant créé le choc chez ses protecteurs, la jeune femme quitta avec hâte ses appartements. Elle traversa de nombreux couloirs et salles pour arriver à son but : une grande porte aux dorures sculptées, le propriétaire de ces appartements l'avait fait rénover lui-même dès ses 13 ans, gardée par deux gardes. Un valet s'approcha d'elle en s'inclinant, elle le connaissait assez pour savoir qu'il ne s'opposerait pas à sa demande.

- Demoiselle ? Demanda-t-il plus par politesse.

- Je réclame audience auprès de son Altesse le prince je vous prie.

Son ton était noble, elle ne voulait pas paraître pour une imbécile, que ce soit devant la cour ou auprès des domestiques. L'homme s'inclina avant de pénétrer dans les appartements délivrer son message. Elle resta droite devant la porte, ne laissant aucunement son corps se détendre, ou encore laisser son regard s'égarer autour d'elle. La porte se rouvrit enfin au bon d'un moment.

- Le prince vous attend dans son cabinet, veuillez me suivre je vous prie.

Elle s'exécuta sans réprimande. Elle fut même assez soulagée que le prince puisse s'entretenir avec elle dès maintenant. Elle pensait fortement devoir attendre des heures, voire des jours.

Le prince était bien là, assis dans un fauteuil luxueux, le visage fermé.

- Laissez-nous, fît-il sans plus de cérémonie au valet qui ne se fit pas prier pour partir.

Hermione comprit que le prince n'était pas réellement en état de recevoir de la compagnie, il devait avoir accepté pour des raisons bien particulières. Elle s'inclina, attendant un signe de son futur souverain pour se relever ou prendre la parole.

- Je vous prie de vous installer, je ne pense point que votre visite et de bonne augure.

Drago et son air sombre se posèrent sur la jeune femme. Celle-ci ne se laissa point décourager pour autant, elle venait pour prendre des nouvelles du blond et lui en donner.

- Vous ne semblez heureux mon prince, un mal vous tourmenterait-il ? Commença doucement la jeune femme.

- Sachez que je suis prisonnier chez moi demoiselle Potter, je me dois par ordre du roi de rester dans mes appartements sous haute surveillance jusqu'à nouvel ordre, les gardes devant ma porte ne sont qu'une illustration de mon calvaire. Je ne puis sortir ou demander à manger sans que tout cela ne soit su de suite par le roi ou ce fils du diable de Jedusor. Si j'ose aller à l'encontre des derniers ordres du roi, je finirai tel cet ancien du nom de Fouquet, un masque de fer sur le visage et enfermé à la Bastille. Jedusor a réussi à convaincre mon père que ma prise de parole lors du bal fut une insulte à son encontre et une menace sur l'équilibre étatique en cours. En outre, on m'accuse de comploter pour assassiner le roi !

Sa dernière phrase contenait une partie de sa rage. La jeune fille comprit mieux la signification de son absence auprès de sa génitrice.

- Alors je vous prie de me pardonner dès maintenant mon prince car vos craintes sont fondées, je suis porteuse de mauvaises nouvelles.

Devant le silence de son interlocuteur elle se permit de continuer.

- Votre mère est mourante. Elle est victime d'un mal causé par l'homme je le crains, un certain Barjow se dit être son médecin, mais je nourris d'immense doute à son encontre. Elle est faible, mais j'ai décidé de prendre en main la santé de votre mère, j'ai fait appel à un ami intime de mon père auprès d'elle, un ami que vous connaissez il me semble, un certain Dumbledore. Et j'espère avoir votre bénédiction pour cette entreprise. Je dois avouer ne point vouloir vous en parler dans un premier temps, mais la situation a changé, encore.

- Vous me faîtes penser tellement à votre regretté père.

Un léger sourire naissait enfin sur les lèvres de Drago au fur et à mesure de la tirade d'Hermione.

- Dumbledore est un très grand intellectuel, son savoir ne pourra que vous être d'une aide précieuse. Je suis soulagé de connaître toutes ces informations et je souhaite avoir un rapport de votre part tous les deux jours minimum. Le fait que je vous ai mise sous ma protection lors du bal de la victoire peut expliquer vos visites, cependant j'ai peur que certain de la cour ne pensent que vous partagez dorénavant ma couche.

Devant le léger mouvement de recul et l'étincelle de méfiance qui venait d'apparaître dans les yeux de la jeune femme, le prince se sentit dans l'obligation de se justifier.

- Je ne vous demanderai rien de plus que des rapports. Vous préviendrez je vous prie sieur Weasley de cette décision, nous nous devons de protéger nos arrières, vous êtes certes une femme mais votre lignage et votre éducation ferez de vous un mousquetaire si vous étiez né homme.

Hermione baissa humblement la tête devant un tel compliment. Elle devenait l'instrument secret du roi et de son entourage. Elle était assez intelligente pour réussir, du moins elle priait Dieu de l'aider à être suffisamment forte.


Les soldats n'ayant pu accomplir leur tâche en Espagne avec succès rentrèrent à Paris une semaine etdemi après le retour du souverain et de son fils. Jedusor voulut questionner dès son arrivé le plus haut gradé de ce cortège afin de comprendre la raison de ce retard. La seule explication qui lui fut fourni était que le prince voulait s'assurer du départ de l'armée espagnole vers le centre de leur territoire. Pour preuve, ils amenaient avec eux le traité de paix franco-espagnol, les signatures du roi d'Espagne trônait aux côtés de celles du roi Lucius I.

L'officier pénétra dans le palais royal alors que ses hommes rejoignirent la caserne dans le but de prendre un repos bien mérité.

- Je demande audience auprès du prince.

Le valet s'inclina le plus bas possible.

- Je suis confus monsieur, mais le prince est déjà en entretien avec la vicomtesse Potter, je ne puis…

- Il s'agit d'une affaire de guerre ! Rugit le guerrier.

Le valet pénétra dons à nouveau dans les appartements. Quand se fut autour de l'officier, il fut surpris de voir la jeune femme en tenue de deuil installée en face de son futur roi. Il s'agenouilla, attendant.

- Mon cher Zabini, je ne pensais plus vous revoir, dit le souverain. Quelles nouvelles m'apportez- vous ? Parlez sans hésitation, dame Potter ici présente a désiré suivre les traces de son père et de me servir loyalement.

- Nous n'avons malheureusement pas retrouvé le corps du seigneur Potter, ni celui du seigneur Rogue. Pour ma part, je pense qu'un traître se cache parmi nos rangs, j'en ai pour preuve une arme bien particulière que je pense vous reconnaîtrez avec simplicité.

Il sortit d'un baluchon mis à sa ceinture un linge blanc. Le posant délicatement, il entreprit de le défaire pour libérer l'objet enfermé. Hermione resta de marbre durant les explications de l'homme d'armes, le prince quant à lui enregistrait tout ce qui était dit. Lorsqu'il vit l'arme en pleine lumière, ses sourcils se froncèrent et il ne put s'empêcher d'échanger un regard significatif avec son officier.

- Mon père avait une arme ainsi, se permit de prendre la parole la jeune femme. Il me disait toujours qu'elle était d'une valeur inestimable et que personne ne devait la toucher exception de son propriétaire. Il me la mise entre les mains un jour, me faisant promettre de l'utiliser si j'étais en danger ou si un allié ou la famille royale l'était.

- Il s'agit d'une arme offerte en récompense lors d'une guerre contre la Prusse il y a fort longtemps, peu après votre naissance dame Hermione, les gens en ayant reçu une prêtèrent pratiquement tous serment au futur roi Drago alors que celui-ci n'avait à peine que trois ans. Ils ne sont à peine une dizaine, Les seigneurs Diggory, Nott, Potter, Weasley, Londubat, Macnair, Lestrange, le roi Lucius I, le dauphin et moi-même, Expliqua Zabini.

- Et le sieur Rogue ? S'enquit la jeune femme.

- Il n'est rentré à mon service que bien plus tard grâce à la volonté de votre père, prononça le prince. Il n'était qu'un jeune homme des villes prit sous la protection de votre mousquetaire de père, ce dernier devait avoir mon âge. N'oubliez pas qu'il n'a que sept ans de plus que vous ma chère. Zabini lui-même était le plus jeune à en recevoir une, il était fortement à l'écoute des enseignements de votre père, il n'est point le plus vieux, mais le plus doué ! Il a continué la tâche de Sieur d'Artagnan avec la plus grande rigueur !

Et il se trouve trop vieux pour moi pensait Hermione. La bêtise de cet homme et ses excuses pour ne point être avec elle paraissaient sans limites ! Et dire qu'elle aurait pu être sa femme depuis presque un an s'il l'avait accepté le moment voulut !L'homme de l'ombre... pouvait-il la protéger dans la tombe ?

- Votre Altesse !

Un messager venait de pénétrer de force dans les appartements du prince. Zabini avait caché d'un geste la preuve qu'il avait ramené d'Espagne.

- Que se passe-t-il donc ? S'injuria le prince devant une telle entrée.

- C'est le corps du sieur Potter, il vient d'être rapatrié il est dans la cour !

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ Fin chapitre 2_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Et voilà le chapitre 2 est clos ! Place au dernier chapitre de cette histoire romanesque ! Laissez des reviews please ^^.