Journal d'information de la planète Newson, Siège de la Compagnie Rumford.
Nous sommes le 18 Mai 678, vous lisez le Newson Daily Information.
Le système de Mirra a été secoué hier par l'annonce du décès de l'amiral Jebediah Silverberg, retrouvé sans vie dans son domicile provisoire sur la planète Neill. Une enquête a été ouverte sur les circonstances du décès mais aucun commentaire n'a été fait de la part des forces du CDR.
Du côté de Mercurius, aucun mouvement de troupes n'a été noté. Le tribun Silvus Demetor a déclaré : « La mort de l'amiral Silverberg est un événement tragique. Malgré les divisions qui règnent entre nos deux compagnies en ce moment, je sais reconnaître un homme bon et un grand amiral quand j'en rencontre un. C'est une perte sans précédent. Mais je suis sûr que les forces du CDR vont trouver le coupable de cette acte infâme ! Un militaire se doit de mourir au combat et non pas finir assassiné chez lui. »
Une réaction passionnée donc mais qui soulève beaucoup de commentaires des deux côtés de la frontière. La nouvelle amiral, reprenant le poste de feu l'amiral Silverberg, n'est autre que Elia Sheperd, un grand nom parmi notre amirauté. L'amiral n'a pas encore fait de commentaire sur cette affaire. [Elia Sheperd, héroïne de NewCanton : Voulez vous en savoir plus?]
Chapitre III : La station, un nouveau chez soi.
La lumière le réveilla. Ses yeux étant encore mi-clos, il ne vit que du blanc venant de la fenêtre qu'il avait laissé ouvert. Après plusieurs tentatives, il réussit à les ouvrir complètement. La lumière lui parût alors étrange, comme ternie. Des reflets brillaient au plafond, bougeant et fluctuant. L'espace d'un instant, la pièce lui sembla irréelle. Étant sur le côté, face à la fenêtre, il se mit sur le dos pour se redresser sur ses coudes. Il bascula d'un seul coup sur le coté gauche. Il sentit enfin le poids mort de son bras mécanique.
« Évidement » se dit Niklas. La batterie, qui durait en général un bon mois quand on l'utilisait de façon normal, n'avait duré que deux semaines. Il ne s'en étonna pas. Pendant son long trajet pour cette planète, il avait utilisé à l'excès son interface holo et d'autres programmes liés à son bras. La batterie avait donc dû se consommer à vitesse grand V. Se levant tant bien que mal en utilisant seulement son bras droit, il ressentit un léger vertige quand il fut assis sur le lit. Il ne se sentait pas complètement remis de son voyage. Le fait de passer une nuit dans une station dans laquelle il n'était pas habitué n'avait pas arrangé son cas. On parle rarement des différences dans les réglage de la pureté de l'air ou du compensateur de gravité mais pour quelqu'un qui vient de sortir de presque deux semaines de vie dans un vaisseau, le moindre changement engendre des complications, comme ce début de mal de crâne dont Niklas commençait à sentir les effets.
Il se leva enfin pour chercher sa valise. D'un pas un peu mal assuré, il l'a pris et la posa sur le lit. Une fois ouverte, il pu constater que tout était bien en place. Les visages d'amis lui souriaient sur les photos qu'il avait emporté et qui étaient toujours intacts. Il ouvrit sa boîte contenant son nécessaire de réparation et tout ce qu'il fallait en cas de panne et de remplacement. Il avait même un équivalent léger et simplifié de son propre bras, dans les cas ou les réparations prendrait beaucoup trop de temps. Il prit l'une des huit batteries qu'il avait déjà chargé. C'était un simple cylindre de couleur argenté, lisse et presque sans aucune marque, comme si elle était faite d'une seule pièce de métal brut, à l'exception d'un petit trou sur le coté pour la brancher. Il s'assit sur son lit. Son bras cuivré battant son flanc. Il le prit pour que son biceps lui fasse face. La plaque de métal y était divisée en plusieurs morceaux. D'une pression du doigt, il fit glisser l'un des rectangles pour découvrir la batterie. Le cylindre déjà en place se suréleva en dehors de sa cache. Niklas le déconnecta et plaça le nouveau, entièrement chargé, en place. Une fois la plaque de protection replacée, son bras lança son programme de diagnostic automatiquement. C'était un moment qu'il trouvait très désagréable, car sans pouvoir le contrôler, son bras bougeait, ses doigts se pliaient un par un. Son poignet tourna sur lui même. Son sens du toucher revenait progressivement, les petites pastilles sensorielles placées un peu partout sur son bras se réveillant. Les plus sensibles étaient celle qui recouvraient ses doigts. Les sentir se réactiver était toujours accompagné d'une sensation de froid intense, suivi rapidement par une forte chaleur. Instinctivement, Niklas bougea ses doigts loin de cette sensation.
Ce réflexe instinctif était le signe de la fin du diagnostic, la reconnexion avec les nerfs étant complète.
Il se leva, enfin, testant son bras, avec des mouvements d'étirement. Une fois ce problème réglé, il se prépara rapidement pour rejoindre le Docteur Vikita pour sa visite médicale. « Elle va être rapide » pensa Niklas. Le fait d'être rentré dans la vie militaire lui avait valu de passer beaucoup de visite médicale pour juger de ses aptitudes physique et pour lui prodiguer les améliorations de base pour tous les soldats de la CDR. Ce n'était pas à proprement parler une thérapie génique, comme certains détracteurs voulaient le faire croire, mais les injections des médecins lui avait permis de voyager de planète en planète sans contracter les maladies humaines qui avaient fini par évoluer selon les systèmes. Ce traitement, toute personne voulant voyager dans l'espace y avait droit. Les procédures les plus lourdes qu'avaient subit Niklas étaient des traitements basés sur la nanotechnologique. Des implants favorisants la cicatrisation, la coagulation et l'échange de l'oxygène entre le sang et le corps étaient les améliorations de base des militaires. Il en avait reçu une mise à jour lors de son entrée dans les forces d'interventions : une série d'implants aidant à l'absorption des nutriments par le corps ainsi qu'une plus grande capacité à rester éveillé longtemps.
Il avait failli faire un rejet avec les deux dernières, son corps ne s'habituant pas à ce nouveau rythme. Heureusement, ces fonctions pouvaient être mises en pause quand il n'était pas en mission.
Il ramassa son sac et sa valise. Il jeta un dernier coup d'œil vers l'extérieur. La lumière, qui lui avait paru étrange en se réveillant, venait en fait de la réflexion des rayons du soleil sur l'étendu d'eau qui entourait la base, ainsi que de la brillance des pierres noires. Il ouvrit la porte coulissante. A peine l'avait-il passé qu'une personne l'appela sur sa droite. Ashley venait vers lui d'un pas tranquille.
Alors bien dormi ? Demanda t-elle, souriante.
Oui, pas mal. Toujours un peu désorienté par le temps de transport, il s'arrêta quelque seconde et s'exclama, vous arrivez pile au moment où je sors, vous avez fait comment pour deviner que j'étais déjà levé ?
Je m'occupe de la gestion des stocks d'eau sur la base, j'ai vu votre ligne pour votre douche allumée. Il ne m'a pas fallu longtemps pour venir. Pour le timing, je t'avoue que c'est un coup de chance.
Elle sembla tout de même contente d'elle pour avoir plutôt bien calculer le temps de trajet et la durée de la douche de son collègue. « Jolie veste ! » lança-t-elle de façon désinvolte.
Niklas ne comprit pas tout de suite ce compliment. Il se regarda dans la surface réfléchissante de la porte face à la sienne. Il avait machinalement sorti la veste de son régiment de sa valise et l'avait passé comme il faisait tous les matins depuis des années.
C'est donc vrai que tu es militaire ! Phine me devra cinq crédits !
Alors que Niklas fronçait les sourcils, Ash s'expliqua.
On a entendu parler de toi, le nouvel ingénieur. Il y en a qui disait que tu étais un ancien militaire, d'autre un expatrié de Mercurius, ou encore une fille de Newson, tout juste sortie de l'académie. Elle roula des yeux devant cette dernière hypothèse. Je te laisse deviner les raisons de la dernière possibilité. Certains pensent que ça manque de personnelle féminin ici !
J'ai pourtant rencontré une charmante jeune femme hier, plaisanta Niklas, le docteur Vikita doit briser des cœurs dans le coin.
Haha ! Avec ton humour, tu va bien t'entendre avec le patron, toi ! Allez viens, je t'amène à son cabinet.
Le chemin parut un peu moins long qu'hier, malgré le fait que toutes les coursives semblaient être les mêmes.
Du coup, vous aviez parié quoi ? Militaire, Mercurius ou Jeune diplômée ? Demanda Niklas tout en suivant la responsable du personnel et de la gestion de l'eau.
Militaire, même si je vois pas bien ce qu'un militaire aurait envie de venir faire ici. C'est l'un des coins les plus calmes de la galaxie.
C'est que je ne suis plus militaire. Je cherchais un coin où je pourrais bosser tranquillement sans me faire tirer dessus. Ou pire.
Ash se retourna légèrement. Il lui fit signe de sa main gauche, noire cuivrée.
Ouais, je vois ce que vous voulez dire... Nous y voilà, le cabinet de Mélina !, Je te laisse à ses soins, et attention à ses mains baladeuses, un charmant jeune homme comme toi, ça risque de lui faire envie, lança-t-elle avec un clin d'oeil.
La porte s'ouvrit d'un seul coup sec. Le docteur se retrouva juste devant eux.
Je t'ai entendu Ash ! Encore un commentaire comme celui-là et tu vas finir avec le plus gros mal de ventre de ta vie ! Un empoisonnement alimentaire est si vite arrivé ! Ou préfères-tu, peut-être, que j'asperge ta chambre de mes cultures de grippe bleue de Vinvi-Gamma !
Ash parut faussement s'offenser des menaces lancées contre elle. Posant une main sur son cœur, elle s'exclama : « Comment ! Moi je fais des commentaires désobligeant ?! Et tu me menace comme ça, des pires fléaux que ton petit labo concocte ? » Elle redevint elle-même, « Non mais sérieusement, ne nous l'effraye pas avec ta visite ! C'est dur de trouver des ingénieurs qui sont prêts à venir jusqu'ici. Allez, à plus Niklas et bonne journée à vous ! ». Ashley disparut rapidement à l'angle d'un couloir.
La grippe bleue hein ?
Niklas s'amusait de la situation.
C'est purement pour mes recherches ! Je n'irai pas les gaspiller pour Ashley...quoi que...Bon allez, ne restez pas dans le couloir Niklas ! Entrez.
Il se glissa dans l'ouverture de la porte. La pièce qu'il découvrit ne l'étonna pas. Tous les cabinets de médecin à travers tous les systèmes étaient pareil à ses yeux. Un bureau en angle, plusieurs tables pour allonger les patients. Tout était blanc et fait de métal. Beaucoup d'étagères remplis de livre, certains semblant très vieux. Une paillasse recouverte de carrelage blanc brillant prenait tout un angle de la pièce et, juste à coté, à droite en rentrant, une autre porte se dessinait.
Niklas posa son sac et sa valise aux pieds de l'une des chaises se trouvant à coté du bureau qui faisait face à la porte. Il attendit que la doctoresse soit revenue derrière son bureau. D'un sourire qui lui marqua le visage, elle l'invita à s'asseoir.
Alors Niklas ? Vous êtes vous remis de votre voyage ?
Non, pas vraiment, enfin...Pas encore.
Une autre nuit de sommeil et vous serez en pleine forme ! Vous n'avez pas déjeuné, j'imagine ?
Non, je suis venu ici directement, il s'arrêta quelques instants pour penser, et puis de tout façon, je ne sais pas où se trouve le réfectoire.
Mademoiselle Stanley ne vous à pas fait la visite hier ? Demanda Mélina. L'étonnement marquait son front.
Non, nous sommes directement aller à la chambre.
La femme médecin ricana à cette tournure de phrase un peu ambiguë qu'avait employé le jeune homme.
Ça ne m'étonne pas d'elle ! Enfin, James a dû lui dire de vous menez à votre chambre sans même penser à vous faire visiter les autres endroits essentiels sur la base. Il oublie souvent ce genre de chose. Bref, je vous amènerai moi-même au réfectoire quand nous aurons fini. De toute façon, j'ai vu votre dossier, votre visite médical ne va pas prendre longtemps, elle regarda l'heure sur une horloge à cadrant accroché au mur sur sa droite, elle indiquait huit heures et quelques minutes. Oui, avec un peu de chance, nous rencontrerons Gowan là-bas.
Elle retourna son attention vers l'écran holographique allumé sur la gauche de son bureau. Il diffusait une lumière douce orangée sur son visage qui se reflétait dans ses cheveux blancs neige. Votre dossier indique que vous avez subi les procédures médicales ST 1, 2 et 3. Vous êtes la premières personne que je rencontre ayant supporté la ST3, Niklas. Vous l'avez bien vécu ?
Pas vraiment, en général, je la désactive. Je n'ai pas envie d'être en permanence sur le qui-vive et aller au toilette régulièrement me va ! son sourire se transmit instantanément à la docteure.
Très bien, j'allais vous conseillé de ne pas l'utiliser ici. Ça n'aurait pas été bon pour votre organisme. Avec la ST2, je n'ai pas besoin de vous faire de test sanguin.
Tant mieux, je n'aime pas les piqûres.
Un grand garçon comme vous, allons ! Je vais juste devoir ausculter votre prothèse. La personne qui s'occupait de votre dossier a inscrit qu'il fallait vérifier si vous en preniez bien soin. Enlevez votre haut et asseyez vous sur l'une des tables.
Niklas soupira doucement : « décidément, Selina voulait vraiment le materner jusqu'au bout. » Même à plusieurs années lumières d'elle, il sentait toujours sa présence quand il était question de son bras. Ce matin même, il avait même cru entendre ses remontrances sur le fait d'avoir laissé son bras se décharger complètement sans qu'elle ne fut là.
Malgré son caractère, elle était pour lui une inspiration. Elle l'avait aidé à ne faire qu'un avec son nouveau bras. « Il est peut être fait de métal et silicone, Niklas, mais c'est toujours toi qui donne les ordres ! », lui avait-elle dit un jour où il n'avait pas supporté que son bras ne répondisse pas aussi vite qu'il l'aurait voulu. Il y avait eu des jours bien pires, surtout au début, mais il ne préférait pas faire remonter ce genre de souvenir.
Il enleva sa veste et son t-shirt et alla s'asseoir sur la table la plus proche de la porte menant à une autre pièce. D'un coup d'œil à travers la porte fait de verre, il put voir indistinctement ce qui devait être un laboratoire. La docteure cherchait quelques instruments de mesure sur la paillasse et lui tournait partiellement le dos.
Niklas en profita pour regarder son bras qui allait être ausculté. Aucun câble apparent, des surfaces de métal lisses et en courbe naturelle pour imiter la forme d'un muscle. Les articulations était noires, le reste cuivré comme il l'avait demandé. On pouvait voir le bracelet de l'interface holographique, directement insérer dans son bras, comme un anneau argenté autour de son poignet. Sa paume et ses doigts étaient constellés de ronds noirs, plus ou moins grands selon leur emplacement. Cela lui permettait d'avoir un sens du toucher normal. Un bras normal comme le disait souvent Selina, ou presque. La version de sa prothèse était de grade militaire. Elle était plus résistante aux chocs, aux fortes chaleurs, par-balles et possédait le potentiel de compression et de traction de trois hommes. Mais heureusement, la dernière spécificité était activable et non permanente, pensa Niklas, qui s'était lui même déjà imaginé se casser quelques choses avec une poigne pareil.
Voila, je devrais avoir ce qu'il me faut pour voir si tout fonctionne bien, dit la docteure en se retournant vers Niklas, une tablette en main reliée à un câble fin et un scanner qu'un novice en médecine aurait pu prendre pour une loupe.
Le point de connexion se trouve là, d'une légère pression, il fit coulisser vers lui une petite partie de la plaque recouvrant son épaule. Le muscle mécanique et divers câble étaient désormais visibles, ainsi qu'un petit connecteur où Mélina pouvait brancher son matériel.
Voyons cela. Comme vous pouvez l'imaginer, je n'ai jamais ausculté de bras comme le vôtre ! Mon secteur, avant d'être la médecine, c'est l'océanographie et la biologie marine. Mais votre dossier est vraiment très complet. Pendant qu'elle auscultait le bras de Niklas, elle ne pouvait s'empêcher de faire des commentaires. Apparemment la consommation d'énergie est stable. Serrez le poing, s'il vous plaît. Oui, la puissance de pression est normale. L'étanchéité est bonne aussi. Elle reposa sa tablette et la débrancha. Bien voyons la fusion des tissus maintenant. Depuis le temps que vous portez cette prothèse, vous n'avez pas eu de problème de rejet, d'après le dossier.
Non, aucun.
Je vais juste vérifier dans ce cas. Elle alluma son scanner et l'écran au centre fit jaillir une couleur bleutée qui donna un aspect étrange au médecin. Après quelques manipulations sur le cadran, elle obtint la qualité d'image qu'elle désirait. Elle observa toute la zone où commençait la prothèse, c'est à dire quasiment au cou de l'ingénieur. Elle supposa qu'une grande partie de son omoplate devait aussi faire partie de la prothèse. Elle n'osa pas imaginer plus de quelques secondes ce qu'avait dut enduré le pauvre jeune homme pour devoir subir une telle opération.
Le reste de son torse était constellé de traces d'impact de balle. Certaines cicatrises semblaient vieilles mais beaucoup d'entre elles étaient récentes et découlaient de l'explosion qui l'avait privé de son bras.
Bien ! tout est en ordre Niklas, suivez les conseils que l'on vous a donné au centre de traitement et tout devrait bien se passer pendant votre séjour parmi nous ! Rhabillez vous et nous pourrons aller prendre notre petit-déjeuné avec Gowan. Enfin moi, je ne prendrais qu'un thé.
Une fois Niklas rhabillé, ils partirent directement pour le réfectoire. Ils ne purent échanger que quelques mots car la route fut rapide pour y arriver.
C'était une grande salle. Les murs et le toit étaient principalement composés de baies vitrées. La lumière naturelle était superbe de bon matin dans ce vaste espace. Une fois encore, Niklas ne s'étonna pas de la disparité des styles de meubles et de chaises qui étaient mis en place ça et là.
Il n'y avait qu'une poignée de personnes rassemblée autour de la même table. La silhouette de Gowan était clairement visible parmi eux. On pouvait l'entendre de la porte, sa voix forte portant loin. Autour de lui s'élevait un brouhaha, mélange de rires et de discutions animées.
Gowan ! On vous entend, vous et votre troupe, jusqu'à la Station E33 ! Je vous amène votre nouvel ingénieur, cria la vieille docteure avec force.
Le groupe se retourna en partie vers les deux nouveaux venus. Tous étaient en tenue de travail similaire à celle que portait Ashley. Elles étaient cependant de couleurs variées. Mackinnon se leva pour accueillir Mélina et Niklas.
Vous voilà Niklas ! Bien reposé ? J'espère que Mélina ne vous a pas trop torturé!lançat-t-il en regardant malicieusement la doctoresse. Mais je parle ! Prenez un siège avec nous !, L'ingénieur en chef prit Niklas par l'épaule pour le mener à un siège que l'un des hommes, se trouvant là, avait libéré. On apporta un siège confortable pour Mélina et on redisposa la table pour que tout le monde puisse s'asseoir autour.
Une fois que tous furent attablés, Gowan se tourna vers Niklas et reprit la parole bien fort pour que tout le monde l'entende : « Voilà notre nouvelle ingénieur, les gars ! C'est un ancien de la CDR, comme moi ! Alors pas de bêtise ! Faisons les présentations, voilà Jim Hullon, il pointa du doigt un homme bien bâtie, ayant le visage d'un bon grand-père avec ses cheveux blancs coiffés sur le coté, c'est le mécanos en chef sur la base 1. »
Je m'occupe surtout des TT100, nos véhicules de transport en surface. Bienvenue, Niklas.
Des TT100 ? ça existe encore ? On utilisait des TT700 pendant nos déplacement et ils me semblaient déjà très vieux !
Hey ! Tant que ça roule et que c'est étanche ! Je vous rassure, les filtres à C02 tombent rarement en panne.
Je suis tout de suite rassuré, ironisa l'ingénieur.
Voilà ensuite Elizabeth Hemming, reprit Gowan, elle est responsable de tout ce qui est drainage de l'eau et du maintient des routes. Ça va être notre pilote pour nous amener à ta base. La jeune femme qui lui fit signe avait sans doute le même âge que lui. Ses cheveux, teints en argenté sur des racines noir apparentes, étaient en bataille et cachaient en partie des yeux noirs, assombris par du maquillage aux tons foncés. Niklas nota une pointe d'origine asiatique. « Enfin si ce terme veut encore dire quelques choses de nos jours » pensa-t-il.
Appelez moi Lizzie ! Il n'y a que Gowan pour encore s'amuser à m'appeler Elizabeth, elle lui tira la langue. Je vais vous servir de chauffeur, je dois aller voir si la route qui mène à votre base est encore praticable. Ça fait quelques mois que personne n'est aller par là.
Très bien Lizzie, désolé de vous donner du travail en plus.
Bah ! Faut bien que je me trouve quelque chose à faire de toute façon, sinon Altus va être sur mon dos.
Le type en blouse blanche et à l'air louche là-bas, reprit Gowan en riant, c'est Phinéas Schwarzschild, c'est avec lui que j'ai crée LA liqueur. L'homme présenté par l'ingénieur en chef avait le visage creuser et des sourcils qui lui donner un air sévère. Ces cheveux, coiffé en arrière de façon rudimentaire, semblait avoir été blond avant que l'age ne les fasse ternir et que le blanc devienne majoritaire.
Que l'on a crée ensemble Mackinnon ! Sans moi, tu serais encore entrain de chercher quelques choses à faire moisir pour en boire le jus ensuite. On m'a dit que vous aviez apprécié notre bébé, Niklas, c'est la marque des hommes de goût.
Oui, une expérience particulière que je retenterais avec plaisir. On vous appelle Phine non ? Ashley m'a dit que vous lui deviez cinq crédits.
Ah, oui ! Ricana le scientifique, malgré le fait que vous m'êtes sympathique pour avoir apprécié notre liqueur, vous m'avez fait perdre de l'argent ! Vous ne pouviez pas être une jeune femme ?
Désolé de vous décevoir, plaisanta Niklas.
La dernière personne qui avait laissé sa place à Niklas revint avec un plateau sur lequel reposait une tasse de thé, un ensemble de petits pains, pour toute la table au vue de leur quantité, un bol et une jarre fumante, de ce que Niklas identifia à l'odeur comme du café.
Je te présente Julius Tiberia, celui-ci prit place à la table une fois qu'il eut déposé le plateau. Il était grand, fin, un teint hâlé et avait de long cheveux noirs. C'est un ingénieur de station, comme toi, la sienne est proche de la base.
La station E8 pour être exacte, enchanté et bienvenue Niklas. Ils se serrèrent la main.
Bon ! Avec tout ça, j'ai soif moi, enchaîna Gowan en se raclant la gorge. Il prit la jarre du plateau et allait s'en servir quand il remarqua le regard inquisiteur que lui lançait Mélina au dessus de sa tasse de thé.
Il remplit le bol de Niklas en premier, puis se servit. Le liquide noir et chaud ne sentait pas toute à fait comme le café et il était un peu plus brun. Il y goûta en prenant une petite gorgée mais ne sut pas dire ce que ça pouvait être. Julius sembla se rendre compte de l'hésitation de son nouveau collège.
Ce n'est pas du café désolé, c'est de la chicoré.
De la quoi ? Demanda Niklas en finissant sa gorgée.
De la chicoré, c'est une plante que l'on fait pousser ici pour en torréfier la racine. Cela remplace le café. Apparemment, ça remonte à l'époque de la colonisation de la planète. Importée du café coûtait cher, l'un des superviseurs des importations a récupéré cette idée de son séjour sur je-ne-sais-plus-quelle-planète. Bref, on importe plus de café depuis longtemps maintenant.
Tu t'y feras, ne t'inquiète pas ! On s'y est tous fait, lança Lizzie, je te conseille d'y mettre du sucre ou du lait de soja, ou les deux ! Ou alors tu fais comme Mélina et tu carbures au thé à la place.
Celle-ci posa sa tasse vide : « Je ne « carbure » pas ! J'apprécie chaque tasse que je prends. ! »
Je parle surtout de la quantité, assura Lizzie. Avouez ! Vous en êtes à combien de tasse par jour ? Presque autant que Mackinnon pour sa liqueur, je parie ! elle finit sa phrase sur un rire mélodieux et un grognement de celui-ci.
La vieille doctoresse sembla faussement réfléchir : « hum..je dois être à quatre tasses par jour je pense. Et vous Gowan ? »
Sans commentaire, lança-t-il en finissant son bol et en enfournant dans sa bouche l'un des petits pains.
Niklas les avait goûté. C'était des petits pain au lait de soja. Ils étaient bons et sucrés, et s'accordaient plutôt bien avec le goût de la chicoré. Le reste du déjeuné ne fut marqué que par la reprise des conversations qui semblaient s'être arrêtées avec l'entrée de Mélina et Niklas.
Un à un, les membres de ce petit comité se levèrent pour effectuer leurs tâches du jour. Il ne restait que Gowan, Lizzie, Mélina et lui quand le grand ingénieur se leva enfin. Il s'essuya la bouche de sa manche et lança un râle de contentement.
Bon ! Voilà une bonne chose de fait. Lizzie, Niklas, si vous avez fini, on va se diriger vers le hangar de sortie. On va avoir de la route aujourd'hui.
Je suis à vous tout de suite, répondit Elizabeth en finissant sa tasse d'une traite.
De même ! S'exclama Niklas en lançant des regards autours de lui. Il repéra ce qu'il cherchait, une pile de plateaux et de tasses sales vers lesquels Gowan se dirigeait. Il se leva pour déposer son mug, suivi de Lizzie qui avait ramassé la tasse de la doctoresse.
Celle-ci se leva et salua tout le monde avant de partir : « Je vous souhaite une bonne journée et un bon séjour parmi nous, Niklas. Si vous avez besoin de quoi que ce soit, sur le plan médical, Gowan vous montrera comment m'appeler depuis votre station. »
Merci docteur !
Vous inquiétez pas Doc ! Lança Lizzie. On s'occupe de lui ! Et elle fit un clin d'œil à Niklas.
Une fois que tout fut rangé, le trio s'engagea dans une série de couloirs et de halls. Le silence d'après un copieux petit-déjeuné était de mise. Un crachotement soudain le brisa, il venait du haut-parleur camouflé dans les parois de la station : « Il est 9h de matin ! Nous somme le 18 Mai ! Bonne journée sur Rain ! » Lança une voix robotique. « Sans doute une intelligence artificielle préprogrammée », pensa Niklas. Juste après cette annonce, une musique commença à être joué.
Niklas n'avait pas de goût particulier en musique. Si le rythme était bon, que les paroles avaient un sens ou que l'histoire racontée était bien, ça lui suffisait. La musique qui résonnait dans le couloir était plaisante à l'oreille. Les accords de guitare sèche et la batterie donnaient un rythme dansant et le tout avaient un je-ne-sais-quoi nostalgique du temps passé. Les paroles étaient en ancien Anglais, une langue qui s'était depuis longtemps fondu dans le parlé «spaciens ». Gowan et Lizzy fredonnaient tous les deux les paroles. Lizzy semblait même marcher au rythme de cette chanson, à la limite de la danse. Elle remarqua le sourcil levé d'étonnement de l'ingénieur.
« C'est notre chanson ! » S'exclama-t-elle, « Enfin, la chanson de notre planète, elle passe quasiment tous les matins ici. Elle s'appelle « Have you ever seen the rain » du groupe CCR. »
C'est bien ce que j'avais cru entendre dans le refrain oui. CCR ? Ça veut dire quoi ?
Lizzie s'arrêta un instant en plein mouvement, un peu décontenancée par sa question.
Aucune idée, répondit Gowan, quand on a reçu notre banque de musique, elle était en partie corrompue. On a les titres des chansons, mais seulement les initiales des groupes.
Gowan s'arrêta pour écouter la fin du morceau. Un autre se lança. Il avait un rythme plus lent. Les premières paroles semblaient être « sitting in the morning sun » mais Niklas n'arriva pas à comprendre la suite.
- Francis, notre IAPP qui gère la musique, nous a dit qu'on a seulement quelques décennies de la musique de l'ancien temps, reprit l'ingénieur en chef, seulement les musiques des années 1950 à 1999 si ça te dit quelque chose.
Je ne suis pas vraiment versé dans l'histoire de l'ancienne Terre. En tout cas, ça sonne bien !
Ils devaient jouer de la musique en permanence à l'époque, s'exclama Lizzie, parce que je n'ai pas encore entendu deux fois la même musique depuis que je suis là ! Sauf notre chanson bien sûr.
Gowan posa sa main sur ses cheveux colorés et lui mis en désordre.
C'est parce que tu n'es pas encore là depuis assez longtemps, gamine !
Et toi, tu y es depuis trop longtemps, le vieux !
Cette chamaillerie enfantine fit chaud au cœur de l'ingénieur. Pour le peu qu'il avait pu voir de cette endroit, l'ambiance lui plaisait beaucoup. Cette histoire de musique, d'hymne planétaire fit resurgir des souvenirs de plusieurs de ses affectations pendant son service dans le CDR. Il se souvint d'une planète, Icar ou Ocar, il ne se souvenait plus exactement, le nom ne lui était pas resté, mais la musique qui y passait oui. La banque de musique qu'ils avaient reçu au moment de la colonisation de cette planète était, elle aussi, corrompue en partie. Sauf qu'ils avaient été un peu plus malchanceux. Une seule décennie était restée lisible. Laquelle c'était, il ne s'en souvenait plus non plus, mais l'un des groupes qui chantaient en vieil Anglais lui avait beaucoup plu. L'homme qui s'occupait de la musique sur sa station en passait au moins un morceau tous les jours. Le groupe portait le nom d'un insecte terrien mais le terme précis échappait à Niklas sur le moment.
Mais le fait d'avoir une banque de musique corrompue n'était pas une généralité. En tout cas, pas sur les grandes et anciennes colonies. Dans son enfance, il avait pu entendre beaucoup de musiques de l'ancien temps, de tout les genres possibles. Ce n'est qu'à son arrivée sur Newson que Niklas avait pu entendre pour la première fois une chanson inédite, créée et jouée seulement sur Newson. L'artiste était une jeune femme. Sa voix vibrait de puissance et l'accompagnement des cuivres et du piano l'avait subjugué. Mais peu de musiques originales sortent de leurs système de naissance. Les mondes se contentent généralement des banques de musique de l'ancien temps. « Les gens de l'ancien monde ont créé tellement de musique qu'on aurait pas suffisamment d'une vie entière pour les écouter toutes ! », lui avait dit un ami de son ancien régiment.
Les musiques s'enchaînaient pendant que leur petit groupe se dirigeait vers le hangar de sortie.
Ils arrivèrent enfin à destination, après avoir passer un dernier sas. Le hangar était vaste, haut de plafond et sur trois niveaux. Sur chaque niveaux étaient garés des TT100, le modèle de transport terrestre le plus vieux que Niklas avait pu voir. Malgré cela, il ne put dire si ils étaient si vieux que ça. Ils semblaient tous en bonne condition et malgré leur ancienneté, ils ressemblaient aux véhicules TT que Niklas avait pu utilisé pendant ses missions. Presque un siècle et demi séparait pourtant ces modèles. Les software avaient dû bien sûr être mis à jour mais dans l'ensemble, tout était rester pareil. La structure principale avait la même forme, un trapèze d'environ vingt mètres de long, fait de plaques de métal lisse, le tout monté sur six grosses roues, deux pairs à l'arrière, une à l'avant. Légèrement en pointe, l'avant accueillait le poste de pilotage. L'arrière n'était un grand espace vide où les marchandises , ou les passagers, pouvaient être installées. Les portes étaient latérales. Elles se relevaient et glissaient vers le haut mais Niklas savait qu'il y avait aussi une porte sur l'arrière. Cette pensée lui fit, pendant un instant, avoir une sueur froide. Un frisson de dégoût ou de peur, il n'aurait pas su le dire lui même, car cette sensation le quitta rapidement. La porte arrière était ici bloquée par un supplément de transport, un autre bloc de transport étant rattaché au véhicule, qui semblait être sur le départ sur le niveau principale. Les deux autres niveaux, l'un surélevé, l'autre en partie en sous-sol, se rejoignaient sur le niveau principale devant le sas de sortie, que trois véhicules pouvaient emprunter au vue de ses dimensions.
Voila notre TT pour ce matin ! S'exclama Lizzie en sautant vers les marches permettant de pénétrer dans le véhicule, dont les portes étaient à environ soixante-dix centimètres du sol. C'est ce cher Johnny C ! c'est mon bébé. La pilote finit sa phrase en un large mouvement de présentation vers le transport.
Impressionnant pour un TT100, je ne pensais pas qu'il pouvait durer aussi longtemps.
C'est parce qu'on en prend soin ! Jim, moi et les autres mécanos, on s'occupe bien de nos TT, ils ont tous une IAPP et leurs petits noms.
S'ils ont une IA, à quoi sert le pilote ? S'interrogea Niklas.
Les intelligences artificielles à personnalité préprogrammée ne s'occupent pas du pilotage, seulement des scanners, des sous systèmes de maintenance et pour avoir de la compagnie quand on roule.
Lizzie était tout sourire quand elle monta enfin les marches, elle toqua trois fois sur la paroi externe et les lumières s'allumèrent. Une voix robotique très enthousiaste retentit à l'intérieur.
Elizabeth ! Comment allez vous ce matin ? On prend la route ? J'ai besoin de me dégourdir les roues !
Je vais bien Johnny C ! Oui, on va aller faire un long tour aujourd'hui.
Gowan et Niklas montèrent à leur tour dans le véhicule.
Monsieur Mackinnon ! C'est un plaisir de vous avoir à bord, la voix de Johnny C retentit de plus belle. Je ne reconnais pas ce monsieur, qui est il Elizabeth ?
Johnny C, je te présente Niklas Vanroff, c'est un nouvel ingénieur de station.
Enchanté Monsieur Vanroff ! C'est un plaisir de nous avoir parmi nous ! Prenez place !
Bonjour Johnny C, enchanté de même. Niklas posa son sac sur un siège vide et sa valise par terre à coté de lui en s'asseyant. Merci de nous conduire ce matin.
Lizzie se tourna vers lui et lui sourit. Elle prit sa place de pilote et lança les moteurs. Les portes se rabattirent et le déclic habituel des joints d'étanchéités se fit entendre. La lumière interne s'intensifia. Gowan qui était encore debout prit enfin place dans le siège en face de Niklas. « Tous les TT se ressemblent vu de l'intérieur » pensa Niklas. Une série de sièges sur les cotés des parois, des filets à marchandises au plafond et divers petits containers. Il devait y avoir des équipements de survie en cas de besoin au cas où l'on devrait faire une sortie. Et il y avait une trousse de secours ainsi qu'un extincteur juste sous les sièges. Cela, il le savait très bien car c'était de série sur les transports et c'était son boulot, à l'époque, de savoir tout les spécificités de chaque machine qu'il devait entretenir.
Niklas n'était pas remonté dans un TT depuis son dernier combat sous les ordres du CDR.
Le frisson qui l'avait pris un peu plus tôt revint en force. Un spasme secoua son bras robotique qu'il calma en se prenant la main et en serrant le poing. Il retrouva ses esprits en prenant de longues inspirations. La voix de Lizzie le tira de ce mauvais moment.
L'équipe de Jim a eu le temps de charger tout ce dont tu auras besoin là-haut Niklas.
Le moteur rugit dans une rapide accélération.
Préparez vous au départ ! Lança Johnny C.
Direction la Station N27 ! On devrait mettre environ huit heures pour se rendre à notre premier arrêt, si la route n'est pas trop mauvaise.
Le bloc de transport s'éleva légèrement quand les amortisseurs des six roues s'enclenchèrent. Le véhicule se dirigea vers le grand sac de sortie ou un autre attendait le départ. La radio interne grésilla.
Bonne route tout le monde! lança la voix de Julius Tiberia à la radio.
Lizzie se pencha vers l'émetteur de son interface holographique et répondit.
Bonne route à toi aussi Julius ! On se voit la semaine prochaine pour ton ravitaillement.
Une fois que les deux véhicules furent l'un à coté de l'autre dans le sas de sortie, la porte intérieur se referma derrière eux. L'équilibrage de le pression fit grincer les parois. Le sourcil levé de Niklas ne déclencha pas de réaction auprès de Gowan, si ce n'est qu'un haussement d'épaule. « Ce genre de bruit devait être courant avec d'aussi vieux modèles de transport terrestre », se rassura l'ingénieur.
Vous avez dit notre première arrêt ? On ne va pas directement vers la station ? Demanda t-il.
Non, ta station est trop loin pour l'atteindre d'une seule traite, répondit Gowan. On s'arrêtera dans la station Nord Prime en premier, puis les stations N10 et N19.
On devrait atteindre ta station dans quatre jours environs, lança Lizzie depuis la cabine de pilotage. On pourra se reposer chez Caleb, c'est lui qui s'occupe de la station N10.
Les vibrations du véhicule bercèrent Niklas pendant les premières minutes du trajet. C'est à demi endormi qu'il se rendit compte que Lizzie venait de lui parler.
Niklas ? Tu veux venir devant ? Je crois que Gowan rattrape sa nuit.
En effet, quand l'ingénieur se tourna vers son chef, il était en partie allongé sur deux sièges et avait le menton rabattu sur sa poitrine. Un léger ronflement montrait qu'il dormait profondément.
Il rejoignit la cabine et prit la place du second pilote. Celle-ci était spacieuse ayant été conçu pour accueillir quatre sièges à la base. Mais seulement deux avaient été laissés. Les consoles, les murs et la plupart des boutons, avaient été peints de couleurs vives et de dégradés sombres. L'ensemble ressemblait à une galaxie de couleurs et de reflets métalliques. Il y avait, ça et là, des petites peluches, des colliers et des miroirs attachés aux parois et au plafond.
Alors ? Comment tu trouves mon bureau ? Demanda joyeusement Lizzie.
Très jolie, c'est pas le genre de truc que l'on pouvait faire dans le CDR. Nos pilotes n'étaient pas très peluche.
Tes trajets devaient être barbant ! S'exclama la pilote.
Niklas regarda en arrière vers la porte de sortie. Le frisson revint pendant une fraction de seconde. Il tourna la tête brusquement vers l'une des peluches accrochées au plafond. Il s'aperçut enfin qu'Elizabeth le fixait.
Tout n'étaient pas barbant, non. Avec mon escouade, on a eu des bons moments comme des plus difficiles. Et puis l'action ne nous laissait pas vraiment le temps de nous ennuyer.
Tu as servi pendant combien de temps dans le CDR ?
Environ neuf ans...enfin si on compte les années d'entraînement.
Elizabeth modifia légèrement leur trajectoire pour suivre la route qui se dessinait devant eux. Cette dernière était légèrement surélevée et faite de la même roche que le reste de la région. Le paysage, plat et d'un noir gris monotone, s'étalait devant eux sur des dizaines de kilomètres. Une longue plaine de basalte, complètement nue de toute végétation. Chaque creux étaient remplie par l'eau des pluies.
Gowan m'a parlé des camps d'entraînement du Corps. La description qu'il m'en a faite me fait un peu froid dans le dos. Elle sembla frissonner à ce souvenir. C'est vrai que l'un des camps est sur la lune de Amaru ?
Oui, c'est pour l'entraînement en milieu hostile. On y passe après sept mois de formation sur la station Calypso qui est en orbite autour de la lune.
Mais c'est l'enfer là-bas ! S'exclama Elizabeth. Je me suis renseignée, la flore et la faune sont toxiques au toucher, l'air et les pluies sont acides et les températures varient entre -40 et 70 degrés !
On y passe que trois semaines, rassura l'ingénieur mais un bâillement le coupa. C'est intense je l'avoue et on a pas vraiment l'occasion de dormir durant le séjour. Mais c'est un entraînement obligatoire pour les forces spéciales. Niklas haussa des épaules. Et pour l'environnement, ça a été choisi pour ça. Ça nous apprend à vivre en combinaison permanente.
Trois semaines en combinaison ! L'horreur ! La pilote fixa l'ingénieur, son regard atterré montrait qu'elle avait peine à croire qu'une personne pouvait être volontaire pour ce genre de traitement.
C'était pas la meilleur partie de notre entraînement, je te l'avoue volontiers.
C'était quoi alors ? Elle se ravisa et regarda droit devant elle. Désolée, je suis un peu trop curieuse peut être. On me le dit souvent. Je parle et je parle.
Ça va, il sourit au reflet de la pilote sur le pare-brise. C'est normal d'avoir des questions à poser au nouveau venu ! On apprend à se connaître comme ça. Et puis, pendant mon service, je répondais plus souvent aux question que je ne les posais. Désolé de ne pas être plus curieux que ça, on avait pas le droit de l'être avec mon ancien capitaine. La discipline militaire, ironisa Niklas en levant les mains au ciel.
Quelques secondes de silence passèrent, seulement perturbé par le vibrement de la carlingue du véhicule.
Gowan va tous te montrer quand on sera arriver à ta station. Tu n'as pas l'air d'avoir complètement récupéré de ton voyage, tu devrais te reposer ici.
Qu'est ce qui te fait dire ça ?
Tu piquais déjà du nez quand je t'ai appelée et tu va finir par me faire bâiller aussi à force de te décrocher la mâchoire ! Repose toi. On arrivera à la station Nord Prime dans trois heures, je te réveillerais.
Niklas fixa le plafond quelques secondes avant de répondre. La fatigue le faisait tourner au ralentit, c'était vrai, pensa-t-il.
Oui, je vais me poser un peu, tu as raison. Les voyages sans caisson, c'est vraiment crevant.
M'en parle pas, quand je vais voir ma mère sur Caspillon, je dois toujours prendre un... enfin bref, je te laisse te reposer.
Elle lui jeta un coup d'œil pendant qu'il se trouvait une place confortable pour se reposer. Il sortit une paire de lunette polarisée de l'une des poches intérieur de sa veste. C'était l'un des cadeaux d'adieu qu'on lui avait fait quand il avait quitté l'hôpital. Une fois mise en place, elle polarisait la lumière naturelle et artificielle en un dégradé de couleurs douces. Une vibration, aux niveau des tempes, aidait à se détendre. Ce genre de petit bijou de technologie coûtait relativement cher. Le jeune qui lui avait offert avait dû se ruiner. Seul bémol que Niklas avait pu noté : les branches et l'armature des verres étaient bleues turquoise. Les verres quand à eux semblaient roses brillants quand la lumière se reflétait dedans.
Elizabeth pouffa en mettant sa main devant sa bouche pour ne pas éclater de rire devant ce spectacle. Niklas abaissa ses lunettes pour lui lancer un regard menaçant mais cette façade tomba en un clin d'œil. Il s'installa confortablement dans son siège, ne voulant pas faire de commentaire sur l'étrangeté de ses lunettes. Il fut rapidement bercé par les volutes de couleur qui glissaient devant ses yeux et par la vibration qui lui massait les tempes. Savoir s'endormir rapidement pour voler quelques minutes de repos devait être la capacité des soldats qu'il préférait. Le sommeil vint, les rêves aussi.
Il était assit dans ce même véhicule, les couleurs en moins. Les membres de son escouade discutaient tranquillement. Mais les voix semblaient déformés, comme ralenties. Son Pistolet ARP-12, surnommé Harpie, était posé sur ces genoux. Il aurait pu sembler lourd et disproportionné mais l'entraînement lui permettait de le manier parfaitement. Il ne s'en servait pas souvent et, pour la majeur partie du temps, il était chargé de balles non létales. Sa mission d'ingénieur au sein d'une escouade de choc n'était pas d'éliminée l'adversaire mais de tenir ses coéquipiers en vie et en sécurité. Sa vraie arme était son interface holographique, le brassard qui lui entourait l'avant bras gauche. Avec elle, il rechargeait les boucliers de ses alliés ou faisait sauter les fortifications ennemis. Si un ennemi les attaquait, il pouvait toujours lancer des décharges électriques pour le sonner mais rien de plus dangereux. Chaque mission se ressemblait. Ils devaient intervenir rapidement pour couper court aux attaques contre les bâtiments de la compagnie. Depuis le début du conflit, c'était la même chose. Une routine bien étrange, mécanique même, mais c'était les ordres.
Mais aujourd'hui, quelques choses clochait, Niklas pouvait le sentir. Il sentait que quelque chose allait se passer, un événement très important mais il n'arrivait pas à savoir quoi.
Soudain, le véhicule fut brusquement pris sous l'assaut des balles. L'attaque avait été si rapide qu'aucun des soldats n'avaient réagi. Les balles commençaient à transpercer le blindage, rebondissant sur les parois intérieures et blessant ses coéquipiers. Le bruit était assourdissant. Les pilotes furent les premiers touchés. Leur TT700 vira d'un seul coup et se planta dans la façade d'un magasin. Les réflexes appris pendant son entraînement prirent le dessus. Les boucliers furent rechargés, les armes activées. La porte arrière s'ouvrit dans un grand flash de lumière qui l'éblouit, le forçant à fermer les yeux.
Niklas ? Eh oh ?
Il ouvrit les yeux. La lumière n'était plus là. Le visage d'une jeune femme aux cheveux argentés remplissait son champ de vision. Il cligna des yeux quelques secondes. Il sentait le poids des lunettes qui avaient glissés sur son nez. Le véhicule dans lequel il était lui semblait irréel, plein de couleurs et de lumières douces et fluctuantes.
On est arrivé à la station Nord Prime, Lizzie recula devant l'expression étonnée, figée qui marquait le visage de l'ingénieur. Tu es réveillé, Niklas ? Ou tu dors encore là ?
Tout lui revint. La mission était finie. Le contrat, le voyage, la pluie, Lizzie et les autres, tout se remettait en place.
Il retira ses lunettes trop rapidement et se griffa la tempe droite avec l'un de ses ongles.
Dis donc, pour une petite sieste d'une heure, tu es parti bien loin, on dirait ! dit Lizzie. Tu m'as fixé avec un de ses regards, tu avais l'air perdu.
Oui désolé... le fait de dormir dans un endroit nouveau je suppose, répondit Niklas en rangeant ses lunettes. On est arrivé alors ?
Nous sommes à la station Nord Prime, répéta l'IA, Johnny C. Quel plaisir de se retrouver dans ces contrées ! L'air y est plus pur ! Enfin pour mes filtres à particules, Haha !
Exact, la route à l'air d'avoir était bonne jusqu'ici.
La voix de Gowan venait de l'arrière du véhicule. « On va descendre ici pour la pause déjeuner. » Dans un dernier étirement pour chasser les courbatures dut à sa sieste, l'ingénieur en chef ouvrir la porte du transport.
La station Nord Prime ressemblait beaucoup à la station Prime. Niklas décela la même étrangeté dans la disparité des styles de décoration. Le niveau technologique lui semblait ici dater du siècle dernier en majeur partie. Les couloirs et salles qu'ils traversèrent pendant leur halte lui parurent similaires à ceux de Prime, mais en plus petit et surtout en plus vieux. L'accueil fut chaleureux et pendant les deux heures qu'ils passèrent ici, Niklas fit la connaissance des membres de l'équipe Nord, avec qui il aurait le plus de contact durant son contrat. Il sympathisa particulièrement avec l'homme qui s'occupait des transmissions radio de la zone. Il s'appelait Janov Weryk, ses parents était originaire de Mir'medi mais lui avait grandi sur une planète voisine.
Leur chef, un certain Michael Fuchs, était malheureusement absent à leur arrivée. Il s'occupait de la maintenance d'une station proche et n'arriva qu'au moment où l'équipe repartait vers la station N27. Mais ils eurent quand même le temps d'avoir une petite discussion.
Le voyage jusqu'à leurs arrêts pour la nuit fut plus monotone, les discussions tournaient autours des dernières nouvelles sur les troubles au frontières du système, du passé de Gowan dans l'armée et de quelques histoires et anecdotes qui circulaient sur la planète. Lizzie se fit un plaisir de mettre au courant Niklas de tous les ragots récents pour, selon elle, lui permettre d'avoir une bonne base de connaissance sur les gens avec qui il allait travailler. Il y avait apparemment une rivalité saine entre les ingénieurs de la station Nord et les ingénieurs de l'Ouest. Le directeur Farland avait instauré, au début de sa prise de fonction, un concours, à ceux qui produiraient le plus, iraient le plus de période de congé. Mais le concours était depuis longtemps biaisé, depuis que les deux équipes s'était mis d'accord pour rendre des bulletins de rendement exactement égaux. Cela n'empêchait pas la rivalité entre les ingénieurs qui s'envoyaient des piques amicales à chaque rencontres inter-station. Quelques petites histoires de cœurs, ainsi qu'une liste des nouveaux, anciens et couple actuels qu'ils pouvaient y avoir sur la planète s'en suivit. Niklas écoutait cela comme un briefing de mission, avec les traits d'humours de Gowan en plus.
Le soleil pale du système Zyrros déclina tout au long de leurs voyages vers l'horizon, jusqu'à prend une couleur d'ocre jaunes. Le ciel, qui avait demeuré d'un bleu puissant toutes la journée, pris des teintes de vert autour de l'astre couchant. Le couché de soleil prit, dans ces derniers instants, une couleur plus naturel de rouge éclatant. Le paysage de roche trempé par les pluies devint alors incandescent. La moindre surface d'eau sembla s'enflammer. Le surface noir d'alors devint un monde de lave brillante, s'écoulant à perte de vue. Ce kaléidoscope de couleur émerveilla Niklas qui passa les derniers moments de leurs trajets vers la station N10 dans le silence et la contemplation de cette planète qui allait être la sienne pendant quelques années.
A l'approche final de la base, Lizzie lança un appel pour demander l'ouverture du garage.
Une voix robotique féminine à l'accent roulant les R lui répondit : Monsieur Aberline vous souhaites la bienvenu chez lui, la porte 1 va s'ouvrir dans quelques instants.
Merci Marva, répondit Gowan avec son propre communicateur. Il a changé son IAPP apparemment.
Lizzie s'engagea dans la voie menant à la porte 1 qui s'entrouvrait à leurs approche. Avant de terminer les dernières manœuvres, elle s'arrêta et se tourna vers l'ingénieur en Chef
Il faut peut être lui dire Gowan..
Me dire quoi ? Demanda Niklas.
Gowan parut pensif, pesant mentalement le pour et le contre.
Oui... écoute Niklas, Caleb, le type chez qui on va passer la soirée et la nuit, c'est un ancien citoyen de Mercurius, il est du genre à faire des amalgames surtout avec les soldats de notre compagnie. Pour lui on est des « enfoirés de meurtriers » pour reprendre ses termes. Me concernant, il me tolère parce que j'ai servis dans les ingénieurs et parce que je n'ai quasiment pas participer au premier conflit avec sa société.
Mais Niklas aussi, c'est un ingénieur, alors ça devrait passer, non ? Demanda Elizabeth.
C'est pas un soldat de première ligne mais il a participer au dernier conflit. Et des deux combats, c'était pas le plus beau.
Je vais peut être ranger ma veste de mon escouade du coup et on ne lui dit pas..
Non, interrompit Gowan, tu gardes ta veste, on lui dit noir sur blanc qui tu es, vous allez devoir bosser ensemble pendant pas mal de temps alors pas de faux semblant. Ça ne compliquerait que les chose d'autant plus. Il va mal le prendre, il va gueuler peut être mais de toute façon, on ne peux pas s'arrêter autre part.
Pourquoi ?
Parce que sa station fait office de transite entre les stations proches de la base Nord et les stations les plus éloignés. La prochaine station est bien plus loin et elle est inoccupé, ça nous prendrais 5 heures pour y aller et on devrait attendre 2 heures pour qu'elle soit opérationnel pour qu'on y rentre, répondit Lizzie. Autant dormir dans le TT et tu as vu comme les sièges sont « confortable ».
Bon... Aller Elizabeth, fait nous rentrer.
Gowan prit la place du copilote pendant que Niklas rassemblait ses affaires. Ses pensées lui firent remonter les pires moments du conflit, les civiles qui les accueillaient avec des pierres voir pires, les bagarres dans les bars même après la fin des combats « On va passer une bonne soirée je pense » dit-il pour lui même. Les dernières tremblements du véhicule indiquèrent leurs arrivé dans le garage. Avant d'enfin sortir avec ses affaires sur le dos, Niklas vérifia la charge de son bras et l'intensité de sa force, régler sur « Normal ». Un simple petit mouvement du doigt et elle pouvait être doubler... « être prêt à tout, toujours » pensa-t-il en se rappelant son instructeur pendant son entraînement.
Les portes du véhicule s'ouvrirent sur une large pièce, version miniature du hangar des stations principales dans lesquelles ils étaient passés dans la journée. Un autre TT était parqué en face d'eux, ainsi que plusieurs autres véhicules plus petits, « Sans doute les drones de récolte » pensa Niklas. Des pièces détachés traînait un peu partout autour des drones, qui pour la plus part semblaient en partie démonté.
Quand Leur petit groupe descendit enfin du véhicule, ils aperçurent leur hôte qui les attendant en haut d'un escalier qui menait vers la station en elle-même. L'homme, Caleb, était grand, svelte, ses cheveux paille, coiffés vers l'avant, lui donné une impression de jeunesse figé. Mais c'était sans compter son visage, dure et marqué. Il devait avoir dans les quarante ans pensa Niklas. Il portait la tenue que Niklas avait pu voir porté par les autres ingénieurs des stations, la sienne était rouge bordeaux et porter le numéro 10, imprimé sur l'épaule et un N majuscule sur le col.
Alors ! C'est lui, ton nouveau protégé Mackinnon! Fallait que tu le colles dans l'équipe Nord hein ! Lança leur hôte, dissimulant à peine sa colère.
C'est comme ça qu'on accueil son supérieur, Aberline ? Rétorqua Gowan, avec un masque de fausse colère.
Caleb soupira et se retourna pour passer par la porte dans son dos. « Bienvenu ! » cria t-il au loin, « c'est pas comme si je pouvais vous virer de tout façon ! ».
Les nouvelles vont vites, on dirait, dit calmement Niklas.
Oui.. c'est l'inconvénient d'être sur Rain. On peux rarement garder un secret très longtemps, répondit en chuchotant Elizabeth.
Ça facilite les choses, répliqua Gowan, Au moins notre arrivée n'était pas une surprise et il a eu le temps d'être vraiment en colère.
La station dans laquelle ils entrèrent semblaient mieux tenu que le reste du garage, même si il y avait ça et là quelque pièces d'électronique, ainsi que des chiffons et autres détritus.
Une table avait été préparé, avec trois chaises et un repas sous cloche. Leurs hôte n'était déjà plus là. La voix de l'IA de la base les invita à se mettre à table.
Désolé du comportement de Monsieur Aberline, s'excusa la voix, il a assez mal prit la nouvelle concernant notre nouveau collègue, enchantée de faire votre connaissance monsieur Vanroff.
Enchanté aussi... euh.
Marva, compléta l'IAPP
Enchanté aussi Marva.
Il déposa ses affaires à coté de l'une des chaises et ils s'installèrent pour dîner.
Je suppose que Caleb est parti bouder dans son coin Marva ? Demanda l'ingénieur en chef
Il est... il a dit ... il travail à la maintenance du système d'irrigation de la serre Monsieur Mackinnon.
Mouais...bon j'aurais une discussion avec lui en privé avant qu'on part demain.
Le dîner se passa dans le silence, si ce n'est quelques remarques sur la qualité des produits et une explication du fonctionnement de la serre contrôler par l'IAPP. La soirée fut courte car le voyage avait été long et épuisant. Marva les conduisit chacun vers des chambres différentes situés dans une aile de la base qui semblait inutilisé depuis un certain temps.
La chambre était classique, en tous point ressemblante à celle dans laquelle il avait pu dormir à son arriver sur Rain. Il déposa ses affaires sur le coté de son lit, retira sa veste et lança le programme de diagnostic de son bras. Ce n'était pas vraiment nécessaire mais un sursaut de bonne conscience lui avait fait le lancer inconsciemment. Les gens de l'hôpital, Selina en fait, l'avait forcé à bien s'occuper de son bras. Il se perdit dans ses pensées pendant que son bras gauche bougeait et que ses doigts fléchissaient tout seul.
Il ne remarqua pas tout de suite que quelqu'un l'observait depuis le pas de la porte de sa chambre.
Mackinnon attendait à la porte, les bras croisés.
Un sacré machin que tu as petit.
Hum ? Oui, c'est la version militaire.
Niklas sourit, il avait répondu ça des dizaines de fois depuis qu'on lui avait remplacer son bras. Les prothèses civiles étaient bonne, bien sur, mais rien à voir avec la catégorie militaire, surtout depuis la mise à jour du design qui rendait les bras de remplacement bien plus ressemblant à ceux d'origine, même sans les imitations de peau. Les muscles étaient réalistes, les fibres étaient apparentes ainsi que les tendons et les articulations, le tout d'un noir graphite et rouge doré cuivré.
Mackinnon repris la parole : J'ai discuté avec Caleb, il ne t'embêtera pas mais je ne pense pas qu'il sera sympathique pour autant, il aime vraiment pas l'armé.
Compris, j'essaierai de l'éviter le plus possible et on restera « bon voisin ».
Il y a aussi d'un autre problème que l'armé faut dire.. le mec qui géré la station avant toi. C'était un ami de Aberline mais Farland a dut le virer, enfin J'ai dû le virer, étant donner que j'étais son supérieur. Il faisait du bon boulot mais il avait des propos bien trop violent envers certain de nos ingénieurs de terrain qui viennent de Mercurius.
Ah.. Bon en même temps, j'y peux rien moi. Mais merci pour l'info. Niklas réactiva son bras qui venait de finir son diagnostic. Vraiment, je ne veux pas de problème, sinon je n'aurais pas accepté un contrat comme celui là.
Mackinnon pouffa de rire et décroisa les bras.
Ouais, je m'en doute, c'est un coin tranquille ici, j'ai même été étonné qu'on trouve quelqu'un si vite.
Mon prédécesseur, il a été renvoyé quand ?
I mois environs, ça n'a pas été le renvoi le plus calme qui soit. Certains, dont caleb, ont été consigné à leurs bases pour maintenir l'ordre pendant le transfère de de Vlad, Vlad Glinka, c'était son nom.
L'ingénieur en chef sembla se perdre dans ses pensées quelques secondes avant de se reprendre : Bref ! Aller, je vais au pieux, on a encore de la route demain pour attendre ta base et je vais avoir pas mal de truc à te montrer une fois la bas.
à demain, « chef » répondit Niklas en souriant
Mackinnon actionna la fermeture de la porte en riant.
Niklas posa ses affaires personnelles sur la table de chevet avant de s'allonger dans le lit, la pluie s'était arrêtée de tomber et seul le ronronnement de la ventilation brisait le silence de la chambre. Le ciel, à travers la baie vitrée, était noir d'encre, parsemé d'étoile mais la roche basaltique de la plaine environnante brillait tout de même d'humidité et reflétait la clarté d'une nuit qui n'était pas perturbé par la lumière artificielle. Il s'endormit rapidement, encore habillé, fatigué de son voyage.
Un flash et le néant, des gens autours de lui. On le porte dans un endroit sombre, il sent le mouvement d'un véhicule. La lumière artificielle d'un centre de soin, des visages inquiets et d'autres horrifiés. On le pose sur une table froide et la lumière devient aveuglante.
Niklas et les autres se retrouvèrent dans la salle principale ou ils prirent un petit-déjeuné. L'aurore pointait seulement à l'horizon quand Lizzie parti pour réapprovisionner le transport en énergie, laissant Mackinnon et Niklas seul. Caleb les avait fait prévenir par l'intermédiaire de Marva qu'il était parti dans la nuit pour une réparation d'urgence sur l'un de ses drones de récolte.
Le petit groupe fut rapidement sur le départ, ils allaient devoir rouler encore une journée pour enfin arriver à leur prochaine destination dans la soirée selon Elizabeth. Niklas apprit de Gowan que la station N19, ou ils allaient passer la nuit, était anciennement une station scientifique, devenu une station de transite qui n'était pas habité pour le moment.
La journée de voyage fut calme, ils discutèrent tranquillement en écoutant la station de radio planétaire. Niklas en apprit beaucoup sur les systèmes des drones et sur l'envoi automatique des ressources vers les bases Prime par des lignes de trains à grande vitesse. Ils eurent même l'occasion de voir l'une des lignes qui passait à coté de la route qu'ils empruntait. La pluie avait recommencé à tomber, inondant les cratères et créant des cours d'eau qui s'écoulaient sur le coté de la route. Lizzie notait sur une carte les zones ou la route devait être entretenu, en plusieurs endroits, des cours d'eau avaient fini par briser l'asphalte.
