Correspondance manquée

Genre: Slash

Paraing: ASP / SM

Rating: T

Disclaming: Rose, Albus et Scorpius sont à la talentueuse J. K. Rowling. Les autres sortent de notre imagination :D

Avertissements: Homophobes et âmes sensibles passez votre chemin

Résumé : Scorpius se fait plaquer, envoie une lettre à son ex et... "J'ai longtemps hésité avant de te répondre. Quand j'ai vu la lettre, avec un nom qui m'était totalement inconnu, je l'ai laissée de côté pendant une semaine."


5.

Bah si t'as pas besoin (envie) de parler, c'est aussi bien pour moi. Je suis nul pour écouter les gens de toute façon. Mon pote Alex est le seul qui semble me trouver d'un certain réconfort quand ça va mal. Ça me rend plutôt mal à l'aise et les autres le remarquent par mon apparente indifférence. C'est plutôt embêtant… Puis tu sais, ce n'est surement pas moi qui va venir te dire que tu dois absolument en nouer. En même temps, je ne suis pas celui qui veut à tout prix que ça se fasse. Ça se fait et c'est tout.

Tu as de la chance de l'avoir. Si elle n'était pas là, je ne veux pas savoir ce qu'aurait été ta façon de penser. Elle est déjà plutôt affligeante. Enfin… Je ne suis pas si différent de toi. C'est peut-être pour ça que toutes mes relations ont foiré d'ailleurs. Elles ont presque tous commencé avec un supposé coup d'un soir. Puis il y a eu une autre fois, et une autre, et encore une autre. Et PAF ! Une relation. L'amour vient avec le plaisir (Sasha m'étriperait sans doute en lisant ça… Mais passons)

Toi t'es en fait super à l'aise avec les autres, c'est ça ? Tu donnes l'impression d'une tortue qui se cache sous sa carapace. Tu sais c'est quoi ton problème ? Tu as trop peur de souffrir. Les relations humaines impliquent une bonne dose de souffrance. Je n'ai jamais eu peur de m'y plonger, parce que la souffrance et les déceptions font partie de la vie. Je n'ai jamais eu peur de vivre. Je me suis promis que je croquerais la vie à pleine dent, et au diable les conséquences.

Pour ma rupture… Ce n'est pas que je suis un mec fort, tu te trompes. Je suis passé de l'incompréhension à la colère et la haine. Peut-être aussi par la vague tristesse d'avoir perdu un ami (Oui, mes amis son tous des cons, mais je les adore comme ça). Quand je ressens trop de chose d'un coup, à la fin je ne ressens juste plus rien. Et j'ai appris que dans la vie, rien ne sert de se lamenter sur son sort trop longtemps. À quoi ça sert d'avancer en regardant en arrière ? Puis entre toi et moi, il a disparu, que veux-tu que j'y fasse ? Bon débarras.

Tu veux savoir si j'ai connu pire ? Est-ce que se serait pour te convaincre que les relations amoureuses ne servent à rien ? Pire… Je ne sais pas. Alors on va faire un récapitulatif. Je suis sorti avec un mec pour la première fois à quatorze ans. C'était le frère d'une de mes potes. Il avait deux ans de plus que moi. Je ne sais pas trop quoi dire là-dessus… Outre que je pense que c'est peut-être le seul que j'ai vraiment aimé. Autant du moins. Il était vraiment sympa. Son seul défaut, c'était qu'il avait peur de s'affirmer alors que moi, je n'en avais rien à faire des autres. Un jour j'en ai eu marre. Eh bien… Il a avoué à sa sœur qu'on sortait ensemble depuis un an. Un an dans le secret. Enragée, elle l'a dit à ses parents, ils ont déménagés et je ne l'ai plus jamais revu. À bien y penser, c'est encore pire que Thomas, non ?

Mon père a toujours été plutôt sévère et froid, mais quand je lui ai avoué mon homosexualité, il m'a seulement regardé avant de retourner à son livre. Comme si je n'avais rien dit. Peut-être que d'autre l'aurait pris comme un rejet, mais je l'ai pris comme de l'acceptation. Ça s'est confirmé le jour où il m'a dit « Les peines d'amours ça ne sert à rien. T'es canon, tu me ressembles. T'en trouveras des tas d'autres ». Ce jour-là, il m'a fait passer par-dessus.

Après ça, j'ai eu plusieurs relations courtes, un mois maximum. Pour mes dix-huit ans, Alex m'a tiré dans une boite gay (alors qu'il est totalement hétéro) et je suis tombé sous le charme d'un mec super canon, Ryan. Son plus grand défaut était celui de n'avoir qu'une seule qualité : être bon au lit. Ça a tout de même duré cinq mois avant que je ne me décide à le laisser tomber. C'était vraiment un enfoiré, mais le sexe, ah si tu savais… (D'accord, je t'épargne les détails, loin de moi l'idée de te choquer. Quoi que…)

Ensuite, je suis sorti avec Chris. Son plus grand défaut ? Sa trop grande gentillesse. Si, c'est possible ! Il avait l'air d'un vrai colosse, tout le monde le craignait… Tant qu'il fermait la bouche. Je n'ai jamais été un grand romantique, lui oui. Mais j'ai tout de même un cœur, alors ça m'a pris six mois avant de réussir à le faire me quitter. Bah ouais, je ne pouvais pas le faire moi-même… alors j'ai agis en vrai salaud. C'est le jour que j'ai insulté sa petite sœur qu'il m'a jeté. Oui, tu as le droit de me traiter de salaud.

Puis après ça, je n'ai eu que des mecs qui duraient en moyenne deux semaines. Jusqu'à Thomas. Et voilà pour mes palpitantes aventures amoureuses.

Oui, je me sens très privilégié, ça me touche droit au cœur. (Quoi, ça manque de sincérité ?). Et détrompe-toi…Ne m'apprécie-pas trop, je ne suis pas un type bien.

Scorpius.


6.

Peur de souffrir ? Oui, peut-être... Je ne sais pas me relever après une épreuve. J'essaye d'avoir l'air d'un mec froid et détaché, que rien ne touche, mais ce n'est pas le cas. Je n'ai pas eu une enfance malheureuse et mes parents m'aiment. Mais je ne crois pas avoir été vraiment heureux. Je sais que Rose et mes parents s'inquiètent pour moi. Il n'y a pas de quoi pourtant... Ma vie n'est pas plus affligeante que celle d'un autre. Je fais des études que j'aime, j'ai un toit au-dessus de la tête et je peux manger plus que nécessaire. De toute façon, l'absolu bonheur n'existe pas.

J'aime la façon dont ton père a accepté ton homosexualité. Comme si c'était naturel – ce que c'est d'ailleurs. Je n'ai jamais compris le rejet de la société à propos des homosexuels... Pourquoi leur refuser certains droits ? Au nom de quoi ? Les grecs pensaient que les hommes, pour être heureux, devaient s'aimer entre eux. Les femmes ne servaient qu'à assurer la descendance. Jésus disait « Aimez-vous les uns les autres. » Pourtant, dans ce monde bien chrétien et politiquement correct, où que je regarde, je ne vois que de la haine.

Je ne pense pas que tu sois un salaud. Auquel cas, j'en suis un aussi.

Attends, c'est fortement probable en fait. Je crois bien que je suis un salaud. Merde. Dois-je être déçu par cette constatation ? Je crois que je vais aller confesser tous mes péchés après. Le prêtre m'aime beaucoup depuis qu'il m'a découvert en train d'uriner devant la porte de l'église. Je crois que je l'ai un peu trempé d'ailleurs. En même temps, il n'avait qu'à pas ouvrir la porte quand j'étais en train de pisser. Pour ma défense, j'étais bourré. Et j'ai une certaine tendance à vouloir me rebeller contre les institutions aussi.

Tu n'es peut-être pas un type bien, mais tu égayes mes journées. Tu connais la métaphore du « bol d'air frais » ? Je sais, c'est ringard, mais c'est ce que tu m'apportes. Les études, même si elles me passionnent, ne me permettent pas vraiment de me distraire en cette année cruciale. C'est ma dernière année d'étude normalement et la pression est au maximum...

Ta précédente lettre était bien longue et j'aurais aimé t'écrire plus, histoire d'être à la hauteur et de ne pas te décevoir, mais je n'ai plus rien à dire. (Je sais, j'ai une vie passionnante.)

Albus

PS : Il faut plus qu'une allusion sur le sexe pour me choquer, rassure-toi. Je suis un dur à cuir, j'étais déjà sur des sites pornos une fois. (Je sais, mon sarcasme est hilarant. Non, ne me remercie pas d'avoir illuminé ta journée grâce à cette blague.)


Et voilà, deux nouvelles lettres :) Les autres arrivent bientôt :D

fleur de lisse et music67love