Et voici la suite que je vous poste rapidement avant de retourner au chapitre de la semaine prochaine (trois pages sur cinq de faites !). Un petit chapitre du point de vue d'Himichi, un nouveau OC qui a été introduit dans cette fic. J'espère que ça vous aidera à mieux la cerner, la comprendre et peut-être à l'apprécier ?
Petite réponse aux reviews :
white liliy : du Rogue/Yuna ? et bien non, dans le sens où Yuna n'a que quatorze ans et qu'elle est trop jeune pour ce genre de choses selon Rogue mais peut-être dans le sens de rapprochement ? Natsu ne tombera pas amoureux d'une mage de Sabertooth, non. Je pense que tu verras mieux tout ça dans le prochain chapitre.
Bonne lecture !
P.S : certaines fautes dans les répliques d'Himichi sont volontaires ! Pas les autres XD
Elle n'avait pas très bien compris ce qui se passait. Himichi termina de mettre une couverture sur le lit, comme on faisait ici. D'après ce qu'on lui avait expliqué, les gens d'une autre guilde resteraient ici le temps pour eux de récolter assez d'argent pour réparer leur guilde. En attendant, ils dormiraient où ils le pouvaient, chez les gens qui acceptaient de les héberger malgré la haine que se vouaient les deux guildes. Pourquoi déjà ? Pour une histoire de défaite. Himichi n'était là que depuis trois mois mais elle avait déjà vu beaucoup de gens partir parce qu'ils avaient été mauvais. Et encore, lui avait-on dit, avant c'était pire. Une seule défaite et là… Heureusement que les règles s'étaient assouplies.
Quoi qu'il en soit, celle avec qui elle allait partager sa chambre se nommait Levy MacGarden. Pas très grande, toute fine avec des cheveux bleus et des yeux noisette, elle s'efforçait depuis qu'elle était arrivée de ne pas prendre trop de place avec ses affaires. Oh ! Et elle semblait très gênée des cicatrices qui lui striaient le visage. C'était étrange. Ici, les gens n'aimaient pas souvent avoir des cicatrices. Sans doute parce que le pays étant plus sûr, on n'avait pas l'habitude de porter des armes, de se défendre au corps à corps face à des brigands et les bêtes sauvages qui descendaient dans les villages l'hiver, poussées par la faim, n'étaient plus que des légendes. Sans être si sauvages qu'on le disait, les pays de l'Est d'où elle venait étaient vraiment différents. Certes, on y avait une vie moins confortable, certaines forêts n'étaient pas sûres, l'hiver était bien souvent mortel, certains ne revenaient jamais d'un voyage… Mais elle aimait la beauté sauvage de son pays, les sonorités musicales de sa langue, l'aisance qu'on avait à se comprendre d'un peuple à l'autre, la magie de découvrir une créature que beaucoup qualifiaient ailleurs de légende… Elle ne voyait pas comment Fiore pouvait vivre comme ça. Dans un monde aussi fade et aussi fermé aux autres…
-Merci de m'héberger, dit subitement Levy. Je vais essayer de trouver une mission pour que tu n'aies pas à tout payer.
Héberger. Loger quelqu'un. Oui, elle connaissait ce mot malgré son maigre vocabulaire.
-Ce rien, répondit-elle.
Cette formulation était incorrecte, on lui avait dit cela de nombreuses fois. Mais Levy ne la reprit pas, occupée qu'elle était à ranger ses affaires dans la partie de l'armoire que son hôtesse lui avait dégagée. Elle avait peu de vêtements dans ses affaires en fait. La grande majorité de ses deux valises étaient pleines de livres. Himichi profita d'avoir terminé de faire le lit pour en prendre un et le regarder. Elle le tourna dans tous les sens, cherchant le sens. Elle finit par l'ouvrir sans se soucier de le mettre à l'envers ou à l'endroit. Des signes qu'elle n'arrivait pas à comprendre parcouraient les pages. Elle fit tourner les pages à toute vitesse, incapable de déchiffrer quoi que ce soit. De toute façon, elle lisait très mal, même sa langue maternelle. Elle avait appris mais oublié. De toute façon, elle n'en n'avait pas l'utilité. Elle gagnait bien sa vie avant de venir à Fiore et voyager ne lui avait pas demandé de carte. Par contre, ici, ils avaient ce qu'ils appelaient la paperasse. Il fallait remplir des papiers pour répondre à des questions et obtenir certaines choses. Par exemple, le droit de vivre ici. Rien que pour ça, il fallait remplir beaucoup de papiers avec beaucoup de questions. Comment elle s'appelait. D'où elle venait. Pourquoi elle venait ici. Si elle avait eu des maladies graves. Si elle avait des enfants, des frères et sœurs, des parents… Si elle avait de la magie. Si oui, quelle était-elle. Quel type de magie elle contrôlait. Et sa puissance alors ? Sur une échelle de un à dix, il fallait l'indiquer. Parce qu'ici, ils comptaient en dizaine. C'était bizarre. Pourquoi ne comptaient-ils pas de vingt en vingt ? Car après tout, s'ils avaient dix doigts aux mains, ils avaient aussi dix doigts aux pieds, c'était plus logique de se baser sur ça !
Ah oui ! Ils demandaient aussi ce qu'elle faisait en travail. Et donc, si elle continuerait à faire ce travail ici. D'ailleurs, appartenait-elle à la catégorie riche ? Ou pauvre ? Combien gagnait-elle par an ? Sa meilleure année ? Sa pire ?
Et ça durait, des pages et des pages… Elle ne répondait pas à toutes les questions. Déjà, pour l'argent, il n'y avait aucune équivalence entre Fiore et les autres pays. Et pour les métiers… Non, elle ne pouvait pas faire pareil ici. Elle ne pouvait pas passer sa journée dans l'eau pour récupérer les mêmes choses. Tout simplement parce que la mer ici ne contenait pas les mêmes choses que chez elle. Alors elle était venue chez les mages, parce qu'ici, quiconque avait de la magie devait aller dans une guilde, même s'il était très faible. Drôle de coutume.
Himichi referma le livre d'un coup et le reposa. Ici, les livres avaient souvent des images. Plus souvent que chez elle. On aimait le savoir écrit, livré tel quel. Ils n'aimaient pas le savoir oral qui impliquait de retenir puis de comprendre ce qu'on disait. Trop compliqué pour eux. Ils n'aimaient pas se compliquer la vie. Certes, c'était pratique les missions mais ils avaient une si mauvaise mémoire… Ils l'utilisaient très mal. Ils ne se rendaient pas compte que tout était gravé dans leur mémoire et qu'il fallait s'habituer à la faire travailler. C'était comme leur lacryma pour les histoires en images. Tout était dessus, il fallait juste trouver ce qu'ils cherchaient.
-Tu ne sais pas lire Himichi ?
-Non. J'aime pas.
-Mais pourquoi ? Je veux dire… C'est tellement bien de lire ! On apprend plein de choses !
-Si écoute les gens, apprend.
Si elle se décidait à écouter vraiment les gens parler leur langue, elle allait apprendre très vite, oui. Mais elle s'en sentait lasse. Elle connaissait déjà trois langues, c'était beaucoup, surtout quand on savait qu'une langue suffisait généralement pour arriver à traverser une partie du continent. La monnaie n'était même pas importante, le troc primait. Et puis, les pièces de monnaies, ce n'était que des métaux forgés. Quelle valeur leur accorder ? Pour ceux qui n'avaient jamais vu de cuivre, c'était précieux. Pour ceux qui extrayaient de l'or chaque jour, c'était d'un banal…
Levy termina de ranger ses affaires en silence. Himichi bailla. Il était tard. Elle était habituée à vivre avec le soleil pour travailler, mis à part certaines nuits de l'année.
-Fatiguée… Bonne nuit !
Et elle laissa Levy prendre ses marques. Elle commença à retirer ses vêtements. Jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, elle remarqua que Levy la fixait. Elle savait pourquoi. Ses vêtements traditionnels cachaient les côtés de son cou pour une bonne raison. Une raison qui expliquait la présence de sa colonie près de la mer, là où le poisson, les coraux rares et les huitres perlières pullulaient. Son peuple avait développé des branchies, situées sur les côtés du cou. Certains jours, ils sifflaient, à la recherche d'eau à filtrer. Cela choquait les gens d'ici, les mettait mal à l'aise. Et encore, ils n'avaient pas vu la peau fine qui se développait dans l'eau entre ses doigts et ses orteils pour lui permettre de bouger plus vite. Ni sa seconde paupière qui lui protégeait les yeux dans l'eau salée de la mer. Ni sa seconde rangée de dents, plus pointues qui sortaient rarement.
-C'est… étonnant, bafouilla la fée. C'est ta magie ?
Certains essayaient de trouver une explication logique. Rationnelle. C'était plus fort qu'eux. Et puis rationnel… La magie n'était pas si rationnelle quand on y pensait. Car après tout, à la base, c'était quelque chose qui rendaient possible certaines choses impossibles. Quoi que les gens ne s'accordaient jamais sur ce qui était possible ou non.
-Non. Je suis née… comment ça.
Comme sa mère avant elle, sa grand-mère et ainsi de suite depuis la nuit des temps. La légende racontait que sa colonie avait été fondée par des sirènes amoureuses de marins, qui, au lieu de les noyer, préféraient s'installer près de la côte, entre mer et terre pour vivre leur amour interdit. Et les gens de son peuple étaient les descendants de ces unions.
D'autres disaient que c'étaient plutôt des sirènes qui s'étaient approchées de la terre ferme, sans doute poussées par la faim ou quelque chose comme ça et qui avaient petit à petit perdu certaines particularités pour s'adapter à leur nouveau milieu. Peu importait vraiment qui avait raison, qui avait tort. Les sirènes ne les aimaient pas. Parfois, elles surgissaient en pleine journée ou en pleine nuit, capturaient tous ceux qu'elles pouvaient attraper, leur arrachait branchies, pieds et mains pour les empêcher de fuir, à moins que ce ne soit pour leur retirer toute ressemblance avec elles, pour les laisser mourir. Une fois noyés, elles leurs arrachaient le cœur puis le dévoraient.
Alors certes, c'était dangereux que de vivre ici, de plonger chaque jour pour trouver de quoi vivre mais tel était leur vie. Ils naissaient, sûrs d'être condamnés à la cruauté de leurs anciennes sœurs car on finissait toujours par être trop lent ou trop malchanceux pour leur échapper. Et Himichi ne voulait pas de ça. Elle voulait pouvoir vivre sans se demander si le soir elle serait toujours en vie. Elle ne voulait plus voir les siens mourir. Elle ne voulait plus plonger dans la mer, cet endroit où elle se sentait si bien, en guettant sans arrêt, la peur au ventre, l'arrivé du danger. Car il n'y avait pas que les sirènes. Les requins et leur manie de les confondre avec des poissons, les serpents de mer et leurs crocs vénéneux, les poulpes géants et leurs tentacules broyeurs, les marins et leur inconscience, les rivalités au sein de la colonie…
Elle avait quitté la colonie. Au début, ça avait été dur. Sa peau lui réclamait de l'eau, ses branchies la brûlaient à cause de cet air de moins en moins humide, du soleil qui n'était plus filtré par l'eau une partie de la journée… Et son estomac… La viande, cette denrée si commune à l'intérieur des terres avait manqué de la tuer. Plus dur à digérer que le poisson… Et le sel. Habituée à vivre dans un environnement salé, elle avait découvert qu'elle avait besoin de sel, quotidiennement. Et dans les terres, il coutait si cher…
Elle avait fini par s'y habituer bien que la mer lui manque toujours. Parfois elle arrivait à y retourner et s'y trempait. Son corps et son âme en soupiraient de bonheur. Ces moments rares où les rares douleurs qui s'obstinaient à la suivre s'apaisaient totalement.
Bien entendu, ce n'était pas son seul bonheur. Elle aimait découvrir ces endroits dont elle avait entendu parler mais n'avait jamais vu. Elle aimait l'exotisme poussé à l'extrême. D'ailleurs, c'était pour ça qu'elle était venue à Fiore, ce pays si fermé… Elle avait choisi Sabertooth parce qu'elle était la seule guilde où quelqu'un parlant sa langue pouvait l'aider en cas de gros coup dur. Et il ne lui fallait rien de plus. Ni amis ni alliés. Juste des gens qu'elle pouvait côtoyer et qui ignoraient superbement son émerveillement quand elle découvrait une chose étrange.
-Bonne nuit Himichi, fit Levy en écho tandis qu'elle finissait de se changer et se couchait.
Elle se roula en boule, tira la couverture sur sa tête et s'endormit. Comme toujours, ses rêves furent peuplés par la mer, les vagues, l'iode… Elle revit le scintillement des écailles des poissons, les déploiement de couleur des coraux, le silence et la sérénité absolus, le soleil qui caressait l'eau…
Le lendemain, elle émergea avant Levy. La jeune femme se dirigea vers les cuisines, toujours vêtue d'un pyjama. Ça aussi, c'était magique. Si on le voulait, quand on se levait, on n'était pas toujours obligés de s'habiller, de manger puis d'aller travailler. On pouvait garder ses vêtements de la nuit aussi longtemps qu'on le voulait. Certains ne se changeaient même pas !
Comme d'habitude, la cuisine était pratiquement vide. Les fourneaux étaient inoccupés, aucune vaisselle n'attendait d'être faite, personne ne se battait pour un truc dans le frigo qui était le dernier, on ne s'appelait pas le long des deux grandes et longues tables pour se retrouver sur le même banc, la lumière du soleil ne passait pas encore par les fenêtres en simple verre… Minerva n'avait pas encore mis ses vêtements si moulants et évocateurs. Vêtue d'un très vieux peignoir, qui n'avait d'ailleurs que le nom tellement il était usé, que Gemma détestait, elle sirotait son thé du matin. Thé qui venait de l'est et que Rogue et Orga ramenaient en grande quantité à chaque voyage. Et pour cause, il était délicieux. Légèrement sucré naturellement, il réchauffait agréablement le cœur et l'âme. Une seule gorgée apaisait la colère. Minerva, Rufus et Rogue en buvaient souvent. Himichi, elle, avait découvert grâce à Sting le café. Cette étrange boisson amère dans laquelle on mettait diverses choses. Notamment, le latte macchiato. C'était si bon qu'elle se demandait parfois comment elle avait pu vivre sans.
Elle prépara donc sa boisson fétiche ainsi que son éternel gruau au poisson, repas qu'elle avait mangé toute sa vie et qui lui permettait de bien commencer sa journée. Chantonnant, elle gagna sa place habituelle, une place solitaire qui lui faisait tourner le dos à toute la tablée. Ainsi, elle n'avait pas à supporter les regards pesants de ses camarades. Du moins avait-elle dû supporter ces regards au début. Maintenant, on l'ignorait et on la laissait tranquille. Mais l'habitude était là.
-Excuse-moi ?
Elle leva la tête de son repas un instant. C'était un de ces mages de l'autre guilde, Fairy Tail. Ses cheveux noirs formaient comme un point d'interrogation au-dessus de sa tête. Une veste jaune était ouverte sur un haut blanc et il portait un pantalon noir. Et pire que tout, il était gras. A l'est, être gras était mal vu. Tout pouvait changer trop vite, il fallait sans arrêter être sur le qui-vive. Donc pas de place pour l'oisiveté. Voir une personne avec autant de graisse la choquait toujours. Les gens comme Orga étaient tout en muscle, ça ne la gênait pas. Mais lui…
-Je m'appelle Droy, je suis un ami de Levy.
Il parlait tranquillement, son plateau chargé de nourriture dans les mains. Il articulait un peu plus que les autres, ce qui lui permit de comprendre parfaitement ce qu'il racontait. Levy. Un ami de Levy. Il allait lui demander si elle l'avait vu. En temps normal, elle l'aurait envoyé promener. Simplement, malgré son cou découvert, il ne fixait pas ses branchies d'un air surpris ou dégouté. Non, il la regardait droit dans les yeux, comme une personne normale. Il était bien la première personne de ce pays qui faisait ça. Jusqu'à présent, seuls ses compatriotes avaient eu cette prévenance. Tout le monde était attiré à un moment où à un autre par cette particularité.
-Est-ce que tu sais si elle est levée ?
Levée. Elle ne connaissait pas ce mot. Etait-ce une autre façon de demander si on avait vu quelqu'un ? Elle chercha dans son vocabulaire bien maigre pour trouver une réponse qui, elle l'espérait, était crédible. Il ne se fâcha pas d'attendre, la laissant chercher. Elle finit par se lancer, presque timidement :
-Elle dort.
Il n'eut pas l'air gêné, comme s'il venait de se rendre compte qu'elle avait mal répondu à sa question parce qu'elle n'avait pas compris. Cet homme était étrange.
-Ah… D'accord. Ben je vais l'attendre alors. Ca te dérange si je m'assoies là pour manger ?
Manger ici ? Avec elle ? Devant elle ? Malgré toutes ces différences ? Etait-il fou ? Ou aveugle ?
-Heu… Non ?
-Ah merci ! Je déteste manger tout seul !
Il n'était pas choqué, faisait l'effort de bien ar-ti-cu-ler devant elle et voulait même manger avec elle. Elle décida qu'elle aimait bien Droy et que Levy, son amie et sa camarade de chambre, aussi. Hier, elle avait été simplement étonnée et pas dégoutée en y repensant bien. Peut-être qu'elle allait faire un effort pour apprendre la langue locale finalement.
Y'a que les fous qui ne changent pas d'avis XD J'espère qu'il vous a plu, j'ai beaucoup hésité avant de parler d'elle aussi tôt dans la fic mais ça me semblait bien même si son histoire est... rocambolesque ? Le souci, c'est que je suis encore indécise quant à sa magie donc si vous avez des suggestions... ;p
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