Chapitre 4 : Lily
Confidences
Les larmes dégoulinent sur le visage de Lily tandis qu'elle lance un Reparo sur la fenêtre brisée. Severus est parti, maintenant. Il ne la verra pas pleurer. Tant mieux. Lily ne veux pas qu'il la voit en train de pleurer, assise sur le carrelage de la salle de bain, comme quand elle était petite et que Pétunia était méchante avec elle. Sauf que là, c'était elle-même qui était méchante avec Severus. Pourquoi l'avait-elle repoussé ? Pourquoi ? Son propre comportement la sidérait. Pendant leur discussion, elle avait eu l'impression que c'était une autre qui parlait. Lily avait l'impression d'avoir une boule dans la gorge dès qu'elle y pensait. Elle s'en voulait mortellement. Severus, son ami d'enfance ! Quel type de monstre était-elle devenue ! La jeune femme se noyait dans un océan de remords et de peine dès qu'elle revoyait le visage anéanti de Severus devant son visage. Ce visage qui s'était décomposé à mesure qu'elle lui parlait, à mesure qu'elle le détruisait. James, Remus et Sirius étaient sorti, du coup personne ne vint la voir, personne ne s'inquiéta de son enfermement dans la salle de bain. Un quart d'heure, une demi-heure, une heure s'écoula ainsi. Le silence aurait été complet si Lily ne l'avait pas ponctué de petits sanglots et de reniflements.
Enfin, lorsqu'elle eut arrêter de pleurer et que ses yeux dégonflèrent, la jeune femme sortit. Elle ferma la porte de la salle de bain, se tourna vers la droite, et fit face à ... Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, ou autrement dit l'ex-directeur de Poudlard.
Elle sursauta, complétement prise au dépourvu.
" Bonjour Lily, fit le vieil homme en feignant de ne pas remarquer son trouble.
Stupéfaite, Lily le dévisagea sans réussir à prononcer un mot. Comment réussissait-il à apparaître aux moments où elle se sentait le plus mal ? Comment arrivait-il à être si serein, si calme ? Comment parvenait-il à trouver les bons mots pour consoler ?
Elle avait déjà connu deux situations semblables. La première, c'était il y a trois ans, juste après qu'elle se sente aspirée et voit son fils en duel avec Voldemort durant le Priori Incantatem. Même en sachant que Harry s'en était sorti, elle avait longtemps pleuré de voir que le Seigneur des Ténèbres est retrouvé ses forces et ses pouvoirs et qu'il s'attaque encore à Harry. Dumbledore, à ce moment bien vivant, avait réussi une prouesse: il avait déplacé son esprit jusqu'au royaume des morts pour la consoler. La seconde fois remontait à deux semaines, après avoir subi le même phénomène, cette fois à cause de la Pierre de résurrection. Elle avait vu son fils sur le point de mourir. Dumbledore, cette fois mort, lui avait expliqué tous les enjeux. Il lui avait enfin annoncé que Voldemort était mort, et qu'Harry avait triomphé.
- Pourquoi êtes-vous venu ici ?
- Severus t'aime, Lily. Pourquoi l'as-tu détruit ?
- Parce que... je ne sais plus où j'en suis ! J'aime James à la folie, mais...
Elle s'arrêta quelques instants, consciente du poids des mots qu'elle s'apprêtait à prononcer.
- Mais ? , l'encouragea Albus Dumbledore.
- J'aime Severus, autant que James ! Il... Essayez de comprendre ! Nous étions amis avant ce jour, juste après les BUSE ! Il m'a traité de Sang-de-Bourbe. Tout l'amitié, l'estime que j'avais à son égard a basculé, comme un château de cartes à jouer ! Je me suis sentie trahie. Mes convictions s'effondraient une à une. Et puis, il est venu essayer de se faire pardonner. Il n'a pas réussi à faire sa déclaration, mais je l'ai comprise. Et j'ai simulé l'éloignement. Je l'ai espionné. Et je suis tombée amoureuse. Il avait un journal intime. Lui aussi m'observait: dedans, il ne parlait que de moi. Toutes les fois où j'ai pu le lire, je l'ai lu. Et je l'aimais pour toutes les belles choses qu'il pensait, qu'il écrivait. Durant notre septième année, James a commencé à m'intéresser. Vraiment. J'étais partagée entre mon amour établi depuis en fait si longtemps pour Severus, que l'incident des BUSE m'avait en fait révélé, et celui que j'éprouvais pour James. Et pour les deux, j'étais aimée ! Pour l'un, c'était dans l'ombre, pour l'autre, c'était en plein jour !
Quand j'ai eu mes diplômes en poche, je me suis demandée lequel j'allais choisir, pour lequel j'allais afficher une préférence. Mais, ce soir-là, Severus a tout gâché. Il m'a invité au restaurant. Il m'a dit qu'il partait pour l'Albanie. Moi je savais déjà ce qu'il comptait faire, je me suis écrié: Tu ne peux pas devenir Mangemort ! Il m'a dévisagé et m'a dit que de toute manière, je ne savais rien de ce qu'il pensait. Cette affirmation m'a mise hors de moi, et je suis partie. Pourtant je l'aimais toujours ! Mais j'ai rejoint James et je lui ai dit: Marions-nous. Comme ça, sans réfléchir. C'était loin d'être une erreur, mais... Je sais que j'ai fait mal à Severus. C'est ça qui l'a fait basculer. Définitivement.
Quand Harry est né, j'ai pleuré. James a mis ça sur le compte de l'émotion, mais le problème n'était pas là. Je repensais à mon Prince des potions, et j'imaginais l'enfant que j'aurais eu si mon choix avait été autre. Une fille ou un garçon ? Cheveux brun-roux ou noirs ? Yeux verts ou noirs ? Tout cela me donnait le vertige. Je n'avais que 20 ans ! Et je suis morte, un an plus tard. J'entendais Voldemort qui montait les escaliers, et j'ai pensé: James ! Pas Harry ! et juste avant qu'il arrive, j'ai pensé: Comment ça serait passé si j'avais épousé Severus ?
