Chapitre 9

Semper amor iurgia vincit

Il était 14 heures.

Un noeud dans le ventre, Lily contemplait la rue. Vendredi était arrivé si vite ! Dans très précisément 1 heure et 30 minutes, son rendez-vous avait lieu. Lily était nerveuse, sans savoir exactement pourquoi. Quelque chose se tramait, et elle savait inconsciemment qu'elle en serait un des principaux acteurs.


James lisait dans sa chambre, assis sur son lit, mais, quand il s'aperçut qu'il relisait la même ligne depuis 5 minutes, il reposa le livre sur sa table de chevet. Il avouait, il avait un peu peur. Il avait l'impression qu'il était important qu'il soit là, mais pourquoi ?


Je m'occupais à dessiner. Depuis ma petite enfance, on m'a toujours dit que j'avais un don pour le dessin, et je dois reconnaître que ce n'est pas faux. De plus, en général, dessiner me détend, mais pas aujourd'hui. Quelque chose allait se passer, et c'était lié à Lily, j'en étais sur.


Allongé sur le canapé, je feignais de faire une sieste. Je feignais seulement. Mes neurones travaillaient à plein régime. Ce rendez-vous me paraissait un peu suspect. J'étais nerveux, ce qui n'arrive pas souvent ( et oui, le Grand Sirius Black est toujours sur de lui, non je plaisante, hein ). Je parie que Dumbledore est dans le coup.


Severus mangeait vite. Ce rendez-vous ne l'inspirait pas beaucoup, mais il devait y aller. Il le sentait au plus profond de lui. Seulement, il avait l'impression que quelque chose se tramait. Quelque chose dont il serait un des principaux acteurs, il le savait.


Severus était au lieu de rendez-vous avec 3 minutes d'avance. Il s'assit sur un banc, mais se releva aussitôt, baguette à la main, quand il vit Sirius arriver par la droite, Remus par la gauche et James en face. Et derrière James il y avait Lily. Tous l'aperçurent, mais avant que quiconque ait pu faire quoique ce soit, Dumbledore se matérialisa. Tous comprirent que Dumbledore était l'auteur de ces lettres.

- Bonjour à tous, dit-il affablement.

Personne ne lui répondit, trop étonné. Le vieil homme fit comme si de rien n'était.

- Si je vous ai réuni ici, dans ce parc, c'est pour...

Il fit une pause et se racla la gorge. Ses yeux pétillaient de malice.

- C'est pour que vos vieilles rancoeurs disparaissent. N'êtes-vous pas morts ? La mort est un recommencement, pas une prolongation. Severus, Sirius, serrez-vous la main.

Le ton du vieillard se fit impérieux, et les deux hommes obéirent, ne cherchant pas à discuter. Ils se dévisagèrent, et pour la première fois, ils se dévisagèrent sans haine. Dumbledore sourit.

- Vous voyez ? Vous ne vous haïssez plus tellement. Vous vous demandez si vous ne devriez pas pardonner.

Severus fut étonné par les paroles de l'ex-directeur, qui reflétaient tellement ce qu'il pensait.

- Maintenant que c'est fait, il y a un énorme non-dit entre deux personnes ici présentes. Et j'aimerais que ce non-dit disparaisse.


Lily sut tout de suite de quoi parlait Dumbledore. Alors elle s'avança, et regarda Severus droit dans les yeux.

- Les carnets du Prince de Sang-Mêlé étaient merveilleusement bien écrit. Ils parlaient d'une personne avec tant d'amour. Quand je les ai lu, j'ai senti mon coeur chavirer. J'aurais pu excuser tous les Sang-de-Bourbe du monde venant de l'auteur de ces carnets.


Qu'est-ce-que ce charabia ?, je me demandais ( Sirius ).


Lily reprit.

- Severus. Mon Prince de Sang-Mêlé.


Je souris. Ce qui allait suivre était évidant ( Remus ).


- Je regrette ce que je t'ai dit, poursuivit Lily.


Severus écoutait, les larmes aux yeux.

- Je t'aime. Severus. Autant que James, dit-elle en souriant à son mari.


Curieusement, James fut heureux pour son ennemi juré. Qu'importe, sa femme avait le droit d'aimer un autre, tant qu'elle l'aimait autant que lui. Elle était libre, après tout.


Severus se précipita vers Lily. Il la serra dans ses bras, de toutes ses forces, et l'embrassa. Son baiser était passionné, et Lily y répondit avec joie. Puis Severus la relâcha, et James embrassa à son tour sa femme.


Je souriais largement. La mort m'avait comblé, en me libérant de mon statut de loup-garou. Maintenant, elle comblait Lily, Severus et James. La mort était la meilleure chose qu'on puisse souhaiter à un homme désespéré.


Lily... Ainsi elle aimait deux hommes... Et elle était aimée des deux.


James sourit à Severus, et lui serra la main avec vigueur, sans arrière-pensée.


Dumbledore regardait cette scène de liesse générale en souriant à pleines dents. Tout est bien qui finit bien, songea-t-il. Et c'est ainsi que ce termina l'histoire des Maraudeurs, qui vécurent heureux jusqu'à la fin des temps ( oui je sais ça fait très très très très très très très très nunuche ).

THE END