Me revoilà avec un nouveau chapitre, désolée pour l'attente. J'espère qu'il vous plaira, bonne lecture !
Chapitre 6 : Renversement
«Renversant...» s'exclama Aro après un bon moment sans n'avoir rien dit. «Je ne vois...rien.»
Caius et Marcus se levèrent d'un même mouvement, et je vis tous les vampires de la pièce me regarder avec haine.
«Je me demande si tu résistes à tous les pouvoirs...» s'interrogea-t-il, à voix haute.
Je compris de suite. Il voulait tester le pouvoir de souffrance de Jane sur moi. Je savais très bien ce qu'il allait se passer, j'avais ce pouvoir. Je me tournais alors vers Jane en même temps qu'Aro. Je sentais le regard paniqué d'Edward à qui je dis par la pensée de se calmer, que je savais ce que je faisais. Je fixai Jane. Elle avait adopté un sourire narquois et je l'imitais. Elle me fixa et murmura «souffrance..». Rien ne se passa cependant. Mon esprit ainsi que mon corps étaient impénétrables. Le temps qu'elle comprenne cela, que son sourire s'estompe et que la panique commence à s'installer dans ses yeux, elle s'effondrait en un cri de douleur. Alec fit alors un mouvement vers moi qu'Aro stoppa net. Il éclata alors de ce rire si particulier et j'arrêtai cette torture. Jane se releva alors, complètement sous le choc. Elle sortit de la pièce, talonné par son frère, Alec.
«Vraiment épatant. Tu es celle qu'il nous faut Rosalie. Si les Volturi avaient la chance de te compter parmi ses membres...» il s'arrêta, rêvassant. «Carlisle a eu raison de vouloir te préserver, c'est vraiment un grand homme.»
«Merci mais je ne suis pas intéressée.» répondis-je simplement.
«C'est dommage, mais je m'en doutais. Très bien, je vous laisse donc repartir. Réfléchis à ma proposition tout de même, Rosalie. Tu seras toujours la bienvenue parmi nous.» poursuivis Aro.
Nous saluâmes Aro et sortions de là, raccompagnés par Félix et Dimitri. Ils se tenaient à présent à une bonne distance de moi cependant, ce qui me fit rire intérieurement.
Nous avions repris la route vers la maison. Edward conduisait et c'est alors que je sortis mon portable. J'avais un message : Embry !
L'un de nous viendra te chercher à l'aéroport à ton arrivée pour te ramener à la réserve, nous avons besoin de discuter de certaines choses avec toi.
Embry
Je ne pris même pas la peine de répondre, rebutée par la froideur de son message. Je ne le reconnaissais plus, je ne le comprenais plus. J'en fis part à Edward qui n'ajouta rien, ayant remarqué ma déception. Il n'appréciait peut-être pas les garçons, mais il savait parfaitement ce que je ressentais et respectais cela. Je passais le reste du voyage à me remémorer les bons souvenirs que j'avais pu avoir jusque là avec Embry, nostalgique de nos longues courses à travers les forêts et montagnes enneigées du nord du pays. Nous pouvions courir pendant des heures, parlant de tout et de rien, seuls, tous les deux.
Nous atterrissions enfin à Seattle. J'avais hâte de retrouver ma famille, n'ayant pas pris le message d'Embry au sérieux. J'imaginais mal qu'un de nos ennemis se déplacerait jusqu'ici pour une "buveuse de sang" comme ils disaient si bien. Alors que je m'apprêtais à suivre Edward, une main chaude m'attrapa par le bras, m'obligeant à faire face à celui qui me tirait.
«Jacob ?»
«Suis-moi, je te ramène à la réserve.» me dit-il.
J'étais très surprise et lançais alors un regard à Edward qui me sourit tendrement, me disant de ne pas m'inquiéter. Puis je suivis Jacob sans un mot. Il avait toujours ce mélange étrange de sentiments dans les yeux quand il avait plongé son regard dans le mien, comme s'il se forçait à cacher quelque chose qu'il avait énormément de mal à contrôler. Cette situation et donc les relations que je pouvais entretenir avec lui m'échappaient totalement, cela me frustrait même n'étant pas habituée à cela. Il s'installa au volant et moi du côté passager et démarra en trombe.
Une atmosphère pesante régnait dans la voiture et aucun de nous ne parlait. Au bout de plusieurs kilomètres, je lui posai alors une question, pour briser ce silence que je ne supportais plus.
«Où est Embry?»
Il garda ses yeux fixées devant lui.
«A la réserve.»
Son visage était complètement fermé, dur. Ça, j'aurais pu le deviner seule... Je reformulais donc.
«Pourquoi n'est-il pas venu me chercher ? Et pourquoi est-il devenu si bizarre depuis le jour où...» je me tus, ne sachant pas comment l'exprimer mais je savais qu'il comprendrait.
Il ne détacha toujours pas son regard de la route.
«Il a peut-être enfin compris que tu n'es pas fréquentable.» persifla-t-il.
Je ne répondis pas. Ma partie d'humanité était blessée et fatiguée après un tel voyage, j'avais réellement besoin de sommeil. Me tournant vers la fenêtre, je posais ma tête sur ma main et me laissais alors aller, bercée par les mouvements de la voiture et sombrai dans un profond sommeil. Je sentis le regard de Jacob se posait sur moi alors que je m'endormais.
Je me réveillai, sentant la voiture ralentir puis s'arrêter. Je n'arrivais cependant pas à ouvrir les paupières, trop fatiguée par le long voyage et toutes les émotions qui l'avait accompagné. Je savais juste qu'il faisait toujours nuit. J'entendis quelqu'un ouvrir ma portière et me soulever sans aucun effort. Je reconnus tout de suite son odeur et cette chaleur si familière...
«Doucement Embry, ne la réveille pas, elle est exténuée...» murmura Jacob.
Embry m'avait donc sortie de là et Jacob s'inquiétait pour moi... Impossible, non, je devais rêver. La fatigue prit cependant le dessus et je me rendormis, me collant contre le torse nu et chaud d'Embry, avant même d'avoir quitté ses bras.
Je me réveillai, éblouie par la lumière qui émanait de la petite fenêtre près de là où j'étais. Il me fallut quelques minutes pour me remettre les idées en place mais je n'avais aucune idée de là où je me trouvais, à part que j'étais à la réserve. Je me levai et me regardai dans le miroir. Je donnai un coup dans mes cheveux pour les recoiffer un minimum et apercevant ma valise, je me saisis de vêtements et de ma trousse de toilettes pour me changer et me préparer. J'entendais dans la pièce d'à côté les rires d'Embry et de Jared, ainsi que des bruits d'une personne entrain de cuisiner. Je distinguais, en plus d'eux trois, trois respirations supplémentaires. Je décidais alors de rejoindre le monde qu'il semblait y avoir à côté. J'ouvris la porte, m'engageai dans le couloir et débouchai dans un salon ouvert sur une cuisine. Ils étaient tous là : Sam, Paul, Jared, Embry et Jacob. Ce dernier était assis sur la chaise qui me tournait le dos. Une jeune femme, Emily -je l'avais découvert en fouillant son esprit- préparait à manger. Ils tournèrent tous la tête de la même façon quand j'entrai dans la pièce. Tous sauf Jacob, comme à son habitude. Embry se leva et s'approcha de moi. Je lui en voulais et j'étais prête à me battre avec lui tellement j'étais énervée.
«Rosalie, je...»
«Embry, je te conseille de reculer si tu ne veux pas te retrouver encastré dans un arbre dans la seconde qui suit.» le coupai-je, menaçante.
Il se tut, son visage se ferma et il se stoppa sans toutefois cesser de me regarder. Sam se leva alors et prit la parole.
«Ne lui en veux pas pour son attitude Rosalie, c'est notre faute..»
«Non c'est MA faute.» le coupa alors Jacob sans toutefois se retourner.
Je le toisai : je commençais vraiment à en avoir marre de ce petit garçon capricieux. Il prit sa tête entre ses mains.
«Et on peut savoir pourquoi ?» persiflai-je.
«Je te l'ai dit hier : je ne te trouve pas fréquentable.» murmura-t-il.
Et pourtant...cela sonnait faux. Il mentait je le sentais, je le savais. N'insistant pas, je décidai de passer à autre chose.
«Alors, depuis quand on invite les vampires à dormir chez soi?» lançai-je.
Personne ne répondit, tous avaient le visage fermé et dur. M'ignorant, Embry reprit.
«Alors ce voyage en Italie, Rosi... Rosalie?»
«Nous n'aurons aucun problème avec ces vampires d'Italie si c'est ce que vous vouliez savoir en m'amenant ici. C'était une simple visite de...courtoisie.»
«Il y a autre chose.» ajouta Sam, que je sentis un peu gêné.
Je ne dis rien, attendant la suite. Tous se regardaient, hésitant. Paul finit par lancer, sans prendre aucune précaution:
«C'est vrai que tu peux muter en loup, sangsue?»
«Paul !» le réprimandèrent Emily et Sam d'une même voix.
Il haussa les épaules et je lâchai un petit ricanement, me détendant enfin par la même occasion. Il était impossible de rester fâcher longtemps contre eux et encore plus contre Embry.
«Je croyais que ça devait rester secret.» dis-je me tournant vers Embry.
Il baissa les yeux. Je m'approchai de lui, déposai un baiser sur sa joue et lui adressai un sourire. Il me serra alors dans ses bras et chuchota quelques excuses à mon oreille.
«Je vous montre ?» lançai-je alors.
Sam acquiesça et je me dirigeai donc vers la sortie. Cinq loups m'emboitèrent alors le pas. Regardant Embry nous nous mirent tous deux à courir et les autres suivirent directement.
«1» dis-je.
«2» compléta Embry.
Et nous mutions. C'est alors que j'entendis toutes leurs pensées dans ma tête. Ils pensaient tous à peu près la même chose : ils étaient à la fois surpris et fascinés. Je fis demi-tour, regagnant la maisonnette et repris ma forme humaine. Les garçons suivirent.
«Tu es vraiment époustouflante.» me lança Sam.
