Hermione jeta machinalement sa cravata autour de son cou en frottant ses yeux encore endormis. Elle trébucha sur son sac et poussa un grognement sourd. Elle noua rapidement sa cravate rouge et or avant d'enfiler ses chaussures. Elle ouvrit la malle qui se trouvait au bord de son lit et y mit tous les livres dont elle n'aurait pas besoin aujourd'hui.
Si elle ne restait pas coincée au milieu des élèves à peine réveillés dans l'escalier, elle pourrait se rendre dans la Grande Salle à temps pour attraper quelque chose à manger. Elle devait quitter le petit-déjeuner tôt tous les mardis pour avoir le temps de se rendre aux serres à temps, et encore plus tôt pour pouvoir parler avec le professeur Chourave d'une plante qu'elle avait trouvé pendant ses recherches.
Hermione sortit de sa chambre et se retrouva derrière deux jeunes filles de sa maison qui bavardaient avec enthousiasme à propos d'un garçon. Leurs gloussements furent interrompu par une élève plus âgée criant à tout va d'utiliser le Récurvite après avoir utiliser la baignoire ce qui rappela à Hermione que ses cheveux étaient une vraie catastrophe bien qu'elle eu essayé de les plaquer sur sa tête en vain.
Elle tapota la poignée de sa porte avec sa baguette pour la verrouiller. Des dizaines de filles courraient entre les différentes pièces, habillées ou encore en pyjama,, certaines terminant rapidement certains devoirs ou encore commérant en regardant Hermione passer. Elle se crispa et serra son sac contre elle. Les rumeurs ne l'attendraient pas aujourd'hui.
Elle ralentit seulement lorsque son regard se posa sur une jeune fille à l'autre bout de la salle. Elle était plus jeune qu'elle, sa peau teintée de bleus à l'exception de tâches pourpres sur ses lèvres et ses paupières. Ses yeux étaient grands et profonds, brun foncé contrastant avec le blond foncé et filandreux de ses cheveux. Elle fixait Hermione qui déglutit, des frissons lui parcourant les bras et la colonne vertébrale. Elle leva son regard au-dessus de la tête de la jeune fille.
C'est juste une vision, se dit-elle. Mais ça n'effaçait pas la sensation qu'Hermione ressentait à propos de la fille. Il y avait quelque chose de sombre dans ses yeux. Elle sentit le souffle de la violence en elle comme à chaque fois que quelque chose allait mal se passer.
Juste une vision, c'est juste une vis-, se répéta t-elle. Hermione s'arrêta brusquement, ses chaussures raclèrent le sol. Froid. Une baisse de température, qu'elle n'avait pas sentit quelques secondes auparavant, qui lui picotait la peau. Elle s'attendait presque à voir le brouillard de son souffle lorsqu'elle respirait. Son regard se reporta sur la fill- la vision et elle vit la peau. C'est dans la largeur et le miroitement de ses yeux si intenses que Hermione s'attendait un cri tremblant à n'importe quel moment. Elle reconnu cette terreur, elle l'avait déjà ressentit auparavant.
- Tu as oublié quelque chose ?
Hermione sursauta lorsque le son lui parvint. Elle expira et relâcha son emprise sur le sac.
- Je pensais juste à quelque chose.
- A propos de la modification des charmes ? demanda Parvati. Je sais que McGonagall nous a demandé de faire des recherches dessus mais c'est impossible ou alors on a manqué quelque chose en classe.
La vision joignit ses deux mains en face de son visage, elle semblait prier.
- Je pense que la feuille était un indice mais on a encore rien fait avec des plantes cette année, ajouta Ginny, frôlant Hermione. À moins qu'elle insinuait que nous devrions utiliser une feuille.
Parvati passa à côté d'elle et Ginny se retourna vers Hermione. La vision avait disparu.
- Tu as découvert ce que voulait dire McGonagall ? lui demanda Ginny qui la regardait avec curiosité.
- Hein ? Oh, oui, oui..., répondit-elle faiblement en essayant d'organiser ses pensées tandis qu'elle suivait rapidement ses amies.
- On peut se retrouver au petit-déjeuner alors. Et faire une séance d'étude dans la salle commune ce soir. Tu as terminé ton devoir ?

Hermione dit au revoir à Ernie d'un bref signe de la tête avant de rejoindre la table des Gryffondor. Elle regardait, avec nostalgie, les étudiants rigoler entre eux. Son cœur se serra à la pensée de Ron et Harry. Poudlard n'était pas pareil sans eux. Et il lui était difficile de se souvenir quand elle avait passé plus de quelques semaines sans les voir tous les jours.
Elle avait envisager plusieurs fois de tout leur révéler, ils la croiraient, elle en était sûre mais ce n'était pas le peine. Ils étaient tous les deux bien trop occupés par leur travail d'Aurors qui incluaient des interrogatoires, des recherches et même quelques infiltrations, ça ne ferait que leur causer plus de problèmes. La réponse était quelque part dans ses livres, elle le savait. Elle avait affronté et triomphé contre des sorciers beaucoup plus intelligents et dangereux que la personne qui lui faisait vivre ce cauchemar.
Hermione laissa tomber son sac près du banc et jeta un coup d'oeil vers la table des Serpentard avant de s'asseoir. Malefoy semblait en pleine discussion avec Goyle, cependant ils changèrent de sujet lorsque Theodore Nott s'approcha d'eux. Elle le remarqua à la façon dont Malefoy releva le menton et inclina légèrement la tête sur le côté. Les trois jeunes hommes semblaient en désaccord avant que Malefoy dise quelque chose qui fit changer Nott d'avis. Après un long moment, il hocha la tête en signe d'approbation.
Intéressant.
Hermione avait essayé d'attirer l'attention de Malefoy en cours de Runes Anciennes, le seul qu'il ai partagé ce jour-là, mais il l'avait une nouvelle fois ignoré. Elle l'avait ensuite croisé dans un couloir du troisième étage mais il avait semblé plutôt pressé de se rendre à son prochain cours.
Elle avait besoin de lui parler de ce froid qu'elle avait ressenti et qui ne lui présageait rien de bon. Elle se souvint qu'il avait lui aussi ressentit des choses mais elle voulait savoir ce que c'était précisément. Après tout ce ne pouvait être qu'une coïncidence, le froid était plutôt rude en Ecosse.
Si Malefoy avait physiquement ressentit quelque chose, cela pouvait les aider à réduire leurs options. Elle n'avait jamais entendu parler d'un sort si complexe. Ce devait être une superposition d'enchantements et pas seulement sur elle ou Malefoy mais peut-être sur tout le château. Et si Malefoy avait vécu quelque chose comme elle, elle serait prête à parier que la source de ses problèmes venait d'une potion.
Hermione poussa un soupir frustré, faisait de son mieux pour paraître désinvolte alors qu'elle se pencha sur le côté pour voir derrière le chapeau géant de Luna. Malefoy se servait du jus de citrouille mais elle ne pouvait pas voir ce qu'il lui restait dans son assiette et elle ne savait pas quand il avait prévu de quitter le dîner. Et elle ne pouvait définitivement pas aller le voir et lui demander de lui parler en privé, elle ne savait pas ce qui arriverait si elle le faisait mais elle était sûre de ne pas vouloir tenter l'expérience.
Elle avait pensé lui envoyer un hibou mais il n'y avait pas de fenêtre dans la Salle Commune des Serpentard et son courrier était probablement surveillé lui aussi. Et elle ne pouvait pas lui parler des couloirs ou les tours même si elle arrivait à le suivre. Hermione plissa les yeux mais il ne sembla pas ressentir la puissance de son regard à l'autre bout de la salle.
Elle sentit une vague de désespoir monter en elle alors qu'elle tentait de se convaincre qu'il allait quitter sa table dans une poignée de minutes. Elle allait devenir folle si elle n'arrivait pas à lui parler tout de suite. Elle était déjà assisse à sa table depuis une quinzaine de minutes et avait à peine avaler trois bouchées. Elle devait faire quelque chose.
Hermione regarda les élèves autour d'elle, tous occuper à discuter entre eux ou à se servir encore plus de poulet. Luna était la seule qui pourrait le voir mais elle semblait trop occupé à regarder le ciel au-dessus d'elle. Saisissant son sac, Hermione se leva et attrapa son assiette du bout des doigts. Elle enjamba le banc et tira d'un coup sec sur l'assiette.
Elle grimaça lorsque le silence tomba dans la Grande Salle, les oreilles rouges et les chaussures couvertes de purée de pomme de terre. Elle prit une profonde inspiration et se tourna vers Malefoy. Elle le regarda le plus sérieusement possible, penchant sa tête en avant et levant les sourcils.
- Reparo, dit Dean alors qu'Hermione nettoyait ses chaussures d'un coup de baguette.

Hermione allait et venait entre les deux tables nichés au fond de la bibliothèque. Là, où elle s'installait toujours. Elle l'avait rarement partagé avec quelqu'un depuis sa quatrième année. Un filet d'eau glissait sur le mur avant de disparaître dans le sol.
Malefoy était de l'autre côté de l'étagère, il s'était évaporé lorsqu'une Serdaigle de sixième année les avait remarqué ensemble. Maintenant, elle attendait qu'il réapparaisse.
Si ces réunions devenaient récurrentes, ils devaient trouver une excuse valable pour qu'ils puissent se retrouver sans que personne ne se pose trop de questions. Les gens curieux étaient la dernière chose dont ils avaient besoin en ce moment.
Hermione courait presque pour le rejoindre et Malefoy haussa un sourcil lorsqu'elle faillit lui rentrer dedans. Elle se redressa légèrement pour mieux définir leur espace personnel avant de s'éclaircir la voix.
- Je suis contente que tu ais eu mon message.
- Oui, dit-il d'une voix traînante. Et bien si toute la salle n'avait pas été aussi distrait par ta maladresse je suis sûr que la moitié d'entre eux auraient compris aussi.
- Quand tu m'as dis que tu avais toi aussi ressenti des choses avec les visions, commença t-elle en décidant de l'ignorer. Qu'est-ce que tu voulais dire par là ?
Il resta silencieux.
- Ce n'est pas une question piège, soupira Hermione. Tu as ressenti quelque chose ou alors réellement senti quelque chose ?
- Tu veux dire physiquement ? Non.
Les épaules d'Hermione s'affaissèrent. Elle n'avait pas réalisé à quel point elle avait voulu que ce soit le cas jusqu'à maintenant.
- Je vois. J'ai senti quelque chose ce matin.
- J'avais compris. Tu l'as touché ?
- Quoi ? Non. Ce n'était pas... Et bien, je n'étais pas assez proche mais je suis sûre que ce n'était pas réellement une masse. J'ai ressenti du froid. Il était bleu et, je me sentais bien. Comme si je l'avais touché, expliqua t-elle.
C'était peut-être trop personnel pour être révélé, elle se sentait maladroite et ce sentiment était renforcé par l'expression sur le visage de son interlocuteur.
Il y eu un silence lourd pendant de longues minutes, elle se força à fixer le mur devant elle.
- Du froid ? finit-il par dire d'un ton moqueur. On est en Novembre. Le...
- Je le sais ça, s'exclama t-elle, agacée, en posant son sac sur une des tables. C'était peut-être un courant d'air ou une coïncidence mais ça semblait être autour de la vision seulement. Je voulais juste vérifier parce que si ce n'est pas une coïncidence si ça reproduit, il y a des chances pour que ce soit une potion.
Les yeux de Malefoy se posèrent sur le sol et elle ouvrit la bouche pour expliquer sa théorie mais il la devança.
- Il n'y a pas de Charme de Refroidissement localisé à moins qu'il soit lancé sur un objet mais il aurait fallu qu'on le touche. Il y a des sorts qui produisent des visions, ou des cauchemars hallucinés mais...
- Nous voyons les même choses parfois, exactement. Mais cela nécessiterait plusieurs charmes, un pour créer la vision, un pour que nous soyons les seuls à les voir et un pour nous empêcher de les détruire. Ainsi qu'un charme de Mobilité, puisqu'elles bougent. Et si ce n'était pas une coïncidence, un sort qui produirait...
- Les visions peuvent se déplacer grâce au même sort qui nous permettent de les voir.
- C'est une possibilité, acquiesça Hermione. Mais comment expliques-tu que les visions soient différentes quand nous sommes seuls et que ce soient les même visions quand nous sommes ensemble ? Comme l'eau qui coule en ce moment, demanda t-elle alors qu'ils se tournaient tous les deux vers la petite cascade d'eau. Il faudrait que ce soit un sortilège jeté sur un objet dans les environs et donc le Sort de Mobilité est nécessaire.
- Il a des malédictions qui créent des visions de l'inconscient.
- Mais pourquoi je verrais les tiennes et toi les miennes ? Sans oublier que pour certaines des visions que j'ai eu, ce sont des personnes que je n'ai jamais vu ou imaginé.
Elle n'avait pas prévu d'avoir cette discussion avec lui, mais elle ne pouvait plus se taire. Elle était fatiguée de toutes ses listes et ses diagrammes. Peut-être que Malefoy trouverait quelque chose auquel elle n'avait pas pensé.
- Ce qui est dans notre subconscient ce ne sont pas des choses qui ce sont forcément produites ou auxquels on a pensé. Comme la façon dont les gens rêvent de personnes qu'ils n'ont jamais connus. L'image pourrait être plus forte dans l'esprit d'une personne que dans celle d'une autre. Et c'est l'image que nous voyons tous les deux.
- Mais une potion aurait pu être créée dans le même chaudron pour nous lier ce qui expliquerait pourquoi nous avons les même visions ou un sort aurait du être lancé sur chacun de nous au même moment. A moins qu'il est été jeté sur un objet que nous portons...
Elle baissa les yeux sur ses mains, ses poignets et son cou. Il ne portait aucun bijou. Il la regarda stoïquement.
- Si nous ne sommes pas lier d'une certaine manière, il nous serait impossible de voir les même choses. Sauf si les charmes sont placés sur des objets, continua t-elle.
Malefoy secoua la tête.
- Quoi ? demanda Hermione.
Il prit une profonde inspiration.
- Ça n'a pas de sens, Granger. Personne ne prendrait tant de risques pour jeter des charmes sur les objets, c'est beaucoup trop dangereux, il a beaucoup d'autres meilleures options. Ce choix serait stupide pourtant le sort en lui-même est assez rare pour montrer une certaine intelligence.
- Peut-être que c'est la raison pour laquelle il a été choisi. Il est rare, malgré les inconvénients et les efforts supplémentaires.
Il la regarda de la même manière dont il avait l'habitude de le faire lorsque Neville faisait exploser un nouveau chaudron.
- Il a des centaines de sorts qui permettent d'avoir le même résultat en utilisant qu'une seule incantation, expliqua t-il.
- Tu as dit que c'était à la fois intelligent et stupide alors peut-être qu'il y a deux personnes...
- Non, le choix le plus intelligent aurait été de choisir un sort seulement, répondit Malefoy.
La rapidité de sa réponse lui fit deviner qu'il avait déjà pensé à cette éventualité.
- Mais nous ne pouvons l'exclure de nos possibilités, lui dit-elle. J'ai appris à ne jamais sous-estimer la stupidité d'un adversaire. Si l'effet physique se reproduit, nous pourrons exclure un sort ou un charme. Mais jusque là...
- Est-ce que quelqu'un d'autre l'a ressentit ?
- Hein ?
Pas la plus intelligente des réponses.
- Le courant d'air froid.
- Oh. Je ne sais pas. Personne n'a rien dit.
- Toi qui ne veut jamais te taire pourtant. Si ça se reproduit, essaie de demander, lui proposa t-il, un air de mécontentement sur le visage.
Elle lui lança un regard furieux qui ne sembla pas lui faire un grand effet. Elle ne lui parla pas du regard de Ginny, plutôt suspicieux – il ne s'en soucierait pas et n'avait pas de temps à perdre.
- Tu as trouvé quelque chose d'intéressant ?
- Non, répondit Malefoy en ouvrant son sac à la recherche des livres qu'il avait emprunté.
- On devrait se retrouver ici, demain après le dîner. Au cas où quelque chose se passe.
Il hésita mais la vision de mini-cascade qui se trouvait près d'eux sembla lui faire changer d'avis.
- D'accord.
- Merveilleux, dit-elle avec lassitude en retournant s'asseoir à sa table.