Hermione suivait Padma et Parvati Patil qui se tenaient bras-dessus, bras-dessous et riaient de bon cœur avec une autre Serdaigle de septième année, appelée Alice. Hermione se concentra sur les escaliers devant elle, en essayant d'oublier le sentiment d'être observée qu'elle ressentait. Le temps qu'elle avait passé avec Harry et Ron à la recherche des Horcruxes, l'année dernière, l'avait considérablement rendu paranoïaque et maintenant son instinct lui disait de trouver un schéma logique pour expliquer ses illusions et s'assurer qu'elle ne devenait pas folle.
Furieuse, elle pensait de plus en plus à la personne qui lui faisait endurer tout ça et à quel point elle devait trouver ça réjouissant.
Les bras de Ginny la frôlaient à chacun de ses pas et la jeune fille resserra le col de sa robe de sorcière contre elle, plus ils montaient plus le temps se refroidissait. Hermione se demanda si les Charmes de contrôle de la température avaient été mis en place, selon l'Histoire de Poudlard, ils étaient généralement installés en Novembre dans la volière mais ça ne semblait pas être le cas pour l'instant.
- Tu as écris une lettre à Harry ? demanda Hermione à Ginny pour briser le silence entre elles.
Elle avait essayé toute la journée de calmer l'humeur maussade de son amie mais il semblait que plus elles se rapprochaient du haut de la volière plus Ginny restait silencieuse et se tenait le plus droit possible. Hermione tenait sa propre lettre à Harry où elle lui annonçait qu'elle ne pourrait pas rester chez lui ce week-end. Elle voulu demander à Ginny d'inclure sa lettre dans la sienne mais ça avait semblé une très mauvaise idée.
- Oui, je ne comprends toujours pas pourquoi McGonagall n'autorise pas les septièmes années à avoir leur week-end de repos annuel. Elle pourrait au moins laisser Harry et Ron nous voir. Ils ont gagné la Guerre à cet endroit mais ironiquement c'est contre le règlement de les laisser venir.
Hermione se mordit le bout de la langue pour ne pas se lancer dans une explication des règles de l'école. Il y eu un moment de silence avant que Ginny ne reprenne la parole, plus faiblement.
- Je ne sais pas pourquoi ils tenaient tant à devenir Aurors. Normalement, nous ne devrions plus avoir à nous faire du soucis pour eux.
Ron avait refusé de parler à Hermione pendant une semaine entière lorsqu'elle lui avait suggérer de trouver un vrai travail et de laisser l'aventure et le danger de côté. Elle n'avait probablement pas choisi les bons mots mais tout ça l'avait effrayé. Ça l'effrayait toujours. Mais elle savait aussi que c'était une partie de qui ils étaient et qu'elle n'avait pas le droit de les empêcher d'être eux-même. Ce serait toujours une partie d'eux qu'elle le veuille ou non.
Il était facile de les aimer mais parfois elle avait l'impression que c'était la chose la plus difficile à faire.
- Au moins, les vacances de Noël seront bientôt là, dit Hermione avec un peu trop d'enthousiasme pour paraître sincère.
- C'est vrai, soupira Ginny.
Devant elle, Alice était surexcitée à l'idée du prochain week-end à Pré-au-lard et proposa même à Hermione et Ginny une sortie entre filles pour passer du temps ensemble. Hermione roula des yeux, ce qui n'était pas une bonne idée car elle montait un escalier étroit et raide. Elle trébucha sur une marche mais se rattrapa maladroitement sur le mur, le froid engourdissant sa main qu'elle retira rapidement. Elle jeta un coup d'œil sur le mur. Ce n'était pas normal. La pierre ne devrait pas être aussi froide.
La paranoïa faisait son retour et des frissons lui parcoururent le corps. Elle pourrait jurer que quelque chose la regardait encore.
L'odeur de la nourriture pour oiseaux et d'excréments poussa les autres filles à se couvrir le nez et à courir un peu de partout lorsqu'elles entrèrent dans la pièce faiblement éclairée par la lumière de la lune. Le hululement de centaines d'hiboux et de plumes qui s'ébouriffent ajoutés aux grands yeux ronds qui semblaient fixer Hermione lui procurèrent un sentiment étrange et peu rassurant.
- Dépêchons-nous, murmura t-elle en attachant sa lettre à la patte de l'hibou le plus proche.
Hermione plissa les yeux pour essayer de déchiffrer le parchemin qu'elle tenait dans les mains. L'écriture de Malefoy était généralement appliquée mais il avait rédigé ses notes avec vitesse et elles étaient presque illisibles et lui donnait un terrible mal de tête. Uva... tr-trampfigure ? Une transfiguration, non ?
Ses annotations étaient intéressantes une fois qu'on arrivait à les déchiffrer. Elle...
Hermione cligna des yeux, les doigts se resserrant autour du parchemin chiffonné qu'elle tenait. Elle refusa de regarder autour d'elle. L'illusion partirait bien assez tôt et elle préférait s'intéresser aux livres et aux notes répartit autour d'elle. Mais elle l'empêchait de se concentrer et Hermione sursauta lorsqu'elle aperçut une pair d'yeux la fixant. Elle se leva rapidement et pointa sa baguette, qu'elle venait de sortir de sa table de nuit, sur la vision. Les yeux à l'intérieur du mur clignaient quand soudain des épaules, un torse et une main crispée apparut, de la même couleur que le mur se fondant dans la pierre. La chose ferma les yeux et pencha la tête en avant pour sortir du mur, révélant ainsi un nez crochu et une tête chauve avec trois bosses sur le haut. Ses yeux s'ouvrirent et croisa le regard d'Hermione, son cœur tonna. Ce n'est pas réel. C'est seulement de la magie, il ne peut pas me faire de mal. Mais il semblait tellement réel, elle avait l'impression de pouvoir le toucher.
- Stupéfix !
Juste pour être sûre, absolument sûre.
Hermione s'arrêta tandis que le sort semblait s'enfoncer dans le mur plutôt que de le frapper. Hermione avait raison, personne n'était vraiment là. Ce ne pouvait pas être un objet enchanté non plus, le charme l'aurait désactivé. Et elle avait pris l'habitude d'inspecter sa chambre tous les soirs pour vérifier qu'aucun objet suspect ne s'y trouve.
Elle ne sentait rien de différent, et elle se trouvait plus proche qu'elle l'avait été de la jeune fille. Elle se souvint de la volière et retint son souffle tandis qu'elle leva la main pour toucher le mur.
Un bras jaillit subitement et la fit sursauter en arrière, haletante. Pendant un instant, une chaleur se propagea dans son propre bras et Hermione écarquilla les yeux. Jamais elle n'avait eu ce niveau d'interaction avec une vision. Jamais elles n'avaient réagit à quelque chose qu'elle avait fait.
Elle devait se débarrasser de ces choses définitivement.
Enfin, elle le trouvait. En ne voyant pas Malefoy au petit-déjeuner et au déjeuner, elle s'était demandé si il n'avait pas eu l'autorisation de rentrer chez lui pour le week-end. Mais elle ne s'attendait pas à le voir dans le couloir qui menait à la salle commune des Gryffondor. Flitwick parlait avec Goyle qui, comme toujours, semblait ne pas comprendre ce qu'on lui disait. Pendant ce temps, McGonagall était en grande discussion avec Nick-quasi-sans-tête et pointait un doigt en direction d'un trou béant dans le mur. Malefoy regardait attentivement quelque chose qui échappait à Hermione et qu'il faisait danser entre ses doigts.
Son visage brillait et c'était la première fois qu'elle le voyait transpirer. Non, c'était lors de la Grande Bataille. Et probablement des dizaines de fois après un match de Quidditch aussi mais elle ne s'en rappelait que vaguement. Il repoussa quelques cheveux qui lui tombaient devant les yeux. C'est alors qu'elle remarqua la masse noire qui se faufilait sur le sol. L'avait-il remarqué aussi ? Avait-il ressentit le froid qu'elle répandait ? Elle attendit un moment pour voir si il réagissait mais ne lui lança pas un seul regard.
Peut-être qu'il l'avait ressentit aussi mais était beaucoup plus doué qu'elle pour l'ignorer.
Hermione murmura le mot de passe à la Grosse Dame et fut soulagée de voir que le portrait n'essayait pas désespérément de faire la conversation. La salle commune était animée par les étudiants électrisés par l'excitation du week-end. Elle les ignora pour se rendre directement dans sa chambre.
