Je vous présente mon cinquième chapitre, j'espère vraiment que vous allez aimer !
Bonne lecture.


Lily, elle était un monstre d'amour noir, chaque battement de cils : comme un au revoir.
Et chaque soir, tout prête à vous décevoir.


On dit que Lily, fille de campagne et femme mauvaise, ne vivait jamais seule dans sa grande maison mais, personne ne savait si c'était parce qu'elle avait au contact de la célébrité très jeune qu'elle s'était irritée seule face aux flash des photos et qu'elle avait rongé ses doigts, qu'elle avait broyé sa famille. Ses doigts noirs (parce qu'elle avait remué la terre du jardin) s'accrochaient vivement à la manche de son père, elle lui volait ses lunettes, s'amourachait de son reflet. On l'abandonna un peu après. Son frère lisait des runes sur les marches, il crachait sur le parquet, il annotait ses manuels scolaires, elle lui posait des tas des questions mais, elle ne s'était jamais dit un jour qu'elle était indiscrète. C'était son frère. Après son départ, on s'en sait rien - ou pas grand-chose, elle était une sorte de petite créature qui se débattait dans son lit, qui rêvait du noir mais, quand elle s'est ouvert le coude en tombant des escaliers, elle a découvert que le sang qui sortait était blanc. Les doigts de sa main étaient roses mais, la malédiction persistait. Soigne ta langue, Lily.
C'était l'épuisement qui la maintenait colorée.
Oh, comme elle s'est crue gonflée de joie quand elle était entourée.


Scorpius avait surtout cherché à éviter le mitard pour se faire bien voir, pas se faire avoir et profiter chaque jour de sa liberté. Et pourtant, comme il s'était senti enfermé et cloisonné quand il courait chercher Lily. Si elle était méchante et cruelle, il se vengeait. Il cassait des objets, donnait des coups de pied aux meubles. Scorpius avait toujours eu le titre de second meilleur élève de sa promotion. Sa famille était fière, les professeurs étaient admiratifs (sans jamais l'avouer). S'il avait obtenu le succès d'estime de la société, jamais il n'avait été accepté. Il la pris comme une injustice.

Mais Lily allait venir, elle allait lui expliquer, parce que si sa chambre lui paraissait horrible, elle était satisfaite du peu de couleurs de Scorpius : du blanc et du blanc sur un fond noir. Elle aurait eu une espèce de réel enthousiasme à lui parler comme à un enfant pour lui dire que même s'il était une sorte de fonctionnaire sous-payé alors qu'il avait obtenu son diplôme avec brio, il était son unique à elle. Qu'il avait la fille de. La plus jolie des filles de. Seulement, elle aurait tout compensé en salissait les sols en se traînant par terre. Tout cela n'a pas de sens mais, sa vie est une sorte de sommeil laiteux. Sur son lit, elle dirait avec sa vitalité de demi Weasley que si elle était lasse de l'absence de confiance de son amant, elle ne prêchait jamais si elle ne croyait pas. Que l'amour à sens unique était sa loi, qu'elle allait se servir de lui - un peu, qu'elle ne s'était jamais détestée pour quoi que ce soit, elle avait juste regrettée d'avoir tout pourri.

« - Dors bien.. »

Alors, il s'était endormi soudainement, la main sur son bras, elle avait fermé les yeux pour le regarder bien éveillée.


Ils ont eu des tas de sévices et des bagarres avec les mots, Lily, la petite actrice. Scorpius qui faisait toujours des caprices, il se battait et il y avait de la malice jusqu'au bout de ses phrases. Oh, elle plisse les yeux et elle est là, l'injustice. Il glisse sa main sur sa cuisse, s'il ne dit pas qu'il l'aime, c'est un sacrifice.
Qu'elle reste encore un peu, l'impératrice.


Dans l'appartement en colocation de Scorpius, c'est une sorte de bordel organisé, une sorte de loft bobo tout près du centre-ville sorcier. L'appartement, dès le jour levé, est comme poudré de lumière.
Dans la cuisine en bois, le blond avait sorti les vieux vins, la crème de vinaigre, les confits de figue, le sel aux herbes de Provence et il y avait l'odeur du pain d'épice - son dessert préféré, qui flottait dans l'air. Il avait sorti le grand jeu pour son dîner avec Lily. Il ne pensait pas qu'elle accepterait alors, comme elle a dit oui, il ne pouvait, ne devait pas faire n'importe quoi. Il voulait avant tout l'impressionner. Mais il n'était même pas encore sûre qu'elle se pointerait à l'heure ou même qu'elle lui fasse l'honneur de sa présence. Mais la porte s'est ouverte. Elle a jeté son sac dans l'entrée. Elle est rentrée dans la cuisine comme une furie, elle regardait partout. Elle arquait un sourcil devant ce spectacle peu.. habituel.

« - Ce n'est pas très Malfoy de cuisiner sans magie...
- Ce qui n'est pas très Malfoy, c'est de cuisiner sans elfes. »

Lily elle souriait. Elle riait presque. C'est déjà ça, pensait Scorpius. Il contemplait son sourire d'un air bête, parce que c'est un chef-d'œuvre en élaboration, les premières lignes d'un tout, un tout petit peu de merveilleux. Lily, tu n'aurais jamais dû sourire. Il pris son sourire comme une faveur.
Lily, elle était encore fardée comme une adolescente. Devant la glace, on lui rappelait sans cesse à quel point elle était jolie et bien née. Dans les zones d'ombres comme de clartés, il n'y a qu'une Lily Potter, qui rétorque au martinet, avec son si petit nez droit, elle est ravissante, rouge de ses hautes pommettes.
Lily est un électrochoc, elle est poignante jusqu'à son petit sourire de duchesse. Effarante de beauté. Déjà ennuyée de regarder Scorpius aux fourneaux, elle déambulait dans l'appartement, soulevait les coussins, guettait presque les poussières. Elle remarqua une pile énorme de livres.

« - Ta passivité.. C'est horrible, Scorpius. N'est-ce pas ? D'ailleurs.. tu ne devrais pas aider Agnès à préparer son mariage ?
- Quel mariage ? »

De la cuisine, il pensa d'abord ne pas avoir bien compris. Mais il comprit quand elle revint après quelques secondes.

« - Si Agnès allait se marier, crois-moi que je serais au courant. D'où tu tiens ça ?
- Je l'ai vu dans une boutique de robes de mariées, sur le Chemin de Traverse. »

Il y a eu l'air perplexe. Il ne méprisait pas les gens - surtout pas Lily mais, il gueulait et de son haleine de whisky, il se jetait sur les gens pour les mordre. Qu'est-ce qu'elle racontait, encore ? Lily ne voulait pas le supplier, que de grâce, il réponde sans sollicitation. Qu'il explique un peu plus. Lily n'était jamais curieuse, elle se foutait bien de que les autres pouvaient faire ou supporter mais, Agnès Rowle, quoi qu'on en dise, on voulait toujours en savoir plus. Elle n'aurait pas pu vous l'expliquer mais, c'est parce qu'elle semblait toujours capable de séparer la vérité des choses. Scorpius semblait presque peiné :

« - Je crois qu'elle voit quelqu'un.
- Qui ?
- Je n'ai pas demandé. »

Il a ouvert une bouteille de blanc.

« - A quoi buvons-nous ?
- Buvons à.. moi.
- Si je dois te célébrer, Scorpius, mon amour, c'est uniquement pour ton enterrement. »

Ils ont trinqués quand même.


Après la soirée, les vins blancs et les crèmes d'olives, la dispute jusque tard dans la nuit, ils s'étaient embrassés, caressés. C'est un final délicieux et grisant, un rituel sans rides. Après si peu d'années. Au réveil, lorsque Scorpius a ouvert les yeux, il a cherché le rouquine dans ses draps. Elle n'était pas là. Bien sûr qu'elle n'était pas là. Mais, une petite note trônait sur son oreiller :

" J'ai emporté ta bouteille de vin. Tu ne m'en veux pas. C'est une sorte de souvenir de ta nuit de poésie.
Une poésie du genre, 'Tu me bousilles' mais tu sais vraiment bien le faire. "

Il fallait aller à l'encontre de ce que l'on voulait vraiment. Une impasse. Lily qui inonde tout sur son passage, qui voulait tout enfouir et étouffer Scorpius sous les oreillers, qui voulait le passer par dessus bord mais qu'il reste un peu encore. Le tuer un peu après. Pas ce soir.. Demain, ou plus tard.


Lily se souvient très bien d'une soirée au ministère. Il y avait toute sa famille. Elle devait avoir quelque chose comme neuf ans. Son frère était encore obligé d'assister à ces fêtes "vraiment pourries". Elle l'avait collé toute la soirée.
Les Malfoy étaient là. Astoria cachait son fils unique dans son dos. A l'époque, elle se traînait la sacro-sainte Agnès qui n'avait pas de maison pour les vacances. Elle avait un peu honte d'elle mais, elle se sentait comme.. obligée.

Ce dont Lily se souvient, c'est de sa mère qui avait tellement de peine pour la petite Rowle, elle avait tellement pitié pour elle. Ginny se sentait presque coupable de son sort, les yeux ronds de fascination. Elle s'était prise d'affection pour son minois de poupée et elle avait même ajouté : Voilà une demoiselle exemplaire qui n'a l'air jamais perturbée par quoi que ce soit.
Comme elle est belle. Tu ne trouves pas ?


C'est jeudi. C'était un soir de pluie, de la bonne grosse pluie et Scorpius se souvient avoir pesté pour chaque goutte qui lui tombait sur le visage. Il pestait parce qu'il avait passé la soirée à attendre Lily dans un bar miteux et qu'elle n'était pas venue. Elle n'était pas venue. Il pensait vraiment qu'elle avait grandi, que cette fois-ci, depuis le dîner de la semaine passée, elle s'était enfin destinée à une relation stable. Mais elle n'était pas venue.
Plus tard, elle se donnera pour excuse un pitoyable : « - Désolé, j'avais oublié. »
Lily ponctue les moments cruciaux de sa vie d'un désolé. Elle parle une langue étrangère.

Elle a écrasé la peau de ses bras, elle s'est pressée pour en faire des lambeaux. Une maison aussi noire que la nuit. Tiens-moi comme une embrassée, de la peau encore chaude des morsures dans le cou. Et on les retrouve çà et là, en train de trembler ou dormir à poings fermés. Elle parle très fort pour qu'il l'entende mais, il ne parle jamais. Surtout pas pour répondre. Qu'est-ce qui intrigue les hommes ?


Scorpius, il avait la peau douce des beaux garçons, son amour, il le donnait sans rançon.
Il considérait l'amour de Lily comme une consécration.


Le bijoutier dépose un écrin sur le comptoir en verre. Il remet en place ses gants blancs et il soulève vers la petite lampe une bague en argent.

« - Elle est très belle, n'est-ce pas ? »

Agnès s'approche un peu plus près. Elle est comme frappée. Elle regarde le bijou d'un oeil émerveillé et le bijoutier glisse la bague le long de son annulaire, tout doucement. Elle apprécie ce moment, comme l'unique. Uniquement elle. Elle ramène sa main ornée du bijou contre sa joue et il n'y a plus qu'elle. Elle observe son reflet contre le petit miroir contourné d'or et elle se regarde. Elle a un sourire inexplicable.

« - Qui est votre fiancé ? Si ce n'est pas trop indiscret..
- Vous seriez jaloux, il est très beau.. »

Il ne retient pas son sourire amusé. Elle est adorable, il pense.

« - Je la prends. »


Comme dans les baisers, soulève-moi et respire-moi, les cheveux et les os. Et quand elle marche le long des couloirs, elle se cogne contre les murs, exprès, elle écoute son cœur battre, trébuche - exprès, chantonne une comptine de petite fille.
Pour l'évènement, Lily a mis sa robe de princesse, la bleue très clair, presque blanche, ses cheveux détachés, même pas coiffés.
Les dîners, les mondanités, on dirait qu'ils n'en finissent jamais. On y retrouve les auteurs à succès, les vieux politiques tout gris, tous les beaux esprits qui se retrouvent pour se gausser des scandales et fumer des cigares sur le balcon. L'orchestre broie les oreilles, la masse compacte des femmes pomponnés comme pour un vin d'honneur rient un peu aux vannes du ministre de la magie, l'élégance exquise, quand elle est donnée au centuple par le charmant métier qu'est d'être charmante. Si la société sorcière existe, est-elle encore bien vivante ? La poudre est de rigueur.
Les jeunes femmes ont des airs de gentilles grand-mères qui demandent des nouvelles de personnes importantes sans écouter une seconde les réponses. Les prétentieux arrivent toujours en dernier.
Lors de ce genre de soirée, où elle trône comme une jeune fille à marier, Lily boit un peu et elle ne décolle pas du buffet. Sa mère est là, aussi. Encore. Entre deux salons littéraires. Comme elle est devenue snob, sa mère. Elle ne semble pas encore lassée de se pavaner :

« - Alors Lily, tu t'amuses ?
- Cette soirée se solde par... une très grande solitude, je dirais. C'est une variante de la mort, n'est-ce pas, Maman ?
- C'est radical ce que tu dis, ma chérie. »

Elle quitte sa mère, l'air passablement vexée. Il est vain de tenter de retenir nos fantômes. Ils s'appuient toujours contre le cou, se presse contre les bleus aux genoux, ils disent "je suis là" et elle ne voit plus la lumière des lustres.
Comble de l'horreur, Rose Weasley, la cousine adorée vient tout juste d'arriver. Elle se souvient tout doucement de l'éternelle mésentente. Elle était dans sa chambre, si petite, sous les combles, quand elle vivait un peu en attendant la suite, où elle vient encore s'achever ou se reposer. Le croisement d'une route. De toutes les routes, il y a celle qui mène jusqu'à l'errance profonde : la maison rouge. Rose lisait tout le temps au pied de son lit, Lily coiffait ses longs cheveux, elles se soignaient, écoutaient leurs respirations, elles ne vivaient pas d'histoire, se violaient à coup de cris de fille. Elles allaient embêter Albus qui dormait encore.
Les présences féminines encombraient la grande maison de ballets roses et l'éclat des presque soeurs, des rouquines qui avaient oublié ce que chuchoter voulait dire. Elles se tiraient les cheveux ou jouaient, pour s'endormir sur le canapé, dès la nuit levée.
Elles ont grandi.
Rose lui adresse un regard indifférent, elle porte sa coupe de champagne à ses lèvres et elle rejoint James.
Elle tourne la tête. Elle ne va pas voir ce qu'elle n'a pas. Mais elle aperçoit Scorpius, seul, qui marmonne tout seul dans un coin de l'étage. Il est si beau, dans son costume noir un peu trop grand, les cheveux tout aussi décoiffés que ceux que de Lily, les yeux cherchant la mer, comme la célébrité avait l'air, sans sembler une seule seconde. Elle le rejoint après s'être entraîné à paraître surprise.

« - Pourquoi tout le monde boit, sauf moi ? Il dit cela comme si rien d'autre n'avait d'importance.
- Ce soir, nous sommes tous esclaves du vin de noix. Emmène-moi danser.
- Non, on arrête tout. Maintenant. »

Elle ne comprend pas. Il retient son souffle. Il voulait dire des tas d'autres choses, des pourquoi, des qui es-tu ? Mais il n'a rien dit. Elle a semblé au moins comprendre cela. Il s'est avancé vers elle, il a tâché la joue de Lily avec un baiser et il est parti.

Au bout de la salle de danse, il y a Rose et James qui ne la lâche pas du regard.
Elle a fait comme si elle ne les avais pas vu et vulgairement, elle avait laissé entrer juste après elle, l'aube, par la grande porte, elle en avait fini des fils de douleur, tout ce qui luisait dans l'obscurité, tout ce qui souriait dans les deuils. Elle était seule.


Choisir la mort à tout autre défaut, à défaut. Se tuer parce qu'on n'a pas été aimé. Se tuer des rapports. Se comparer à un démiurge pour rentrer au contact de toute chose, s'achever dans une violence ou dans une position de domination. Rencontrer les choses sans pouvoir les toucher ; il fallait être condamné et Lily l'a été. Comme elle a eu l'air belle et sans failles, comme elle avait l'air. Recherchant l'ultime moment : ce que sa vie n'avait jamais pu lui donner. On peut dire qu'elle a été très capricieuse de chercher sans relâche, qu'elle a été idiote de ne pas se contenter de tout ce qu'elle avait, elle savait que sa dernière minute ne serait jamais sa fin. Elle était éternelle, et ça - c'était suffisant.

« - Ma peau : elle m'appartient. Ma fourrure n'était que mon hôte, je laverais tout pour mieux jeter. »


C'est l'histoire d'un mec qui a tout à se prouver et d'une fille qui n'a rien à faire.
C'est l'histoire d'une fille qui aime bien voler pour perdre.
C'est l'histoire d'un mec qui sourit pour un rien.
C'est l'histoire d'un couple qui n'a jamais été correctement présenté au monde.
C'est une question de vie ou de mort, à compter qu'il y ait une question.