Bonsoir !

Nouveau chapitre ! Très court, mais bon ce ne sont que des petites scènes. Je ne sais toujours pas comment je vais finir, mais peu importe x)

Bonne lecture !


James était sorti du MI6 en même temps que Q. Pour ne pas dire qu'il l'avait attendu. La nuit était tombée depuis longtemps, le vent était glacial. James avait pu remarquer que son jeune armurier rentrait toujours à pieds, sans doute parce qu'il n'habitait pas très loin. Et peut-être aussi parce que les bus ne passaient plus à l'heure où il sortait du bureau. Ou il n'avait simplement pas le permis.

Alors que le garçon allait tourner au coin de la rue, James accéléra le pas pour le rattraper. Il allait l'appeler lorsque Q se retourna soudainement et pointa une arme sur lui. Et ça n'avait pas l'air d'être un faux. James se retint d'éclater de rire, il la tenait tellement mal qu'il aurait pu rater un éléphant à trois mètres. Le reconnaissant, Q baissa son révolver, les mains encore tremblantes.

— Ne faites plus jamais ça ! J'ai failli vous tirer dessus !
— Tu n'avais même pas enlevé la sécurité.
— Qui vous dit que je comptais utiliser ce pistolet ?
— Tu caches un stylo explosif dans ta manche ? ironisa l'agent.
— Ou une montre lançant des fléchettes empoisonnées.
— Je croyais que tu avais un rouge à lèvres pour ça.
— Contrairement à vous, j'embrasse rarement mes agresseurs.
— Peut-être que ce sont eux qui pourraient avoir envie de t'embrasser, rectifia James.
— Dans la grande majorité des cas, la victime connait son violeur. Je suis plus en sécurité dans la rue qu'au bureau avec vous, déclara Q le plus naturellement du monde.
— Tu as peur que je te viole ?
— Pour cela, il faudrait que je ne sois pas consentant.
— Dois-je conclure que tu l'es ?

Q se contenta d'un sourire énigmatique et rangea son arme dans une poche intérieure de son imperméable. C'était étrange de penser que ce gamin était armé. Même s'il ne savait pas s'en servir. D'ordinaire, c'était le genre de détails qui avait le don d'exciter James. Voyant que Q ne comptait pas continuer la conversation, il choisit de faire comme si rien ne s'était passé.

— Qui a été assez fou pour te confier une arme ?
— M a peur que je ne sois une cible trop facile.
— Il a raison.
— Je sais me défendre, s'entêta le gamin.
— Permets-moi d'en douter.
— C'est lui qui vous a chargé de me suivre ? demanda Q d'un air suspicieux.

James n'avait pas pensé à invoquer une raison du genre. Effectivement, c'était tout à fait crédible. Le gamin venait lui offrir une raison en or de le suivre de près. James choisit de ne pas démentir.

— On peut voir les choses de cette manière.
— Charmant. Me voilà prisonnier d'une baby-sitter.
— Arrête de faire la tête. Je te raccompagne jusqu'à chez toi.
— Je n'ai besoin de personne !
— Alors imagine que je suis seulement là pour te tenir compagnie.

Sur ces mots, James posa une main sur l'épaule du jeune homme pour l'inviter à avancer. Le gamin semblait un peu vexé, mais il ne protesta pas davantage et reprit son chemin. Ils marchaient l'un à côté de l'autre, en silence. James finit par sortir ses cigarettes. Il vit Q lever les yeux au ciel, mais il ne fit aucun commentaire. Tant mieux, il n'allait pas arrêter de fumer pour ses beaux yeux.

— Vous savez, je vais finir par croire que vous me faites la cour, James.
— C'est ce que tu veux ?
— Vous pourriez être mon père.
— C'est pour cette raison que tu t'entêtes à me vouvoyer ?
— Je suis votre armurier, pas votre ami.
— Tu me brises le cœur.
— Comme si vous en aviez… Merde.

Q s'était interrompu et encore une fois, James était surpris d'entendre une grossièreté dans la bouche de ce gamin. Il regarda dans la même direction que lui et remarqua qu'un jeune homme était assis sur les marches d'un des immeubles de la rue. Il devait avoir l'âge de Q et se releva en les voyant. Q semblait mal à l'aise et les muscles de sa mâchoire était complètement crispés.

— Queen !
— Queen ? répéta immédiatement James avec un regard amusé.

Mais l'autre garçon était déjà parvenu jusqu'à eux. Queen. C'était un prénom absolument ridicule. Et atrocement féminin comme si cela ne suffisait pas. Il n'était pas étonnant qu'il se fasse appeler Q.

— ça fait au moins une heure que je t'attends. Le code de la porte a été changé, non ?
— En effet.
— Qui est-ce ? demanda le jeune homme en regardant James.
— Un de ses collègues, répondit l'agent. Il avait peur de rentrer tout seul. Je suis James.
— Enchanté, moi c'est Jonathan.

C'était donc lui… Le fameux Jonathan. Celui qui avait brisé le petit cœur de Q et avait une tasse avec son initiale dans sa cuisine. Il n'était pas très beau. Brun, les yeux marrons, tout ce qu'il y avait de plus banal. James ne comprenait pas ce que Q lui trouvait. Ou plutôt Queen, puisque c'était son prénom. Il n'allait pas s'en remettre, il se retenait de rire.

— Qu'est-ce que tu veux ? demanda Q avec un agressivité que James ne lui connaissait pas.
— Te voir, pourquoi c'est interdit ? Tu vas bien ? Tu travailles toujours aussi tard à ce que je vois.
— Je vais bien, merci de t'en inquiéter. Et toi ?
— ça va, merci.

James laissa échapper une profond soupir. Cette conversation entre les deux garçons était des plus ennuyante. Et il ne savait pas pourquoi, il était énervé et n'avait aucune envie de les laisser. On ne savait jamais. Q n'avait peut-être pas penser à mettre son rouge à lèvres, mieux valait qu'il reste pour surveiller cet impertinent de Jonathan.

— Ecoute…, commença Q en essayant de paraître sûr de lui. Il fait froid et je suis épuisé. Je vais rentrer. C'est gentil d'être passé. Passe le bonjour à… Théo.
— En fait, je ne suis plus avec lui. Il était un peu stupide, ça n'aurait pas pu coller. Et puis je t'avoue que…, bafouilla Jonathan en levant les yeux sur James qui n'avait pas bougé. Dites, vous ne voulez pas nous laisser ? C'est bon, Queen est en sécurité avec moi.

Pendant une fraction de seconde, James envisagea sérieusement de coller son poing dans les dents de ce petit prétentieux. Mais il se ravisa et interrogea plutôt Q du regard. Ce dernier prit doucement son bras et James comprit ce qu'il avait à faire. Il voulait se débarrasser de son ex collant ? Très bien, c'était tout à fait dans ses cordes. C'était à lui de jouer. D'un geste assuré, l'agent passa un bras possessif autour des épaules du gamin. Il sentit Q se détendre contre lui, voilà qui était des plus flatteur.

— Non, je ne crois pas. C'est toi qui va nous laisser, d'accord ? Et tu vas laisser Queen tranquille, tu ne chercheras même pas à le revoir.

Jonathan était bouche-béé, il ne s'attendait pas à ça. C'était follement amusant. James regardait le jeune homme droit dans les yeux, attendant avec impatience qu'il se décide à filer. L'agent savait qu'il pouvait être très impressionnant. Il avait au moins vingts centimètres de plus que ce minet et devait faire deux fois son poids. Il allait déguerpir en vitesse et ne plus jamais revenir.

— Allez, viens bébé. Il faut que tu ailles dormir, tu bosses tôt demain.

Si un regard pouvait tuer, James serait mort sur le coup. Q le fusillait du regard et le pot-de-colle n'était pas en reste.

— Puisque tu sembles préférer les grand-pères… Je te laisse. Quand tu l'enterreras dans deux ans et que tu te retrouveras tout seul, faudra pas venir pleurer, cracha Jonathan sous le coup de la colère.
— Le grand-père peut te casser en deux avec son petit doigt, alors je te conseille de fermer ta jolie bouche.
— Je… Je suis désolé.
— Allez, tire-toi.

Le jeune homme ne se fit pas prier et tourna les talons, non sans manquer de bousculer Q au passage. Ce dernier n'attendit pas davantage pour piquer une crise, exactement comme James l'avait imaginé. Et il savait très bien pourquoi.

— Bébé ? Vous étiez obligé de m'appeler bébé ?!
— Chut, il nous regarde.

Sans plus attendre, James se pencha pour attraper les lèvres du jeune homme. Pris au dépourvu, Q ne se recula pas immédiatement, laissant le temps à James pour poser une main sur sa nuque. Comprenant rapidement où il voulait en venir, Q se mit sur la pointe des pieds et passa ses bras autour de son cou pour lui rendre son baiser. Le gamin embrassait sacrément bien. James en profita pour pousser le jeu plus loin et glissa son bras autour de sa taille. Il était vraiment frêle, il avait l'impression qu'il pourrait le casser en le serrant trop fort. Par contre, son baiser était tout sauf celui d'une petite fille. Il faisait preuve de beaucoup d'enthousiasme. Un peu trop peut-être.

En tout cas, ce baiser devrait faire son petit effet sur le pot-de-colle. Il devait déjà être parti. James prit le visage de Q entre ses mains et le poussa un peu vers l'arrière.

— On se calme, bébé.
— Ne m'appelez pas bébé !
— Tu préfères Queen ?

Il n'en fallut pas plus pour que Q s'arrache à son étreinte, furieux. Il était adorable, aussi effrayant qu'un chaton en colère.

— Je savais que vous vous moqueriez de moi.
— Et pour cause.
— Vous êtes… Je crois qu'il vaut mieux que je rentre chez moi.
— Et tu ne me remercies même pas ? J'ai donné de ma personne pour t'aider à te débarrasser de ton Jonathan chéri.
— Oui, c'est vrai. Pardon j'avais… oublié, bafouilla le jeune homme en passant une main dans ses cheveux.
— Je me demande bien pourquoi.
— Heureusement pour vous que ne j'avais pas mis mon rouge à lèvres.

Enfin il retrouvait le Q qu'il connaissait. James eut un petit sourire en coin. Heureusement, en effet.

— Je vous remercie, James. Je crois qu'il ne reviendra pas de sitôt. Je vous souhaite une bonne soirée.
— Tout le plaisir était pour moi. J'embrasse bien ?
— Pour une première, ce n'était pas trop mal.
— Qu'est-ce qui te dit que c'était la première fois ?

James aurait pu parier que Q rougissait. Malheureusement, il ne pouvait le voir dans la pénombre. Il regarda le jeune homme taper le code pour ouvrir la porte.

— Bonne nuit Queen.
— Je vous interdis de dire ça à qui que ce soit, le menaça Q en entant dans le hall de l'immeuble.
— Je serais une tombe. Après tout, tu l'as dit toi-même : j'ai déjà un pied dedans.
— Il ne faut pas croire tout ce que je dis, James.
— Donc mon baiser était mieux que « pas trop mal ».

Q eut un petit sourire mystérieux. Ce qu'il pouvait l'énerver lorsqu'il prenait cet air impertinent. Sans lui laisser le temps de rajouter quoi que ce soit, Q referma la porte derrière lui, laissant James sur le trottoir. L'agent s'alluma une nouvelle cigarette et se mit à marcher dans la rue. Il se retourna une derrière fois pour voir s'il ne voyait pas l'appartement du jeune homme, les volets étaient fermés, mais il y avait de la lumière au quatrième étage. C'était bon à savoir. Il avait aussi retenu le code de la porte d'entrée. Juste au-cas-où.


N'oubliez pas la petite review qui va bien 3