Bonjour !
Je n'ai toujours pas fini mon chapitre 6, mais je publie quand même le 5 pour me pousser au cul ^^'
Rassurez-vous, la fin arrive.
Bonne lecture !
Depuis que Q l'avait envoyé à l'infirmerie d'un simple baiser, James avait pris ses distances avec son jeune armurier. Par ailleurs, il avait été envoyé en mission en Irak et n'avait pas eu le temps de s'occuper de cette histoire. Les seuls contacts qu'il avait eu avec Q s'étaient limités à des conversations téléphoniques et à des conseils stratégiques. Cependant, James avait pu remarquer une certaine gêne dans la voix de Q. Ou plutôt de Queen. C'était presque imperceptible, mais il commençait à le connaître suffisamment bien pour s'en rendre compte.
C'était avec un malin plaisir que James s'était adonné à un petit jeu pour mettre à mal les nerfs de son quatermaster. Il n'avait rencontré aucune jeune femme au cours de sa mission. Par contre, il avait fait la connaissance d'un charmant jeune homme. Brun aux yeux clairs, c'était le fils du PDG d'une grande entreprise. Il lui avait fourni des informations essentielles et s'était avéré d'un grand soutien. James était persuadé que Q en avait avalé son Earl Grey de travers. Peut-être même avait-il été jaloux. James aimait particulièrement cette idée.
En tout cas, il avait compris une chose, Queen n'aimait pas qu'on lui force la main. Il était trop fier pour succomber à ses avances grossières. Sans doute préférait-il prendre les devants. Cela n'était qu'une question de temps, il reviendrait vers lui. Surtout s'il l'avait vu avec - il ne se souvenait même plus de son prénom - sa dernière conquête.
Cela faisait une semaine qu'il était de retour au MI6 et il avait évité soigneusement tout contact avec le jeune homme. Il était intimement persuadé que Q finirait par perdre patience. Et c'est alors qu'il s'entrainait au tir qu'il remarqua l'arrivée d'un pull rose du coin de l'œil. Imperturbable, il termina de tirer sur les dernières cibles, s'appliquant plus que jamais à ficher chacune de ses balles en leur centre. Son chargeur vidé, il se tourna enfin vers le nouvel arrivant et retira son casque anti-bruit.
— Q.
— Agent 007.
— Que me vaut l'honneur de cette visite ?
— Ne vous emballez pas, j'ai seulement une nouvelle arme à vous faire essayer,
— Pourquoi aurais-je des raisons de m'emballer ?
— Tenez.
Q n'avait pas répondu à sa petite pique, James était presque déçu. Le jeune homme avait l'air morose et contrarié. Il avait ouvert la mallette qu'il tenait à la main pour lui tendre un révolver qui semblait tout ce qu'il y avait de plus ordinaire. L'agent fut surpris de le trouver aussi léger, il fronça les sourcils.
— C'est une arme supposée indécelable, expliqua Q en récupérant un casque.
— Trop légère.
— Ce n'est qu'un prototype qui pourra être décliné dans différents modèles.
— Et celui-ci est trop léger, répéta James.
L'agent se positionna face aux cibles et remit son casque. Q s'était mis en retrait, contre le mur du fond. L'arme ne permettait pas une très bonne prise en main et ne pesait presque rien. Il tira trois fois sans pouvoir toucher le centre des cibles. Pas très concluant.
— Je n'aime pas du tout, déclara-t-il en se tournant vers le jeune armurier.
— Voilà qui a le mérite d'être clair, railla Q en reprenant son prototype.
— Vous me demandez mon avis, je vous le donne. Il est difficile de viser avec ça.
— Vous me vouvoyez maintenant ?
— Ce n'est pas ce que vous voulez ?
— Je n'ai pas dit ça. Je ne fais que constater.
Les deux hommes se jaugeaient du regard, jouant à qui serait le plus imperturbable. Après un long silence, James finit par se détourner, laissant volontairement échapper un soupir exagéré. Il fit mine de remettre son casque, mais Q prit brusquement la parole.
— J'imagine que si vous n'êtes pas passé à mon bureau à votre retour, c'est parce que vous avez, encore une fois, détruit votre équipement.
— Je croyais que ce matériel était à usage unique.
— Agent 007, vous êtes un…
— … gouffre financier, je sais. Vous vous répétez, Q. Maintenant si cela ne vous dérange pas, j'aimerais reprendre mon entraînement.
Le jeune homme eut une petite moue indéchiffrable, mais ne bougea pas. James commençait sérieusement à apprécier la situation. Finalement, il préférait laisser Q se débrouiller pour le séduire. Car il le voulait, il le voyait dans ses yeux.
— Je voulais m'excuser pour… la dernière fois.
— Quelle dernière fois ? demanda innocemment James.
— Vous savez très bien de quoi je veux parler.
— Vous parlez de la fois où vous m'avez honteusement utilisé pour jouer votre petit ami ou celle où vous m'avez envoyé inconscient à l'infirmerie ?
— Les deux, admit Q en détournant les yeux.
— Je ne sais pas si j'ai envie d'accepter vos excuses.
James s'avança pour reprendre son casque au jeune homme et alla le ranger avec le sien dans l'armoire prévue à cet effet. Après quelques secondes de silence, Q reprit la parole d'une voix grave.
— Je ne peux vous y contraindre. Mais il vaut toujours mieux ne pas être en froid avec ses collègues. Surtout quand l'un d'entre eux est chargé de vous porter assistance lorsque vous êtes en difficulté sur le terrain.
— Serait-ce une menace ?
— Un simple conseil.
Bon sang, ce qu'il pouvait être excitant quand il jouait au dur. Amusé, James alla se poster face à lui, les mains dans les poches. Il toisa le petit impertinent de toute sa hauteur, cherchant à l'impressionner.
— Vous avez encore beaucoup à apprendre, Queen, soupira-t-il en secouant la tête.
— Sans doute autant que vous, James.
Cette fois, Q n'avait pas réagi à son prénom. Il apprenait vite.
— Qu'entendez-vous par là ?
— Il y a encore des domaines où vous êtes loin d'exceller, avança le gamin en haussant les épaules.
— Pourriez-vous préciser ?
— Disons que vos dernières performances laissaient à désirer.
Le ton employé laissait peu de doutes quand à la nature des performances en question. James se félicita mentalement d'avoir demandé à Q de vérifier les caméras de surveillance juste avant son rendez-vous avec… Jeremy ? Brian ? Michael ? Aucune importance. Il était sûr que le jeune homme les verrait. C'était le moment de passer à l'attaque.
— Ainsi tu continues de m'espionner.
— Vous saviez que j'étais encore derrière la caméra.
— Tu aurais pu arrêter de regarder.
— Je l'ai fait, assura Q, les joues légèrement roses.
— Mais tu en as vu assez pour juger mes performances.
— Il suffit de peu de choses.
— Tu dois donc être un expert en la matière.
James sentait la tension qui s'était installée entre eux. Il avait envie de l'embrasser et de le prendre à même le sol, mais il y avait des caméras partout. Et cette fois, il ne voulait pas être observé. Surtout pas avec le chef de la section Q. Cela ne l'empêcha pas de s'approcher de lui.
— Il n'était même pas beau garçon, prétendit le jeune homme.
— Tu trouves ?
— Trop jeune.
— J'aime les petits jeunes, c'est toi-même qui l'a dit.
— La jeunesse n'est pas un gage de beauté.
— Tu es jaloux ?
— Peut-être.
James avait encore fait un pas en avant, Q ne s'était pas reculé. Il venait d'attraper son menton lorsque la porte de la salle d'entraînement s'ouvrit brusquement. Q se recula immédiatement, retrouvant une attitude neutre. Ce n'était qu'un agent venu pour faire quelques tirs, il salua les deux hommes avant de commencer à s'équiper.
Voyant que Q comptait profiter de cette interruption pour filer à l'anglaise, James le rattrapa en quelques enjambés pour lui glisser à l'oreille :
— Je passe chez toi ce soir.
Puis il le dépassa en lui frôlant la hanche, un petit sourire aux lèvres. C'était terminé, il avait gagné.
N'oubliez pas la petite review qui va bien 3
