10. Une chose vraie

Lorsqu'on est dépendant, qu'est-ce que ça veut dire ? Dépendant de quoi ? De qui plutôt, dans mon cas. De toi.

La dépendance, c'est de ne plus pouvoir vivre sans quelque chose, de croire suffoquer lorsque ce dont on est dépendant nous manque, n'est pas là. C'est ce qui m'arrive en permanence. J'ai mal. Mal, d'abord, de ne pas exister à tes yeux plus qu'un petit peu. Mal, ensuite, d'être dépendant de toi, parce que je sais que c'est sans espoir. Que ça ne sert à rien d'espérer.

Mais pourtant...

Je pourrais mourir pour un seul de tes sourires, un seul de tes regards. Je me sens fondre lorsque soudain je suis dans la ligne de tes yeux, lorsque tu me voies. Je me sens vivre et mourir en même temps lors de ces petits instants d'éternité que tu m'offres. Mon coeur a envie d'exploser, à la fois de bonheur et de souffrance.

Tu sais, j'ai entendu une phrase dans un film : "Je ne vais pas te dire que je ne peux pas vivre sans toi, parce que je le peux, mais c'est juste que je n'en ai pas envie."

Cette phrase, elle est vraie et fausse à la fois, du moins pour moi. Parce que je ne peux vivre sans toi, et je n'en ai pas envie non plus. Je suis accro. Accro à une drogue douce, mais mortelle quand même. Je n'arrive pas à décrocher, et tu ne m'y aides pas tu sais.

Mais tant pis. A toutes petites doses, le poison de la dépendance m'a envahi, et il n'a pas l'air de vouloir s'en aller.

Je voudrais tellement te dire...

Ne me laisse pas. Ne m'oublie pas. Ne m'abandonne pas. Je t'en prie. Je t'en supplie. Moi j'ai besoin de toi. Juste un sourire, un simple regard. C'est tout ce que je te demande. D'exister à tes yeux. D'exister, tout simplement. Je veux vivre à côté de toi, à défaut de vivre en face de toi. J'ai envie que tu me parles, qu'il n'y ait que moi dans ton univers, et que toi dans le mien. Mais tu n'es pas à moi, tu es au monde.

Tu existes pour les autres et pour toi-même, mais pas pour une seule et unique personne. Quand bien même cela est arrivé et arrivera encore un jour, ce n'est pas moi que tu choisiras. Et c'est ainsi que ça s'est passé. Tu étais si heureux lorsque tu es venu me voir en me parlant d'elle... J'ai mal, mais tu ne le voies pas. Je le cache, parce que ton sourire et ton regard seraient différents si tu le savais. Si tu ouvrais les yeux, j'aurais mal, d'une manière brutale, et cruelle. Je préfère mourir à petit feu, avec ton sourire amical dans les yeux et dans le coeur, plutôt qu'un refus.

Tu sais ce qu'est l'espoir ? C'est la pire chose au monde, parce que c'est ça qui me tue. Et parce que je sais qu'il est vain d'espérer. J'ai besoin de toi ! J'ai besoin d'exister, même si peu, dans ton univers. Laisse-moi vivre près de toi. S'il te plait...

Mais si je te le disais... Si j'avais le courage... Ou plutôt la lâcheté de tout t'avouer, de te dire que chacune de mes pensées est pour toi, que je n'envisage rien sans toi. Je suis dépendant de toi. Tu peux me tuer dès que tu le veux, parce que je mourrai si tu m'ignorais. Exister à tes yeux. Si jamais le peu que j'ai m'était enlevé, je ne pourrais plus sourire, du moins en secret, parce si je le faisais devant toi, tu crierais à l'imposteur. Je ne pourrais plus vivre.

En fait... Il n'y a qu'une chose vraie dans ce monde, du moins pour moi. Je t'aime. Et je suis dépendant de toi. Je m'inquiète lorsque tu n'es pas là, je m'angoisse lorsque tu es là mais que tu ne souris pas, même pas à ceux à qui tu souris tout le temps. Oui, il n'y a qu'une seule vérité dans ce monde. Je mourrai pour toi, parce que je t'aime. Duo... Continue de me sourire, de vivre. Et je pourrais vivre moi aussi, dans ton ombre, avec mon besoin vital de toi. Sois heureux, même si ce n'est pas avec moi. Elle en a de la chance. Et elle ne s'en rend même pas compte, l'idiote...

Il y a une autre chose vraie dans ce monde. Elle ne le mérite pas. Mais il ne le réalise pas, il est heureux. Alors moi et mes choses vraies... On te regarde de loin. Et on t'aime.