11. Tes jolis yeux bleus sont juste un vitrail

Tu regardes le monde comme celui qui voit pour la première fois, et qui en même temps est dépositaire de toute la mémoire du monde. Tu es à la fois un nouveau-né et un vieillard. Et tu le sais. Tu sais que tu es fragile et fort à la fois. Mais tu ne le montres pas.

Tu ne peux t'empêcher de vouloir fermer les yeux devant les horreurs du monde, mais aussi de les ouvrir le plus grand possible devant les petits bonheurs qu'il donne. C'est le dilemne de ton existence. Ouvrir ou fermer les paupières de ton âme ?

Car ce qui se reflète dans l'océan de tes prunelles, c'est ton âme, c'est toi. Tu as dans tes yeux tout ce qu'il faudrait sur ton visage, mais tu ne le montres qu'à des élus. Qu'à moi en fait.

Peut-être parce que comme toi, mes yeux reflètent la vérité sur mes sentiments. Si mes yeux portent le masque de ma vie, l'océan des tiens n'est qu'un vitrail qui menace de voler en éclats face à la brutalité des hommes.