19. Un jour gris de plus dans un monde bleu sombre

Tu es de plus en plus beau. Tu te promènes, les cheveux fous au gré du vent, la natte virevoltante, la tête dans les nuages, un sourire tranquille sur tes lèvres. Tu es si beau qu'on se retourne à ton passage, tu hypnotises et tu t'en fiches. Tu ne penses qu'à elle, qu'à ses mots, qu'à ses petites mains serrées autour de ton cou, qu'à son corps mince pressé contre le tien. Tu es amoureux. Et en tant que tel, même si tes yeux à la couleur si spéciale brillent, tu es aveugle au reste du monde. Tu vois le monde avec du bleu ciel partout, le bleu des yeux de ton allemande adorée.

C'est normal.

C'est douloureux.

Mais pour moi, il n'y a plus de couleurs. Tout est gris. La lumière est terne, le ciel plein de cendres. Tu m'as dit un jour, il y a si longtemps pour toi, hier pour moi, que j'avais des yeux bleu sombre, des yeux comme la mer en colère. Maintenant, il n'y a pour toi que du bleu ciel, clair et doux.

Et je vois du violet rieur, qui ne brille que pour elle. Ton regard a changé sur le monde, parce que tu le vois plus beau, mais moi, je ne changerais jamais à tes yeux. Et même s'il ne faut jamais dire jamais, je sais, je sens, je souffre, ça ne changera pas.

- Heero ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Rien, je vais bien.

- Ton regard a changé.

- Tu trouves ?

- Oui... La mer de tes yeux est trop calme.

- Oublie la mer. Le ciel est un meilleur ami.