Ah que coucou !

J'aurai voulu poster ce sixième chapitre le jour de la Saint Valentin (ou plutôt Saint vas-t'en-loin), mais...la fac et ses impératifs, toujours !

J'espère ne pas avoir perdu de lecteur, et que ce chapitre vous plaira tout autant que les autres =)


Thème musical du chapitre – Down the Rabbit Hole, Brand New, et U+me, Dan Black.

VI. Les joies de la collocation.

Ce n'est pas la première fois que j'ai droit à un séjour à l'hôpital, ni la première fois que je me retrouve dans de sales draps, même si je dois avouer que l'autre connard m'a quand même bien amoché. J'ai l'habitude des coups, mais il m'a pris en traître. J'espère pour lui qu'il ne me recroisera pas d'aussitôt, car je compte bien prendre ma revanche. S'il pense m'avoir mis hors-jeu, il se trompe, et en beauté. Je regarde le dénommé Castiel sortir de ma chambre et pousse un long soupir, avant de m'affaler un peu plus contre mes draps trop froids. Je ne veux pas aller chez lui, c'est même hors de question, mais d'un autre côté, il est aussi hors de question que je retourne dans la rue, pour le moment. Je connais les gens comme moi, en me voyant aussi affaibli, ils en profiteront pour tenter de me voler la moindre nourriture que j'aurai prise. On a pas le droit de se montrer faible, au risque de se voir mettre hors-circuit, puis finir mort de froid ou égorger, comme un chien errant. Ça semble dur, mais c'est une réalité : la loi de la jungle. On frappe à nouveau à ma porte, je roule des yeux et ne prend même pas la peine de répondre, tandis qu'une silhouette, totalement différente de celle de Castiel cette fois-ci, prend place dans la salle.

« - Docteur Singer ! Mais que me vaut cette adorable surprise ! » Je déclare de ma voix la plus insolente, peinant pour réprimer une grimace à cause des douleurs lancinantes qui me parcourent les côtes à ce moment-là. Il me regarde et pousse un gros soupir avant de s'avancer jusqu'au pied de mon lit

« - Je vais finir par croire que tu vas prendre un abonnement ici, gamin. Je peux savoir ce que tu cherches ? »

« - C'est pas la peine de me faire la morale. »

« - Vraiment ? Ça fait cinq ans que je travaille ici, cinq ans qu'il ne passe pas six mois sans que je revois ta gueule d'ange amochée, et le service entier sait bien que tu n'as pas attendu mon arrivée pour commencer. »

« - Qu'est-ce que vous voulez que j'vous dise, au juste ? »

Le vieil homme soupire et empoigne le tabouret qui se trouve non loin de là avant de s'installer. « - Ce n'est pas ce que je veux ou ce que j'attends qui importe le plus, gamin. T'as quel âge ? Même pas la trentaine, à tout péter. Il serait temps de te prendre en main ! »

« - C'est facile à dire pour vous, vous avez toujours eu un minimum de confort, sinon vous n'auriez jamais dépensé des fortunes dans des études de médecine, vous ne seriez pas assis là, en train de me péter les couilles, comme vous le faites pourtant si bien ! » Je le vois serrer les dents et les poings, aurais-je touché une corde sensible ? Je n'ai pas peur de lui, je sais qu'il ne peut pas me faire de mal. Il a raison, on se connaît depuis longtemps, de vue en tout cas, et je sais qu'il est bien trop gentil (ou plutôt, faible), pour pouvoir vouloir me faire le moindre mal. Il doit être le type de mec qui crie bien pendant deux heures, puis, une fois toute sa colère sortie, revient s'excuser comme un fidèle toutou auprès de son maître. Il se lève, pourtant. Je me raidis un peu plus sur mon lit d'hôpital mais ma fierté me souffle de maintenir son regard, de ne pas me plier, de ne pas montrer que je m'inquiète quand même pour la suite des évènements – ce que je fais. Il dépose ses mains de part et autre de mon visage et rapproche le sien du mien, je grimace un peu, ne cachant pas mon dégoût pour cette soudaine proximité si inattendue.

« - Désolé, c'est pas que vous êtes vieux au contraire, mais vous n'êtes pas du tout mon genre, en plus de ça. »

« - C'est ça, fais de l'humour, en plus. Tu crois quoi, princesse ? Que tout le monde est né avec une cuillère en argent dans la bouche ? Que tu es le seul petit canard noir à être rejeté de la société, à être condamné à trimer pour t'en sortir ? Bou-ouh, il serait temps de grandir un peu dans ta tête mon petit chou, parce que derrière tes grands airs de prétentieux et d'homme qui se la pète, c'est ce que t'es : un gosse, un gosse effrayé du monde extérieur qui se cache derrière des muscles pour se prouver le contraire et qui finit toujours plus mal que ce qu'il était ! »

J'écarquille mes yeux, estomaqué. Finalement, je crois que j'aurai préféré une bonne grosse droite dans la gueule. Ce qu'il a dit a eu le même effet, mais au moins, je n'aurai pas eu à cogiter ces paroles pendant tout le reste de la nuit. Il soupire, exaspéré puis se recule et remet le tabouret en place. Il se dirige vers la porte, je crois enfin être tranquille, seul, en paix, mais il se stoppe dans son élan et se tourne à nouveau vers moi, une main déposée contre la porte : « - Première étape pour devenir un adulte : arrêter de te punir toi-même pour ce que tu as fait quand t'étais plus jeune. » Je déglutis lentement ma salive et détourne le regard, alors qu'enfin, ses pas s'éloignent, moins longtemps que j'aurai tout de même voulu. Quel gros con. Pour qui est-ce qu'il se prend, au juste, avec ses leçons de morale à deux balles ? Je pousse un long soupir et m'allonge lentement, faisant attention à mes côtes. Je n'ai pas pu dormir cette nuit-là, et pourtant, j'ai fait comme si quand l'infirmière est arrivée avec mon plateau-repas. Je retrouvai un lit chaud, douillet, et un repas qui pourrait être du 4 étoiles pour moi et dégueulasse pour les gens normaux, mais je m'interdisais ce confort, car je savais pertinemment que ça n'allait pas durer. C'était la version officielle. Officieusement, les paroles de cet abruti de médecin me trottaient dans la tête, me hantaient, refusaient de me laisser tranquille et de me laisser profiter du silence assourdissant de ma chambre d'hôpital. Pas de cris dans la nuit, pas de bruits suspects, pas de dealer...Rien. Aussi silencieux et tranquille que ma chambre d'enfant, jadis.

(…) L'hôpital m'a gardé dix jours. En observation. J'ai cru devenir fou ! Je suis sûr que c'est cet imbécile de médecin qui a du encore insister pour que je reste enfermé un peu plus longtemps. Et l'autre imbécile n'est même pas venu me voir. Il a de quoi jouer les bons samaritains, et dès qu'il voit que quelque chose contrecarre ses plans, il abandonne, c'est ça ? Ils m'abandonnent tous, de toute façon. J'espère que personne n'aura pris ma place, dans cette satanée rue. Mais je pense que je vais vite changer d'endroit. Oui, je vais me trouver un nouveau quartier. Je ne pense pas pouvoir être capable de respirer le même air que lui sans avoir la grande envie de lui enfoncer mon poing dans sa grande gueule de bourge. Au matin, j'insiste auprès de l'infirmière pour faire ma toilette seul – ma fierté avait pris assez de coups au cours des gens précédents, puis pour un peu elle se serait plainte que je la draguais, non mais oh. J'ai des yeux je m'en sers, on n'a pas vraiment l'occasion d'en voir des comme ça dans la rue – et quand il y en a, elles passent toujours plus rapidement que la normale, affichant un air à la fois effrayé et dégoûté en vous observant. Je m'habille lentement et récupère, non sans un gémissement plaintif, les béquilles que l'on a déposées sur mon lit. Un infirmier vient m'assister en cas de chute. Tiens, la belle blonde aurait-elle peur de moi, maintenant ?

« - Monsieur Novak vous attend au rez-de-chaussée. » Je fronce les sourcils alors que chaque pas est une nouvelle épreuve pour moi.

« - Novak ? C'est quoi ça, un psy ? »

« - Hum, non Monsieur…Castiel Novak, l'homme qui vous a amené ici. »

Mon sang ne fait qu'un tour alors que je maudis intérieurement jusqu'au plus ancien des ancêtres de ce Castiel. Monsieur ne prend même pas de mes nouvelles (quoi que, je m'en fiche, je l'aurai envoyé baladé quand même, mais.. c'était plutôt pour la forme, quoi), se pointe au bout de 10 jours, comme une fleur, et espère peut-être que je vais le suivre ? Faut pas croire au Père Noël, non plus. Je marmonne des mots incompréhensibles dans ma barbe et croit voir l'ombre d'un sourire amusé sur le visage de l'homme qui m'accompagne. S'il pense qu'il peut se foutre de ma gueule en toute impunité celui-ci, il va voir comment je sais me servir de mes béquilles, je vais les lui foutre dans-…

« - Dean ! » La voix de Singer m'interrompt dans mes pensées. « - Regarde qui est venu te chercher. Tu vas pouvoir aller te reposer un petit moment chez Mr. Novak. » Il me parle comme on parlerait à un enfant, non, même pire encore, à un attardé de qui on aurait pitié. Et moi, je ne veux pas de pitié. Et l'autre brun qui m'adresse un petit sourire, comme il sourirait à un chien amoché sur le bas côté d'une route. Je lâche un petit rire arrogant et secoue la tête.

« - Je ne crois pas, non. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, mon petit coin de trottoir me manque et je pense qu'il m'attend paisiblement.»

« - On savait bien que tu ne nous rendrais pas la tâche facile…Uriel ? » Castiel a ouvert sa bouche pour la première fois dans cette scène, et je n'ai pas le temps de lui envoyer une réplique cinglante que je vois, sorti de nulle part, un type noir, baraqué, genre armoire à glaces, se placer à ses côtés et m'adresser un regard plutôt rieur.

« - Euh…C'est quoi, ça ? » Demandais-je tout en le désignant d'un signe de tête.

« - Ça… » Commença Singer. « - C'est notre moyen de te faire enfin entendre raison, mon petit ! »

Il s'approche de moi, je fronce les sourcils avant de me retrouver propulsé dans les airs quelques secondes plus tard. Il me maintient fort contre lui, mes béquilles retombent sur le sol dans un bruit métallique. Il me tient sur son épaule comme un vulgaire sac à patates. Je crois que je ne me suis jamais senti aussi humilié de toute ma vie. Je préférerai encore me faire piétiner sur mon coin de trottoir. « - LACHE MOI ! REPOSE-MOI ! TOUT DE SUITE ! NOOOOON ! » J'ai du alerter tous les étages de l'hôpital, avec mes cris. Je l'ai griffé, repoussé, mordu, mais rien : c'était une armoire à glaces, qui ne m'a laissé tranquille que lorsque mon cul s'est retrouvé sur la banquette arrière de la voiture de Castiel. Ce-dernier le remercie et s'installe rapidement au poste de conduite avant de déposer mes béquilles sur le siège passager.

« - J'te déteste... » Sifflais-je. « - Tu m'empêcheras pas de retourner là-bas. »

« - C'est ce qu'on verra ! » Déclara-t-il sans me regarder, avant de prendre la route.

(…) Il coupe le moteur une demi-heure plus tard et vient m'ouvrir la porte. Je tourne ma tête vers le trottoir mais il soupire et empoigne mon bras avant de m'aider à avancer. « - Je ne suis pas aussi fort qu'Uriel, mais s'il le faut… » Je le suis de mauvaise grâce et le fais lâcher mon bras, avançant lentement. Peut-être qu'il rentrera vite et qu'il ne me verra pas sortir pour rejoindre mon trottoir ? Tu parles, encore une ruse qui tombe à l'eau !

« - J'te préviens, je reste aujourd'hui, et puis basta. »

« - Bah voyons, tu vas aller là-bas, ouvrir tes plaies et te vider de ton sang. Je ne te laisserai pas saloper mon trottoir. » Oh ? Monsieur entre dans mon jeu ? Je le fixe pendant de longues secondes et serre les dents, affichant un léger rictus. Il baisse les yeux. Faible.

« - Ok, je reste. Pour ma gueule. Parle-moi uniquement quand ça sera nécessaire. »

Il hoche la tête et soupire avant de passer une main sur son front.

« - Tu montes les escaliers toute seule et tu te ramasses comme un con, ou tu veux que je t'aide ? »

Je soupire et me poste devant les escaliers, ne disant rien. Non, je ne compte pas lui faciliter les choses, car il ne facilite pas les miennes. Il n'a qu'à prendre ça pour un oui. Il soupire à son tour et passe son bras autour de moi avant de m'aider à grimper chaque marche. Il ne peut pas se la fermer à chaque grimace, ou bruit que je pousse. Quel boulet, comme si j'allais lui faire trois saltos arrière sans avoir mal alors qu'il est précisément là pour m'aider. « - Ferme là déjà, et je suis sûr que je me sentirai beaucoup mieux. » Il se mord la lèvre et baisse les yeux, tandis que j'arbore un sourire victorieux et va m'installer sur le lit de la chambre qu'il m'indique.

« - Tu veux aller dans la salle de bains ? »

« - … »

« - Non mais, je dis ça pour toi. Tu t'es déjà regardé dans une glace ? »

Un nouveau coup d'œil dur. Non, je ne me suis jamais regardé dans une glace. Pas depuis que mon père m'a chassé et que je me suis retrouvé à vivre comme un lamentable, un moins que rien. Moi qui accordais autrefois tant d'importance à mon apparence, aujourd'hui, je dois bien dire que c'est le cadet de mes soucis.

« - Je t'emmerde. »

« - Moi aussi. T'es sous mon toit, tu peux faire des efforts, non ? »

Oh ? C'est qu'on se rebelle ? Je lâche un long soupir et me redresse. « - Si aller dans la salle de bains = avoir la paix, alors... »

Il sourit faiblement puis tourne les talons, alors que je le retiens encore :

« - Et combien de temps, je suis censé être encore en prison ? »

« - Le temps qu'il faudra pour te rendre aimable, peut-être ? »

Je roule des yeux et secoue la tête avant d'entrer dans la petite pièce. Wow. Le décor change quand même de l'hôpital. Elle ressemble presque à celle de chez mon père. Beurk.

« - Les rasoirs sont dans le tiroir du bas. »

Je soupire et ne prends même pas la peine de le remercier, ferme la porte pour être enfin tranquille, mais pas à clé quand même, ne serait-ce que pour ma propre sécurité. J'ouvre le tiroir du bas et ressort le rasoir électrique. Et la mousse, je dois me débrouiller pour la trouver, ou comment ça se passe ? Il a pensé que j'ai oublié comment ça fonctionnait, peut-être ? Je soupire et ouvre tous les placards avant de finalement trouver le précieux sésame. Je prends tout mon temps pour brancher l'appareil, et étale la mousse sans même me regarder. Je ne veux pas voir mon reflet avec toute cette barbe, cette peau salie, abimée par le temps. Mes doigts se blessent un peu lorsqu'ils entrent en contact avec ces poils. Durs, rêches. Je pense que j'en ai pour un petit moment. Finalement, je relève les yeux vers la glace centrale de la salle de bains. La mousse blanche recouvre mes joues, mon menton, ne me laissant voir que mes yeux, et je pense que c'est bien mieux ainsi. Je cache celui que je suis devenu, mais le vert qui me fixe n'est plus le vert émeraude d'autre fois. Mes yeux sont gonflés, rouges, usés par le temps et la déception. C'est la seule partie du visage que je m'autorise à voir pour le moment, et je ne les reconnais même plus. « - Tu parles d'un merdier… » Je soupire un peu, le cœur serré, avant de me mettre à l'ouvrage. Sensations et gestes que je pensais ne plus refaire de toute ma vie.

Après un certain temps, j'entends taper quelques coups légers contre la porte. Je soupire et éteint le rasoir. J'ai presque terminé. « - Quoi, encore ? »

« - Je me demandai seulement si tu allais bien…ça fait plus d'une heure que tu es enfermé là-dedans ! » Ah…Je ne veux pas savoir dans quel état j'étais avec tous ces poils sur la tronche, s'il m'a fallu autant de temps pour m'en débarrasser ! Je soupire. « - J'ai bientôt fini.. » Je remets ensuite le rasoir en route et termine de me raser. Je souris lentement cette fois en voyant mon reflet, totalement imperbe. C'est bien mieux comme ça. On dirait vraiment que je suis le fils de John Winchester, comme ça. Pas un vagabond. ….Est-ce que c'est vraiment une bonne chose, alors ? Oh et puis merde, je n'ai plus à dépendre de ce con. Je finis de tout ranger et sors ensuite de la salle de bains mais sursaute, m'arrachant une grimace lorsqu'une douleur lancinante se fait sentir dans mes côtes. Ce qui m'a fait sursauter ? Castiel, pour changer ! Ce con est planté au beau milieu de la chambre. Il attend probablement depuis tout à l'heure que je sorte. Je lâche un long soupir et secoue la tête.

« - C'est flippant ! Alors quoi, t'es le garde du prisonnier, c'est ça ? »

« - C'est mieux. Ta tête. »

J'arque un sourcil mais il détourne rapidement le regard et me tourne le dos pour sortir.

« - Anna est en bas. »

Il m'attend en haut des escaliers pour m'aider à descendre. Je lève les yeux au ciel.

« - Et si je n'ai pas envie de la voir ? »

« - Après tout ce que tu as dit sur elle à l'hôpital ? »

Je souris en coin puis finis finalement par le rejoindre, et le laisse me guider. Si l'on est trois, il y a de grandes chances pour qu'il me laisse tranquille, même si j'imagine bien que je vais être au centre de toutes les conversations. Mer-dier ! Je descends enfin en bas et me détache à la va-vite de Castiel avant de lancer un grand sourire à Anna qui secoue la tête avant d'ouvrir la bouche :

« - C'est mieux. Ta tête. »

Oh par merlin. Moi qui m'étais demandé ce qui pouvait bien faire qu'ils soient frère et sœur (pas les mêmes cheveux, pas les mêmes yeux…), je pense que j'ai ma réponse. Je souris et m'avance jusque dans la cuisine, là où elle se trouve. « - C'est mieux. Avec 'Dean'. » Ajoutais-je sur le même ton. Elle rit un peu et va s'installer derrière la table. Je fais de même avant de me tourner vers le brun-emmerdeur-pour-un-sou.

« - Je vais mieux, et puisque dans cette famille vous semblez prendre très au sérieux le sort d'un misérable petit SDF, -au point de ne pas en dormir la nuit, j'en suis sûr !- Champagne ? »

L'habituel rabat-joie soupire et prend place aux côtés de sa sœur avant de me regarder.

« - Dean, il est 10H30 du matin… »

« - Et alors ? »

« - J'ai dit non. »

« - Whisky ? »

« - Non. »

« - Vin rouge ? »

« - Non. »

« - Rosé ? »

« - Non… »

« - …Blanc ? »

« - DEAN ! »

Anna sursaute et j'éclate de rire en voyant maintenant l'air contrarié qu'il arbore, les joues rosies, et les yeux exorbités, comme des balles de ping-pong. Oh, c'est si facile et plaisant de l'énerver ! Je pense que je sais comment rendre cette collocation très amusante, finalement. Et en plus, plus je lui tape sur les nerfs, plus il peut m'envoyer dehors voir s'il n'y est pas, donc ça reste un cadeau béni pour moi.

« - Ahhh mon petit Castiel...C'est à se demander si parfois ça t'arrive de péter un coup ! »

Je fais mine d'essuyer quelques larmes, à force d'avoir tant rigolé, puis je m'installe à mon tour, en face d'eux, alors qu'Anna semble soudainement nerveuse en jouant avec ses doigts. L'autre la sonde du regard, un regard lourd, comme pour la défier de prononcer ce à quoi il pensait au moment même.

« - Euh… ? »

« - Castieladesproblèmesd'alcool

La vache, elle a parlé tellement vite que je dois me rejouer la scène plusieurs fois dans ma tête pour ensuite arriver enfin à une phrase qui tienne à peu près la route. Si c'est bien ce que j'ai compris…il cache bien son jeu, le petit père. Un silence lourd plane maintenant dans la petite cuisine de la villa. Castiel a encore rosi, plus que tout à l'heure, et fixe Anna sans discontinuer. La jolie rousse se mord la lèvre et se tourne vers son frère dans une posture d'excuse.

« - De toute façon…Si vous habitez ensemble, même pour une semaine ou que sais-je, il devait bien le savoir à un moment ou à un autre, non ? » Elle dépose sa main sur son épaule mais il la repousse violemment et se lève puis quitte la pièce, et quitte la maison, sans un mot.

…Oups ?