Hey !
Désolée pour le retard de ce chapitre.
J'ai raté mon permis (à cause d'un chauffard de m****), il a fallu le temps que j'encaisse, et comme on dit que l'écriture, c'est un bon exutoire…^^'
J'ai retravaillé le lemon Gaby/Quinn de mon autre fiction, parce que..ça allait pas du tout, des mots qui manquent, des phrases beaucoup trop longues…bref ! D'ailleurs, si vous voulez un OS crossover ou un OS tout court sur un couple qui vous plait bien, faites le moi savoir
Bon anniversaire avec (pas mal) de retard à notre Misha international !
Exceptionnellement, tout ce chapitre est en POV extérieur, vous comprendrez pourquoi !
Maintenant, je me tais, et je vous laisse savourer ce nouveau chapitre !
Et bonne rentrée à tous.
Thème musical du chapitre – Breezeblocks, Alt-J.
XIII. Leçon de conduite – partie 2
Castiel observa Dean monter à l'étage, mais ne fit rien pour l'en empêcher. Il se savait en tord. S'excuser pendant des heures ne mènerait à rien, si ce n'est irriter un peu plus l'autre homme. Il commençait à le connaître que trop bien. Mon vieux, tu devrais apprendre à tourner ta langue trois fois dans ta bouche…Pensa-t-il en fermant le carton de pizza. Il n'avait pas fait exprès de le mettre mal à l'aise. Il n'avait pas voulu lui donner l'impression de vouloir s'apitoyer sur leur sort à tout prix. Pour Cas', ce n'était qu'une question comme une autre. Il cherchait seulement à apprendre à le connaître. Il paraissait tellement mystérieux. Mais Castiel fut interrompu dans ses regrets par la sonnerie du téléphone. Il osait espérer que ce soit une bonne nouvelle. Ça changerait un peu ! Se levant, il décrocha le combiné et reconnut à l'autre bout du fil les voix de Gabriel et de Balthazar. Ces deux-là se chamaillaient, et ne semblaient pas s'être rendu compte que leur frère venait de décrocher. Un petit sourire fendit son visage. Il n'avait pas le cœur à rire à cause de sa récente dispute avec Dean. « Dispute ? » Non, ça n'en était pas vraiment une. Ce sont plutôt ses derniers agissements qui ne lui donnaient guère envie de tailler une bavette avec ses frangins. Est-ce qu'il allait leur avouer qu'il avait rebu ? Non. Certainement pas ! Ils se faisaient bien assez de soucis pour lui.
« - Hého ? » Tenta-t-il maladroitement, contrôlant sa voix du mieux qu'il pouvait. À l'autre bout du fil, il réussit enfin à se faire entendre. « - Cas ?! » S'exclama Gabriel, surpris, avant de repartir dans un T'aurais pas pu te taire un peu, on l'a même pas entendu décrocher, on passe pour quoi maintenant nous… ? Ce n'est que quelques minutes et chamailleries plus tard, que Castiel eut enfin le droit de découvrir quelle était la raison de leur appel.
« - Cas, il faudrait que tu nous passes Dean, s'il-te-plait. »
« - Dean ?! Mais…Pourquoi ? Qu'est-ce que vous lui voulez ? » Demanda Castiel, étonné et presque déçu de ne pas être au centre de leurs pitreries, comme toujours.
Un rire étouffé et quelques messes basses. Apparemment, ses deux frères préparaient un coup, et la réaction de Castiel semblait correspondre à leurs attentes.
« - T'en fais pas Cassie, on ne va pas te l'abîmer, et on va encore moins te le montrer contre toi. » Reprit cette fois-ci la voix de Balthazar. Ça, je peux le faire tout seul…Songea-t-il avec amertume.
Castiel marqua une pause. Demander à Dean de descendre revenait à raviver du feu avec de l'alcool. Il ne savait pas si ce que les deux avaient à lui dire était important ou pas (quoi que, les connaissant…sans méchanceté, Castiel optait surtout pour le « ou pas »). Il s'éclaircit un peu la gorge lorsqu'une nuée de Castiel résonna au creux de son oreille. À trop tourner la situation dans tous les sens, ses frères s'étaient demandés s'il était toujours en ligne.
« - Je vais lui demander…Mais je ne vous garantis pas le résultat. » Les ricanements de ses frères l'inquiétaient et piquaient sa curiosité. Il faudrait être un idiot pour ne pas se douter que ce qu'ils avaient à dire n'avaient pas un rapport direct avec Castiel. Le principal concerné ne l'ignorait pas. Sinon, à quoi bon Balthazar et Gabriel agiraient-ils de la sorte ?! Emmenant le combiné du téléphone avec lui, Castiel retourna en haut. Devant la porte close de Dean, sa témérité lui soufflait de prendre ses jambes à son cou, mais les messes basses des deux autres lui donnaient la force de frapper trois petits coups. Aucune réponse. Maladroitement, le brun appela le nom de son invité. Toujours aucun signe de vie de l'autre côté. Inquiet, Castiel prit la liberté d'ouvrir. Sur son lit, Dean fixait le plafond, amorphe, bras croisés sur son torse. Oh il avait bien entendu les appels de Castiel, bien sûr. Seulement, il n'avait pas eu d'y répondre. Il lui adressa un regard, sans dire un mot, avant de retourner à sa contemplation du plafond, d'un blanc immaculé.
« - Bon alors, il est où ? Il est tombé dans les chiottes, c'est ça ? » La voix de Gabriel. La voix de Gabriel qui, par le haut parleur, brisait la glace. Soudain, Dean n'avait plus cet air ennuyé et peu concerné. Sourcils froncés, il se redressa sur son lit tout en interrogeant Castiel du regard. Bien sûr, il se doutait que Gabriel parlait de lui, mais la question était : pourquoi ? Castiel s'approcha du lit et lui tendit le combiné. « - Ils veulent te parler. Ne me demande pas pourquoi, je n'en sais strictement rien. » Le jeune Winchester prit le téléphone, mais avant qu'il ne puisse en placer une, quelqu'un les devança à nouveau tous les deux. Et cette fois, ce fut Balthazar. À croire que les deux Novak avaient un sens de l'humour tout particulier, dont n'avait pas bénéficié leur cher petit frère. « - Merci Cassie ! C'était laborieux, mais on y est arrivés. Par contre, si tu pouvais nous laisser tous les trois, s'il-te-plait… » Castiel fronça les sourcils, et irrémédiablement, se mit à poser de nombreuses questions. Questions qui évidemment, restaient sans réponse. De temps à autre, on pouvait entendre de petits pouffements, mais sans plus. Les deux étaient sérieux : ils attendaient réellement son départ pour pouvoir parler à Dean. En attendant, ils ne pipaient mot. Quelle idée ! Et pourquoi le faire par téléphone ? Se voir n'était-il pas beaucoup plus simple ? Rusé, Castiel ouvrit la porte, et attendit quelques secondes avant de la refermer. Il espérait faire croire à ses frères qu'il venait de partir, alors que ce n'était pas le cas. Mais malheureusement pour le dénommé « Cassie », on n'apprend pas à un vieux Novak à faire la grimace !
« - C'est bon, il est parti ? » Demanda un Gabriel méfiant, à un Dean plutôt désarçonné par ce qui était en train de se passer. « - Euh...Euh oui, je crois. » Répondit-il, incertain.
« - Bien ! Alors maintenant, dis-moi quelque chose, Deano. Quelque chose que je veux savoir depuis très très longtemps : tu es plutôt menottes, chaînes ou fouet ? » La réaction ne se fit pas attendre. Dean ouvrit de grands yeux, incapable d'articuler quoi que ce soit, tandis que Castiel, lui, ne put que trahir sa présence en poussant une exclamation d'horreur. Les appelants, eux, éclataient d'un rire franc, fiers de leur nouveau coup. « - Tu vois que t'es encore là, Castiel ! C'était un petit test pour voir si tu ne nous menais pas en bateau. T'as encore pas mal à apprendre, petit coincé de frère ! »
Les joues cramoisies, Castiel rencontra le regard blasé mais amusé du Winchester. « - Je crois que tu ferais mieux d'y aller, maintenant.. » Lui déclara-t-il. « - À moins que cette petite plaisanterie soit terminée et qu'au final, vous n'ayez rien à me dire ? » Demanda-t-il en tournant la tête vers le téléphone. « - On doit vraiment te parler Deano ! Cas, me forces pas à te choquer une nouvelle fois... » Grognant un peu, Castiel sortit de la pièce, de mauvaise grâce. Pendant quelques minutes, il tenta de comprendre le sens de leur conversation, mais rien de réellement concret ne parvint à ses oreilles. Soupirant, il revint en bas et se fit chauffer un thé. Il n'aurait qu'à lui demander tout cela plus tard.
xxx
Pendant ce temps, dans la chambre de Dean…
Le brun aux yeux verts n'avait aucune idée de ce que Gabriel et Balthazar pouvaient lui demander. Leur rendre un service ? « Sortir » Castiel un peu plus souvent ? Il n'en savait rien, et cette situation, si elle n'avait pas une touche amusante, l'aurait probablement énervé depuis longtemps. D'autant plus qu'aujourd'hui, il n'était pas dans de très bons hospices pour tenir une longue conversation. « - C'est bon, cette fois il est bel et bien sorti. Bon, alors allez-y, maintenant. Qu'est-ce qui se passe ? » Par prudence, il revint à sa position initiale sur le lit. Mieux valait être assis sur quelque chose : on ne pouvait jamais savoir ce que ces deux-là allaient inventer.
« Enfin ! » Soupira Balthazar. « - Bon. On appelle pour savoir comment ça se passe, avec Castiel. C'était assez…Mouvementé la dernière fois, alors on vient aux nouvelles. » Devant le ton assez sérieux et solennel de son frère, Gabriel lui arracha le combiné pour lancer un : « Et au fait, vous comptez adopter quand ?! » Surpris, Dean lâcha un léger rire tout en passant une main sur son front. Ils ne pouvaient pas mieux tomber. Il ne pouvait pas leur dire qu'ils arrivaient au beau milieu d'une « crise ». Enfin. S'il était encore le Dean moi-j'en-ai-rien-à-fiche-de-Castiel oui, il l'aurait fait. Mais ce n'était pas le cas.
« - Je sais pas quoi vous dire, moi…Ça va. Il y a des hauts et des bas. » Un silence suivit sa réponse.
« - …Tu peux définir bas ? » La voix de Gabriel avait changé. Elle semblait plus grave, plus concernée aussi. Dean devinait aisément ce que ça signifiait : il se faisait du souci pour Castiel. Pour son problème. S'il y avait des « bas », alors il y avait forcément des moments où Castiel aurait le danger de se laisser aller pour une bouteille. C'est bien parce que Dean était au courant du problème du brun qu'il put aussi comprendre la question du plus vieux.
Dean se mordit la lèvre et prit quelques secondes. « - Écoutez, on a des caractères extrêmement forts, et différents. Dans certaines situations, évidemment que ça ne fait pas bon ménage, mais rassurez-vous, personne n'a jeté de chaises sur l'autre. Pour le moment. » La fin de sa phrase était humoristique, mais malheureusement, elle n'avait pas été reçue ainsi par les deux autres. La tension, qui paraissait totalement absente au début, prenait à présent de plus en plus d'ampleur.
« - C'est vrai que Cassie peut être…Difficile, de temps en temps… »
« - Et borné. »
« - Mais tu sais, il fait beaucoup d'effort. En général, il ne se montre pas amical avec des gens qu'il ne connait pas, car il se méfie d'eux… »
« - Et il leur montre toute sa bornitude. »
« - Rohhh Balthazar ! La ferme ! »
« - …Bon. Désolé. »
Non, définitivement, on ne faisait pas d'humour avec le bien-être –ou non– de Castiel. Dean sentait sa gorge se serrer sous un sentiment qu'il n'avait plus ressenti depuis belles lurettes. Ça s'appelait la culpabilité. Sa crise lui paraissait ridicule. Il se trouvait ridicule lui-même, à condamner son acte juste parce qu'il avait peur de se faire tirer les bretelles par les frères de Castiel. Il agissait comme un enfant, qui aurait peur qu'on l'accuse d'une bêtise. Il se retrouvait pris au piège de sa propre colère. Quoi qu'il dise ou quoi qu'il fasse, ce sera 2 contre 1. Ce qui était normal. Mais Dean ne se jugeait pas comme un tortionnaire auprès de Castiel. Sur le moment, son emportement lui paraissait toujours justifié, mais après coup…Il avait de quoi se poser des questions.
« - Vous n'avez pas de soucis à vous faire…C'est que le début. Je pense que si on prend chacun sur nous, ça va aller…Et puis, ce n'est pas comme si je comptais rester chez lui indéfiniment ! »
Un nouveau silence suivit sa phrase. Un silence qui ne plut pas vraiment à sa conscience. Un silence qui lui prouvait qu'au final, c'était peut-être lui, et son caractère, qui méritaient tous deux une bonne rouste.
« - Ménages quand même Cassie, tu veux ? Ce n'est pas une menace ni rien, mais…Écoutes. Tu es arrivé à un moment de sa vie où tout ne roule pas forcément bien, pour lui. S'il a accepté de te prendre sous son aile, c'est parce que notre frère a vraiment beaucoup de cœur. Et s'il accepte de te garder, sans menacer de te foutre dehors tous les jours, c'est pour la même raison. Il met toujours beaucoup de cœur dans ce qu'il entreprend. Je ne dis pas que tu es sa chose, loin de là, mais te laisser vivre chez lui, c'est un peu comme…Sa rédemption. Il a besoin de ça pour se sortir d'une certaine mauvaise passe. Il veut seulement être certain que tout va bien. Eh oui, je sais bien que tu as horreur de la pitié, je crois que toute la famille Novak est au courant maintenant – Oui enfin à une exception près (coupa Balthazar) – Oh mais chut ! Ce que je veux dire, c'est qu'il ne t'a pas recueilli comme on recueilli une pauvre petite perruche égarée au coin d'une rue. Il a accepté de te venir en aide, parce qu'il a su voir quelque chose de spécial en toi. Quelque chose qui valait la peine de t'aider à t'en sortir. T'es pas le premier SDF qu'il croise, tu sais. Et pourtant, je n'ai pas le souvenir qu'il en ait déjà caché dans son placard. »
Waouw. Dean ne connaissait pas Gabriel depuis très longtemps, mais il n'aurait jamais su deviner à quel point il pouvait être sérieux, quand la situation l'exigeait. Il tenait réellement à son frère, et il venait de le prouver au Winchester, par ses quelques mots. Balthazar était aussi très attaché à Castiel, ça ne faisait quelques doutes – ses touches d'humour, prouvaient qu'il s'en préoccupait, à sa façon. Il ne devait pas être très doué dans les longues déclarations d'amour. Le silence de Dean était éloquent : il était touché. Il découvrait Castiel comme il l'était vraiment. Pas comme son sale caractère de SDF blasé l'avait perçu. Et alors, il se rendit compte qu'il avait fait une erreur. Pas en le laissant entrer dans sa vie de cette façon, mais en refusant de lui ouvrir certaines portes, alors que Castiel, depuis le début, était disposé à le faire. Son interrogatoire, tout à l'heure, ce n'était pas pour qu'ils puissent se plaindre tous les deux. Ce n'était pas de la pitié. Ce n'était pas voyeur. C'était de la sympathie. Tout simplement. Une main tendue. Qu'il avait violemment balayée.
« - Dean ? Euh…Est-ce que tu es toujours en ligne ? »
Le dit-Dean s'éclaircit la gorge et se laissa tomber à la renverse sur le lit, le téléphone toujours collé à son oreille. « - Oui, oui je suis là. » Bien sûr, cette réponse ne suffisait pas, après le long monologue que Gabriel venait de lui servir. Dean devait lui rendre la pareille, ou au moins quelque chose s'en approchant. Sauf qu'il n'en était pas capable. Il avait énormément de mal à parler de sentiments, mais encore plus quand il s'agissait d'avouer ses erreurs aux autres. Défaut qui lui avait coûté sa famille dans le passé. Une pensée qui le frappa comme un éclair. Son cœur rata un battement. Ça lui avait peut-être coûté sa famille, mais ça ne lui coûterait pas son ami !
« - Oui, ça je sais que tu n'as pas raccroché, génie. Rien à dire sur ce que je viens de débiter ? Ça mérite un oscar, de l'avis de Balthazar. »
Dean aurait bien souri mais il était bien trop occupé à analyser ce qu'il s'apprêtait à dire. Il ne fallait pas qu'il joue au con, et surtout, qu'il évite les blagues vaseuses made-in-Balthazar. D'une, il risquait le bide. De deux, si c'était mal interprété, il n'avait pas envie de les voir débarquer en camisole de force, pour le faire dégager de chez Castiel.
« - Les gars... » Commença-t-il maladroitement. « - Si votre frangin était là, il serait content de vous voir s'inquiéter pour lui. On ne s'est jamais vraiment disputés, rassurez-vous. Quelques chamailleries, par-ci par-là. Mais rien de bien grave. Si j'ai dis « des hauts et des bas », c'est parce que l'on peut rire tout comme entrer en désaccord sur certains sujets. Mais ce n'est jamais rien de grave. »
Il y avait plus de mensonge que de part de vérité dans ce discours. Mais Dean ne pouvait pas leur détailler chacune de leurs disputes. Bon, il n'y en avait pas énormément. Elles se comptaient sur les doigts d'une main. Mais elles pouvaient toujours devenir fréquentes, si Dean ne faisait pas attention. Chose qu'il éviterait à l'avenir. Cet appel, pour le moins surprenant, avait eu le mérite de lui faire ouvrir les yeux, et d'une manière complètement insoupçonnée.
« - Cas' n'est pas rancunier mais en revanche, niveau susceptibilité…Il se fait une montagne du moindre petit détail. » Balthazar allait maintenant de ses arguments. Il n'avait pas tord : Dean avait pu constater que l'émotivité de Castiel était vraiment grande. Il ne fallait pas jouer avec lui. Dean n'avait jamais eu d'amis dignes de ce nom. Cela expliquait en grande partie sa maladresse, mais ça n'excusait pas tout. Il en avait conscience. Il lui fallait apprivoiser Castiel comme lui avait tenté de le faire. Il espérait que Castiel ne morde pas en retour.
« - Je ferai en sorte de m'en souvenir. » La voix de Dean était plus assurée, plus posée qu'au début de la conversation. Ce qui finit peut-être de convaincre ses interlocuteurs sur ses bonnes intentions. « - Bon. On se revoit bientôt de toute façon, tu n'as pas oublié notre célèbre dîner en famille traditionnel ? D'ailleurs, tu as de la chance que ce ne soit pas Anna qui appelle, t'aurais déjà eu droit à une scène d'hystérie des plus beaux effets ! » La taquinerie était de retour. Le soulagement prenait place, aussi. Mais pas vraiment du côté de Dean, qui s'attelait déjà mentalement à comment réparer ses diverses conneries. « - J'ai déjà hâte d'y être, t'as pas idée ! » La conversation s'arrêta quelques secondes plus tard. Gabriel et Balthazar, qui en savaient maintenant un peu plus sur les intentions de Dean, avaient fini par le laisser vaquer à ses occupations.
Coupant les bips incessants du téléphone, Dean fixait le vide et se mordit la lèvre avant de quitter la chambre. En entendant des bruits de pas dans l'escalier, Castiel, comme il l'avait deviné, s'était tourné vers lui, avide, mais pas trop, de savoir ce que les trois hommes avaient pu s'échanger.
« - Tes frères sont de drôles de personnages… » Commença-t-il tout en rangeant le téléphone à sa place. Il essayait de gagner du temps sur la conversation, de repousser un maximum toutes les questions de Castiel. Mais évidemment, l'autre ne l'entendait pas très bien de cette oreille.
« - Je ne te le fais pas dire ! » Dean n'avait pas l'air énervé. Rebuté, encore moins. Il semblait plutôt soucieux, ce qui intriguait le brun. Ils ne lui ont quand même pas posé un ultimatum…Si ? Osa se demander Castiel. Mais il était un adulte, et qui plus est, il était chez lui. Par définition, il n'y avait que lui qui avait le droit de décider qui pouvait rester à son domicile. « - Qu'est-ce qu'ils te voulaient de si important, que Gabriel ait menacé de recourir à la stratégie SM pour me faire fuir ? » Dean releva un regard amusé vers lui. « - Tu veux dire que ce n'est pas la première fois ? » Castiel, rassuré en le voyant disposer à parler, secoua la tête, d'un air faussement embêté. « - Malheureusement, non…J'ai des frères aux tendances assez hors-normes. » Plaisanta-t-il. Dean agissait comme si la dispute de tout à l'heure n'avait pas lieu. Même si Castiel trouvait ça louche, il ne voulait pas vraiment savoir pourquoi. Peut-être que ses frères y étaient pour quelque chose. Si c'était le cas, et que ses frères lui avaient fait la leçon, comme à un enfant, alors Castiel se sentirait horriblement gêné. Mais pour le moment, il était dans l'attente. « - Alors, qu'est-ce qu'ils te voulaient ? » Finit-il par demander. Il ne quittait pas Dean des yeux, comme si le geste pourrait prendre le pas sur la parole. Mais des deux côtés, Dean demeurait impassible. Vite, un mensonge, un mensonge. Dean ne voulait pas lui faire part de ce qui s'était passé dans cette chambre. Il voulait se rapprocher de lui, et que ce rapprochement ait l'air spontané, naturel – après tout, il lui devait bien ça. Et tant pis si Castiel se douterait de quelque chose, tant pis s'il allait l'harceler de questions pendant des jours entiers. Il voulait être un ami pour lui. Un vrai.
« - Ils voulaient savoir si j'aimais le poisson. Tu sais, pour le dîner de la prochaine fois. Ils vont en ramener. »
Incrédule, Castiel observa l'autre homme se diriger vers le canapé, pour s'y installer confortablement.
« - Et tu vas me faire croire que ça a duré tout ce temps…Juste pour une questions de poisson ?! »
Dean faillit sourire, mais il se retint.
« - Tu connais tes frères, on a plaisanté, et blablabla. Je les aime bien, au final. »
Suspicieux, Castiel le rejoignit sur le canapé et l'observa. Dean prit sur lui pour paraître le plus naturel possible. Il se surprit même à retenir son souffle. Après quelques minutes, Castiel abandonna. Dean n'aurait su dire s'il avait réussi son coup, ou si Castiel faisait simplement mine de le croire. En tout cas, les choses allaient changer. À compter de ce moment-là, les murs de la maison ne trembleront plus.
