Bonjour bonjour !
Un peu de gaieté et de boumouplaboum !
Attention : un peu de citron dans ce chapitre ! Eh oui (il était temps!) Je sais que certaines n'aiment pas vraiment ce genre de scènes. La typo change pour ce passage, donc si vous ne voulez pas le consulter, vous pouvez toujours le zapper =). C'est vraiment court, parce que c'est le « début », mais je ne garantis pas que ce sera aussi court plus tard dans l'histoire…huhu, spoiler !
Réponse aux reviews (ça aussi, il était temps...Désolée!):
barjy20 : En Novembre, normalement ! Et puisque la première fois je l'ai passé le 13 Août, il faudrait que je le repasse le 13 Novembre...Sauf que c'est mon anniversaire ce jour-là, alors je vais négocier pour d'autres jours en Novembre, hein xD
YakisoYukumi : ...Oui ! Je peux maintenant dire que les grosses disputes sont terminées. Bon, je n'ai pas encore tous les chapitres à venir en tête, et quelques chamailleries ne sont pas à mettre de côté (qui sait?), mais le plus dur est derrière nous :p
Dupont et Dupont : Merci pour tes compliments ! =) et ta correction xD C'est vrai que j'avais eu un doute sur l'orthographe mais je n'ai pas pensé à aller vérifier. Je prends note de ta demande d'OS, en grande fan de Destiel (sans blague?) ça ne devrait pas me poser de problèmes (a). Eh oui, il y en aura dans cette fiction ! Ça commence même maintenant.
Thème musical du chapitre – You and I collide, Howie Day
XIV. Petits apartés entre amis
L'appel de Gabriel et de Balthazar m'a filé un grand coup de pied au cul. Depuis que j'ai raccroché, je ne cesse de repenser à tout ce qu'ils m'ont dit. Les mots repassent en boucle dans ma tête. Les efforts de Castiel. Son grand cœur. Son émotivité, qu'il cache toujours. Quand je l'ai vu craquer la dernière fois, c'est qu'il était vraiment au bout du rouleau. Personne ne lui a demandé de me parler, quand j'étais encore prostré dans ma couverture, sur le trottoir. Personne ne l'a forcé à me garder. Personne ne l'a forcé à me sauver. Voilà plusieurs jours que je suis ici, et jamais, je ne l'ai entendu parler d'un quelconque départ. Passant ma langue sur mes lèvres, je le regarde du coin de l'œil. Assis à côté de moi, il reste toujours aussi méfiant par rapport à ce qui s'est dit dans la chambre, mais tente de faire comme si de rien n'était. Bien vite, il capte mon regard et fronce les sourcils, inclinant sa tête sur le côté.
« - Que se passe-t-il, Dean ? Ça fait plus de trois fois que tu m'observes fixement, sans raison...Est-ce que j'ai quelque chose sur le visage ? »
Pris sur le fait, je marmonne quelque chose d'incompréhensible avant de replacer mon regard sur la télé. À côté de moi, je l'entends soupirer mais il ne relève pas. Il quitte ensuite le canapé pour aller dans la cuisine. J'entends tinter les casseroles et plusieurs tiroirs s'ouvrir en même temps. Fronçant les sourcils, je me lève à mon tour et me dirige vers les bruits que j'entends. Quelques secondes plus tard, c'est un Castiel aux fourneaux qui se trouve devant moi. Il tient d'une main un livre de cuisine. De l'autre il examine un paquet de pâtes, comme si la qualité de la recette dépendait vraiment du gramme près. Je me racle un peu la gorge pour signaler ma présence. Sursautant, il finit par se tourner vers moi, la mine contrariée.
« - Dean enfin ! Je peux savoir ce qui se passe depuis tout à l'heure ? J'ai l'impression de vivre avec Big Brother. »
Un sourire amusé étire mes lèvres, mais je ne réponds toujours pas. Je m'avance vers lui, alors qu'il me regarde encore, ses grands yeux bleus remplis d'incompréhension. Je me penche ensuite vers la casserole sur le feu et m'empresse d'éteindre la plaque de cuisson. L'apprenti cuisinier, pris au dépourvu, se met à râler et repart dans un long monologue pour comprendre ce qui m'arrive. Je roule un peu des yeux avant de me tourner vers lui, croisant mes bras sur mon torse.
« -Il y a que tu bosses trop. Va te changer, on va manger dehors pour une fois. Je t'invite. »
La surprise, l'amusement, puis enfin l'incompréhension fait son grand retour sur le visage de mon interlocuteur. La vache, il est capable de changer de sentiments comme de trench-coats, celui-là. Je vois bien qu'il y a quelque chose qui le tracasse, quelque chose qui lui brûle les lèvres. Mon comportement ? C'est vrai que moi aussi, je me serai posé quelques questions...Mais on ne va tout de même pas me reprocher de vouloir être attentionné, si ?
« - Mais, Dean...Je ne comprends pas. Tu n'as pas d'argent... » Puis, comme s'il réalisait ce qu'il venait de dire, il ouvre de grands yeux et exécute de larges mouvements dans l'air avec ses bras. « - Pardon ! Pardon, ce n'est pas ce que je voulais dire, je.. »
J'écarquille les yeux face à sa réaction. La vache, est-ce que je lui fais si peur que ça ? Est-ce que me perdre une nouvelle fois lui fait si peur que ça ? Cette pensée me rend tout chose. Une étrange et douce chaleur m'envahit. Je me racle la gorge pour reprendre contenance, sourcils froncés. Castiel s'arrête dans son élan, et m'observe, interdit. Je me force à lui faire un petit sourire, retrouvant peu à peu mes moyens.
« - Ça va t'inquiètes, j'ai compris, Cas'. Tu ferais mieux de te dépêcher, avant que tout ne ferme. »
Je tapote son épaule et passe à côté de lui pour aller l'attendre dans le salon. Là où ses yeux ne me...Me...Ils m'ont fait quoi, au fait ?! Je me suis senti bizarre, déstabilisé. Oh d'accord, je vois. C'est ça, le regard de chien battu dont Balthazar m'avait parlé la dernière fois. Eh bien, j'espère ne plus jamais avoir à le revoir, ou au moins réussir à prendre le dessus, foi de Winchester ! Secouant la tête, je fourre mes mains dans mes poches alors que je fais les cent pas dans la pièce, observant les clichés de famille posés sur chaque meuble. Des clichés que je ne connais que trop bien, depuis que je les observe. Et maintenant que je connaissais une partie de sa fratrie, je n'avais plus cette petite pointe de jalousie, en observant les visages radieux d'une famille unie. Je me retourne ensuite en entendant des pas se rapprocher de moi. Chemise blanche, jean foncé, Castiel m'attendait, un léger sourire. « - On y va ? »
Je suis tenté de lui demander ce qu'il a fait de son habituel manteau, mais au lieu de ça, je me mords la lèvre et lui emboîte le pas jusqu'à la porte d'entrée. Enfilant les chaussures qu'il m'a bien aimablement prêtées, je me fige un peu en le voyant prendre les clefs de sa voiture.
« - Attends…On y va en Mini ? » J'ai beau y mettre tout mon cœur, je ne peux pas m'empêcher de grimacer en prononçant cette marque de voiture. Je ne le dirai jamais assez : encore mieux conduire une Impala de 67 plutôt que cette voiture de…De midinette…J'entends Castiel soupirer une nouvelle fois, mais cette fois, il me fait face avec un sourire amusé. Le même que le mien, quelques instants plus tôt.
« - Oui Dean, on y va avec ma voiture. Si on rejoint le centre-ville à pied, il y a de bonnes chances pour que tout soit fermé avant que l'on n'arrive. »
Certes, il marque un point. Mais la voiture n'est pas forcément l'unique solution. De mauvaise grâce, je referme la porte derrière nous et le suit dans l'allée.
« - On peut toujours y aller en bus, tu sais ! »
« - Et prendre le risque de croiser ceux qui t'ont passé à tabac ? Je ne crois pas, non. »
Et encore gagné. C'est qu'il est doué à ça ! Faisant la moue, je finis par obtempérer et rentre dans la voiture, ne me gênant pas pour faire une nouvelle grimace de dégoût. C'est à peine si on a la place de bouger là dedans, franchement ! Je m'attache tant bien que mal, Castiel démarre et nous voilà enfin partis.
« - Est-ce que je peux au moins choisir la musique ? » Je demande, un peu bougon, mais plus pour le voir sourire que par véritable ennui. Ma petite stratégie ne manque pas : souriant, il me présente l'autoradio d'un geste de la main. Je ne me prive pas pour passer en revue toutes les radios disponibles, avant de finalement arrêter mon choix sur du bon vieux rock Ça faisait bien trop longtemps que je n'en avais pas entendu. Dans la voiture que mon père me prêtait autrefois, j'en avais des cassettes entières, empilées dans la boite à gants. Oh je ne pouvais pas vraiment les écouter à mon aise quand mon frère était dans la voiture, mais quand j'étais en solo, les vitres de la voiture ont bien tremblé sur un solo de guitare d'ACDC. Pour l'heure, je n'ose pas mettre le son trop fort, veillant quand même à respecter le confort de mon conducteur.
Quelques minutes plus tard, nous arrivons au centre-commercial. Je fronce un peu les sourcils en me tournant vers lui. Castiel me regarde, souriant en coin.
« - Quoi ? Tu vas me dire que tu t'imaginais un restaurant 5 étoiles ? J'ai pensé qu'un peu de fast-food ne nous ferait pas de mal. »
…Bénissez cet homme. Je me contente de lui lancer un nouveau sourire avant de sortir rapidement de la voiture, impatient comme un gosse à Noël. Je ne me souviens même pas de la dernière fois où j'ai dégusté un hamburger bien gras dans un fast-food. Ça remonte sûrement à l'époque du lycée. Entrant dans l'enseigne à ses côtés, je m'installe rapidement et observe la carte de haut en bas, dévorant déjà tous les savoureux burgers en photo. La seule chose qui me fait décrocher, c'est le regard de Castiel. Je relève les yeux vers lui, son sourire amusé n'ayant toujours pas disparu.
« - On dirait que tu n'as pas mangé depuis dix ans… »
« - C'est que…ça a changé depuis la dernière fois, ça fait un moment, alors tu comprends, je…Je me renseigne… »
Je me mords nerveusement la lèvre en voyant son sourire s'élargir. Il se lève ensuite et se dirige vers le comptoir pour commander. Je me décide à me lever pour le suivre, histoire d'au moins l'entendre donner sa commande pour pouvoir m'y calquer, histoire de ne pas passer pour un abruti. Dix minutes plus tard, me voilà donnant de grandes bouchées dans un burger au bacon, poussant de petits gémissements de plaisir. C'est si délicieux que je suis certain que je pourrai m'en enfiler cinq à la suite ! Enfin, rentrer dans la voiture, ce serait difficile après, mais au pire, je roule à côté, on verrait bien qui rentre en premier à la maison. Et dire que Castiel arrive seulement à se contenter d'une salade et de quelques nuggets de poulet… C'est à peine croyable ! Un tel menu, c'est proche de la punition pour moi.
« - Tu ch'veux qu'on fasse ch'quoi après ? » Je parviens à demander au brun, entre deux morceaux de mon succulent met. Face à moi, Castiel fait une grimace, apparemment partagé entre le dégoût et l'amusement.
« - Dean, tu as de la sauce qui coule…Hm, là » Il me montre la commissure de ses propres lèvres, apparemment un peu troublé. Je m'essuie rapidement et je le vois reprendre contenance. « - On pourrait peut-être aller se balader dans la zone commerciale ? On n'a pas grand-chose à faire de notre temps libre, de toute façon. » Un petit rire amer s'échappa de ses lèvres. Ah non ! Je ne veux plus de ça ! Je ne veux plus de sourires dérobés, de regards baissés. Je déglutis ma salive et avale une gorgée de soda avant de lui offrir un sourire, espérant débrider l'ambiance.
« - Pourquoi pas ! De toute façon, je crois qu'il me faudra revoir ma garde-robe. Pas que tes chemises ne me plaisent pas, au contraire, mais, j'aimerai bien…tu vois... » Renouer avec mon propre style. J'ai beaucoup de chance que les vêtements de Castiel m'aillent comme un gant, mais je dois avouer que les chemises à carreaux…ça fait son temps. Loin de moi l'idée de lui manquer de respect. Mais, le problème, ça reste le même…l'argent. Cette saloperie, encore et toujours. Tout bien réfléchi, je ne peux pas me permettre de lui demander de me payer toutes mes folies. Il ne travaille plus maintenant, alors il faut qu'on se serre la ceinture...À cette pensée, je me racle un peu la gorge. « - Quoi que, tu sais quoi, oublie ce que je viens de dire…Je peux très bien m'en contenter. »
Je lui fais un petit sourire, rassurant. Lui secoue la tête avant de reprendre la parole : « - Dean. Me proposer ce dîner dehors, ça m'a fait plaisir. Alors, à moi de te faire plaisir à mon tour. »
Oh. Alors que le moi intérieur s'est mis à sauter comme un cabri et à taper dans ses mains à cette annonce, je pince mes lèvres entre elles, sourcils froncés. « - Mais Cas'…Et l'argent… ? » En guise de réponse, je n'ai qu'un soupir faussement lassé, et un mouvement de tête vers mon dessert, m'invitant à finir rapidement mon plateau pour partir à la chasse à la bonne affaire le plus vite possible.
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« - Tu ne trouves pas que ça me boudine quand même un peu ? »
« - Dean, on dirait une femme…T'es pire qu'Anna ! »
« - Je dois prendre ça comme un compliment ? » Je lui lance un sourire idiot et il se ravise pour ne pas partir dans un grand éclat de rire. Voilà plus d'une demi-heure que nous sommes dans la même boutique. La première, pour être plus exact. J'ai immédiatement craqué pour quelques jeans. C'est leur essayage qui pose problème. Me tournant et me retournant comme un ver devant la glace, j'essaie de trouver le moindre défaut de chacun, le moindre trait disgracieux, pour être sûr et certain de tomber sur LE jean coupé pour moi. Quoi… ? On a beau avoir été un SDF pendant plusieurs années, on n'oublie pas si facilement ses habitudes de jeune première dès qu'on a l'occasion de flirter à nouveau avec. Je fixe mon reflet dans le miroir et analyse encore le jean avant de retourner dans la cabine, pour l'enlever. Je me décide à mettre tout de même celui-ci de côté, mais le noir que j'ai choisi est quand même pas mal du tout non plus…Disons qu'il me donne un côté plus habillé. Compte tenu de mon parcours, il n'en faut pas beaucoup pour m'impressionner à présent, certes, mais…juste lui, et après, j'aurai terminé. On pourra quitter cette boutique et même mettre mes emplettes entre parenthèses si Castiel désire aussi s'acheter quelque chose. Sans plus de cérémonie, j'enfile rapidement le jean noir, grimaçant un peu en refermant le dernier bouton du pantalon.
« - Wow, la vache…Je pense que lui ne me va pas, la coupe n'est pas bonne. T'es un bon cuisinier Cas', mais je doute avoir pris du bide en l'espace de quelques semaines… »
Aucun commentaire de l'autre côté du rideau. Bon, s'il est parti attendre plus loin et que je me lance dans de longs monologues, ça va être gênant pour tout le monde. Je lance un psst, discret, mais toujours rien. Roulant des yeux, je tire le rideau pour sortir et m'arrête de justesse, pour éviter de rentrer de plein fouet dans le brun. Dos à la cabine, il était là depuis le début, seulement….Profondément lancé dans la contemplation d'un vendeur blond, qui rangeait des articles à plusieurs mètres de là.
« - Hm…Je vois que t'apprécies la marchandise d'ici… » Dis-je sur le ton de la plaisanterie, un sourcil arqué. Sursautant, il semble seulement se rendre compte de ma présence. Quand il se tourne vers moi, ses joues sont rosies par la gêne, et il met tout en œuvre pour regarder de partout, sauf moi. Non… ?!
« - Tu…Tu as fini ? » Balbutie-t-il. J'affiche un léger sourire et hoche la tête, reposant le jean noir, avant de passer rapidement en caisse avec l'unique jean dont j'étais à peu près satisfait. Je n'ai pas voulu paraître ambigu avec ma phrase, mais maintenant que j'y pense…Et avec la réaction qu'il a eu….Ni Castiel, ni les membres de sa famille ne m'ont jamais parlé d'une petite-amie, ou d'une éventuelle fiancée. D'accord, ça pourrait s'expliquer : ce ne sont pas des choses qui me regardent. Mais plus j'y pense, et plus j'ai du mal à m'imaginer Castiel en compagnie d'une femme. Il est trop…Sensible ? Attentionné ? Ah, comme s'ils n'y avaient que des gros connards pour être des hétéros. Je le laisse payer, sans un mot, et quitte la boutique à ses côtés. Il a du remarquer mon regard insistant, puisqu'il m'observe, m'invitant à lui poser cette question qui me brûle les lèvres.
« - Je…Est-ce qu'il te plaisait ? »
Il blêmit et s'arrête de marcher d'un seul coup, s'attirant les foudres d'une vieille dame derrière lui, qui pour un peu, lui serait rentré dedans. Je m'excuse pour lui et me rapproche de mon ami.
« - C'était qu'une question comme une autre tu sais, respire... » Je ris un peu pour détendre l'atmosphère. Mais c'est un rire nerveux. Je dois probablement avoir l'air constipé.
Enfin, il secoue la tête, comme pour se reconnecter avec ce qui se passe autour de lui et me tend le sac de la boutique que nous venons de quitter. « - Bien sûr que non, Dean. Je l'observais seulement parce que je voulais analyser les tâches d'un salarié de boutique. Je te rappelle que je vais devoir me mettre à chercher du travail. » Ça semble légitime, mais pourtant, j'ai bien du mal à y croire : son ton se veut convainquant, mais son regard est toujours aussi fuyant. Tant pis. Ça ne sera qu'un détail à rajouter à la liste de Ce qui fait de Castiel Novak quelqu'un d'aussi mystérieux que flippant.
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L'ambiance s'est débridée au fur et à mesure de nos achats. L'après-midi a été agréable, autant pour l'un que pour l'autre. Du moins, je l'espère. J'ai fait attention à ne pas choisir d'articles trop onéreux, parfois insisté pour que Castiel s'offre quelque chose également, ce qu'il a fait, avec une petite étincelle dans les yeux que je n'ai pas su déchiffrer. Maintenant, nous voilà de retour dans la voiture. Je n'ai même pas râlé, je n'ai pas placé une seule de mes répliques sur ce que j'en pense, signe de ma satisfaction. Et il est vrai qu'en voyant Castiel remettre la station radio sans que je lui demande quoi que ce soit, ça a aidé. Vraiment, c'était une bonne idée. Je me féliciterai presque d'en avoir lancé les prémices en proposant un déjeuner à l'extérieur.
La bonne humeur se poursuivit jusqu'en soirée. N'entendre aucun cri, ça fait du bien. Ça nous rapproche, aussi. Aujourd'hui, je n'ai pas eu l'impression de n'être qu'un fardeau, qu'une responsabilité de plus : aujourd'hui, j'ai su le faire sourire, le faire rire, lui faire plaisir. Je me suis senti utile, un sentiment que je n'ai que trop peu connu au cours de ma vie, et il y a bien trop longtemps. Plongé devant la télé, une canette de soda à la main, je sursaute un peu en sentant un poids sur mes genoux : c'est le plateau-repas que Castiel vient de me déposer. Je le remercie d'un sourire alors qu'il s'installe à côté de moi, prenant le sien au passage.
« - Coca, pizza, télé, pieds sur la table-basse…Ça ressemble presque à une routine de vieux couple marié, tu sais ? » Mon regard malicieux quitte un instant l'écran pour se poser sur mon colocataire. Castiel sourit mais ne dit rien, se mettant à manger en silence, savourant certainement autant que moi ce moment de sérénité. Pourtant, c'est bien lui reprend la parole en premier.
« - Dean ? »
« - Mhhh ? La vache, mec, t'as vu comme ce bikini lui va bien à la brune ? »
« - Dean ! » Me rappela-t-il à l'ordre, riant légèrement. Ah, il ne faudrait pas que je bave sur son canapé…
« - Désolé. Oui ? »
Je passe ma langue sur mes lèvres et détache à contrecœur mes yeux de la créature de rêve à l'écran. Sourcils froncés, Castiel a repris cet air sérieux qui ne me plait pas vraiment, cet air dont je me suis fait une mission de ne pas voir aujourd'hui. Alors, mission ratée ?
« - Dean, je sais que je choisis très mal mon moment, en particulier lorsqu'une telle femme se présente à tes yeux et que la situation pourrait être moins gênante, mais…Voilà. Je ne veux pas te tenir dans l'ignorance s'il arrivait…Ce qui devait arriver. Je ne veux plus avoir à te cacher des choses qui font de moi ce que je suis. »
C'est qu'il me ferait presque peur, avec sa voix rauque, et son corps, stoïque comme pas deux.
« - Qu'est-ce qui se passe, tu vas m'annoncer que t'es un serial-killer et que les bruits que j'entends la nuit ce sont les victimes qui tapent sur les murs de ta cave ? »
Il plante ses yeux dans les miens comme pour me demander quelle était cette dernière ânerie que je venais d'inventer. Pinçant mes lèvres, et comprenant que ce qu'il s'apprête à dire était sérieux, je lui adresse un mouvement de la main pour l'inviter à continuer.
« - C'est moins dramatique. Du moins, de mon point de vue. Tout à l'heure, quand tu m'as vu observer le vendeur…Tu avais raison. Il me plaisait. »
Ah bah merde alors. Sous la surprise, je fais les gros yeux, mais ça ne l'empêche pas de continuer.
« - Je suis gay, Dean. »
…J'avais raison ! Devant mon manque de réponse, et mon air toujours aussi étonné, Castiel se lève, l'air blessé.
« - Je suis désolé, je ne voulais pas te mettre mal à l'aise.. »
« - Non, Cas ! » C'est sorti tout seul. J'attrape son poignet et l'invite à se rasseoir sur le canapé. « - Tu fais ce que tu veux, vieux. T'es comme ça et c'est tout. C'est surprenant, mais c'est…Toi. Et qui je suis pour critiquer ça, hein ? »
Je n'ai jamais rien eu contre les gays. Plus jeune, je disais même qu'ils me simplifiaient la vie : c'était des candidats en moins Un raisonnement d'enfoiré, je ne le cache pas. Mais depuis, de l'eau est passée sous les ponts, comme on dit. Castiel me regarde quelques instants, indécis, avant d'afficher un petit sourire et de reprendre sa place sur le canapé. Toute gêne dissipée, les minutes aidant, la soirée reprend son court. Je le sens soulagé, apaisé. Une atmosphère qui invite à la détente, et la détente au sommeil.
Quand j'ouvre les yeux, je me retrouve dans ma chambre. Tiens ? Je me rappelle m'être endormi sur le canapé, pourtant. Est-ce que Castiel peut être assez fort pour me porter jusqu'en haut ? Haussant les épaules, je me redresse, mais je me rends bien vite compte que quelque chose : il y a une présence dans le lit. Une présence sous les draps. Entre mes jambes.
« - Euh.. ? »
Je fronce les sourcils et soulève la couette. Castiel. Souriant en coin, un peu de semence sur les lèvres, il se redresse et viens m'embrasser sensuellement, baiser que je lui rends en posant une main sur ses fesses.
« - J'ai toujours aimé ce genre de réveil… »
« - Moi aussi Dean…Dean…DEAN, DEBOUT ! »
Sursautant, je me redresse rapidement et regarde autour de moi, hagard, déboussolé.
« - Debout, Dean…Va te coucher…Tu t'es endormi sur le canapé. »
Je déglutis difficilement et regarde autour de moi. Le salon. Je me suis endormi devant la télé.
