Bonsoir à tous !
Avant toute chose, je voudrais m'excuser pour l'énorme retard que j'ai pris sur cette fiction. Je me suis complètement laissé déborder par mes études en ce moment, et j'en suis vraiment désolée. Je ferai en sorte que ça ne se reproduise plus ! Mais cette fiction ne s'arrête pas là, et je ne compte pas l'abandonner comme ça ! Elle me tient beaucoup trop à cœur
Je vous ai fait un petit pavé pour me faire pardonner, j'espère que ça sera assez :p
Dans ce chapitre, encore exceptionnellement (ça fait deux fois, je sais) il n'y a pas de je/il, mais vous comprendrez pourquoi !
Attention, langage parfois un peu dur !
(Ne me détestez pas s'il vous plait, détestez le « nouveau » personnage plutôt :D !
Sinon, bonne nouvelle : Destiel qui commence à prendre une nouvelle tournure. Eh oui, plus que quelques chapitres et vous pourrez les voir faire des bébés dans tous les recoins de la maison !) #SPOILERALERT /sort très loin *ZBAFF*/
Thème musical du chapitre – Bohemian Rhapsody, Queen
XV. Dommage collatéral.
Depuis le début de la matinée, Castiel s'activait derrière les fourneaux. On était Dimanche. Plus le temps passait, plus ses invités pouvaient arriver d'un moment à l'autre. Dean l'aidait sans se faire prier, mais il restait étonnement silencieux, distant. Castiel avait eu bon lui demander si ça avait un rapport avec son aveu de la veille, Dean lui avait maintenu que non. C'est donc à la fois rassuré et sceptique, que le brun mit la table tout en surveillant du coin de l'œil le repas qu'il préparait. C'est pile à ce moment que la sonnette retentit dans toute la maison.
« - Déjà ?! » s'alarma-t-il, un œil sur la pendule du salon. Elle n'annonçait que 11H30. Certes, ce jour avait toujours été considéré comme une « fête » dans la famille, et ils étaient à chaque fois tous très impatients de se revoir, mais de là à contrecarrer toute son organisation…Le jeune Novak gonfla ses joues et se dépêcha de terminer la présentation. Mais il se fit (encore) couper l'herbe sous le pied : Dean, un peu décoiffé et légèrement essoufflé, le prenait par le bras pour l'emmener dans la cuisine.
« - Je vais les retenir Cas', finis ton petit truc, ils n'y verront que du feu ! » Dubitatif, Castiel se laissa convaincre devant l'air enthousiaste de son ami, et surveilla la cuisson du four. Une porte qui s'ouvre. Il reconnut instantanément la voix, enjouée, de Gabriel. Il était seul. Castiel laissa ses yeux bleus s'attarder sur les deux silhouettes qui se dessinaient à travers les vitraux de la porte. Il n'entendait que des bribes de conversation. Leur coup de fil, il ne l'avait pas oublié. Le ton semblait être beaucoup plus cordial entre les deux hommes, et ça l'étonnait. Il s'en réjouissait, évidemment, mais cela ne faisait que piquer sa curiosité. En entendant les voix se rapprocher, Castiel se remit au travail et feint la surprise lorsque la porte s'ouvrit en grand.
« - Mais Dean, enfin… ! » Une petite voix plaintive, et le voilà qui se mettait devant le plan de travail pour cacher ce qu'il concoctait à ses invités.
« - Oh ça va, c'est que moi Cassoulet ! Et puis, on ne l'a fait pas à un pâtissier, hein ! » Lança un Gabriel enjoué, avant de serrer son petit frère dans ses bras. Dean, qui n'y tenait plus, sortit une pâtisserie de son emballage pour la montrer à Castiel.
« - Regarde ! Ton frère nous a apporté le dessert ! »
C'était une magnifique tarte, apparemment faite avec amour. Le pêché mignon de Dean, qui en mangerait certainement la plus grande partie. Il la dévorait déjà des yeux. Castiel jugea plus prudent de la ranger au frigo et de l'y laisser, au moins jusqu'à l'heure du dessert. Pas qu'il n'avait pas confiance en Dean. C'est plutôt en son estomac qu'il avait moyennement confiance.
« - Si c'est comme ça, venez me voir à la boutique, je vous ferai des prix ! » Lança un Gabriel enjoué, alors que lui-même louchait sur les amuse-gueules posés sur la table.
Heureusement pour lui, Castiel n'eut pas à les tenir éloignés de tout plat très longtemps : la sonnerie retentit une seconde fois, et les voix de Balthazar et Anna se faisaient entendre derrière la porte.
« - Je te répète encore une fois que ma voiture est parfaitement garée ! » se défendit le blond en entrant. Il ne lâchait pas du regard sa sœur. À vrai dire, depuis le début, ils semblaient plongés dans un profond débat, et ils n'avaient pas l'air de vouloir y mettre un terme, même une fois entrés, même avec tous les regards braqués sur eux.
« - Tu rigoles ? C'est pas un créneau que tu m'as fait, c'est un accrochage, Balt' ! »
Bras croisés, Gabriel se racla la gorge pour ramener un peu de silence. Il avait toujours été considéré comme l'arbitre de la famille. Même s'il était amusé par la situation, comme tous les autres, est-ce que ce serait aussi le cas aujourd'hui ?
« - On peut savoir ce qui se passe ? »
« - Il se passe – » claironna Anna tout en lui faisant la bise. « - Que notre très cher frère a voulu se garer à côté de MA voiture, mais qu'il a lamentablement échoué ! » Retirant sa veste, elle la plaqua contre le torse de Balthazar à la fin de sa phrase.
« - Oh oui, et bien ce n'est pas moi qui ai calé au feu vert ! J'aurai pu te rentrer dedans là aussi et ça n'aurait pas été MA faute ! »
Gonflant ses joues, Castiel termina de les saluer et récupéra leurs vestes pour aller les ranger dans sa chambre. Il savait que ce n'était que de simples chamailleries et que dans quelques minutes l'un comme l'autre auraient déjà tout oublié. Enfin, jusqu'au moment du départ, là où il faudra revenir sur la « scène de crime ». Il n'empêche que d'une entrée aussi fracassante, Castiel s'en passerait bien.
Il revint enfin près de ses hôtes, et l'apéritif put commencer dans la bonne humeur. Apéritif, mais sans aucun alcool, bien sûr ! Anna avait acheté des cocktails non alcoolisés pour ne pas trop dépayser Dean.
« - T'as la même couleur, c'est déjà ça ! »
« - Tu crois que c'est la couleur qui m'intéresse ? Ta robe rouge est très jolie, mais je parie que ce qui se trouve dessous est bien plus fascinant. » Plaisanta-t-il, se reculant pour ne pas recevoir une petite tape de sa part.
La réception se poursuivit joyeusement. Castiel s'était toujours senti à son aise ce jour-là, dans son élément. C'était comme si chaque membre de sa famille se retrouvait après de longues années passées loin les uns des autres, alors que, soyons honnêtes, il était rare qu'ils ne s'adressent pas la parole de plus de deux jours. Chaque Dimanche, chaque anecdote était nouvelle. Soudain, alors que tout le monde s'apprêtait à se mettre à table, un coup de sonnette perça à travers les rires. Les regards interrogateurs se tournèrent vers Castiel.
« - Tu attendais quelqu'un ? Un petit ami caché, peut-être ? » Lança Anna, taquine.
Mais Castiel secoua la tête et se leva, se demandant bien qui pouvait lui faire une visite surprise un Dimanche. Pourvu que ça n'ait pas un rapport avec le travail se répéta-t-il, pourvu que ça n'ait pas un rapport avec le travail. Il n'avait vraiment pas envie de jongler avec les regrets (si peu plausibles) d'un patron désolé, ni d'un quelconque employé. Il ouvrit la porte à la dérobée, et son cœur ne fit plus qu'un bond.
Non, ce n'était pas le boulot. C'était. Pire ?
« - Eh bien Castiel ne fais pas cette tête ! Tu ne m'embrasses pas ? » Devant lui se tenait un Luke au sourire ironique, et quasi cruel. Castiel était figé. Pourquoi était-il là ? Pourquoi fallait-il toujours qu'il soit là dans des moments pareils ?
Derrière lui, dans la salle à manger, les autres s'impatientaient. Il les attendait l'appeler, lui demander qui s'était, et surtout, ce qu'on leur voulait. Devant son manque de réponse, Castiel se fit bousculer par son frère, qui força le passage pour entrer dans la maison à tout prix. Le brun déglutit en entendant les conversations se stopper brusquement. Il referma la porte lorsque Balthazar commença à élever la voix.
« - Tu fous quoi ici, toi ? » Castiel, penaud et craintif, les avait rejoints, tête baissée. Il pouvait sentir le regard de Dean sur lui. Lui ne comprenait certainement pas grand-chose. Gabriel posa une main sur l'épaule de Balthazar pour lui faire signe de se calmer. Castiel ne lui en tint pas rigueur : Gabriel était le membre le plus « neutre » de la famille. Il était celui qui avait le plus connu Luke, dans leur enfance. Il paraît même que leur frère fut un jour quelqu'un de bien, si on en croit ses dires.
Lèvres pincées, Castiel regagna sa place sans un mot. Luke, même si le concerné ne s'en doutait pas, était l'une des principales raisons de sa cuite de la dernière fois. À la tienne, Luke avait été ses dernières paroles avant d'enchainer les verres les uns après les autres. Un souvenir d'autant plus douloureux qu'il était le seul à le partager autour de la table. Dean n'en connaissait pas vraiment les circonstances : le boulot, même si ça avait été la cause principe, c'était le plus passe-partout.
« - Ce que je fais ici, petit-frère ? On est bien Dimanche, non ? Désolé pour mon retard. » Lança Luke avec une nonchalance détestable.
Anna enfonçait ses ongles dans la nappe.
« - Tu es ? » Demanda le blond à un Dean, pour le moins pris de court.
« - Euh, eh bien je... »
« - Oh ! Je vois ! Le copain de Cassy ! » Luke éclata d'un rire franc et donna une tape sur l'épaule de Castiel. Le regard de Balthazar se noircit à ce contact.
« - Autant fêter ça, alors ! » Il ouvrit le veston de son costume. De sa poche intérieure, il en tira une petite bouteille de champagne qu'il posa avec fracas pile sous le nez de Castiel. Un geste loin d'être anodin, et qui avait eu son petit effet. Choqués, Anna et Balthazar s'étaient levés en trombes et rivalisaient d'insultes pour leur frère. Castiel, comme en proie à un choc, s'était mordu la lèvre et était maintenant victimes de quelques tremblements. Gabriel se leva seulement pour passer ses bras autour des épaules du brun, les frottant pour lui apporter son soutien.
« - Dean, va me balancer ce truc. » Lança-t-il avec un calme inquiétant, ne jetant ni un regard à Luke, ni à Dean.
Dire que le blond était largué dans ce tableau de famille était un doux euphémisme. Mais il avait très bien compris que les intentions de Luke n'étaient pas bonnes lorsqu'il l'avait vu sortir cette bouteille d'alcool. L'ordre de Gabriel, il l'avait plutôt accueilli avec joie : s'absenter de la pièce lui permettrait de prendre du recul sur ce qui se passe. Ce mec, il ne le connaissait pas, mais apparemment, il était capable de mettre Castiel dans tous ses états. Rien que pour ça, il était dans le collimateur de Dean. Sa fureur ne lui avait même pas fait relever la mauvaise plaisanterie de Luke sur cette histoire de petit-ami.
Se levant, Dean attrapa la bouteille de champagne. Mais une autre poigne, aussi forte (voire plus) que la sienne, avait également attrapé la bouteille, la tenant fermement posée contre la table.
« - Laisse-ça là, petit. Je suis certain que ça ne lui rappelle que des bons souvenirs, n'est-ce pas Castiel ? »
« - C'est quoi ton problème ?! » Asséna Anna tout en venant à lui. « - T'as pas le droit d'être là ! »
« - J'ai tous les droits, chère sœur. »
Encore cette ironie. L'air malin qu'il se donnait agaçait Dean au plus haut point. Il avait envie de le faire dégager, de lui faire mal, de lui faire passer l'envie de continuer son petit numéro. Il serra davantage la bouteille entre ses doigts et la tira vers lui.
« - Lâche ça, petit. »
« - Non. » Répliqua Dean, froid. « - Et si tu partais, qu'on ne voit plus ta sale gueule ? »
« - J'ai à faire à qui.. ? » Luke s'approcha de lui, ne relâchant pas sa poigne. Légèrement plus grand que Dean, il le détailla de haut en bas, d'un air dédaigneux. Il avança son visage vers celui de l'ancien SDF, comme dans un geste de défi.
« - Qu'est-ce que tu vas faire, mh ? Me frapper ? Toi ? Frapper ? Mais non, les PD ça frappe pas…C'est trop occupé à sucer des queues… Hein Cassy-chou ? »
Il était allé trop loin. Le tumulte des voix s'était intensifié. Pour Dean, lui, c'était sa colère, qui était maintenant à son paroxysme. Il repoussa violemment Luke contre le mur. Dean le plaqua contre le mur en le tenant par le col de sa chemise.
« - Tu vas commencer par fermer ta gueule, t'as compris ?! »
« - DEAN ! » Balthazar se hâta d'aller vers eux et posa ses mains sur les épaules du blond, le tirant en arrière. « - Il n'en vaut pas la peine… » Dean fixait Luke dans les yeux avec hargne, puis son regard pivota à nouveau vers Castiel, qui était toujours aussi tétanisé. Ravalant un grognement, il finit par le lâcher et tourna les talons, préférant le laisser face à la sagesse et au sang-froid de Gabriel. Il ne voulait pas voir Castiel encore plus mal, par sa faute. Derrière lui, il entendit le rire moqueur de Luke.
Ce mec commençait à le rendre dingue.
Oh et puis merde.
Se retournant avec rapidité, il se redirigea vers Luke et lui asséna un grand coup de poing. L'autre en eut le souffle coupé sa tête partit sur le côté. Instantanément, un mince filet de sang coula de ses narines, pour venir s'étendre jusqu'à sa bouche.
« - STOP ! » S'affola alors Anna, qui maintenant, redoutait le pire. Castiel aussi était sorti de sa léthargie : c'est comme si cette première « attaque » avait été un signal d'alarme. Tout alla très vite. Trop vite.
Furieux, les yeux de Luke lançaient maintenant des éclairs. Il s'approcha rapidement de la table, alors que Balthazar amenait Dean à battre en retraite. Luke s'empara de la bouteille de champagne, et la brisa contre le bord de la table. Le champagne s'écoula à flot sur la nappe et le sol.
« - Montre-moi ce que t'as dans les tripes, le mioche ! »
La bouteille maintenant coupée en deux, il tenait dans sa main la première moitié. L'extrémité n'était faite que de bouts tranchants. Anna poussa un cri perçant et prit déjà son téléphone pour appeler les flics. Gabriel avait finalement délaissé Castiel pour venir à Luke.
« - Mon frère, ne sois pas si stupide ! Tu vaux mieux que ça… » Essaya-t-il de le raisonner. De l'autre côté, Balthazar tentait de maîtriser Dean tant bien que mal.
Mais le coup partit tout seul.
Castiel avait du mal à comprendre ce qui se passait sous ses yeux. Le cri des autres. Les yeux écarquillés de Dean. Le sang sur le sol. La bouteille enfoncée dans son ventre. La bouteille enfoncée dans son ventre…
« - BORDEL DE MERDE ! UNE AMBULANCE, VITE ! »
Balthazar alla rapidement chercher une serviette. Devant son geste, Luke avait pris la fuite, sans qu'on n'ait à lui redemander, cette fois. La douleur de Dean était cuisante. Sa chair le tiraillait. La moindre de ses inspirations lui faisait mal. Sa respiration était saccadée. Paniqué, Castiel se rua vers lui et posa ses mains sur ses joues.
« - Dean ! Dean, Dean, ça va aller, d'accord ? Tu vas t'en sortir ! On va te soigner ! » Il jeta un coup d'œil au sang qui ruisselait de sa plaie. « - ANNA ! » Hurla-t-il à sa sœur, alors que la pauvre Novak se battait avec la police et les secours, entre les cris, pour tenter de leur faire comprendre le drame qui venait de se passer.
Les ambulances étaient venues en moins de temps qu'il ne fallait pour le dire. Dean avait perdu connaissance dans l'ambulance, ce qui avait accru la panique de Castiel et des autres.
À l'hôpital, on prit Dean en charge rapidement. Gabriel avait retrouvé Luke pour lui sonner les cloches comme il fallait, alors que Balthazar et Anna avaient tenu à soutenir Castiel dans la salle d'attente. Ce-dernier était resté prostré dans son silence. Mais à présent, il semblait pris d'un élan de culpabilité qui l'étouffait. Il l'étouffait, et la seule manière de s'en débarrasser, c'était peut-être de laisser tout sortir.
« - C'est ma faute... » Commença-t-il péniblement, et à mi-voix. « - Ce qu'il lui est arrivé. C'est ma faute. Si on n'organisait pas ces repas le Dimanche…Rien de tout ça ne se serait jamais passé... »
Évidemment, les deux autres eurent tôt fait de le rassurer, de le contredire en disant qu'il n'y était pour rien. Mais il ne les écoutait pas. Plusieurs heures s'écoulèrent, lourdes, angoissantes. Finalement, un Docteur s'avança vers eux. Castiel le reconnut : c'était le même que la dernière fois. Le même qu'il avait vu lorsque Dean s'était fait tabasser par l'autre maboul. Le cœur de Castiel se serra à cette pensée. Il espérait de tout cœur que Dean réussisse à prendre du poil de la bête.
Il fit de son mieux pour ne pas s'inquiéter devant l'air renfrogné du Docteur Singer. D'aussi lointain qu'il se souvienne, c'était sa marque de fabrique. Et si ça l'était, cela ne devait être en aucun cas un signe concernant l'état de santé de Dean. N'est-ce pas… ?
« - Comme on se retrouve ! » Concéda le Docteur pour saluer Castiel, hochant ensuite la tête en direction des deux autres. Il sortit ensuite son calepin et mit ses lunettes sur son nez.
« - C'est vous qui vous êtes occupé de Dean ? »
« - Oui. Je m'occupe du petit gars depuis un moment…C'est pas la première fois qu'il se retrouve dans un sale état. Je suis vraiment désolé qu'il vous cause autant de souci. »
« - Quoi ? Oh mais non ! Lui n'a rien fait ! Enfin…» Castiel se pinça les lèvres avant de reprendre. « - Disons qu'il agi sous le coup des nerfs. Il n'a pas mesuré son adversaire. Mon frère. » Castiel était nerveux. C'était tout de même en voulant le défendre que Dean s'était retrouvé à l'hôpital.
Bobby Singer arqua un sourcil tout en ne quittant pas son calepin des yeux, et y gribouilla quelque chose à la va-vite.
« - Dois-je comprendre qu'il y a du mieux, alors ? »
Mais Castiel haussa les épaules. Du mieux, évidemment, c'était certain. Mais là n'était pas la question.
« - Comment il va ? »
« - Eh bien…On a réussi à extraire les bouts de verre. La bouteille n'était pas enfoncée très profondément, évidemment. Mais il a tout de même perdu beaucoup de sang. Il devra rester alité un moment. Et surtout, pas d'effort physique d'aucune sorte avant que la plaie ne se résorbe ! »
Castiel soupira de soulagement et hocha la tête. Il n'avait pas entendu le mot coma. On ne lui parlait pas de coma. Il n'était pas dans un si mauvais état. Même si évidemment, Castiel se sentait encore coupable de ce qui était arrivé. Le brun demanda à le voir. Après un temps d'hésitation, le Docteur Singer concéda enfin, mais à une seule condition : il devait être seul. Dean était très fatigué. Balthazar et Anna n'avaient pas vu de mal à ça et décidèrent d'attendre Castiel en salle d'attente, eux aussi rassurés d'apprendre que le résultat de cette journée n'avait pas été aussi tragique qu'ils le craignaient tous.
Castiel entra dans la chambre. Il déglutit sa salive en voyant le long bandage couvrant tout le ventre de son Dean. Il lui faisait mal au cœur. Tous ces fils qui lui sortaient de partout…Mais ça, ce n'était rien. Il y avait sa voix. Sa voix rauque.
« - Cas... »
Son semblant de sourire, qui se tordit sans prévenir en une grimace de douleur. Castiel imagina que le moindre de ses souffles devait lui faire souffrir le martyr.
« - Dean…Je suis tellement désolé... »
Il s'approcha du lit. Ses sanglots refoulés faisaient trembler sa voix. Dean l'observait, fermait pendant une ou deux secondes les yeux. Il était fatigué, oui…C'est vrai…
« - Fais pas ta midinette, tu vas nous faire pleurer tous les deux. »
Un râle pour un rire. Dean ne voulait pas tenter l'expérience en pressant les muscles de son ventre : il avait assez saigné pour la journée.
Mais Castiel, lui, rien de tout cela ne le faisait rire. Il avait eu peur. Peur de le perdre. Tellement peur…Il attrapa un tabouret et s'assit près du lit. Ils ne se quittaient pas des yeux. Ils s'étaient toujours compris, rien que par un regard.
« - Pourquoi t'as fait ça, Dean… ? » Castiel brisa finalement le silence. Au fond de lui, il savait la réponse, mais il voulait en avoir le cœur net.
Le blond ferma les yeux et déglutis. S'il l'avait pu, il aurait lâché un bon gros soupir.
« - J'ai pas supporté...Comme il t'a traité...les autres qui ne faisaient rien... »
Castiel baissa les yeux et posa une main sur les draps du lit.
« - On choisit pas son frère, pas vrai… ? »
Dean ouvrit à nouveau les yeux en l'entendant et il le regarda. Ils s'échangèrent un faible sourire. Oui, ils n'étaient pas franchement gâtés de ce point de vue là...Enfin. C'était sans compter Gabriel, Balthazar et Anna. Eux, ils étaient plutôt l'exception qui confirmait la règle.
Dans un geste étonnement tendre, Castiel se redressa et vint déposer un baiser sur le front de Dean.
« - Plus jamais tu me fais ça, d'accord… ? »
Dean plongea ses yeux dans les siens et hocha lentement la tête. En d'autres moments, il ne se serait pas gêné pour lancer la situation en dérision totale, mais là, c'était différent. Il se sentait différent. Castiel laissa glisser l'une de ses mains sur la joue du blond, légèrement gonflée à cause de la morphine qu'on lui avait injectée pour l'apaiser.
« - Je vais te laisser te reposer…Je reviens demain, d'accord… ? »
Mais alors qu'il allait se détacher de son protégé, quelque chose, faible, lui attrapa le poignet : Dean. Sa main.
« - Reste. Dors avec moi…S'il-te-plait. » Stupéfait, Dean se rapprocha de lui, comme il se serait rapproché d'un aimant.
« - Mais Dean, ils voudront jamais... »
« - On s'en fout. J'veux pas être seul… »
Ils se regardèrent encore un long moment. Puis finalement, Castiel prit son portable et envoya un message à Balthazar et Anna. Il jeta un regard dans le couloir : personne. Alors, il tira les rideaux et éteignit la lumière. Il ne retira que son coat et alla s'allonger près de Dean. Il n'avait pas beaucoup de place, mais il s'en fichait. Il ne voulait surtout pas forcer Dean à bouger, et à se faire encore plus mal.
« - Merci... » Il entendit Dean lui murmurer ce mot au creux de son oreille. La chaleur de son corps le rassurait. Dean se sentait bêtement en sécurité. Le jeune Winchester, exténué, s'endormit peu de temps après, laissant un Castiel rassuré mais toujours autant peiné, fixer le plafond, pensif.
