3. — Honteux ! se fustigea-t-il lui-même.
N'ayant pas de cours à donner ce matin-là, Snape faisait les cent pas dans son salon privé, ressassant encore et encore son déshonneur pendant la retenue de la veille. Il avait beau considérer les choses sous tous les angles, il en revenait toujours au même double point : non seulement, il avait été humilié par Granger mais en plus, il avait pris du plaisir à l'être. Un comportement sexuel qui ne lui ressemblait pas car les ayant rejoints à l'adolescence, il s'était éveillé à la sexualité auprès des mangemorts qui lui avait appris qu'un homme digne de ce nom prenait ce qu'il avait à prendre des femmes, qu'elles soient d'accord ou non. Alors forcément, d'avoir autant bandé d'être asservi par l'une d'elles, élève de surcroît, avait porté un sacré coup à son image de mâle dominant. Face à cette situation dans laquelle il n'aurait jamais imaginé se retrouver, il se sentait totalement désemparé.
— C'était un accident, Severus, ça ne se renouvellera pas, s'efforça-t-il finalement de se persuader.
Pendant le cours de défense contre les forces du mal de l'après-midi, l'enseignant prit soin de ne jamais se tenir trop près de la Gryffondor ni même de lui adresser la parole, espérant fébrilement qu'elle ne les mettrait pas tous les deux dans il ne savait quelle position gênante. N'ayant remarqué chez elle aucun signe trahissant cette intention durant la première heure, il aborda la seconde plus détendu. L'oubliant presque, il était en train d'expliquer à un élève, dont il avait saisi la baguette, comment la tenir correctement en lançant son sort quand le souvenir de sa propre main autour de son sexe après le petit numéro de Granger émergea dans sa mémoire. Assez expérimenté pour s'apercevoir que celui-ci ne lui était pas revenu en tête naturellement, il se tourna brusquement vers la jeune femme, qu'il surprit alors en train de le fixer intensément, sourire mauvais aux lèvres.
— Même heure qu'hier ? devança-t-elle l'annonce de sa retenue.
— N'espérez pas que… commença-t-il tout en remarquant les regards incrédules braqués sur lui.
— Aucune chance, affirma-t-elle avec assurance. L'espoir, c'est pour ceux qui doutent…
En saisissant le sous-entendu, le sorcier réprima un frisson. Il était fermement décidé à ne pas laisser cette nouvelle retenue se dérouler comme la précédente et à remettre l'effrontée à sa place sans ménagement. Lorsqu'elle entra dans sa salle de classe, quelques heures plus tard, il l'accueillit donc d'un petrificus totalus qui resta sans effet. Il enchaîna alors avec un stupefix puis un sectum sempra qui ne fonctionnèrent pas davantage. Tout comme l'inutile finite incantatem avec lequel il voulut annuler les sorts de verrouillage et de silence qu'elle avait à nouveau lancé sur la salle.
— Pour moi, ta baguette n'est qu'un bout de bois ordinaire et tes informulés, de vulgaires pensées, lui fit-elle remarquer en s'approchant de lui d'un pas lent.
— Merci, j'avais remarqué ! s'énerva-t-il en reculant à mesure qu'elle avançait. Pourquoi ?
— Parce que l'évolution de mes pouvoirs m'a rendue insensible aux sorts jetés sur moi. Ne me demande pas comment, tu n'as pas besoin de le savoir pour faire ce que je veux que tu fasses.
Comme elle s'immobilisa, il en fit autant et les deux se jaugèrent longuement du regard.
— Je ne sais pas ce qui m'a pris hier mais ce qu'il s'est passé ne se reproduira plus jamais, finit-il par affirmer d'un ton sec en croisant les bras contre son torse.
Snape tint cette position autoritaire un moment face à elle puis tomba à quatre pattes, écarquillant les yeux et hoquetant de surprise dans sa chute.
— Granger, laissez-moi me remettre debout ! S'égosilla-t-il en essayant de se lever, sans succès.
Restant sourde à ses cris, la sorcière vint s'accroupir devant l'enseignant dont la tête se releva.
— Tu vas plutôt rester bien gentiment comme ça pendant que je t'explique les règles.
— Vous n'êtes pas sérieuse ! Vous croyez vraiment que je vais jouer à votre petit jeu pervers ?
Il secoua la tête d'incrédulité jusqu'à ce qu'elle ne lui agrippe les cheveux pour la lui immobiliser.
— Je viendrai ici trois fois par semaine : les… lundi, jeudi et dimanche, à cette même heure. Tu seras en train de m'attendre à genoux chaque fois que je passerai cette porte. Tu ne me toucheras à aucun moment, sauf si je t'y autorise. Et tu obéiras à tous les ordres que je te donnerai.
— Et je devrai vous appeler « maîtresse », pendant que vous y êtes ? siffla-t-il entre les dents.
— Non. Tu devras m'appeler « professeur ».
Scié par son audace, il resta un instant bouche bée avant de retrouver l'usage de la parole.
— Ne comptez pas sur moi pour assouvir vos fantasmes de débauchée !
— Tu dis ça mais tu as bien dû te branler comme un forcené après notre petite séance d'hier…
Elle se redressa et alla s'asseoir au-dessus de lui, fesses entre ses omoplates et jambes passées par-dessus ses épaules. Si bien que ses pieds se posèrent dans l'espace séparant les mains du sorcier, toujours fixées à plat sur le sol. Impuissant, celui-ci sentit son entrejambe vibrer à cette installation.
— Je parie que tu commences à durcir, ricana-t-elle en se mettant à glisser d'avant en arrière.
Dans une tentative désespérée d'empêcher que son excitation ne grandisse encore, il remua la tête pour échapper à son bassin qui, dénudé sous sa jupe, frottait de plus en plus furieusement contre sa nuque en sueur. Mais, en vain. Il aggrava même son cas puisque la jeune femme se mit à gémir pour finir par ruisseler sur son cou, lui arrachant des soupirs frustrés et achevant de tendre son membre.
— Et maintenant ? lâcha-t-il d'une voix rauque alors que la sorcière se levait de son dos.
— Tu vas pouvoir te soulager, répondit-elle en se dirigeant vers la porte. On est mardi, je reviendrai donc après-demain. Et toi aussi. Pas parce que Je le veux, mais parce que Tu le voudras.
— Pourquoi m'avoir choisi, moi ?
— Tu trouveras toi-même la réponse à cette question.
Comme la veille, il retrouva sa liberté de mouvement à sa sortie et arracha presque les vêtements bloquant l'accès à son sexe turgide. Refermant une main autour de celui-ci, il glissa l'autre dans son cou pour récupérer sur ses doigts les traces laissées par la sorcière. Et c'est en les léchant qu'il commença les allées et venues qui le firent bientôt jouir dans un autre cri haineux : « SALE GARCE ! »
