9. — Vous avez l'air d'avoir oublié que je suis un maître des potions, fit triomphalement remarquer Snape à Granger, dès l'arrivée de celle-ci, le soir même. Et si les sorts ne fonctionnent plus sur vous, les potions, elles, sont toujours efficaces sur moi. J'en ai avalé une d'impuissance et j'en reprendrai autant qu'il le faudra. C'est vraiment fini, cette fois.

Ne se retrouvant pas à genoux malgré lui, le sorcier ferma les yeux pour savourer sa victoire. Ce n'est qu'en ne parvenant pas à les rouvrir qu'il se rendit compte que quelque chose n'allait pas.

— Dans ce cas, tu ne me laisses pas le choix.

Le dos et les bras en croix plaqués contre le sol, il se fit chevaucher par la jeune femme avec une telle violence qu'il se débattait sous elle par instinct de survie, dodelinant de la tête sous les à-coups. Leurs corps nus rivés l'un à l'autre par le bassin, il ne pouvait qu'encaisser les montées et descentes qu'elle lui assénait comme des coups et crier sa douleur. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine et l'air qu'il respirait lui brûlait les poumons. Pourtant, ses hanches se projetaient avec frénésie contre celles qui le frappaient. Lorsque le sexe de la sorcière se resserra autour du sien, il se sentit tellement comprimé qu'il ne parvint pas à jouir, contrairement à elle. C'est alors qu'il rouvrit les yeux, réalisant que rien de ce qu'il avait vu ne s'était passé ailleurs que sous ses paupières closes.

— Tu vas te reprocher d'avoir pris cette potion, lui assura son élève avant de partir.

S'il ne comprit pas sur l'instant ce qu'elle voulait dire par là, il finit rapidement par le saisir. Car la scène qu'elle lui avait introduite dans la tête y repassa en boucle. Pendant la nuit, pendant les repas, pendant les cours. Il réalisa petit à petit que cette rediffusion constante tenait du fait que son corps, n'ayant pas pu évacuer son excitation à cause de la potion, l'avait comme assimilée dans l'attente de le pouvoir. Ce qui expliquait également pourquoi ses membres étaient continuellement tendus, ils l'étaient à la place de son membre. Les jours qui le séparèrent du jeudi correspondant à la durée moyenne d'effet du breuvage qu'il avait avalé, c'est épuisé aussi bien moralement que physiquement qu'il se laissa accabler par une série de constats irrévocables :

- il ne pourrait jamais dévoiler l'existence de ces « séances » à un membre du personnel de l'école.

- il ne pourrait jamais faire exclure mademoiselle-élève-parfaite-que-tous-les-professeurs-adorent.

- il ne pourrait jamais plus se rendre physiquement impuissant sans risquer d'en devenir fou.

- il ne pouvait donc que se soumettre à elle en espérant qu'elle finisse par se lasser.

Le moment venu de se rendre dans sa salle de classe, Snape en prit le chemin comme un condamné celui de l'échafaud et s'y laissa lourdement tomber à genoux face à la porte.

— Tu t'es enfin décidé à m'obéir ? l'interrogea la jeune femme en entrant à son tour.

— Oui, répondit-il d'un ton résigné.

— Oui qui ?

— Oui… Professeur.

A partir de là, il commença à s'habituer à sa condition d'esclave à temps partiel, qui n'était pas sans rappeler celle à laquelle Voldemort et Dumbledore l'avait réduit par le passé. Pour peu qu'on retire le caractère sexuel de ce nouvel asservissement, il devait bien admettre qu'il avait été le chien d'autres maîtres avant Granger. En général, elle le laissait tranquille en dehors de leurs séances. A moins bien sûr qu'elle ne considère qu'il ne se soit pas comporté tel qu'il le devait pendant celles-ci et là, il pouvait se retrouver dans les pires situations. Comme la fois où elle l'avait activement masturbé à distance pendant qu'il ouvrait un bal avec la Directrice. Quand au contraire, elle considérait qu'il s'était comporté tel qu'il le devait, elle le faisait jouir de ses propres mains et il prenait tellement de plaisir dans ces moments-là qu'il en avait du mal à marcher durant l'heure qui suivait. Si, au début, il utilisait ses soirées libres pour aller rudoyer des prostituées afin de se venger sur celles-ci des maltraitances qu'il subissait lui-même, il avait progressivement espacé ses excursions jusqu'à y mettre fin. Une décision motivée par le fait que son élève l'avait laissé entendre qu'elle consentirait peut-être à le prendre en elle, un jour, et qu'il ne pensait plus qu'à ça depuis. Car insidieusement, ce but était devenu le seul et unique de sa vie.

— Vu qu'on est lundi, tu as du te faire bouger le pion hier soir, c'était comment ? lui demanda sans détours son seul confident tandis qu'ils prenaient un verre ensemble à la Tête de Sanglier.

— Tu es obligé d'utiliser cette expression, Lucius ? souffla-il à voix basse pour ne pas être entendu.

— Tu préfères que je dise que tu t'es fait remuer la bite ? s'exclama alors bruyamment son ami qui le couvrit de honte, les autres clients de la Taverne se retournant en effet en murmurant entre eux.

Le coude en appui sur la table, l'enseignant soupira, se mettant une main en visière et pivotant sur sa chaise dans son malaise alors que l'autre sorcier adressait un signe amusé à ceux qui les regardaient.

— Arrête ça ! siffla Snape entre les dents. Quoi ?

— Bah avec tous ceux que tu reçois, je suis étonné que tu saches encore donner des ordres…

— C'est très drôle, ça. Avec un humour pareil, tu devrais te faire engager chez le jumeau Weasley.

— En voilà, une réplique acerbe ! Tu sais, mon ami, je suis content de voir que ta demoiselle ne t'a pas pris la langue en même temps que la queue.

— Au moins, j'ai une régulière pour s'en occuper, moi…

— Touché ! Enfin, ce qui est bien c'est que tu ne t'es pas pris une sang-de-bourbe, cette fois. Hein ?

— Euh… non, évidemment que non ! Mais de quelle sang-de-bourbe tu parles, exactement ?

— De celle que tu voulais mettre dans ton lit et que tu as finalement mise en boîte. Bon, tu devrais y aller où tu vas être en retard.

Le sorcier, qui était en train de penser à Lily Potter, jeta un coup d'œil à sa montre pour s'apercevoir qu'il était effectivement presque l'heure de sa séance. Il s'empressa donc de quitter la Taverne pour retourner au château où il tomba nez à nez avec Granger dans un couloir.

— Je vais marcher plus lentement pour vous permettre d'arriver avant, lui dit-elle alors simplement.