10. — Déshabille-toi.

Voulant d'abord protester, Snape ouvrit la bouche. Et la referma ensuite, se ravisant devant le regard inflexible de la jeune femme. Jusque là agenouillé aux pieds de celle-ci, il glissa ses mains dans celles qu'elle lui tendit dans une invitation à se relever et se mit debout.

— Je pourrais te lancer un divesto mais je veux que tu retires tes vêtements toi-même.

— Bien, professeur.

Le sorcier défit lentement les boutons de sa redingote, la fit glisser de ses épaules puis le long de ses bras et la laissa tomber à terre renouvela les mêmes gestes avec sa chemise déboutonna son pantalon, en baissa la braguette, le fit glisser le long de ses jambes et le laissa rejoindre le reste. Il dégagea ses pieds du tas de vêtements et enleva chaussettes et chaussures. Après quoi il ne se retrouva plus qu'en boxer.

— Enlève-le aussi.

Sachant que discuter ne l'amènerait à rien de bon, il s'exécuta.

— C'est humiliant, marmonna-t-il une fois complètement nu.

— Précisément, confirma-t-elle dans un hochement de tête satisfait.

La jeune femme le détaillant un long moment de haut en bas, il finit par fermer les yeux pour ne plus la voir faire. Lorsqu'il les rouvrit, il lui découvrit entre les mains une tenue qu'elle fourra dans les siennes. Un seul coup d'œil lui suffit pour reconnaître les vêtements amples et informes qu'il avait par miracle évité d'avoir à porter. Tandis qu'il les observait, tétanisé par ce qu'ils représentaient, l'image de Black s'imposa à son esprit.

— Pas ça… supplia-t-il faiblement.

— Tu te plaignais d'être nu, tout à l'heure. Maintenant que je te donne de quoi de rhabiller, tu te lamentes encore ! s'exclama violemment la sorcière. Je te rappelle que ma patience a des limites, Sev et je te déconseille de les dépasser à nouveau. A moins que tu veuilles que ça se termine aussi mal que la dernière fois…

Déglutissant péniblement à ce douloureux souvenir, l'enseignant enfila laborieusement le pantalon à rayures grises. Mais hésita à passer la chemise à même motif. Se révélant finalement incapable de le faire, il la garda à la main et resta torse nu, prêt à en subir les conséquences qu'il devinait pénibles. Il sursauta de surprise quand le vêtement disparu d'entre ses doigts pour apparaître sur son corps.

— NON ! s'écria-t-il en essayant furieusement de se l'arracher jusqu'à ce que ses bras ne se mettent en croix, le temps qu'il renonce à continuer. Non…

N'arrivant plus à réfléchir, il la suivit naturellement jusque devant le bureau professoral. Ayant déjà eu à le faire, il y appuya spontanément les avant-bras sur deux lignes parallèles, se penchant dessus.

— Mets ta main droite dans le dos et agrippe l'élastique du pantalon au niveau de ta hanche gauche, fit la jeune femme venue se poster derrière lui.

— Puis-je mettre mon avant-bras gauche de travers, professeur ? lâcha-t-il après avoir fait ce qu'elle venait de lui demander et donc remarqué l'instabilité de sa position.

— Oui, tu peux. C'est même recommandé pour tenir en place pendant la suite.

Sachant qu'il ne devait pas chercher à la regarder quand elle se plaçait hors de son champ de vision, il fixa un point devant lui en se demandant ce qu'elle pouvait bien lui réserver cette fois-ci. Le son familier d'un cliquetis de métal lui donna un violent soubresaut, le ramenant des années en arrière. Et quand la sorcière lui abattit brutalement la lanière de cuir de sa ceinture entre les omoplates, le mot qui sortit tout seul de sa bouche dans un cri ne fût pas « Granger » mais « papa ».

— Tu veux que je recommence, n'est-ce-pas ?

— Ouiii, souffla-t-il en se surprenant lui-même.

— A chaque coup, tu vas réfléchir un peu plus à la raison pour laquelle tu veux en recevoir un autre.

Tandis qu'elle lui frappait le dos encore et encore et mis à part le fait qu'il se sentait de plus en plus excité, le sorcier eut l'impression d'être retourné dans son corps d'enfant. Au fur et à mesure, il retrouva également son état mental d'alors, oubliant l'érection qui l'étirait.

— Est-ce que tu penses que papa doit te faire ça ? l'interrogea la voix de son élève qui se transforma à son oreille en celle de son père.

— … Oui.

— Pourquoi ?

— … Parce que je le mérite.

— Pourquoi ?

— … Parce que je n'ai rien fait pour t'empêcher de tuer maman.

Son aveu fit fondre Snape en larmes comme le petit garçon qu'il était redevenu. Il s'assit sur le sol, le corps secoué de sanglots et sursauta quand la jeune femme, venue s'agenouiller près de lui, le prit dans les bras pour l'y bercer jusqu'au retour de l'adulte qu'il était.

— Tu y es presque… chuchota-t-elle doucement en lui appuyant la tête contre sa poitrine.

— Je veux éprouver de la douleur parce que je veux être puni, déclara-t-il en même temps qu'il le comprit. Qu'est-ce que vous voulez encore que j'apprenne, professeur ?

Lorsqu'il leva ses yeux humides vers elle, la sorcière lui adressa un sourire bienveillant.

— Je veux que tu apprennes de quoi tu veux être puni, Sev.

— Eh bien, de la mort de ma mère, répondit-il dans un murmure.

— Non, ce n'est plus ça.

Comme elle se leva, l'enseignant enfreignit une règle en la saisissant par le bras alors qu'il n'avait pas le droit de la toucher sans son autorisation, voulant l'empêcher de s'en aller.

— Tu t'es souvenu de pourquoi tu voulais que ton père te fasse souffrir, dit-elle en se dégageant de sa prise. Tu dois te souvenir de pourquoi tu veux que je te fasse souffrir, ajouta-t-elle avant de partir.


Note d'auteur : Pour ceux/celles qui sont encore là, rendez-vous ce soir vers 20h pour la publication du dernier chapitre ^^