3- Révélations.

Sam se réveilla à 9h. C'était le week-end et il profitait de ce matin de repos en compagnie de Ruby. En se levant, il alluma son téléphone qui afficha un appel manqué et un message vocal. Tout en préparant le café, Sam écouta ledit message.

« Sammy ! C'est Dean. Merde, pourquoi tu réponds pas ?! Je voulais te dire que… Putain tu avais raison, j'aurais dû t'écouter. Je suis à l'hôpital là. C'est Cass il… »

Sam stoppa ses mouvements. La voix tremblotante de son frère ne présagé rien de bon.

« Les toubibs disent que ça va aller, juste une plaie à recoudre sur le crâne, je crois. Il va s'en sortir… Sammy, putain de merde, décroche ce con de téléphone ! »

A peine le message terminé, Sam appela son frère. Ce dernier répondit à la première sonnerie.

- Sammy ?!

- Dean, j'ai eu ton message. Qu'est-ce qu'il se passe ?

L'aîné sanglota de plus bel, ce qui n'échappa pas à son frère.

- Dean ?!

- Je suis allé voir Cass cette nuit. Vers 3h du mat'…

Longues secondes de silence durant lesquels Sam imaginaient le pire.

- Et ?

- Et je… Je l'ai frappé… Je ne voulais pas mais le coup est parti tout seul et sa tête a cogné une fenêtre. Elle s'est brisée en lui ouvrant le crâne.

Sam sentit la colère et la tristesse monter en lui.

- QUOI ?! Tu as fait quoi ? Tu te fous de moi ?!

- Sammy, je regrette, je…

- Bouge pas ! Je préviens Ruby et j'arrive de suite !

Trois quarts d'heure plus tard, Sam entra en trombe à l'hôpital. Il courut à l'accueil ou l'hôtesse lui indiqua la chambre 815 pour Castiel Collins. Il sprinta dans les escaliers et arriva dans le couloir à bout de souffle. Avant de toquer à la porte il se calma, puis entra. Et là, Sam découvrit quelque chose qu'il ne pensait jamais voir de sa vie.

Castiel allongé sur le lit d'hôpital, dans ses vêtements blancs et les files de la pompe reliée à son bras, il paraissait encore plus fragile que d'habitude. Il avait également un œil au beurre noir. Et puis Dean. Assis sur une chaise au côté de son ami, la tête endormie près de celle de Castiel. Sa main droite serrait celle de son amoureux. Sam remarqua aussi les yeux rouges de son frère, ravagé par les larmes. Le cadet voulait, à la base, engueuler son aîné, mais le voir étendu là, main dans la main avec son ami, il ne put s'y résoudre. Il s'approcha lentement de Dean, il lui semblait que ce dernier murmurait quelque chose. En tendant l'oreille il put entendre.

« Pardon… Pitié… Excuse-moi… Je suis désolé… Je t'aime aussi… Pardon… Pitié… Excuse-moi… Je suis désolé… »

Sans fut sans voix. Puis tout à coup son frère émergea de ses cauchemars, il découvrit Sam derrière lui.

- Merde Sammy ! Tu m'as fait peur !

- Comment il va ?

Dean posa ses yeux brillants de larmes sur Castiel.

- On attend qu'il se réveille. Sammy, je regrette tellement… J'ai pas su me maîtriser. J'ai pas compris ce qui se passait. Il m'a dit… Qu'il m'aimait. J'ai pas supporté. Tout est ma faute… Je détruis tout ce que je touche.

Sam sentit la douleur de son frère.

- Dean… C'est bon, d'accord ? Il va s'en sortir. C'est un battant. Et puis, même si ce qui s'est passé est horrible, je pense que tu as compris quelque chose pas vrai ?

Son frère baissa la tête.

- Sammy, je ne sais pas quoi faire. J'ai jamais fait ça avec… Un mec. Et si je suis encore violent ? Et s'il ne veut plus de moi à cause de cette nuit ?

Il laissa couler des larmes le long des ses joues, elles tombèrent sur la main de Castiel dont les doigts commencèrent à bouger. Lentement il ouvrit les yeux, cligna des paupières et puis il l'aperçut. Dean. Le frère souriait mais lorsqu'il lut la peur dans le bleu des yeux de Castiel, il s'inquiéta.

- Cass, écoute… Je suis désolé. Pitié, pardonne-moi. Je t'aime Cass. Je t'en prie, reste. Apprends-moi, je suis perdu, je n'ai jamais été avec un homme. Mais je t'aime.

L'angoisse s'évapora dans le regard de Castiel. Sa main chercha celle de son amant. Il la prit et la serra fort pour s'assurer que tout ceci était bien réel. Sam admira la scène et dans sa tête il se dit « Enfin ! »

Castiel sortit de l'hôpital. Dean le ramena chez lui à bord de son Impala. Son amoureux triturait le bracelet d'hôpital sur lequel il lisait « Castiel Collins ». D'un coup sec, il l'arracha. Il se tourna ensuite vers le Winchester.

- Il faut que j'appelle le boulot.

- Cass, ne pense pas à ça… Tu sors de l'hôpital, ton patron peut comprendre quand même !

- J'espère. C'est juste que… J'aurais des jours en moins sur ma paye. Je dois reprendre le plus tôt possible.

Le frère sentit son ami inquiet.

- Hey, ça va aller, ok ? Et si tu veux… J'sais pas, rester chez moi quelques jours, tu peux hein.

- Non, ça va aller, ne t'inquiètes pas.

- Ou alors moi je peux rester chez toi quelques jours.

- Dean…

- Ok Cass, je fais comme tu le souhaites.

Lorsqu'ils rentrèrent au domicile de Castiel, ils virent tous deux la fenêtre brisée, les éclats de verre au sol avec du sang séché. La culpabilité de Dean resurgit.

- Je vais nettoyer ça, Cass. Allonges-toi et reposes-toi.

Il voulait dire non, mais les médicaments eurent raison de lui, le laissant s'endormir sur son lit tandis que Dean ramassait les débris.

Quelques heures plus tard, Castiel se réveilla, encore un peu groggy par les cachets. Son œil lançait une douleur chronique qui lui rappela la soirée de la veille. Il ouvrit la porte et découvrit Dean dans le salon, zappant sur les chaînes de la télé. En y regardant de plus près, le maître de lieux découvrit que le verre brisé avait été nettoyé, une planche en bois camouflé le trou de la fenêtre, le sol respirait la propreté et un repas chaud sur la table attendait d'être dégusté. Castiel scruta son ami, la culpabilité se lisait encore sur son visage.

- Dean… Merci pour tout ça.

- Je suis désolé Cass.

- Je sais, mais ça va, ne t'inquiètes pas.

L'aîné des Winchester s'approcha lentement vers Castiel, pour ne pas l'effrayer. Il lui prit la main puis commença doucement à caresser son bleu à l'œil. Sentant les larmes monter en lui, il avoua.

- Pardonne-moi… Je…

- C'est bon Dean, je vais bien, ne…

Pas le temps de terminer sa phrase. Le frère succomba à la tentation de l'embrasser. Sur le moment Castiel fut surprit, mais il le laissa faire. Il avait imaginé cette scène tellement de fois, qu'il pensait encore rêver. Pourtant, tout ceci fut bien réel. Ce baisser était doux et passionnant à la fois. Dean n'y mettait aucune violence, contrairement à ses embrassades d'un soir. Lorsqu'il s'arrêta, il plongea son regard d'émeraude dans les yeux bleus de Castiel.

- Cass, ça va ? Est-ce que j'étais… ?

- Parfait Dean. Parfait.

Le Winchester prit son amant dans ses bras, le serrant fort en avouant.

- Je te promets de ne plus être violent. Je ne connais que ça, mais je veux faire attention à toi. Dis-moi si je fais quoi que se soit de travers. Ne pars pas.

- J'attends ça depuis tellement longtemps Dean. J'ai confiance en toi, je resterai à tes côtés. Je t'aime.

- Je t'aime aussi.