Tout d'abord, je vous souhaite à tous une excellente année 2014. J'espère qu'elle vous permettra de réaliser vos rêves et que vous pourrez passer de nombreux moments avec les gens que vous aimez. Je vous souhaite la santé, la réussite dans tout ce que vous entreprendrez et de trouver le courage de croire en vous.

Ensuite, je tiens à m'excuser pour ma longue absence, qui est due à mes études (je suis en master enseignement, pour ceux que ça intéresse). Je vous conseille de sauter ce paragraphe, parce que ce n'est pas très intéressant, mais j'estime que vous avez le droit de savoir pourquoi j'ai mis si longtemps à poster, donc plutôt que de répéter dix fois la même chose, je le mets à la disposition de tous les lecteurs.

Après avoir passé de longues journées à procrastiner, je me suis retrouvée obligée de me mettre à la fin de la rédaction de mon mémoire (pour ceux qui ne sauraient pas ce que c'est, il s'agit d'un dossier d'une quarantaine de pages dans lequel on traite un sujet défini à l'avance) et il a fallu que je rédige mes annexes (puisque je suis allée dans des classes pour pouvoir construire ma partie pratique). Ca m'a pris beaucoup de temps (deux semaines) parce qu'évidemment, devant la masse de travail à abattre, je me suis un peu découragée, donc j'avançais lentement. Et puis, j'ai regardé des films et des séries (on s'est refait les trois premières saisons de Teen Wolf pour être au point pour demain, on a regardé deux fois les deux saisons de Sherlock pour se préparer à la nouvelle saison dont on a déjà découvert les deux premiers épisodes et on a regardé plusieurs fois le Hobbit) avec ma sœur KalistaCriss, donc ça ne m'a pas aidé à avancer. J'ai aussi (re)découvert que j'avais le jeu Ledo Seigneur des Anneaux et c'est évidemment alors que j'avais besoin de rédiger mon mémoire que je me suis dit qu'il fallait que j'y joue ... Résultat, je n'avançais pas et lorsque j'étais derrière mon ordi, je ne pouvais pas écrire ma fic puisqu'il fallait que je rattrape le temps perdu pour finir mon mémoire.

Heureusement, c'est maintenant de l'histoire passée, et je n'ai plus qu'à faire un petit dossier pour une matière et j'en aurais fini pour l'instant avec les examens. Il ne me reste plus que deux dossiers à travailler pour les maths et le français, mais je vais (essayer de) les faire au fur et à mesure, en intercalant période de travail scolaire et période d'écriture de fic. Bref, passons. Tout ça pour vous dire que normalement, je devrais reprendre un rythme de parution assez régulier, d'autant plus que j'ai de moins en moins d'heure de cours prévues à mon emploi du temps.

J'espère que ce chapitre vous plaira. Il était écrit depuis longtemps (je l'avais quasiment fini pour le 24 décembre) mais j'ai eu un souci avec le nom d'un personnage. Je ne savais pas comment l'appeler et bien que ça n'ait pas de réelle importance pour l'histoire, je voulais vraiment quelque chose de bien. Résultat des courses, j'ai pas trouvé le super nom dont je rêvais et j'aurais vraiment pu sortir ça dès le 24 décembre, si j'avais bien voulu me concentrer un peu plus dessus. Enfin, à vous de juger !

Bonne lecture et encore bonne année 2014 !


Stiles se retint d'entrer en sautillant dans la pièce. L'éleveur lui avait tenu la porte pour lui permettre de passer. L'adolescent se rappela qu'il avait dix-huit ans et que les garçons de son âge tâchaient de se conduire un minimum comme des adultes plutôt que comme des enfants.

Derek le suivait, un sourire sur les lèvres, conscient de l'impatience de son amoureux. L'alpha était venu le chercher une fois sa journée de travail finie pour qu'il vienne acheter son chat, comme il le lui avait promis la veille. Après avoir énuméré une longue liste de nom qu'il avait élaborée avec Scott, Stiles avait fini par s'inquiéter :

— Est-ce que tu ne vas pas faire peur aux chats ?

— Pourquoi ? Tu trouves que j'ai une tête effrayante ? avait rétorqué Derek.

L'adolescent avait roulé des yeux.

— Mais non ! Je parle de ton côté loup garou. Quand il a été mordu, Scott a affolé tous les chats de la clinique et après, il a réussi à calmer un chien blessé, juste en le regardant.

— Et maintenant, est-ce que les animaux s'agitent toujours lorsqu'ils sont dans la même pièce que lui ?

Stiles avait plissé les yeux, réfléchissant.

— Je ne crois pas, avait-il finalement avoué. Il ne m'en a pas reparlé.

— Parce qu'il contrôle son loup, avait expliqué l'alpha. Il sait le faire discret quand il est en présence d'animaux, afin de ne pas les affoler. Quand il s'est fait mordre, il ne savait pas ce qui lui arrivait, il ne pouvait donc pas atténuer la présence du loup en lui.

— Vous pouvez réellement faire des trucs comme ça ? avait demandé l'adolescent, dubitatif.

Derek avait simplement haussé les épaules et s'était garé sur le petit parking de la ferme dans laquelle ils allaient acheter le chat que la meute avait offert à Stiles pour son anniversaire. L'éleveur les avait conduit jusqu'à la pièce où il avait rassemblé les chatons et maintenant, il allait falloir choisir. Ce qui n'allait pas être une mince affaire, vu le regard émerveillé de l'adolescent.

Il y avait une dizaine de petits chats, aux pelages de couleurs variées, allant du blanc immaculé au noir charbon, en passant par le chocolat, le roux, le beige et le gris. Certains iris étaient bleus comme un ciel d'été, d'autres étaient dorés comme le miel, et d'autres encore étaient d'un vert profond. Tous les animaux semblaient avoir à peu près le même âge même si la diversité laissait entendre qu'ils n'étaient pas de la même portée.

Le garçon s'accroupit et l'un des chatons s'approcha de lui avec un air curieux. Il était entièrement noir, avec le bout des pattes blanches et de grands yeux bleus. Stiles tendit la main vers lui pour tenter de le caresser mais effrayé, l'animal recula pour retrouver son panier.

Un autre petit chat, au pelage gris rayé, s'approcha et un peu plus enhardi que le premier, vint sentir la chaussure de l'adolescent qui l'attrapa délicatement pour le soulever afin de le mettre au niveau de son visage.

Le chaton tendit une petite patte et frôla le nez du garçon, poussant un miaulement attendrissant. Le cœur de Stiles fit un bond dans sa poitrine quand il croisa le regard vert sapin pailleté d'or de l'animal. Il sut aussitôt qu'il n'avait pas besoin de chercher plus longtemps. Ce serait ce chat qu'il ramènerait chez lui.

Derek vint s'accroupir à côté de lui et caressa l'animal sous le menton. Le chaton attrapa son doigt entre ses pattes et le mordilla gentiment, ce qui arracha un rire à l'alpha.

— Alors, tu arrives à choisir ? lança-t-il.

— Ce sera celui-là, murmura l'adolescent.

Le loup garou lui lança un regard surpris.

— Tu as réellement déjà choisi ?

— Bin, oui …

— Je pensais que tu serais plus long, avoua le jeune homme.

Stiles fit une grimace.

— En fait, si je pouvais, je les prendrais tous, parce qu'ils sont tous adorables et puis, je ne voudrais pas les séparer, mais comme mon père n'acceptera jamais que je lui ramène une colonie de chatons, je vais me contenter de celui-là.

L'éleveur les invita à le suivre pour signer les papiers de vente et l'adolescent glissa son chat dans le panier qu'il avait reçu à son anniversaire et qu'il avait emmené pour l'occasion.

— Dis au revoir à tes amis, souffla le garçon avant de se relever.

Alors que l'éleveur lui donnait le carnet de santé de l'animal, Stiles continua de chercher le nom qui conviendrait le mieux pour son chat. Une foule d'idées lui traversait l'esprit et ceux qu'il avait sélectionné avec Scott n'arrêtait pas de lui revenir en tête, mais aucun ne satisfaisait vraiment l'adolescent. Il les trouvait tous trop communs et voulait quelque chose de vraiment particulier.

Perdu dans ses pensées, le garçon ne faisait pas vraiment attention à ce que lui disait l'éleveur et c'est Derek qui s'occupa de remplir les papiers. Une fois toutes les formalités finies, ils quittèrent la ferme et remontèrent dans la Camaro. Le chaton miaula d'un air apeuré quand le moteur démarra et Stiles passa un doigt à travers la cage pour tenter de caresser l'animal, afin de le rassurer.

— Je suis une personne horrible, gémit l'adolescent.

— Pourquoi tu dis ça ? s'étonna l'alpha.

— Parce que j'ai enlevé un bébé chat à sa famille !

Le loup garou leva les yeux au ciel et choisit de changer de sujet avant que la conversation ne prenne un tournant grotesque.

— On va déposer ton chat chez toi et après, je t'emmène récupérer ta Jeep au garage ?

— Et en plus, je ne sais même pas comment je vais l'appeler … se plaignit encore Stiles, sans prêter attention à ce que disait son amoureux. Je suis le pire maître du monde. Mon chat va me détester et fuguer … Je ne le mérite pas…

Derek soupira et décida qu'il valait mieux se taire pendant que le garçon se lamentait. S'il avait bien appris une chose, c'est que si on encourageait l'adolescent dans ses bêtises, il ne s'arrêtait pas !

# #

Le shérif grimaça. Il avait toujours détesté s'occuper de la paperasse. Il ne s'était pas engagé dans la police pour remplir des documents barbants mais pour aider la justice à triompher, pour protéger ceux qui en avaient besoin et pour faire régner l'ordre. Sauf que ce soir, il aurait préféré devoir se battre avec des papiers administratifs à remplir plutôt que d'être là où il était, parce qu'il ne pouvait s'empêcher de se sentir particulièrement impuissant lorsqu'on l'appelait pour enquêter sur un meurtre.

Durant les deux dernières années qui s'étaient écoulées, le shérif s'était étonné de voir à quel point le nombre de crimes avait augmenté à Beacon Hills. Effractions, agressions, violences et même morts. Evidemment, tout ça avait pris un nouveau sens quand son fils lui avait expliqué que la ville abritait désormais une meute de loups garous. Il avait eu du mal à se faire à cette idée et s'était forcé à intégrer une information qui ne semblait pas rationnelle.

C'est pourquoi, alors qu'il se tenait face au corps sans vie d'un homme d'une trentaine d'années, qui avait été retrouvé une demi-heure plus tôt, la première pensée du shérif fut que cette mort avait forcément un lien avec son fils et ses amis. Il se força à chasser cette pensée de son esprit et commença à donner des ordres à ses collègues, souhaitant de tout son cœur que ce cadavre ne soit pas annonciateur d'ennuis.

# #

Stiles était allongé à plat ventre sur son lit, le regard rivé sur son chaton qui jouait avec les lacets de ses chaussures. L'adolescent ne lui avait toujours pas trouvé de nom et cela faisait déjà deux jours qu'il avait ramené l'animal chez lui. Comme maigre consolation, le garçon se disait qu'au moins, le petit chat n'avait pas l'air malheureux, loin de sa famille.

Alors qu'il était en train d'imaginer comment il se sentirait si enfant, un géant était venu l'arracher à ses parents pour l'offrir en cadeau comme humain de compagnie à un autre géant, Scott déboula dans sa chambre.

— Salut, vieux ! lança-t-il joyeusement.

— Salut. T'as déjà fini le boulot ? s'étonna Stiles.

— Ouaip. Deaton avait un truc à faire, il a fermé la boutique un peu plus tôt que d'habitude. Pourquoi tu fais cette tête ?

— Quelle tête ?

Le loup garou fit une grimace.

— Une tête de six pieds de long.

Son meilleur ami haussa un sourcil.

— Depuis quand tu connais une telle expression, toi ?

— Pourquoi je ne la connaîtrais pas ? se vexa Scott.

Stiles secoua la tête et reposa son regard sur son chaton. Le loup garou s'accroupit à côté de l'animal et lui gratouilla la tête. Le petit chat se désintéressa des lacets et tenta d'attraper les doigts du lycanthrope.

— Je l'adore, ton chat ! s'exclama l'adolescent. Tu lui as trouvé un nom ?

— Nan, grogna l'autre garçon.

— On avait fait toute une liste, pourtant. Aucun ne te plaisait ?

— Ils me plaisaient tous, mais aucun ne va à mon chat, nuança Stiles.

Le loup garou fronça les sourcils.

— Je crois que tu te compliques la vie pour rien. Ton boa, tu l'avais appelé Baobab, ce qui n'est pas un super nom, il faut le reconnaître.

— Oui, mais mon boa, j'avais douze ans quand je l'ai eu.

— Parce que ça change quoi que tu en aies dix-huit ?

Stiles fit la moue et Scott arrêta de jouer avec le chaton pour se jeter sur le lit à côté de son meilleur ami, faisant rebondir le matelas au passage. Les deux adolescents fixèrent l'animal qui observait désormais un bout de papier et ne tarda pas à lui sauter dessus, glissant sur le parquet.

— Avengers ? finit par lancer le loup garou.

— Quoi ?

— Avengers, comme nom pour ton chat.

Stiles roula des yeux.

— Non. C'est nul.

— C'est toi qui es nul, rétorqua son meilleur ami.

Scott réfléchit quelques instants avant de demander :

— C'est un mâle ou une femelle ?

— Un mâle, pourquoi ?

— Parce que si on lui trouve un super nom qui sonne féminin, ce sera débile. Il lui faut un nom de mec.

Les deux adolescents réfléchirent encore un peu, puis, le loup garou finit par soupirer :

— Moi qui voulais des enfants, je crois que je vais attendre encore dix ou vingt ans. C'est trop compliqué de trouver un nom qui aille.

— En plus, faut que ça te plaise à toi mais aussi à Allison, souligna Stiles.

Les amis se lancèrent un coup d'œil et soupirèrent de concert, ce qui fit sursauter le chaton, qui courut se réfugier derrière la corbeille.

— Bon, réfléchissons quelques instants, souffla Scott. Il doit bien y avoir un nom sur cette Terre qui convienne à ton chat.

— Je voudrais quelque chose qui lui aille vraiment, expliqua son meilleur ami.

— On peut trouver un truc en rapport avec son pelage ou ses yeux. Genre Gripoil ou Turquoise.

— Turquoise ? releva Stiles.

— Oui, turquoise, pour la couleur de ses yeux.

Le fils du shérif secoua la tête.

— Scott, turquoise, c'est une nuance de bleu. Mon chat a les yeux verts.

— Oh, fit simplement le loup garou. Alors, c'est quoi la pierre verte ?

— Emeraude.

— Ah non, ça ne va pas, ça fait nom de fille.

— Même si mon chat était une femelle, je ne l'aurais pas appelé émeraude, grogna Stiles.

Scott haussa les épaules.

— Et ton acteur préféré ?

— J'en ai pas mais c'est quoi le rapport ?

— Y en a bien un que tu trouves mignon, non ? Comment il s'appelle déjà, celui que tu trouves mignon, dans le Hobbit ?

— Euh … Celui qui fait Kili, c'est euh … Aidan quelque chose … Aidan Turner, je crois.

— Bah voilà, t'as qu'à l'appeler Turner. Parce que vu que mon petit frère s'appelle Aidan, je te vois mal appeler ton chat pareil …

Stiles fit la moue.

— Je n'ai pas envie que mon chat s'appelle comme un acteur que j'aime bien.

— T'es vraiment compliqué, toi, marmonna Scott. Bin, appelle-le comme son personnage, alors !

— Je ne vais pas donner à mon chat le nom d'un nain, s'offusqua son meilleur ami.

— Et pourquoi pas ? riposta le loup garou.

— Parce que je ne trouve pas que ça lui va. Je n'ai qu'à l'appeler …. Mordor ou … Tolkien, pendant qu'on y est !

Stiles avait à peine fini sa phrase que son chat, qui était sorti de derrière la corbeille pour aller fureter dans la chambre, tournait la tête vers lui et poussait un miaulement. Les regards des deux garçons se dirigèrent aussitôt vers l'animal qui les observait d'un air curieux.

— On dirait que ton chat aime bien le nom Tolkien, ricana Scott.

— Mon chat ne s'appellera pas Tolkien, déclara son meilleur ami.

— Trop tard. Je crois qu'il l'a déjà adopté, glissa le loup garou en tendant la main vers le petit chat. Viens faire un câlin, Tolkien !

L'animal sautilla jusqu'au garçon qui l'attrapa pour le poser sur le torse de Stiles.

— Allez, Tolkien, dis bonjour à ton papa.

— Mon chat ne va pas s'appeler Tolkien, rouspéta le garçon en gratouillant la tête de son animal.

Le chaton se mit à ronronner et après avoir passé quelques instants à continuer de se chamailler, les deux garçons changèrent de sujet.

# #

C'était vraiment agréable quand Tolkien venait se blottir contre moi. Je me rappelle cette sensation de chaleur contre mon ventre et le ronronnement qui l'accompagnait lorsque je le grattais entre les deux oreilles.

Je relève brusquement la tête, le souvenir du chat s'estompant d'un coup de mon esprit. J'ai entendu des bruits de pas dans le couloir. Je tends l'oreille et le doute est impossible. Je n'imagine pas ce bruit, il y a bien quelqu'un qui marche vers ma cellule. Non. Il n'y a pas une personne mais deux, en fait. Je retiens ma respiration. Pourvu que ce ne soit pas ma cellule, pourvu que ce ne soit pas ma cellule, pourvu que ce ne soit pas ma …

Les pas s'arrêtent soudain. J'ai peur. Je crois qu'ils sont devant ma porte mais je prie pour qu'ils soient en face de celle à côté. Pitié, s'il y a un dieu quelque part qui écoute les prières des pauvres malheureux, je vous en prie, faîtes que ce ne soit pas pour moi qu'ils sont là.

Tous mes espoirs s'effondrent quand j'entends une clé tourner dans la serrure et que je vois la poignée de la porte de ma cellule s'abaisser. Une vague de froid me traverse le corps et m'engourdit. Lorsqu'ils apparaissent dans l'encadrement de la porte, j'ai envie de crier, j'ai envie de sauter sur mes pieds et de m'enfuir loin d'ici, j'ai envie de me battre, de leur faire du mal, de montrer que je suis toujours vivant, que je ne suis pas brisé, de leur prouver qu'ils ne m'effraient pas.

Mais je suis incapable de tout ça. Parce que mon corps est trop faible. Parce que je n'aurais pas la force de leur faire du mal. Parce que je suis brisé. Et parce que j'ai très peur.

# #

Derek se gara devant le manoir et se frotta les yeux avant de descendre de sa voiture. L'alpha avait eu une rude journée au poste de police et il était bien content de rentrer chez lui. Non pas qu'il se plaigne d'avoir enfin un travail. Mais le loup garou n'avait pas aimé l'affaire sur laquelle il avait travaillé pendant deux jours.

Lorsque le shérif lui avait annoncé qu'un corps avait été retrouvé juste à la sortie de Beacon Hills, Derek avait cru que son cœur loupait un battement. Il avait aussitôt pensé aux Nettoyeurs et aux meurtres qu'ils avaient commis l'année passée. Après tout, tous les cadavres retrouvés aux alentours de la ville ces deux dernières années avaient eu un rapport avec lui et l'alpha craignait que les ennuis recommencent.

Le lycanthrope avait lu dans le regard du policier la même angoisse que celle qui l'habitait, mais heureusement, après avoir enquêté sur la victime, il s'était senti un peu plus rassuré. Richard Blair, 32 ans, citoyen de New York, avait disparu quelques mois plus tôt, abandonnant boulot, femme et enfant. Personne dans sa famille n'avait eu de ses nouvelles et si la police avait d'abord pensé à un kidnapping, elle avait fini par conclure que l'homme voulait changer de vie, étant donné qu'aucune demande de rançon n'avait été demandé, ni aucun corps retrouvé. L'affaire avait été classée.

Le loup garou s'était senti encore plus soulagé lorsque le rapport du médecin légiste était arrivé et avait déterminé que la mort de Richard Blair était due à une overdose de drogue. Il aurait aimé être définitivement rassuré en sachant que la victime n'avait aucun lien avec le surnaturel, mais personne ne pouvait lui affirmer une telle chose et le jeune homme se voyait mal aller à New York poser des questions assez étranges à la femme de Richard Blair.

Toujours était-il qu'il était bien content d'avoir réussi à boucler cette affaire et le shérif avait partagé ce sentiment. Plus les ennuis se tiendraient loin de Beacon Hills, mieux il se porterait.

Derek sortit de sa Camaro et commença à avancer vers le manoir. Son oreille tressauta alors que son ouïe surdéveloppée captait le son d'une respiration sifflante. Le jeune homme continua d'avancer vers la porte d'entrée en faisant mine de n'avoir rien entendu, mais en réalité, tous ses sens étaient aux aguets. Lorsqu'une forme bougea sur sa gauche, il était prêt.

Le loup garou bondit vers la silhouette, griffes et crocs sortis, ses yeux luisants de la couleur rubis caractéristique de son rang d'alpha. Alors qu'il allait abattre ses doigts sur le visage de son ennemi, celui-ci brandit ses mains devant lui en criant d'une voix aigüe :

— Oh non, s'il vous plaît, ne me tuez pas !

Derek arrêta sa main in extremis, alors qu'elle n'était plus qu'à quelques millimètres de la joue d'un jeune homme d'une vingtaine d'années, aux yeux bleu foncé et aux cheveux blonds. L'alpha fronça les sourcils et grogna :

— Qui es-tu ?

— Je … Je m'appelle Tom Karner.

— Que fais-tu ici ?

Le jeune homme lança un regard suppliant au loup garou :

— Je cherche quelqu'un pour me protéger.

# #

Je me fais jeter sur un carrelage froid et j'espère un instant pouvoir me fondre dans les pavés du sol et y disparaître. Malheureusement, c'est impossible. Et ils ne tardent pas à me relever. L'un a passé ses bras sous mes aisselles et me maintient pendant que l'autre me lance un regard torve. Puis, il abat son poing sur ma joue.

Un claquement sec retentit et malgré la douleur, je souhaite qu'il se coupe sur mes pommettes désormais saillantes à cause du poids que j'ai perdu depuis que je suis enfermé ici. Un pied s'enfonce ensuite dans mon estomac et me coupe le souffle. J'ai envie de vomir mais mon corps n'a même pas la force de faire ça.

J'essaie de me replier dans un coin de mon esprit pour tenter d'oublier la douleur mais j'ai l'impression d'être prisonnier de ma propre tête et de ne plus avoir nulle part où aller. Etrangement, après m'avoir frappé quelques instants, mon bourreau s'arrête et l'homme qui me tenait debout me lâche. Je tombe par terre et ferme les yeux, trop épuisé pour avoir la force de me demander pourquoi ils arrêtent si vite leur torture. Je reste allongé par terre un moment et je finis par me demander s'ils m'ont oublié. D'habitude, après m'avoir maltraité, ils me ramènent à ma cellule.

Et puis, j'entends un cri. Non, pas un cri. Un hurlement de pure terreur. De pure douleur. Mon sang se glace dans mes veines. Je crois que je connais cette voix. Je crois que … Non. Je ne la connais pas. Je ne connais personne ici. Je suis seul. Et j'espère vraiment l'être. Parce que je ne veux pas qu'un ami soit ici avec moi. Je veux qu'ils soient tous en sécurité, loin de cet enfer.

Un frisson me parcourt la colonne vertébrale lorsque j'entends un nouveau cri. Je suis tétanisé. Est-ce que je crie comme ça moi aussi ? Aujourd'hui, j'ai souffert à cause des coups qu'ils m'ont infligés, mais ce n'est rien par rapport à ce qu'ils me font d'habitude.

Je me recroqueville sur moi-même et dans un sursaut d'énergie, je plaque mes mains sur mes oreilles pour essayer de ne plus entendre ce cri inhumain qui résonne autour de moi. Pourtant, je n'arrive pas à étouffer complètement le son. Une larme s'échappe et roule sur ma joue.

J'ai tellement mal pour la personne qui souffre.