Derek fixait sans rien dire le jeune homme qui était installé dans son canapé. Tom Karner avait le regard dans le vide, ses mains étaient serrées autour d'une tasse de café, café qui devait être froid depuis le temps que l'alpha l'avait servi, et un tic nerveux agitait parfois le coin de sa bouche.
Le lycanthrope ne savait pas trop quoi déduire de ses observations. La première chose qui l'avait frappée, une fois la surprise passée, c'était que ce mystérieux garçon était un loup garou. Derek l'avait tout de suite compris, même s'il aurait été bien en peine de dire ce qui lui avait fait comprendre ça. Etait-ce cette lueur caractéristique dans ses yeux ? Etait-ce cet effluve musqué à peine perceptible ? En tout cas, quelque chose chez Tom lui avait fait remarquer le loup en lui.
La seconde chose que l'alpha avait noté, c'était que le garçon était mort de peur. Et ça, le lycanthrope aurait été capable de le deviner même sans sentir la terreur qui irradiait de chacune des pores de la peau de Tom Karner. Il semblait ailleurs et sursautait au moindre bruit, à la moindre ombre qui se dressait devant lui. Pourquoi était-il aussi affolé ? Et par qui ?
Las de se poser des questions auxquelles il n'avait pas de réponse, l'alpha décida qu'il était temps d'éclaircir les mystères qui entouraient ce garçon et après avoir inspiré profondément, il lança :
— Qui es-tu ?
Tom leva la tête vers le lycanthrope.
— Je … Je vous l'ai déjà dit, je m'appelle …
— Je ne te demande pas ton nom, le coupa Derek. Je te demande qui tu es.
En voyant que le blond ouvrait la bouche pour répondre, l'alpha s'empressa de préciser :
— Je sais que tu es un loup garou. Et je pense même que tu es un oméga, car tu ne viendrais pas me demander de l'aide si tu avais une meute. A moins que ce ne soit de ta meute que tu veuilles que je te protège. En tout cas, j'aimerais savoir d'où tu viens, qu'est-ce qui te menace et pourquoi tu es venu me voir moi pour t'aider.
Un pâle sourire se dessina sur le visage de Tom.
— Ca fait beaucoup de questions, fit-il dans une piètre tentative de détendre l'atmosphère.
Derek ne se dérida pas et les coins de la bouche du blond retombèrent aussitôt. Le tic nerveux recommença à agiter ses lèvres et ses doigts se mirent à tapoter la tasse qu'il tenait entre ses mains.
— Je … Ma meute … Je suis un loup garou de naissance et ma meute, c'était ma famille. On n'était pas très nombreux, il n'y avait que mes parents, ma sœur et moi. Et aussi ma tante Jody et mon cousin Hurley. On ne parlait pas trop au reste de la famille, y avait eu des disputes et …
— Si tu pouvais t'en tenir au strict minimum, je t'en serai reconnaissant, marmonna l'alpha sans desserrer les dents, un air peu avenant sur le visage.
Tom fit une grimace désolée.
— Oui, euh … D'accord. Pardon, euh … On ne causait pas d'ennuis, on se contrôlait tous, on ne tuait pas d'humains, rien, on se comportait comme des êtres normaux. Et puis, il y avait aussi cette fille, elle était jolie et blonde et …
— Le strict minimum, j'ai dit, grommela Derek.
— Non, mais elle, elle est importante, assura Tom d'une petite voix. Elle me plaisait bien, je la voyais tous les jours au lycée, mais je ne pensais pas que je l'intéresserais, alors, le jour où elle est venue me parler, j'étais vraiment super heureux … Je ne pensais pas qu'elle … Qu'elle serait …
La voix du garçon se brisa et l'alpha devina la fin de l'histoire.
— Ils ont débarqué chez moi un soir, comme ça, en pleine nuit, alors qu'on dormait tous. Elle était là aussi, avec eux. Après avoir tué ma sœur sous mes yeux, elle a enlevé sa cagoule et elle m'a souri. C'était un sourire froid, méchant, hautain … Elle ne me souriait pas comme ça, quand on était au lycée. Mais j'ai compris qu'elle me menait en bateau.
Une larme coula sur la joue de Tom et Derek ne lui demanda pas de passer sur les détails. L'histoire qu'il lui racontait lui semblait douloureusement familière. L'alpha lui-même s'était fait avoir par une jolie fille quelques années plus tôt et ça lui avait aussi coûté la vie de sa famille.
— Je … Je pensais que j'allais mourir, qu'elle allait me tuer. Mais en fait, ils nous ont enlevé, ma mère et moi, ils nous ont forcés à les suivre et ils nous ont jeté dans une camionnette. On a essayé de se rebeller, on ne voulait pas se laisser faire et en plus, j'entendais mon père qui luttait pour survivre, il avait été blessé, mais il essayait de guérir, il essayait de ne pas mourir.
Le blond pleurait franchement désormais, sa voix étant coupée par les sanglots.
— Je voulais aller le rejoindre, aller l'aider, lui sauver la vie. Mais ils nous ont empêchés, ils nous menaçaient avec leurs armes, ils me disaient que si je bougeais ou que je me transformais, ils allaient tirer une balle dans la tête de ma mère, et il lui disait la même chose à elle. Après, ils nous ont menotté pour ne pas qu'on s'échappe et ils nous ont injecté ce produit dans les veines, celui qui brûle et qui me donne envie de m'arracher la peau pour l'extraire de mon corps …
Tout en parlant, Tom avait vivement agrippé son bras droit de sa main gauche, renversant un peu de café sur lui.
— Ca faisait tellement mal … Et en plus de ça, ils nous battaient, ils nous frappaient pendant des heures, on criait grâce mais ils continuaient, ils s'amusaient de voir qu'on guérissait … Et quand on guérissait trop vite, ils nous …
La main du blond se resserra encore plus fort autour de son bras et Derek vérifia du coin de l'œil que le garçon ne s'était pas enfoncé ses propres griffes dans la peau. Comme il semblait plongé dans ses sombres souvenirs et qu'il ne parlait plus, l'alpha se permit de reprendre la parole pour éclaircir son discours un peu confus :
— D'accord, donc si je comprends bien, des chasseurs s'en sont pris à ta famille et …
— Non, monsieur ! s'exclama vivement Tom en relevant brusquement la tête pour plonger ses iris bleu dans ceux vert du loup garou. Ce ne sont pas des chasseurs, loin de là !
— Alors … Qui sont-ils ? demanda Derek, perplexe.
— Ils sont le diable, déclara le blond avec une lueur étrange dans le regard.
L'alpha plissa les yeux et commença à envisager que son interlocuteur était totalement fou. En même temps, cela serait compréhensible car si ce qu'il racontait était vrai, il était normal de perdre la raison après avoir vécu de tels événements traumatisants.
— Ils ont fini par tuer ma mère … souffla Tom. Ils ont été trop durs avec elle, ou je ne sais pas … Elle était forte, monsieur, elle était forte. Mais pas assez pour leur résister. Ils l'ont tué à petit feu, se délectant de sa souffrance, riant de la voir brisée …
Tom fondit en gros sanglots, ses épaules tressautant au rythme de ses pleurs. Derek soupira et s'approcha de lui pour lui tapoter le dos, se sentant un peu obligé de le réconforter. Alors que l'alpha s'arrêtait en face de lui, le garçon lança ses bras autour de sa taille pour le serrer contre lui, son front appuyé contre son ventre, son nez frôlant son jean.
Surpris, Derek eut aussitôt envie de repousser le loup garou pour conserver une distance raisonnable entre eux deux mais il hésita un instant, une petite voix intérieure lui murmurant que ce n'était pas très gentil de se conduire de telle sorte avec une personne qui pleurait et qui avait apparemment désespérément besoin de réconfort. Alors, l'alpha décida de laisser Tom pleurer quelques secondes contre lui. Dix secondes, exactement. Pas une de plus.
Il n'en était qu'à six lorsque Stiles entra dans le salon. Le sourire de l'adolescent se figea aussitôt en voyant Derek dans une position compromettante avec un inconnu et l'alpha leva les yeux au ciel, devinant aussitôt ses pensées :
— Chaton, crois-moi, ce n'est absolument pas ce que tu crois.
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J'ai faim et j'ai froid. J'ai mal au visage, là où on m'a frappé. J'ai envie de vomir aussi. Mais par-dessus tout, j'ai peur. C'est une angoisse permanente qui m'habite désormais, une frayeur telle que je n'en ai jamais connu, qui emplit tout mon être, qui suinte de moi pour s'enrouler en lambeaux sombres autour de mon corps et venir lentement m'étrangler …
Je secoue la tête et bat vivement des paupières, espérant me réveiller. Je ne dois pas m'endormir dans un tel état de stress. Je suis fatigué mais je sais que si je m'endors maintenant, je vais être hanté par des cauchemars horribles. Et je vis assez de choses horribles en ce moment pour ne pas m'infliger d'en supporter pendant mon sommeil.
Pourtant, malgré mes efforts pour penser à autre chose, je ne cesse de me rappeler cette voix qui hurlait à la mort. Qu'est-ce qu'on faisait à cette personne ? Pourquoi la faisait-on souffrir ? Et surtout, pourquoi avais-je l'impression de la connaître ?
Je me force à respirer calmement pour tenter d'apaiser les battements frénétiques de mon cœur. Il faut que je pense à autre chose. Il faut que je pense à autre chose. Il faut que je pense à autre chose.
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Scott se retint de rire à la fin du récit de Stiles. La mine fâchée de son meilleur ami était tout aussi hilarante que l'histoire qu'il venait de lui raconter. Il dût faire appel à tout son sang-froid pour retenir le fou rire qui avait envie d'exploser à la pensée de la scène que le garçon avait surpris la veille en arrivant au manoir.
— Je te jure, j'ai cru que j'allais exploser la tronche de ce petit con de Kraner, pesta l'humain.
— C'est Tom, son prénom, souligna Scott avec un sourire goguenard.
— On s'en fout, on l'aime pas, on l'appelle Kraner, cracha Stiles.
— Ah non, toi, tu ne l'aimes pas, moi, je ne le connais pas, rectifia le loup garou.
Son meilleur ami lui lança un regard furibond et le garçon décida de calmer le jeu.
— Il a fait quoi, Derek, après ?
— Il a repoussé Kraner, il m'a entraîné dans la cuisine et il m'a expliqué qui il était et ce qu'il faisait chez lui, c'est-à-dire que c'était un loup garou qui s'était fait kidnapper par des chasseurs et qui cherchait une protection. Et comme il pleurait, Derek a voulu le réconforter et là, Kraner s'est jeté sur lui et je suis arrivé à ce moment-là.
— Et tu l'as cru ? demanda Scott.
— Parce que tu penses que je ne devrais pas le croire ? s'enquit précipitamment Stiles.
Le lycanthrope secoua vivement la tête.
— Non. Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je pense que Derek tient trop à toi pour avoir envie de te tromper. Je crois même qu'il n'aime que toi, donc tu n'as pas de souci à te faire là-dessus.
Son meilleur ami sembla soulagé mais resta un peu suspicieux.
— Alors, pourquoi tu me demandes si je l'ai cru ? lança-t-il.
— Parce que si tu as cru ce qu'il t'a dit, pourquoi tu es si énervé ? s'étonna Scott. Je veux dire, ok, je peux comprendre que tu n'aies pas apprécié de retrouver un garçon serrant ton copain, mais … On parle de Derek Hale, Stiles. Ce n'est pas le genre à sauter sur tout ce qui bouge et franchement, je crois que tu es le seul qui est réussi à contourner les défenses qu'il a dressées autour de son cœur depuis Kate, alors ne t'attends pas à ce qu'il te trompe avec le premier venu …
Stiles ne sut quoi répondre et Jackson, qui était assis juste devant Scott et avait donc suivi la conversation, se chargea de déclarer :
— Les défenses qu'il a dressées autour de son cœur ? Vraiment, Scott ?
Le blond accompagna sa question d'un ricanement qui en disait long sur ce qu'il pensait de l'élan poétique de son ami mais le brun n'eut pas le temps de le remettre à sa place. Allison venait d'entrer dans la salle et Peter, qui la suivait, ferma la porte derrière lui, signifiant que le cours allait commencer et qu'il attendait de ses élèves de la concentration.
La jeune fille alla s'asseoir à la place que Scott lui avait réservée et adressa un petit sourire à son copain qui le regardait avec des yeux brillants et un air amoureux un peu bête sur le visage.
— Vous avez l'air fatigué, M. Hale, lança un élève, profitant des cernes qui se dessinaient sous les yeux de son professeur pour lancer une conversation qui, il l'espérait, durerait le plus longtemps possible pour réduire le temps consacré au cours de littérature.
— Je n'ai pas trop dormi cette nuit … avoua Peter tout en sortant un dossier de son sac. C'est ce qui arrive quand on a des enfants. Ne croyez pas que je m'en plains ! Même si mon nombre d'heures de sommeil a diminué, je suis ravi d'avoir mes jumeaux et j'espère que vous aurez tous la chance de connaître ce bonheur rapidement.
Le loup garou fronça les sourcils et rit en réalisant ce qu'il venait de dire.
— Enfin, j'espère pas trop rapidement quand même. Vous êtes jeunes, vous avez encore le temps avant de devenir parents. Mais trêve de bavardages. Si je commence à parler de mes enfants, je deviens intarissable. Sortez vos livres et ouvrez-les page dix-sept.
Tout en sortant ses affaires de son sac, Scott lança un regard pétillant à Allison. Il avait vraiment envie d'avoir des enfants avec la jeune fille. C'était la femme de sa vie, il le savait. Rien qu'en la voyant, il se sentait mieux et oubliait ses problèmes. L'adolescent ne se voyait pas construire sa vie avec quelqu'un d'autre. Ce serait Allison ou personne.
Pourtant, il ne put s'empêcher de sentir ses certitudes s'effriter légèrement quand il réalisa que la jeune fille fuyait son regard. Scott se tourna aussitôt vers son meilleur ami pour voir s'il avait remarqué l'attitude de sa copine et savoir ce qu'il en pensait, mais en voyant la mine morose de Stiles, il comprit qu'il était encore en train de penser à Derek et Tom Kraner. En soupirant, le loup garou se mit à écouter le cours.
Il allait passer deux heures très réjouissantes, entre la littérature, son voisin de gauche qui boudait et sa voisine de droite qui le fuyait.
# #
Stiles était allongé sur le lit de Derek, les bras croisés sur sa poitrine, une moue boudeuse sur les lèvres. L'alpha était assis près de lui et lui caressait les cheveux sans rien dire, attendant que son copain se décide à dire ce qu'il avait sur le cœur.
— Je ne l'aime pas, finit par râler l'adolescent.
Le loup garou retint un soupir. Il se doutait déjà que le cœur du problème était Tom Karner, qu'il hébergeait désormais chez lui. Stiles serait arrivé quelques secondes plus tard ou plus tôt, il n'aurait jamais trouvé les deux lycanthropes dans une position qu'il avait mal interprétée et le garçon ne serait pas en train de faire la tête.
— Je ne l'aime pas particulièrement non plus, déclara Derek. Mais il m'a demandé de l'aide et je ne vois pas pourquoi je la lui refuserai. Il a l'air d'avoir de sérieux ennuis avec des chasseurs.
— Alors, si c'est un problème de chasseur, laisse Chris s'occuper de ça.
L'alpha inspira profondément et changea de sujet.
— Tolkien ne t'a pas trop embêté cette nuit ?
— Mon chat ne s'appellera pas Tolkien ! s'écria Stiles. Et ne crois pas que je ne vais pas continuer à parler du mec avec lequel tu vis !
— Premièrement, il est là depuis moins de vingt-quatre heures. Deuxième, il ne vit pas avec moi, je lui offre un toit le temps qu'il trouve un autre endroit où aller.
— Et bien, je vais aller l'aider à trouver un nouveau toit en lui mettant des coups de pieds dans le …
— Je ne vois pas pourquoi tu t'énerves autant, le coupa Derek. Tu n'as jamais rien dit quand Louane et Hana vivait ici.
L'adolescent plissa les yeux.
— Peut-être que je n'ai rien dit parce que ce sont des filles et que je ne les ai jamais retrouvé le nez dans le jean de mon copain !
— Je t'ai déjà expliqué que c'était un malentendu, fit l'alpha, fatigué de devoir se justifier sur quelque chose qu'il n'avait pas fait. Tom n'a jamais tenté de me faire quoique ce soit avec moi. J'ai même failli le défigurer quand il a surgi devant moi.
— Et bien tu n'aurais pas dû te retenir, bougonna Stiles. Et tu ne trouves pas ça bizarre que justement, il vienne te trouver toi alors que la ville regorge de loups garous ?
— Peut-être qu'il est venu vers moi parce que je suis l'alpha ? lança le jeune homme. Il ne sait même pas qui je suis, je ne me suis pas présenté et la seule fois où il a pu entendre mon prénom, c'est quand tu l'as prononcé devant lui, hier et aujourd'hui.
— Et bah je ne lui fais pas confiance !
Derek se pencha pour embrasser le front du garçon.
— Moi aussi, je me méfie de lui, tu sais. Mais ça n'empêche que je ne peux pas lui refuser de l'aide. Il a l'air d'avoir de sérieux ennuis.
— Et il en aura besoin s'il continue de te tourner autour, parce que je ne vais pas le laisser mettre le grappin sur toi, grogna Stiles.
L'alpha sourit et tendit l'oreille.
— Ton téléphone sonne.
L'adolescent soupira.
— Il est en bas. J'ai la flemme d'aller le chercher.
— C'est peut-être important. Ça fait deux fois de suite qu'on t'appelle. Tu devrais aller voir …
Le garçon se releva du lit et descendit les escaliers. Tom était assis dans le canapé du salon et releva la tête en voyant entrer Stiles, mais celui-ci prit soin de ne pas poser les yeux sur lui. Il fouilla dans la poche de sa veste pour trouver son téléphone et décrocha après avoir constaté que c'était son père qui cherchait à le contacter.
— Allo ?
— Stiles ? Je ne te dérange pas ?
— Euh non, je suis chez Derek, pourquoi ?
— Je viens de rentrer à la maison et je vois que le frigo est vide. Je t'avais demandé de faire les courses, pourtant.
— Ah bon ?
— Oui. Je te l'ai demandé ce matin, pendant le petit déjeuner.
— Oh mais tu es bien placé pour savoir qu'il ne faut pas trop en demander à un Stilinski qui vient de se réveiller, plaisanta Stiles.
— Et bien, non, je ne le sais pas, parce que moi, quand on me demande quelque chose même quand je viens de me réveiller, je m'en souviens.
— Ah. Bon bah je passerai chercher deux pizzas avant de rentrer et j'irai faire les courses demain après le lycée.
— Tâche de ne pas oublier, cette fois-ci.
— T'inquiètes, à tout à l'heure, papa !
L'adolescent raccrocha et après avoir rangé son téléphone, il s'apprêtait à rejoindre Derek quand il se retrouva nez-à-nez avec Tom. Surpris, le garçon recula d'un pas.
— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il sèchement.
— Tu t'appelles Stilinski ? répondit d'un ton angoissé le blond.
— Parce que tu crois que ça te regarde ? aboya Stiles d'un ton mauvais.
Tom sembla prendre sa réponse pour une affirmation car il pâlit et recula à son tour de quelques pas.
— Oh non, souffla-t-il. Je ne pouvais pas plus mal tomber … Il faut que je parte d'ici.
— Pardon ? fit Stiles. En quoi ça te gêne que mon nom de famille soit Stilinski ?
Le loup garou ne lui répondit pas. Il s'était élancé vers la porte d'entrée et sans se retourner, quitta le manoir. L'adolescent resta debout dans le salon, sans comprendre quelle mouche avait piqué Tom. Derek apparut soudain dans la pièce, les sourcils froncés.
— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
— Je ne sais pas. J'ai répondu à mon père et je ne sais plus comment, j'ai donné mon nom de famille, et ça a affolé Tom qui a dit qu'il ne pouvait pas plus mal tomber. Après ça, il est parti en trombe du manoir, sans donner d'explication.
L'alpha ne dit rien et resta un moment songeur avant de hausser les épaules.
— Tant pis pour lui. Je ne vais pas lui courir après.
Voyant qu'une ride soucieuse était apparue sur le front de Stiles, le loup garou l'attira contre lui et le serra dans ses bras.
— Ne fais pas cette tête. Je croyais que c'était ce que tu voulais, que Tom s'en aille d'ici.
— Oui, c'est ce que je voulais, murmura l'adolescent.
Il n'ajouta rien mais la dernière phrase du blond l'avait interpellé et au fond de lui, il ne pouvait s'empêcher de se sentir inquiet.
