Je suis étendu contre un carrelage froid, au bord du malaise. Le goût métallique et écœurant du sang emplit ma bouche et mon corps tout entier me fait mal. Ils m'ont encore frappé. Longtemps. Très longtemps. Plus longtemps qu'ils ne l'ont jamais fait.
Je n'ai plus la force de lutter. Je n'en ai plus le courage. Plus l'envie. Je n'en peux plus de ces souvenirs qui flottent autour de moi, me rappelant douloureusement la joie que je ressentais au milieu de ma meute, s'estompant peu à peu de ma mémoire et me laissant seul.
J'abandonne. Je me laisse sombrer dans le noir.
…
…
…
Soudain, alors que j'allais tomber dans l'inconscience, un cri suraigu déchire l'air, m'électrisant et me tirant du trou sombre dans lequel je m'enfonçais. Je suis secoué par un frisson et soudain, je réalise que je sais à qui appartient à cette voix qui hurle de douleur.
Cette révélation me fait l'effet d'un coup de fouet et abat une sorte de digue dans mon esprit. D'un coup, des dizaines de souvenirs m'emplissent l'esprit. Je ne sais plus si je les ai vécus réellement ou pas, si ce sont des souvenirs que l'on m'a raconté ou auquel j'ai participé. J'y arrivais encore avant, mais maintenant, je ne sais plus faire la distinction.
Tout ce que je sais, c'est que je ne peux pas les empêcher d'apparaître devant mes yeux, en flashes plus ou moins longs. Alors je me laisse emporter dans ce tourbillon, sans chercher à lutter, ni à résister.
De toute façon, je n'ai plus de force.
# #
Stiles se réveilla en sursaut en entendant la porte de sa chambre s'ouvrir. Il se redressa d'un bond, le cœur battant à tout rompre contre ses côtes, les yeux hagards, pour se retrouver face à Scott qui lui souriait.
— Salut, vieux ! Bien dormi ? Hé ! Salut Tolkien ! Tu vas bien ?
Pendant que le loup garou s'accroupissait pour caresser le chaton, son meilleur ami inspira profondément pour se calmer. Juste avant d'être tiré de son sommeil, il était en train de faire un cauchemar dans lequel des formes noires venaient l'arracher de son lit pour le traîner dans une cellule noire, avant de le frapper et de lui injecter un liquide bleu qui lui brûlait les veines.
Stiles se passa une main sur le visage. Les révélations de Joackim lui avaient vraiment retourné le cerveau. Il n'était probablement pas le seul, l'angoisse ayant monté d'un cran une fois que le métamorphe eut fini de leur annoncer tout ce qu'il avait à leur dire. Ce dernier avait ensuite reçu un appel et avait été obligé de quitter le manoir, mais avait promis de revenir dès qu'il aurait plus d'informations.
En attendant, le Protecteur leur avait recommandé d'être prudents, ce que Derek leur avait répété une fois le garçon parti. Il avait exigé qu'aucun membre de la meute ne se déplace seul dans la ville et avait voulu instaurer un couvre-feu. Peter avait déclaré que ce n'était pas parce que son neveu allait cloîtrer les adolescents chez eux qu'ils seraient moins vulnérables. Si les Nettoyeurs décidaient de s'en prendre à eux, ils le feraient de toute façon.
Derek n'avait rien répondu mais il avait gardé un visage fermé. Chacun des membres de la meute était rentré chez lui et l'alpha avait raccompagné Stiles, gardant un air pensif durant tout le trajet. L'adolescent avait eu beau lui assurer que tout irait bien pour lui et avoir tenté de le faire rire, le loup garou ne s'était pas déridé.
Scott sortit son meilleur ami de ses pensées en se laissant tomber sur le lit et en tapotant la couette de sa main gauche.
— Allez, viens Tolkien !
Stiles ne prit même pas la peine de reprendre le loup garou, conscient que celui-ci avait depuis longtemps choisi ce nom pour son chat. L'animal sauta sur le lit et vint se blottir contre Scott, ronronnant et s'installant sur son ventre.
— Je l'adore, ton chat, s'extasia le lycanthrope en gratouillant la tête de Tolkien.
— Tu peux m'expliquer ce que tu fais ici à … Huit heures trente-sept ? soupira son meilleur ami. On est samedi, je comptais faire une grasse matinée.
— Je viens travailler sur notre devoir de sciences. Tu sais, on est partenaires de labo et tout …
Stilles fronça les sourcils.
— Attends, tu viens me réveiller aux aurores, un samedi matin, pour me parler des devoirs qu'on doit faire ?
Scott haussa les épaules.
— Il vaut mieux s'y prendre à l'avance, tant qu'on a que ça à faire, argumenta-t-il. Après, on va se retrouver débordé et on aura encore moins de motivation à travailler sur tous nos devoirs.
— C'est Derek qui t'envoie pour veiller sur moi, c'est ça ?
Le loup garou fit la moue.
— Qu'est-ce qui t'a mis sur la piste ? C'est mes arguments qui ne t'ont pas convaincu ?
Stiles se retint de dire que le fait d'être réveillé à huit heures du matin par son meilleur ami était déjà suspect et qu'il n'avait pas eu besoin d'entendre ses explications pour deviner que ce n'était pas normal que Scott veuille travailler sur un devoir de sciences à rendre dans trois semaines.
— Je n'ai pas besoin d'être protégé, ronchonna l'adolescent.
— Bien sûr que si ! riposta le loup garou. Tu as entendu ce qu'a dit Joackim ? Tu es la première cible des Nettoyeurs.
— Mais on est tous des cibles, nuança Stiles. S'ils voient que je suis inaccessible, ils s'en prendront à vous. Ils vous élimineront au fur et à mesure jusqu'à ce qu'il ne reste que moi.
— On ne va pas les laisser nous tuer …
— Moi non plus, je ne les laisserai pas me tuer !
Les deux garçons se toisèrent un instant et Tolkien miaula pour indiquer à Scott qu'il avait arrêté de lui gratter la tête.
— Ce n'est pas moi qui ai décidé de te surveiller, finit par avouer le loup garou. C'est Derek qui m'a envoyé.
— Il ne pouvait pas se déplacer lui-même ? marmonna son meilleur ami. Qui va veiller sur Allison ?
— En fait, moi, je veille sur toi. Jackson s'occupe de Lydia, Erica de Matt et Isaac de Danny. Oui, je sais, c'est pas très intelligent, vu qu'ils sont toujours en froid, mais Derek n'a rien voulu entendre. Peter a prévenu Chris du danger, donc Derek estime qu'Allison est sous bonne protection.
— Et pourquoi je ne suis pas au courant de tout ça ? s'agaça Stiles.
Scott haussa les épaules et son meilleur ami enchaîna :
— Et Peter et Derek ? Ils veillent sur qui ?
— Peter s'occupe de ma mère et des jumeaux. Et Derek essaye de veiller sur un peu tout le monde. Par exemple, quand moi, je serai à la clinique, il viendra te surveiller.
— Et bien moi, ça ne me plaît pas du tout ! lança Stiles en se levant de son lit.
— Tu vas où ?
Le loup garou regarda son meilleur ami enfiler un jean et un sweat.
— Je vais dire à Derek que s'il veut me surveiller, il n'a qu'à le faire lui-même et ne pas envoyer quelqu'un le faire à sa place, même si c'est mon meilleur pote !
— Il va t'envoyer bouler, le prévint Scott.
— C'est ce qu'on verra …
Le lycanthrope soupira et passa un doigt sous le menton de Tolkien pour le gratter.
— Je fais quoi, en attendant, moi ?
— T'as qu'à faire le devoir de sciences ! s'exclama Stiles avant de claquer la porte de sa chambre.
# #
Qui suis-je ? Comment je m'appelle ? D'où est-ce que je viens ?
Les informations se mélangent dans ma tête, s'entrechoquent et me donnent le tournis. Suis-je un garçon ou une fille ? Suis-je un loup garou ou un humain ? Est-ce moi dans les souvenirs ? Est-ce d'autres personnes ? Est-ce que j'invente ce dont je me souviens ou est-ce que ça c'est vraiment passé ?
Je ne sais pas, je ne sais plus.
J'ai mal.
# #
Scott observait Allison ranger sa chambre. Il était arrivé dix minutes plus tôt et si Chris s'était étonné de le voir de si bon matin et surtout, sans Stiles sur lequel il était censé veiller, le chasseur l'avait autorisé à monter une fois que le garçon lui eut expliqué la situation.
La jeune fille avait semblé surprise de le voir et n'avait pas beaucoup parlé depuis qu'il était entré dans sa chambre, s'affairant à remettre de l'ordre dans la pièce. Scott ne s'en était d'abord pas offusqué. Il était encore occupé à réfléchir à la conversation qu'il avait eue avec Deaton.
L'adolescent était allé trouver le vétérinaire après que Stiles soit parti de chez lui pour rejoindre Derek. Il avait tout expliqué à son patron, finissant par lui demander s'il ne pouvait pas lui proposer une solution.
— Ca me semble compliqué pour le moment … avait soupiré Deaton. Veiller les uns sur les autres me semble être la meilleure chose à faire.
— Vous n'avez pas quelque chose à nous suggérer ? l'avait supplié Scott. Est-ce que vous connaissez un remède contre l'aconit ?
— Malheureusement, l'aconit est un poison incurable pour les loups garous. En dessous d'une certaine quantité ingérée, vous guérissez tous seuls. Au-dessus, on ne peut plus rien faire pour vous.
— Et pour les humains ? avait insisté le garçon d'un ton désespéré.
Le vétérinaire avait secoué la tête.
— Je ne connais rien de plus que ce que n'importe quel médecin pourrait vous donner. Si jamais l'un de vous devait être empoisonnée, il faudrait l'emmener tout de suite aux urgences.
— Mais si on ne peut pas ? Si on est bloqué quelque part avec quelqu'un qui aurait été empoisonné ?
Deaton avait inspiré profondément.
— Il faudrait alors faire vomir la personne intoxiquée, pour lui faire éliminer le plus possible le poison avant qu'il se propage dans le corps, et la réchauffer, pour ne pas qu'elle tombe en hypothermie. Et attendre les secours.
— Mais j'ai lu que l'aconit était parfois utilisé dans certains traitements …
— Oui, mais en une quantité très faible et mélangé avec d'autres composants … avait expliqué le vétérinaire. Ecoute, je vais me renseigner Scott, mais je ne peux rien te promettre.
L'adolescent avait hoché la tête silencieusement et n'avait pas tardé à quitter la clinique pour rejoindre sa petite amie. Si Stiles ne voulait pas qu'ils restent ensemble, le loup garou allait veiller sur la chasseuse. Non pas qu'il ne fasse pas confiance à Chris, mais deux paires d'yeux valaient mieux qu'une.
C'est pourquoi Scott était désormais assis sur le lit d'Allison, la regardant s'affairer à remettre ses vêtements dans sa penderie, à ranger ses livres dans sa bibliothèque et à faire de la place sur son bureau.
— Allison ? lança le loup garou au bout d'un moment.
N'obtenant pas de réponse, il se leva et attrapa la jeune fille par le bras pour la tourner face à lui. L'adolescente baissa les yeux, évitant délibérément son regard, et Scott lui remit une mèche de cheveux derrière l'oreille avant de lui sourire.
— Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi tu es si distante avec moi en ce moment ?
— Je … Je ne suis pas distante avec toi, fit Allison en essayant d'empêcher sa voix de trembler.
— Même si je ne pouvais pas entendre les battements de ton cœur, je saurais que tu me mens, murmura le loup garou. Tu m'évites, tu ne me regardes plus dans les yeux, tu m'adresses à peine la parole et tes textos sont assez froids.
La chasseuse s'éloigna de quelques pas, dos tourné à l'adolescent.
— Est-ce qu'il y a quelque chose dont tu voudrais me parler ? demanda Scott d'un ton gentil. Tu sais, moi aussi, j'ai peur de la fin du lycée, de ce que ça peut représenter, des études qu'on va devoir faire et de …
— Ce n'est pas l'université qui m'inquiète, répondit sèchement l'adolescente.
Scott prit sur lui pour ne pas se vexer et poursuivit :
— Tu sais que tu peux tout me dire, je ne me fâcherai pas. Je veux juste que tu ailles mieux.
— Tu ne peux pas m'aider … déclara la jeune fille d'une voix nouée.
Le loup garou fronça les sourcils.
— Allison ? appela-t-il doucement.
La chasseuse secoua la tête avant de se retourner, dévoilant un visage sur lequel coulaient de grosses larmes.
— Qu'est-ce qu'il y a ? s'inquiéta l'adolescent. C'est si grave que ça ?
La jeune fille inspira profondément avant de lâcher d'une voix faible :
— Je suis désolée, Scott …
— Mais qu'est-ce qu'i la fin ?
— Je … Je suis malade …
Le loup garou resta interdit un moment.
— Malade ? Mais … C'est grave ? Je veux dire … Euh … Très malade ?
— Tu crois que je pleurerai si j'avais un rhume, Scott ? bredouilla Allison.
— Mais qu'est-ce que tu as alors ?
La chasseuse essuya une larme sur sa joue, mais une nouvelle perle salée s'échappa rapidement de sa paupière pour rouler sur sa peau, s'arrêtant au coin de sa bouche.
— Je … J'ai été voir mon gynéco l'autre jour, pour une visite de routine et … commença l'adolescente. Et il m'a dit qu'il serait bon de faire des examens un peu plus poussé parce que ma mère avait … Ma mère avait une maladie qui réduisait sa fertilité et … Et c'est pour ça que je n'ai pas de frère ou de sœur, mes parents ont déjà eu tellement de mal à m'avoir moi …
Allison s'arrêta un instant pour tenter de reprendre son calme. Scott ne la quittait pas des yeux, ne sachant que dire pour la réconforter.
— Mes parents ne m'en avait jamais parlé alors j'ai été surprise. J'ai donc fait les examens que mon gynécologue me recommandait, histoire d'en avoir le cœur net.
— Et tu ne m'en as pas parlé ? chuchota le loup garou, désemparé.
— Je ne voulais pas t'embêter avec ça tant que je n'étais sûre de rien, sanglota la jeune fille. Et puis, ça devait juste être des examens comme ça mais quand j'ai eu les résultats … Je sais que tu veux fonder une famille alors, je ne savais pas comment t'en parler et …
La chasseuse plongea son visage dans ses mains et Scott la rejoignit aussitôt pour la serrer contre lui.
— Qu'est-ce qu'il y a ?
Allison agrippa de toutes ses forces le sweat du loup garou et d'une voix tremblante, elle avoua enfin :
— Je … Je ne pourrais jamais avoir d'enfant.
# #
Ce souvenir ne m'appartient pas. Ou peut-être que si. Enfin, je ne sais pas. Est-ce que c'est à moi que cette fille parle ? Est-ce à quelqu'un d'autre ? Est-ce même à un de mes … amis ? Me l'a-t-on raconté ou l'ai-je vraiment vécu ? Qui est cette fille, d'abord ?
Je ne sais pas. Je ne sais plus. Je suis perdu au beau milieu de mes propres souvenirs, perdu dans ma propre mémoire. Et avant d'avoir pu trouver un repère, avant d'avoir pu reprendre pied, je me fais emporter par un autre flot de souvenirs.
# #
Derek poussa un long soupir affligé. Stiles le fixait, les bras croisés sur sa poitrine, une moue boudeuse sur les lèvres.
— Ça ne sert à rien de faire cette tête, je ne cèderai pas, avertit l'alpha.
Comme l'adolescent continuait de le regarder sans rien dire, le loup garou prit sur lui pour rester calme.
— C'est un plan auquel j'ai beaucoup réfléchi et ça me semble le meilleur moyen pour garantir la sécurité de tous.
Derek attendit une réponse, même une réfutation de ses arguments. Mais Stiles ne desserra pas les dents.
— Je sais que ça ne te plaît pas … soupira l'alpha.
L'adolescent lui lança un regard qui signifiait « Si ça ne te plaît pas, tu n'as qu'à trouver une autre solution. »
— Ecoute, arrête de faire l'enfant, s'agaça le loup garou. Il n'y a que toi à qui ça ne plaît pas. J'essaie d'assurer la sécurité de tout le monde et tu ne vas pas te plaindre d'être avec Scott ! Ça ne changera rien pour vous, vous êtes toujours collés l'un avec l'autre.
Le garçon resta stoïque et planta un regard impénétrable dans celui de son copain. Derek se laissa tomber à côté de lui dans le canapé et se passa une main sur le visage d'un air las.
— Qu'est-ce que tu veux, à la fin ? Je ne peux pas te surveiller moi-même. Tu serais trop en danger. Même si je t'aime plus que tout, je dois m'assurer de la sécurité de toute la meute. J'aimerais devoir être collé à toi toute la journée, ça ne me dérangerait vraiment pas. Mais je ne peux pas. C'est mon rôle d'alpha de veiller sur tout le monde.
Stiles ouvrit enfin la bouche et le loup garou s'attendit à se faire ensevelir sous une masse d'arguments visant à détruire tout ce qu'il venait de dire.
— Tu m'aimes vraiment plus que tout ? demanda l'adolescent en plissant les yeux.
Derek retint un sourire, conscient que les reproches arriveraient sûrement par la suite.
— Oui, affirma-t-il. Je ne l'aurais pas dit si je ne le pensais pas.
Comme le garçon ne disait plus rien, l'alpha fronça les sourcils.
— Où veux-tu en venir ?
Pour toute réponse, Stiles se contenta de se jeter sur le loup garou, posant sa tête dans le creux de son épaule pour se blottir contre lui.
— Moi aussi, je t'aime plus que tout.
Derek resta perplexe quelques secondes mais finit par serrer l'adolescent contre lui, sans rien dire. S'il pouvait repousser la confrontation au plus tard possible, il le ferait. L'alpha n'avait pas spécialement envie de se disputer avec le garçon.
La porte d'entrée du manoir s'ouvrit d'un coup et Joackim pénétra dans le salon, encore une fois sans y avoir été invité. Stiles se redressa un peu pour voir qui venait d'arriver et le métamorphe ne put s'empêcher de se moquer :
— Oh, que c'est mignon ! J'espère que je ne dérange pas.
— Je suppose que de toute façon, tu te fiches pas mal d'arriver à un mauvais moment, grogna Derek.
Le Protecteur haussa les épaules.
— C'est vrai. J'aurais pu vous trouver au beau milieu d'une partie de jambes en l'air que ça ne m'aurait pas plus ému.
— Et on peut savoir ce qui t'amène ici ? s'enquit l'alpha d'une voix qui contenait une pointe d'agacement.
Joackim se laissa tomber dans un fauteuil et fixa intensément Stiles. L'adolescent fit une grimace gênée et Derek le rapprocha encore un peu plus de lui, ce qui fit sourire le métamorphe.
— C'est tellement mignon, railla-t-il. A un point si intolérable que j'en ai presque envie de vomir.
Il ne laissa pas le temps à l'alpha de répliquer la moindre phrase et lâcha sans plus tarder :
— Si tu n'es pas trop occupé au pays de l'amour et des bisous, tu pourrais peut-être m'écouter. J'ai du nouveau.
