— Je ne suis pas d'accord.
Tous les regards se tournèrent vers Peter qui ne semble pas ému par la soudaine attention qu'il venait de déclencher. Il resta de marbre, campant fermement sur ses positions, déterminé à défendre son point de vue.
Derek avait convoqué la meute afin qu'ils entendent tous ce que Joackim avait à leur apprendre. Une fois tout le monde arrivé au manoir, même Louane, que Matt avait plus ou moins traîné de force, le métamorphe avait commencé à expliquer ce qu'il avait découvert.
Grâce aux informations qu'il avait obtenues, le Protecteur savait que dans deux jours, un groupe de Nettoyeurs arriverait à Beacon Hills. Joackim n'était pas complètement certain de la mission qui leur serait confiée, mais il soupçonnait que cela concernerait la meute de Derek.
Il avait donc proposé de monter un plan pour démanteler une des bases des Nettoyeurs de l'intérieur. Il avait pour cela besoin de leur aide, c'est pourquoi il les sollicitait. Lorsque l'alpha lui avait demandé en quoi ça les concernait, le métamorphe avait déclaré qu'éradiquer une partie du réseau des Nettoyeurs permettrait au groupe de voir la menace faiblir et d'inquiéter leurs ennemis, qui auraient plus de difficulté à envisager de les attaquer.
Derek était en train de réfléchir à la proposition lorsque Peter avait lancé :
— Je ne suis pas d'accord.
Voyant les regards intrigués posés sur lui, il consentit à donner plus de détails sur son point de vue.
— C'est beaucoup trop dangereux. Qui nous dit qu'on s'en sortira tous indemne ?
— Rien, admit Joackim. Mais vous serez autant en danger si vous restez ici à ne rien faire. Vous ne pourrez pas rester indéfiniment vigilant. Ils attendront le moindre moment d'inattention pour s'en prendre à vous. La solution pour les effrayer, c'est de leur porter un gros coup de massue, pour qu'ils se décident à vous oublier complètement ou tout du moins, qu'ils réalisent que vous êtes assez coriaces et qu'ils ont beaucoup à perdre s'ils s'acharnent sur vous.
Le loup garou secoua la tête.
— Et les attaquer pourrait aussi les mettre en colère et leur donner envie de nous éliminer une bonne fois pour toute.
— C'est un risque, grimaça le métamorphe.
— C'est bien pour ça que je ne suis pas d'accord. C'est beaucoup trop dangereux pour nous de nous associer à toi pour les démanteler. Nous avons assez à gérer avec les Nettoyeurs sans parler d'essayer de les faire tomber. Ils nous en veulent déjà, ce n'est pas la peine de leur donner des raisons supplémentaires de venir s'en prendre à nous.
Le Protecteur se gratta le front.
— C'est vrai que je n'avais pas étudié la question de ce point de vue là … Il n'empêche que vous y gagnerez quand même à vous aider. D'accord, il y a des chances pour que certains soient blessés et que les Nettoyeurs vous prennent encore plus en grippe. Mais de toute façon, ils cherchent déjà à vous éliminer, ça ne pourrait donc pas être pire.
— Peut-être que toi, tu ne vois pas la différence, lança Peter. Mais moi, j'ai deux enfants en bas âge et je compte les voir grandir aussi longtemps que possible. Je n'ai pas envie d'aller me faire tuer dans une opération kamikaze pour démanteler une toute petite partie d'une organisation.
— Et tu comptes attendre tranquillement qu'ils viennent te tuer ? railla Joackim.
Le loup garou hocha la tête.
— Ils en ont peut-être après moi, mais il me semble que tu es là pour assurer ma protection. C'est donc à toi de t'assurer que personne ne vient me tuer.
— Justement, insista le métamorphe. Ce que je vous propose, c'est de coopérer avec nous pour nous aider à vous protéger de la meilleure façon.
— Ce que tu nous demandes, c'est pratiquement de régler nous-mêmes le problème, contra Peter.
— C'est faux. Sans les Protecteurs, les créatures surnaturelles seraient depuis longtemps éradiquées. Les Nettoyeurs sont une menace qu'il ne faut pas que vous preniez à la légère.
— Et je prends ça très au sérieux, déclara le loup garou. Mais je suis capable de sauver ma peau tout seul. Je te rappelle que j'ai réussi à survivre à un incendie, puis à revenir à la vie, tout en me débattant contre mon loup qui était devenu complètement fou.
Joackim fronça les sourcils mais Peter ne lui laissa pas le temps de réagir.
— Je ne peux pas parler pour le reste de la meute et mon avis n'engage que moi. Mais je suis contre t'aider. Il y a beaucoup trop de risques à mon avis. Même si ne rien faire nous met à la merci des Nettoyeurs, qui peuvent nous attaquer n'importe quand, je trouve beaucoup plus sûr d'attendre qu'ils viennent s'en prendre à nous.
— Je pense que tu te trompes, déclara le métamorphe d'un ton sec.
— Peut-être, fit le loup garou. Et comme je l'ai dit, je ne parle pas pour toute la meute. Mais j'ai donné mon avis. Et on ne m'en fera pas changer tant qu'on n'aura pas trouvé d'arguments assez convaincants.
Alors qu'un silence suivait la dernière phrase du lycanthrope, Derek reprit la parole.
— Il va falloir qu'on y réfléchisse, Joackim. Je partage grandement l'avis de Peter. Tu as toi-même avoué que vous n'aviez infiltré qu'une petite base et que le réseau des Nettoyeurs est immense. En renverser une partie nous permettrait de leur montrer que nous ne les craignons pas et que nous ne sommes pas à sous-estimer, ce qui pourrait les inciter à nous laisser tranquille. Mais nous pourrions tout aussi bien attirer leur attention sur nous et les mettre en colère, ce qui ne nous arrangerait pas.
— Vous repoussez simplement le problème, vous ne l'éliminez pas, affirma le métamorphe.
— Certainement, soupira l'alpha. Et ce n'est pas faute d'avoir essayé depuis plus de deux ans …
— Donc, vous refusez mon plan ?
Derek haussa les épaules.
— Nous y réfléchissons. Il nous faut du temps pour considérer ce que tu nous proposes. Nous allons en parler et te dire ce que nous choisissons finalement.
— Bien, maugréa Joackim en s'éloignant pour quitter le manoir. Mais décidez-vous vite. Vous ne pouvez pas vous payer le luxe de prendre beaucoup de temps pour réfléchir.
# #
On aurait peut-être dû écouter Joackim. Peut-être que ça aurait évité bien des choses. Ou peut-être qu'on l'a écouté ? C'est peut-être pour ça que je suis ici. C'est peut-être à cause de lui. Je … Je ne sais plus …
Qu'est-ce qu'on avait décidé au final ? Je crois me souvenir que nous en avions beaucoup parlé. Le midi, à la cantine, on échangeait nos points de vue et ça avait duré un moment. On hésitait tous. Et puis, on avait fini par choisir une option, celle qui nous paraissait être la meilleure pour l'ensemble de la meute.
Mais qu'est-ce qu'on avait choisi ?
# #
— Hé, Louane, toi qui connais un peu comment ça se passe, tu en penses quoi ?
La jeune fille releva ses yeux qu'elle gardait baissés sur son assiette depuis le début de la conversation. Elle avait pris soin de ne pas être mêlée à la polémique, conservant son avis pour elle, mais Jackson venait de l'interpeller et il allait être difficile de l'ignorer.
L'adolescente posa sa fourchette et inspira profondément avant de se lancer :
— Je n'en pense pas grand-chose. Les Protecteurs sont sensés se débrouiller pour contrer les Nettoyeurs sans impliquer les créatures menacées. Vous n'êtes pas censés connaître notre existence et ils ne sont pas censés vous demander de les aider. Mais les règles ont peut-être changé. Ca fait plusieurs mois que je ne suis impliquée dans ces affaires-là, donc ils ont pu changer leurs méthodes …
Le groupe d'adolescents réfléchit quelques instants à ce que Louane venait de leur dire, puis Isaac fit un mouvement de tête vers Clara, qui était assise un peu plus loin, discutant avec un groupe de filles.
— Elle est peut-être au courant de quelque chose ? supposa-t-il. On pourrait aller se renseigner auprès d'elle.
— J'ai une meilleure idée, grogna Jackson. On lui arrache la tête comme ça, on élimine une menace potentielle pour faire comprendre aux Nettoyeurs qu'ils ne nous font pas peur et qu'on les attend de pied ferme.
— Non ! s'exclama Louane.
Elle se mit à rougir, autant parce qu'elle était surprise de sa propre assurance que parce que de nouveau, tous les regards s'étaient braqués sur elle.
— Ce … Ce n'est pas une bonne idée, bégaya la jeune fille.
— Je ne pensais pas réellement lui arracher la tête, grommela le blond. C'était une façon imagée de faire comprendre qu'il fallait peut-être aller se renseigner de ce côté.
— Une façon très salement imagée, se permit de juger Lydia.
Jackson lui lança un regard de travers dont la rousse ne s'offusqua pas.
— De toute façon, la question ne se pose plus, intervint Matt. On a décidé qu'on ne se mêlerait pas des affaires des Protecteurs et qu'on les laisserait s'occuper de faire tomber la base de Nettoyeurs. Même si Clara sait quelque chose, ce n'est plus nos affaires.
Personne ne répondit aux propos du photographe. Stiles prit son plateau pour débarrasser sa place et Scott le suivit aussitôt. D'ordinaire, les deux garçons restaient avec le groupe jusqu'à ce que tout le monde ait fini de manger, mais le loup garou avait dit à son meilleur ami qu'il voulait lui parler en privé.
Erica ne put s'empêcher de les interroger sur leur départ précipité.
— Vous allez faire quoi ?
— On va euh … Travailler sur notre devoir de sciences ! lança Stiles.
Danny haussa un sourcil et Isaac afficha un sourire moqueur.
— Vous avez encore le temps avant de le rendre, nota Lydia.
— Oui, mais comme y a des gens qui comptent me tuer bientôt, j'aimerais bien être à jour dans mes devoirs, lança Stiles d'un ton narquois. J'aime pas commencer un truc et ne pas le finir.
Sa réplique jeta un froid sur le groupe. Les deux garçons quittèrent leurs amis et une fois hors de portée de voix, Scott raconta à son meilleur ami ce qu'Allison lui avait révélé sur son état de santé.
— Ah, souffla le fils du shérif. Il y avait vraiment un problème alors. Et il s'est passé quoi après ?
— Elle a pleuré un long moment et moi, je ne savais pas quoi dire, avoua le loup garou. Je lui frottais le dos mais je n'arrivais pas à trouver quelque chose de réconfortant. J'arrêtais pas de répéter « ça va aller, ça va aller » mais je ne crois pas que ça l'ait réconfortée …
— Si ça peut te rassurer, je crois que j'aurais pas été capable de faire mieux que toi, marmonna Stiles en se passant la main dans les cheveux.
— En même temps, si Derek t'annonce qu'il ne pourra pas avoir d'enfants avec toi, ça ne devrait pas trop te surprendre … répliqua le lycanthrope.
Les deux garçons se lancèrent un regard et pouffèrent nerveusement quelques secondes, jusqu'à ce que Scott reprenne la parole :
— Et à la fin, quand elle a réussi à arrêter de pleurer, elle a reculé et elle m'a demandé si elle pouvait rester seule.
Stiles grimaça.
— Vous avez pu en reparler depuis ?
— Non, soupira le bêta, l'air las. Derek nous a appelés pour venir écouter ce que Joackim avait à nous dire au manoir, ensuite, on a dû réfléchir si on l'aidait ou pas et puis maintenant, elle m'évite au lycée. Et comme je ne sais pas quoi lui dire …
— Vous n'allez pas vous séparer ?
Le loup garou haussa les épaules.
— Non. Enfin, je ne sais pas. Je crois que je ne réalise pas trop ce qui arrive, mais ça n'a pas tellement d'importance pour moi. Enfin, j'ai envie d'avoir des enfants avec Allison, mais j'y pensais pas vraiment. Je veux dire, c'est quelque chose qu'on n'aurait pas fait tout de suite, alors … Ça ne me pose pas de problème maintenant.
Les épaules de l'adolescent s'affaissèrent.
— Mais j'ai l'impression que pour Allison, c'est la fin du monde …
— Je peux la comprendre, murmura Stiles. C'est quand même assez bouleversant.
— Je ne veux pas la quitter, affirma Scott. Ça me rend triste de savoir qu'elle ne pourra pas avoir d'enfant, mais la médecine fait tellement de progrès de nos jours … Il doit bien y avoir une solution qui nous permettra de …
Le loup garou ne finit pas sa phrase et son regard se voila de tristesse. Son meilleur ami lui tapota maladroitement l'épaule, ne sachant que dire pour le réconforter.
— Et toi ? finit par demander Scott. Tu ne m'as pas dit ce qui c'était passé avec Derek. Vu que je n'ai pas reçu de contrordre, je suppose que tu ne l'as pas convaincu d'arrêter de te surveiller.
— Non, grogna Stiles. Il m'a sorti des trucs mignons et j'ai pas réussi à me concentrer sur la conversation pour le faire changer d'avis.
Le loup garou lui lança un regard compréhensif.
— Dis … Tu penses que ça va aller ?
— Oui. Au final, ça ne me dérange pas qu'on soit souvent ensemble, même si je n'aime pas trop l'idée. Mais on l'habitude de veiller l'un sur l'autre depuis longtemps, toi et moi.
— Ce n'est pas ce que je voulais dire … marmonna Scott en secouant la tête.
Son meilleur ami fronça les sourcils, intrigué.
— Tu voulais dire quoi, alors ?
— Je voulais dire … Tu penses qu'on fait bien de refuser l'aide de Joackim ? Tu crois qu'on va réussi à échapper aux … Aux Nettoyeurs ?
Stiles haussa les épaules.
— Scott, on a échappé à combien de danger depuis le début du lycée ? On a survécu à ta morsure, aux attaques de Peter, au kanima, au grand père cinglé d'Allison et à ma tante qui a tenté de tous nous tuer deux fois en moins d'un an. Alors, oui, je crois qu'on arrivera à encore gagner cette fois-ci.
— Et si on n'y arrivait pas, justement ?
Stiles leva les yeux au ciel.
— Tu es vraiment pessimiste ! Aie confiance en l'avenir. On est prêts à recevoir les Nettoyeurs alors s'ils veulent se frotter à nous, qu'ils viennent s'y essayer. On ne se laissera pas faire !
L'humain donna une tape dans le dos de son meilleur ami et les deux garçons se dirigèrent vers leurs casiers afin d'aller chercher leurs affaires pour leurs cours de l'après-midi.
# #
C'est faux. On n'était pas prêts. On n'avait pas tout prévu. On s'est fait avoir. On s'est crus plus forts que ce qu'on ne l'était en vérité. On a beau avoir pris le plus de précautions, au final, on n'avait pas pensé à tout.
Et qu'est-ce qu'il s'est passé, ensuite ? On avait décidé de ne pas aider Joackim, on avait décidé de veiller les uns sur les autres, et après ? Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné ? Où s'est-on trompé ? Qu'est-ce qu'on n'avait pas prévu ?
Je ne sais plus. Tout s'embrouille dans ma tête, tout est confus, tout est flou. Je n'arrive pas à me souvenir de ce dont je veux me rappeler.
Allez. Fais un effort. Concentre toi, pense, réfléchis.
Je me souviens d'une chaude journée d'été. Avec maman, on était allé au parc. J'étais petit, j'avais cinq ans, peut-être six. C'est la première fois que je l'ai vu. Il était aussi avec sa mère, il jouait dans le bac à sable. Je me suis approché de lui, je me suis accroupi et je lui ai demandé si ma voiture pouvait aller sur le pont qu'il avait construit.
C'est bien, quand on est enfants, on ne s'embarrasse pas des codes de politesse, on ne se fait pas de ronds de jambes. On arrive, on se parle, on est amis en deux secondes. Et on joue, sans se soucier des différences, sans se préoccuper des apparences, sans s'interroger sur l'avenir.
Je voudrais retourner à ce moment de ma vie. Je veux redevenir un enfant. Je ne veux plus avoir de souci. Je ne veux plus me faire battre, je ne veux plus être empoisonné, je ne veux plus me perdre dans mes souvenirs.
Mais pourquoi je pense à ça ? Il faut que je me reconcentre. Que je pense à ce qu'il s'est passé. A comment j'en suis arrivé là. Qu'est-ce qui m'a conduit ici ?
# #
Stiles était allongé sur son lit, cherchant le sommeil. Les récents événements et les dernières révélations tournaient en boucle dans sa tête, l'empêchant de s'endormir. Il tentait de trouver une solution aux problèmes de la meute, se creusant la tête avec acharnement. Mais à chaque fois que l'adolescent imaginait une quelconque possibilité de se sortir du pétrin, les conséquences négatives qu'entraînerait son plan lui apparaissait avec clarté et semblaient plus nombreuses que les points positifs.
Le garçon savait qu'il y avait forcément une solution. Bien sûr, il savait que ce serait impossible de trouver une idée parfaite, car le seul moyen de se sortir de tout ce pétrin, c'était que les Nettoyeurs n'existent plus, ce qui laisserait la meute libre de ses mouvements. Mais il réfléchissait pour tenter de trouver un plan qui permettrait d'avoir le plus de bénéfices tout en limitant les effets négatifs sur le groupe.
Son téléphone posé sur sa table de chevet se mit à vibrer et Stiles l'attrapa d'un geste machinal. Il décrocha et porta le combiné à son oreille.
— Allô ? fit-il.
Un silence s'en suivit et l'adolescent s'inquiéta. Il se redressa dans son lit, passant en position assise.
— Allô ? répéta-t-il.
— Es-tu prêt ? lui demanda son interlocuteur.
— Prêt à quoi ? s'enquit le garçon, son cœur commençant à accélérer sous le coup de l'inquiétude, comme il ne reconnaissait pas la personne qui l'appelait.
— Prêt à nous suivre.
Stiles inspira profondément pour ne pas que sa voix se mette à trembler.
— Pourquoi est-ce que je vous suivrais ?
— Si tu veux que le reste de ta meute vive, tu dois venir avec nous.
— Et où voulez-vous m'emmener ?
— Vers ta mort.
L'adolescent sentit un poids lui tomber dans l'estomac. Il réussit cependant à garder son calme.
— Et si je refuse ?
— Nous nous en prendrons à toutes les personnes que tu aimes. Qu'elles soient dans ta meute ou non.
La menace ne pouvait pas être plus claire. Son interlocuteur, qui, au vu de l'utilisation du « nous », n'était pas seul, comptait s'en prendre aussi bien à ses amis qu'à son père.
— Même si j'acceptais de venir avec vous, vous pensez vraiment que les autres me laisseraient partir sans me battre ? lança Stiles en essayant de prendre un ton de défi.
— Je suis persuadé que ta meute se battra de toutes ses forces pour assurer ta sécurité. Alors je te conseille ne rien dire à tes amis. Tu leur sauverais la vie.
L'adolescent déglutit. Il sentait le piège se refermer sur lui et ne savait plus comment s'en échapper. Comme s'il lisait dans ses pensées, son interlocuteur déclara froidement :
— Je t'attends dans vingt minutes à la sortie nord de la ville. Si tu viens accompagné, nous le saurons. Si tu tiens à la vie de ta meute, ne parle à personne de cet appel.
La conversation fut coupée et Stiles resta assis dans son lit, sans bouger, pendant de très longues minutes. Puis, le dos raide, il se leva, enfila un pantalon et un sweat, glissa son téléphone portable dans sa poche et sortit sans bruit de chez lui.
Le froid le saisit et il monta la fermeture éclair de son pull jusqu'en haut. Finalement, on lui avait trouvé une solution à leur problème. Elle n'était pas parfaite mais elle avait un gros avantage : celui de mettre en sécurité toute la meute.
Son seul point négatif, c'était que pour cela, il fallait qu'il meure.
