Stiles marchait sur le bord de la route. Il n'avait pas pris sa Jeep pour rallier le point de rendez-vous donné par l'inconnu, craignant que le bruit du moteur au démarrage réveille son père. L'adolescent avait déjà eu toutes les peines du monde à sortir de chez lui sans faire de bruit et s'estimait heureux d'avoir réussi à partir sans se faire remarquer.
L'hiver était loin d'arriver mais la nuit était tout de même déjà très froide. Un fin nuage de buée se formait devant le visage du garçon lorsqu'il expirait trop fort et ses mains avaient beau être à l'abri de ses poches de sweat, ses doigts étaient quand même gelés.
Son cœur pesait lourd dans sa poitrine mais il se sentait étrangement calme, alors qu'il aurait dû s'angoisser de marcher vers un lieu de rendez-vous qu'il avait fixé avec des gens qui en voulaient à sa vie. Cependant, il ne regrettait rien. S'il pouvait sauver la vie de chaque membre de la meute, alors il acceptait de se sacrifier.
Ses amis et son père comprendraient. Ils seraient tristes, c'était certain. Ils seraient peut-être même en colère après lui pour avoir décidé de son avenir sans leur en parler. Mais au moins, ils seraient saufs.
— Scott pourra soutenir Allison, pensa Stiles. Ils trouveront le moyen d'avoir un enfant et lui donneront mon nom. Jackson et Lydia se marieront et au vu de l'ambition de la rousse, ce sera le mariage de l'année. Isaac et Danny se réconcilieront, et même s'ils ne restent qu'amis, au moins ils se reparleront. Boyd reviendra dans la meute après le lycée et Erica arrêtera d'être en colère après lui. Matt deviendra un grand photographe et aidera Louane à prendre confiance en elle. Peter pourra voir ses jumeaux grandir et Derek … Derek pourra refaire sa vie avec quelqu'un qui lui apporte moins d'ennuis que moi.
Une brusque envie de vomir assaillit l'adolescent qui inspira profondément pour ne pas laisser la panique l'envahir.
— J'espère que mon père pensera à Tolkien et n'oubliera pas de le nourrir. Et j'espère que Tolkien ne m'oubliera pas.
Le ronronnement d'une voiture se fit entendre derrière le garçon et il se crispa. Le véhicule l'éclaira avec ses phares et le dépassa sans ralentir. Stiles recommença à respirer. Il avait craint que ce ne soient ses ennemis qui arrivaient pour l'emmener.
Il marcha encore quelques minutes en silence avant d'apercevoir le panneau qui indiquait la fin de la ville. L'adolescent déglutit et s'approcha d'un pas lent. Il s'arrêta et scruta les alentours. Un bruit s'éleva derrière lui et il lança un regard par-dessus son épaule, le cœur tambourinant contre ses côtes. Il n'y avait rien, juste les dernières maisons de Beacon Hills et la route éclairée par quelques lampadaires.
Le garçon se tourna pour être de nouveau face au panneau de la ville et se trouva nez-à-nez avec un homme aux yeux gris, qui se tenait à moins de cinquante centimètres de lui. Stiles recula précipitamment de deux pas, autant parce qu'il était surpris que parce qu'il estimait qu'il était plus prudent de conserver une distance de sécurité.
Un fin sourire apparut sur le visage de l'homme tandis qu'il observait intensément son interlocuteur.
— Je vois que tu as bien suivi mes conseils. C'est bien. Tu sauves la vie de ta meute. Pour le moment, du moins.
— Vous avez promis de les laisser tranquilles si je me livrais à vous, déclara l'adolescent d'une voix qu'il tentait de maîtriser pour ne pas qu'elle tremble.
— C'est vrai. Mais je n'ai jamais été très doué pour tenir mes promesses.
Le sourire sur le visage de l'homme s'élargit tandis que la stupéfaction se peignait sur le visage du garçon. Il s'était fait avoir. Comment avait-il pu être aussi bête ?
— Vous pourriez au moins me dire où vous m'emmenez, et pourquoi vous voulez me tuer ? Je ne suis pas un loup-garou, à ce que je sache.
— Me reconnais-tu ? répondit l'homme aux yeux gris.
Stiles fronça les sourcils.
— Je devrais savoir qui vous êtes ?
— Oui.
L'adolescent réfléchit, observant attentivement son interlocuteur, et d'un coup, la lumière se fit dans son esprit. Le garçon l'avait déjà rencontré quelques mois plus tôt, lors de l'affrontement qui avait opposé toute la meute à Keyra et à trois de ses sbires. L'homme qui se tenait devant lui était un Nettoyeur mais c'était aussi le père de Joackim. Et c'était un incube, ce qui expliquait le regard intense qu'il posait sur Stiles.
— Ca y est ? Tu te souviens ? railla l'homme aux yeux gris.
L'adolescent hocha la tête.
— Si tu sais qui je suis, tu dois donc comprendre pourquoi je viens te chercher.
Le garçon serra les poings. Son interlocuteur était un des complices les plus proches de sa tante. S'il venait s'en prendre à lui, ce n'était pas simplement pour éliminer une meute de loups garous. C'était pour se venger de la mort de Keyra.
— Oui, je sais pourquoi vous m'enlevez, murmura-t-il.
— Alors, si tu n'as plus de questions … fit l'homme aux yeux gris.
Il baissa les yeux instinctivement sur le torse de Stiles et celui-ci suivit son regard, découvrant avec horreur un point rouge sur son torse.
— Ne prends pas cette tête terrifiée, grimaça le père de Joackim. Ça me donne envie de vomir. On ne va …
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase. Une détonation retentit, déchirant le calme de la nuit, et avant d'avoir pu faire le moindre geste, Stiles tomba à la renverse, le souffle coupé.
# #
Le parc résonnait des cris des enfants qui y jouaient et des conversations des mamans qui discutaient entre elles. Nous n'étions pas tous seuls avec mon meilleur ami. Je regarde autour de moi pour voir qui était avec nous. Deux petites filles, une brune et une rousse, étaient assises sur les balançoires. Un garçon blond les poussait à tour de rôle, les faisant éclater de rire.
Sur le toboggan, il y avait un enfant à la peau noire qui glissait, suivi par une fille blonde et un garçon aux cheveux frisés. Dans la structure de jeux, deux garçons, l'un aux yeux bleus, l'autre à la peau mate, jouent ensemble. Plus loin, marchant sur le chemin du parc, il y a deux adolescents qui discutent. Ils ont des cheveux noirs mais l'un a les yeux bleus quand l'autre a les yeux verts. Ils sont peut-être frères, ils n'ont pas l'air d'avoir le même âge.
Je me sens rassurée. C'est ma meute qui est là. C'est agréable de se sentir entouré, de savoir qu'on était tous liés depuis longtemps, qu'on a grandi ensemble.
Mais ce n'est pas possible. Parce que quand j'avais cinq ans, je ne connaissais pas tout le monde. Je ne connaissais pas mon alpha. Ni le reste de la meute. Il n'y avait que mon meilleur ami à cette époque. C'était juste nous deux.
Ce qui veut dire que ce que j'imagine n'est pas réel. Je me force à éliminer tout ce qui ne colle pas au souvenir que j'ai vécu. Les autres disparaissent les uns après les autres. Même les mamans. Même mon meilleur ami.
Je me retrouve seul. Dans le noir froid de ma cellule.
Et j'ai peur.
# #
Danny savait qu'Isaac traînait dans le coin pour le surveiller. Il l'avait vu se glisser derrière un des massifs de fleurs de la maison en face de la sienne quand il était allé sortir les poubelles. Le gardien de l'équipe de crosse savait que c'était Derek qui avait demandé au loup garou de veiller sur lui, mais ça l'énervait de savoir que son ex tournait autour de sa maison. Ils ne se parlaient plus que lorsqu'ils étaient forcés de le faire alors savoir que le garçon aux cheveux frisés épiait ses moindres faits et gestes ne lui plaisait pas.
Pourtant, alors qu'il mourrait d'envie de sortir dire à Isaac de fiche le camp, Danny prenait sur lui et faisait comme s'il ne voyait rien. Il tâchait de se concentrer sur son ordinateur et sur le devoir d'économie qu'il devait rendre pour le lendemain. Evidemment, il n'arrêtait pas de se déconcentrer, se retournant fréquemment pour regarder à sa fenêtre si le loup garou n'était pas en train de l'observer, ce qui faisait que malgré l'heure avancée de la soirée, il était loin d'avoir fini.
Alors qu'il cherchait des informations sur internet pour répondre à l'une des questions de son devoir, un de ses logiciels s'ouvrit tout seul et en même temps qu'une page s'affichait sur son écran, un son strident retentit. Le cœur de Danny s'accéléra brusquement, autant à cause de la surprise causée par l'ouverture impromptue de son logiciel que parce qu'il savait ce que cela signifiait et que ça l'inquiétait. Une voix ne tarda pas à s'élever dans la pièce.
A la demande de Derek, il avait placé le téléphone de tous les membres de la meute sur écoute deux jours plus tôt. Dès qu'un numéro qui n'était pas dans la mémoire des portables de ses amis appelait, la conversation était aussitôt balancée en parallèle sur l'ordinateur de Danny. C'est pourquoi le garçon entendit toute la conversation que Stiles eut avec le père de Joackim, même si l'adolescent n'avait pas reconnu celui qui parlait avec le fils du shérif.
L'ennemi avait à peine raccroché que le gardien de l'équipe de crosse saisissait déjà son propre téléphone et commençait à rédiger un texto à Derek. Trois coups retentirent contre sa fenêtre et l'adolescent sursauta brusquement. Il se retourna pour découvrir le visage d'Isaac contre sa vitre.
Après avoir hésité un instant et en bougonnant, Danny lui ouvrit. Son ex se glissa souplement dans la pièce, un air inquiet sur le visage.
— J'ai tout entendu, avoua-t-il. Il faut prévenir Derek.
— Sans blague, railla le gardien de l'équipe de crosse. Qu'est-ce que tu crois que je suis en train de faire ? J'espère que tu n'as rien dit, toi !
— Euh … Non, fit Isaac. Mais pourquoi est-ce que toi tu aurais le droit de prévenir Derek et pas moi ?
— Parce que nos téléphones sont très probablement surveillés et qu'il ne faut pas qu'ils sachent que nous sommes au courant.
— Ils ?
Danny roula des yeux tout en recommençant à écrire.
— Oui, ceux qui veulent tuer Stiles.
— Et tu vas faire comment pour prévenir Derek ?
Le gardien de l'équipe de crosse inspira profondément d'un air exaspéré avant de répondre :
— Derek se doutait que des gens viendraient s'en prendre bientôt à Stiles ou à l'un des membres de la meute. Il m'a chargé de tous vous mettre sous écoute, parce qu'il était presque sûr qu'une attaque serait précédée d'un appel ou d'un signe de ce genre.
— Comment il pouvait savoir ça ? s'étonna Isaac.
— A cause du corbeau de l'année dernière, qui s'est amusé à jouer avec nos nerfs pour nous diviser.
— Mais le corbeau, c'était Keyra, rappela le loup garou. Et elle est morte maintenant.
— Ses plus fidèles serviteurs ne le sont pas, répliqua Danny. Ils veulent la venger.
— Les Nettoyeurs n'ont pas dû apprécier non plus de perdre l'été dernier. Comment Derek pouvait-il savoir qu'il y aurait un appel avant le kidnapping et que les Nettoyeurs ne se contenteraient pas de venir nous botter le derrière ? insista son ex.
Le gardien de l'équipe de crosse soupira bruyamment.
— Il n'était sûr de rien. Mais le fait est qu'il avait raison puisque quelqu'un a appelé Stiles. Est-ce que tu as fini avec tes questions ? J'aimerais pouvoir prévenir Derek maintenant.
— Tu comptes t'y prendre comment, si tu es sur écoute ? ne put s'empêcher de demander Isaac.
— On a mis au point un code, évidemment, s'agaça Danny. Si j'entendais une conversation suspecte, je devais lui envoyer un texto commençant par « Je ne pourrais pas venir au manoir demain. » Ensuite, selon la personne concernée par la conversation, la fin différait. Par exemple, pour Stiles, dès que tu me laisseras taper mon texto, je vais mettre « J'ai une heure de colle ».
Le loup garou hocha la tête et resta silencieux quelques secondes, le temps que le gardien de l'équipe de crosse écrive son message, avant de demander :
— Et pour moi, c'était quelle phrase ?
— « Mon ex veut me parler ».
— Oh … souffla Isaac. Et j'étais le seul à ne pas être au courant de vos petits codes ?
— Non. Derek ne voulait pas que quelqu'un d'autre soit au courant, pour éviter les fuites. Non pas qu'il ne vous fasse pas confiance. Mais plus il en parlait, plus il y avait de risques que les Nettoyeurs soient au courant de notre code.
Le loup garou hocha la tête, l'air sceptique.
— Et on fait quoi, maintenant ?
— On attend.
— On attend quoi ?
Danny haussa les épaules.
— Je ne sais pas. Je suppose qu'on attend les ordres de Derek. On n'est pas censé être au courant du kidnapping de Stiles et la menace était précise : la meute ne doit pas être au courant. Alors, on doit rester ici.
— Donc on va réellement attendre sans rien faire ? s'étonna Isaac.
Danny ne répondit rien et se réinstalla à son bureau pour pouvoir travailler sur son devoir. Ou tout du moins, faire semblant. Il n'arrêtait pas de repenser à la conversation entre Stiles et l'inconnu qu'il avait entendue et s'inquiétait. Tout commençait à se précipiter. Et il avait ordre de ne rien faire. Derek avait bien insisté là-dessus lorsqu'il lui avait confié cette mission. Le gardien de l'équipe de crosse ne devait en aucun cas sortir de chez lui.
— Et si c'était toi qui t'étais fait kidnapper ? lança Isaac qui s'était laissé tomber sur le lit de Danny.
Le garçon à la peau mate haussa les épaules.
— J'aurais envoyé un texto après avoir reçu l'appel avec la phrase correspondant à mon nom.
— Mais, et si tu n'avais pas reçu d'appel ? Ou si tu avais eu interdiction de joindre quelqu'un de la meute, comme l'homme au téléphone a dit à Stiles ?
Danny grimaça, prenant conscience de la faille dans le plan de Derek. Il grommela :
— J'aurais été dans la merde …
# #
Derek courait comme il n'avait jamais couru avant, le paysage nocturne défilant à toute vitesse devant ses yeux aux pupilles écarlates. Il avait plus d'une fois dû se surpasser, que ce soit pour aller marquer le panier de la victoire, pour battre Peter à la course ou pour échapper à des chasseurs. Mais ce soir, l'alpha ne courait pas pour lui. Il courait pour sauver Stiles.
Dès qu'il avait reçu le texto de Danny, il s'était élancé hors du manoir pour traverser la forêt. Le loup garou n'avait aucun plan. Il savait juste qu'il devait empêcher l'adolescent de se faire enlever. Et si pour cela il fallait qu'il griffe, qu'il morde, qu'il déchiquète, qu'il tue, il le ferait. Parce que personne n'avait le droit de faire du mal à son copain.
Derek n'avait pas entendu la conversation téléphonique. Il ne savait pas où Stiles allait se faire enlever. L'alpha ne savait pas si l'adolescent devait attendre chez lui ou rejoindre le lycée, le parc, n'importe quel point de la ville. Mais le loup garou connaissait l'odeur du garçon. Il la connaissait par cœur, beaucoup mieux que celle des autres membres de sa meute, presque mieux que la sienne.
Alors il se fiait à son odorat pour retrouver la trace de Stiles. Et en même temps qu'il courait et reniflait l'air, le vent lui apportait les informations dont il avait besoin pour clarifier la situation. Mû par l'adrénaline, son cerveau effaçait tout ce qui n'était pas important pour l'aider, se focalisant sur Stiles et sur ceux qui lui voulaient du mal.
Quatre ou cinq personnes. L'odeur de poudre des armes à feu mêlée à celle âcre et répulsive de l'aconit. Mais pas assez répulsive pour arrêter Derek dans sa course. L'alpha espéra qu'il n'y ait pas de barrière de sorbier sur son chemin parce qu'en heurter une à la vitesse à laquelle il courait pourrait le tuer.
Mais il n'y avait pas de sorbier et le loup garou arriva rapidement au niveau de la sortie nord de Beacon Hills. Il s'arrêta sous le couvert des arbres, à une distance raisonnable lui permettant de voir sans être vu. Grâce aux informations olfactives qu'il avait, le jeune homme avait pu déterminer la présence des Nettoyeurs.
Il y avait une femme aux cheveux blonds à deux cent mètres sur sa droite, accroupie dans l'herbe, l'œil collé à la lunette de son fusil. Elle ne s'était pas rendu compte de sa présence et restait focalisée sur sa cible, qui était en réalité Stiles. Le garçon parlait avec un homme et leur conversation parvenait aux oreilles de Derek, même s'il n'y faisait pas vraiment attention.
Et enfin, il y avait un homme derrière le volant d'un van, garé à cinquante mètres de Stiles et du Nettoyeur. L'alpha ne pouvait pas le voir mais à travers l'odeur d'essence et de métal, il parvenait à discerner la présence d'un des ravisseurs de son copain.
Non. Il n'y aurait pas de ravisseurs. Le loup garou ne laisserait personne s'en prendre à Stiles. Ni ce soir, ni jamais.
Où était la cinquième personne qu'il avait cru discerner un peu plus tôt ? Il ne la voyait pas et ne la … Les yeux de Derek s'écarquillèrent lorsqu'il localisa enfin la dernière odeur qu'il avait capté.
— Oh non. Pas ça … supplia-t-il intérieurement.
Il n'était plus temps de trouver un plan. Il fallait agir. Et vite.
L'alpha inspira profondément avant de s'élancer vers l'adolescent et le Nettoyeur. Un point rouge brillait sur le torse du fils du shérif et le loup garou accéléra. La Nettoyeuse ne l'avait pas vu et lorsqu'elle se rendrait enfin compte de sa présence, il serait trop tard. Et avec un peu de chance, le lycanthrope agirait assez vite pour que …
Derek se jeta sur Stiles pour le plaquer à terre au moment même où une détonation déchirait le calme de la nuit. L'alpha passa sa main derrière le crâne de l'adolescent pour amortir le choc avec le sol. Le corps du garçon avait à peine touché terre que déjà, le loup garou se relevait.
— Cours ! souffla-t-il avant de se retourner, griffes sorties.
Stiles ne se le fit pas dire deux fois. Alors que d'ordinaire, en situation de stress, il avait du mal à bouger et à réfléchir, l'adolescent se remit précipitamment debout et courut loin de ses ennemis. Il ne savait pas s'il était suivi, ni où il allait, mais il courait.
Parce que Derek lui avait donné un ordre. Pas un ordre banal. Non, c'était l'ordre d'un alpha sur un bêta. D'un loup enragé prêt à défendre sa meute. D'un homme amoureux qui veut mettre en sécurité celui qu'il aime.
Alors, Stiles courut pour se mettre à l'abri. A bout de souffle, il finit par se laisser tomber dans une ruelle sombre, se glissant derrière une poubelle, tentant de calmer les battements frénétiques de son cœur et de ne pas vomir suite à l'effort qu'il venait de faire.
L'oreille tendue, il attendit plusieurs minutes, se demandant comment Derek avait fait pour savoir que les sbires de Keyra en voulaient à sa vie, comment il avait pu le retrouver et surtout, souhaitant qu'il ne lui soit rien arrivé.
Une ombre passa soudain au-dessus de Stiles et il se raidit en voyant une silhouette sauter du toit pour atterrir devant lui. L'adolescent se sentit soulagé en reconnaissant le visage de Derek. Alors qu'il se glissait près de lui, le garçon réalisa que l'alpha était blessé. Du sang coulait le long de son bras mais le loup garou ne semblait pas s'en formaliser. Il regardait autour de lui d'un air inquiet et Stiles n'obtint son attention qu'une fois après lui avoir attrapé la main pour la serrer contre la sienne.
— Ca va ? s'inquiéta l'adolescent. Tu es blessé, que s'est-il passé ?
Derek posa un regard anxieux sur le garçon mais au lieu de lui répondre, il lui posa une question qui glaça d'effroi le fils du shérif :
— Où est Scott ?
