Une jeune femme aux cheveux blonds qui tombaient en boucles épaisses sur ses épaules s'avança d'un pas rapide sur le parking du laboratoire de James. Elle était vêtue d'une jupe noire qui lui arrivait aux genoux, d'un chemisier blanc très décolleté qui laissait entrevoir la naissance de sa poitrine et des lunettes de soleil mangeaient la moitié de son visage. On voyait pourtant la grimace d'agacement qui tordait sa bouche et ses talons claquèrent sèchement sur le carrelage qui recouvrait le sol du bâtiment lorsqu'elle pénétra à l'intérieur.

Un homme en blouse blanche et à la mine peu avenante qui pianotait sur une tablette tactile releva la tête quand il la vit avancer. Il plissa les yeux et l'interpella.

— Hé ! Qu'est-ce que vous faîtes là ?

La jeune femme fit les gros yeux et s'approcha de lui. Elle claqua le dossier qu'elle portait sur le bras de l'homme et lui cracha dessus :

— Je viens voir James pour régler une affaire urgente. Mais si vous pensez qu'il faut que je vous montre ma carte d'identité et que vous pouvez me faire perdre mon temps et celui de votre patron en contrôlant qui je suis, je vous en prie, allez-y !

Sans écouter les protestations de l'homme en blouse qui marmonnait ne faire que son travail, la jeune femme s'éloigna, se dirigeant d'un pas assuré dans le laboratoire. Elle traversa plusieurs couloirs de son pas décidé avant de pousser une porte, sans demander d'autorisation préalable pour entrer dans la pièce qui se trouvait derrière.

Il n'y avait qu'un homme chauve, habillé avec un T-shirt noir et un jean, assis devant plusieurs téléviseurs qui retransmettaient les images filmées par les caméras disséminées dans le laboratoire. Lorsqu'il se retourna, la jeune femme était déjà sur lui. Elle lui plaqua une main contre le visage et murmura :

— Vous dormez. Vous avez bien mérité une petite sieste après toutes ces heures à surveillez les écrans.

La tête de l'homme bascula sur sa poitrine et la jeune femme laissa tomber son dossier sur le bureau pour se précipiter sur le clavier situé en face des téléviseurs. Elle pianota dessus quelques instants, ouvrit une fenêtre sur un des écrans, appuya sur la touche entrée et porta la main à son oreille.

— Je vous ai connecté aux caméras. Pouvez-vous me confirmer que vous avez vue sur le laboratoire ?

Une voix résonna contre son tympan, affirmant qu'ils avaient bien accès aux images relayées par les caméras du bâtiment. La jeune femme reprit son dossier et se retourna pour reposer sa main sur le visage de l'homme chargé de la surveillance du bâtiment.

— Vous allez reprendre votre surveillance. Mais vous ne verrez aucune des personnes qui passeront sur vos écrans. Les couloirs vous sembleront toujours vides et vous ne préviendrez personne d'une présence insolite dans le bâtiment. Vous ne vous rappellerez pas de mon intervention. Vous allez vous réveiller dans trois, deux, un …

L'homme papillonna des cils et s'ébroua avant de regarder de nouveau les écrans. La porte de la pièce se referma derrière lui mais il ne lui jeta pas un regard, tout comme il n'accorda aucune importance à la jeune femme blonde qu'il pouvait voir sur un de ses écrans et qui s'éloignait à présent vers la sortie du laboratoire.

# #

Cinq jours. C'était ce qu'il avait fallu à Louane pour monter un plan d'attaque. Danny et Matt avait réussi à localiser le laboratoire en moins d'une heure et si cela leur avait pris plus de temps, ils avaient également réussi à trouver les plans qui avaient servis à construire le bâtiment, qui à l'origine, était censé être un dispensaire avant que le projet ne soit subitement abandonné pour des raisons plutôt vagues.

La meute aurait voulu agir rapidement mais Louane n'avait pas cédé face à leur impatience. La jeune fille avait argué qu'ils ne pouvaient pas se fier à des plans vieux de cinquante ans et que James avait certainement fait des modifications sur le bâtiment. Lorsque Derek avait demandé ce qu'il ferait, l'adolescente avait grimacé et avait annoncé qu'elle comptait prendre contact avec les Protecteurs pour qu'ils leur offrent leur aide.

Cette proposition avait soulevé de vives protestations au sein de la meute, qui refusait de demander de l'aide à ceux qui ne leur avaient apporté aucun soutien au cours des dernières semaines. D'une petite voix faible, Louane avait argué que c'était la meilleure chose à faire et Peter avait fini par la soutenir, insistant jusqu'à ce que toute la meute accepte.

La jeune fille avait donc appelé son ancien père adoptif pour le mettre au courant des récents événements : l'enlèvement de Scott, l'aide apportée par Joackim, la faille dans son plan et son kidnapping. Sans lui laisser l'occasion de se moquer, l'adolescente lui avait réclamé son aide pour sortir les deux garçons du laboratoire. Elle avait insisté sur le poison que James avait mis au point et sur l'importance d'une collaboration entre la meute et les Protecteurs pour que cette mission se finisse bien.

M. Barette était resté un instant silencieux avant de lui demander ce dont elle avait besoin. Louane avait retenu un soupir de soulagement et avait dressé la liste de tout ce qu'il lui fallait pour que son plan fonctionne.

C'est ainsi que Joy avait rejoint la meute. C'était une grande blonde élancée, avec un visage fermé et un air pincé. Elle était plus habituée à donner des ordres qu'à en recevoir, mais elle avait écouté attentivement Louane lorsque celle-ci lui avait expliqué en quoi consistait son rôle. Joy avait ensuite discuté des détails du plan de l'adolescente, pour s'assurer que tout était prévu de façon à ce qu'il y ait une solution à chaque problème potentiel qui pourrait se présenter.

Le jour venu, elle avait pénétré dans le laboratoire sous prétexte de devoir régler un problème avec James, usant de son autorité naturelle pour passer outre un contrôle d'identité, avant de s'engager dans le bâtiment, suivant un itinéraire soigneusement étudié au préalable. Alors qu'elle n'y avait jamais mis les pieds, Joy s'était déplacée dans le laboratoire comme si elle y avait vécu toute sa vie. Louane et elle avaient défini l'endroit où se situait la loge de surveillance du laboratoire grâce aux images filmées par Joackim et aux plans que Matt et Danny avaient réussi à trouver.

Les deux filles n'avaient aucune certitude que la pièce qu'elles avaient désignée étaient bien celle qu'elles cherchaient et en avaient sélectionné deux autres, juste au cas où. Joy n'avait pu s'empêcher de se sentir soulagée lorsqu'elle était entrée dans la loge de surveillance. La jeune femme n'aimait pas trop l'idée de devoir déambuler sans arme sur le territoire de James. Elle ne connaissait pas le métamorphe mais elle savait qui était Keyra et quelqu'un qui l'avait fréquenté ne pouvait pas être très recommandable.

Joy avait usé de ses capacités d'hypnose pour endormir le gardien et s'était penché sur le clavier pour permettre à Danny et Matt de pirater le système de surveillance du laboratoire. Les deux garçons avaient désormais accès aux images relayées par chacune des caméras du bâtiment, ce qui leur permettrait de pouvoir guider la meute et de repérer les ennemis qui viendraient à leur rencontre.

Cela expliquait que le photographe et le gardien de l'équipe de crosse soient restés au manoir, tout comme Lydia. La rousse aurait aimé être là pour sortir Scott du laboratoire, mais il avait été décidé qu'elle serait plus utile au manoir, pour observer ce que les caméras filmaient. La jeune fille n'avait pas insisté. Elle ne voulait pas être laissée derrière mais elle ne se sentait pas capable d'affronter leurs ennemis.

Elle se satisfaisait donc de ce rôle. D'autant plus qu'une paire d'yeux supplémentaire ne serait pas de trop et qu'il fallait aussi quelqu'un pour veiller sur Allison, dont l'état de déprime ne permettait pas d'aller sur le terrain. La chasseuse n'avait même pas demandé à accompagner le reste de la meute et personne n'avait évoqué cette idée. Par contre, un soutien inattendu s'était présenté pour prêter main forte à la meute. Il y avait donc cinq personnes dans le salon de Derek, pour aiguiller ceux qui étaient partis sur le terrain.

La partie pouvait commencer.

# #

Joy sortit du laboratoire, vérifia qu'il n'y avait personne dehors et se glissa contre un mur pour rejoindre Louane et la meute de Derek, tapis à l'arrière du bâtiment. La jeune femme enleva ses talons hauts pour passer un pantalon souple et moulant sous sa jupe.

— Regardez ailleurs, grommela-t-elle alors qu'elle déboutonnait son chemisier dans le but d'enfiler un T-shirt plus adapté à la suite des événements.

Louane attira l'attention des loups garous et de Stiles sur la tablette tactile qu'elle avait entre les mains. L'objet leur permettait à eux aussi d'avoir accès aux images que les caméras prenaient de l'intérieur du laboratoire.

— La voie est libre. Tout le monde se rappelle bien de ce qu'il doit faire ?

Tout le monde hocha la tête et la jeune fille lança un regard en biais vers Stiles. Elle n'avait au départ pas prévu d'inclure le garçon à son plan, estimant que ça ne servait à rien de l'emmener pile à l'endroit où ses ennemis voulaient le conduire. Mais l'adolescent avait refusé de rester au manoir. Il se fichait pas mal d'être un humain ni d'être la cible de James. Tout ce qu'il voulait, c'était sortir Scott de cet endroit. Et aussi Joackim, s'ils en avaient l'occasion.

Stiles fixa donc sans ciller Louane jusqu'à ce qu'elle détourne les yeux.

— Ok, alors, allons-y. On reste en contact. Bonne chance tout le monde.

Joy avait fourni à chaque membre de l'opération un micro semblable à celui que Joackim avait utilisé lorsqu'il avait infiltré le laboratoire et une oreillette, afin qu'ils puissent rester en contact même s'ils étaient séparés. De même, les cinq personnes restées au manoir pouvaient communiquer avec eux pour leur indiquer où aller grâce aux caméras.

Derek prit une profonde inspiration et posa la main sur la poignée de la porte rouillée dont ils avaient fait sauter le cadenas quelques minutes plus tôt.

— Pour Scott. Et Joackim.

# #

Joackim cligna des yeux en se réveillant. Sa tête lui faisait un mal de chien, ses muscles le picotaient et il se sentait barbouillé. Des sensations qui lui étaient désormais familières depuis quelques jours. Pas tout à fait une semaine, mais presque. Il était un peu perdu dans ses repères pour mesurer le temps qui passait.

La première chose qui le frappa, ce fut de se réveiller dans la même salle que celle dans laquelle il s'était évanoui plus tôt. Normalement, lorsqu'il émergeait de l'inconscience, l'adolescent était de retour dans sa cellule. Le second fait qui le surprenait, c'était de ne pas être attaché. Il était toujours sur le carrelage froid de la pièce et il se redressa lentement, en grimaçant.

Une fois assis, Joackim attendit que sa tête arrête de lui tourner pour jeter un regard autour de lui. C'est comme ça qu'il se rendit compte qu'installé sur un tabouret, l'homme à la peau noire qu'il avait déjà croisé deux autres fois le fixait, les bras croisés. Le métamorphe fronça les sourcils avant de grimacer :

— Deaton, c'est ça ?

L'homme hocha une fois la tête.

— Et tu es Joackim, n'es ?t-ce pas

— Vous faîtes quoi ici ? s'étonna l'adolescent sans prendre la peine de confirmer son identité.

— La même chose que vous.

Le Protecteur fit la moue.

— Vous voulez dire que vous êtes venu faire une petite cure thermale pendant vos vacances ou que vous vous êtes fait attraper par des gens qui ne vous veulent pas que du bien ?

Le vétérinaire baissa les yeux vers le sol avant de remonter la manche droite de son T-shirt pour dévoiler une longue blessure qui lui courait sur tout l'avant-bras et qui ne semblait pas en très bonne voie de guérison.

— Je vous montrerai bien l'état de mon dos ou de mon pied gauche, mais je pense que vous avez compris que ce n'est pas genre de soins qu'on reçoit dans une cure thermale.

Joackim retint une pique et soupira :

— Et pourquoi on vous a enlevé, vous ?

— Ils avaient besoin de l'avis d'un expert, répondit Deaton. Ils voulaient connaître mon avis quant aux dosages de leur produit, sur les limites du corps humain et sur celles d'un loup garou.

— Et je suppose que vous n'avez pas coopéré ? fit le métamorphe en désignant son bras du menton.

Le vétérinaire haussa les épaules.

— Au début, je refusais. Mais après, ils ont trouvé le moyen de me convaincre que pour mon bien, il vaudrait mieux les conseiller.

Joackim leva les yeux au ciel avant de le regretter, son mal de tête ne l'ayant toujours pas quitté.

— Et en fait, là, qu'est-ce qui nous empêche de nous échapper à toutes jambes d'ici ? Je veux dire, vous ne devez pas avoir envie de rester enfermé ici toute votre vie, et moi non plus, donc fuyons ensemble.

— Il y a une caméra, annonça Deaton en montrant du doigt un objet plat et noir coincé dans un coin de la pièce. Et je suis sensé vous surveiller. Ils pensaient que la dose qu'ils vous avaient injecté vous ferait dormir plus longtemps, c'est pour ça qu'ils ne sont pas encore revenus.

— Je vois … grommela le métamorphe.

Il n'eut pas le temps de poser plus de questions. La porte de la salle s'ouvrit et ses yeux s'écarquillèrent lorsqu'il reconnut la personne qui venait d'apparaître sur le seuil.

— Joy ?

# #

Boyd était penché sur un des ordinateurs de Danny, vérifiant les images d'une partie des caméras du laboratoire dans lequel étaient enfermés Scott et Joackim. Ils s'étaient réparti la surveillance du bâtiment. Le garçon regardait ce qu'il se passait à l'entrée tandis que Lydia observait les images de l'arrière du laboratoire. Matt suivait le trajet du groupe de Derek et Danny celui de Peter.

Boyd n'avait pas vraiment eu le temps de témoigner son affection à la meute. Ceux qui étaient désormais dans le laboratoire n'étaient déjà plus au manoir quand l'adolescent y était arrivé et il avait dû commencer sa surveillance dès qu'il était entré dans le salon. Mais en tout cas, s'il était là aujourd'hui, c'était bien pour soutenir son ancienne meute.

Peu importe les kilomètres qu'il avait fait pour revenir à Beacon Hills et peu importe qu'il eut voulu être dans le laboratoire pour sauver Scott, lui aussi. Louane lui avait dit de rester au manoir pour défendre les quatre humains qui y restaient et il s'en tiendrait à ses ordres.

Le garçon avait été assez secoué quand il avait appris que Scott s'était fait attraper par leurs ennemis et qu'il avait passé un mois entre leurs mains – en supposant qu'il était toujours en vie et qu'il n'avait pas été tué au bout de quelques jours de détention. Boyd espérait de tout son cœur que tout se passerait bien, qu'il n'y aurait aucun blessé dans cette opération de sauvetage périlleuse et qu'ils reviendraient tous en vie.

Il ne savait pas encore que son vœu ne se réaliserait pas.

# #

La meute s'était séparée en deux groupes. D'un côté, Louane était partie avec Derek, Stiles et Jackson. De l'autre, Joy s'était éloignée dans un couloir avec Peter, Erica et Isaac. Ils s'étaient dispatchés de façon à ce qu'il y ait au moins un Protecteur et deux loups garous par équipe. L'alpha n'avait rien dit parce qu'il n'avait pas eu envie de créer une polémique, mais il trouvait son groupe bien désavantagé, entre Stiles qui était humain et Louane qui n'était pas vraiment apte à mener ce genre de mission.

Mais malgré la lueur de peur qui scintillait dans les yeux de l'adolescente, elle n'avait pas hésité lorsqu'il avait fallu entrer dans le laboratoire. Et pour ça, Derek la respectait. Elle aurait pu se cacher, refuser de leur apporter son aide, mais la jeune fille se battait pour libérer Scott et cette ténacité le touchait d'autant plus qu'il connaissait le caractère plutôt effacé de Louane. Il faudrait qu'il songe à la remercier lorsqu'ils seraient tous sains et saufs.

L'alpha se concentra sur son odorat. L'équipe restée au manoir n'avait pas encore réussi à localiser Scott mais ni Jackson, ni Derek n'avaient besoin d'images pour savoir où était leur ami. Bien que ténue, l'odeur du loup garou était présente dans l'air du laboratoire, même si elle semblait un peu changée que celle à laquelle ils étaient habitués.

Le lycanthrope le plus âgé prit donc la tête de leur équipe, suivi par Stiles, puis Louane. Jackson fermait la marche. Ils avançaient tous les quatre rapidement, tout en restant silencieux. Derek et son bêta tendaient l'oreille, guettant si des bruits de pas ou des battements de cœur ne se faisaient pas entendre. Louane avançait tout en consultant les plans du laboratoire et les images prises par les caméras sur sa tablette tactile. Quant à Stiles, il avait les lèvres serrées et le regard déterminé.

L'équipe finit par entrer dans un long couloir éclairé par une ampoule dont la lumière était faiblarde. De nombreuses portes se dessinaient sur chacun des murs et le sol était gris et sale. Mais l'odeur de Scott, même si elle était mêlée à celle de la poussière et celle plus âcre de l'urine, se faisait de plus en plus distincte au fur et à mesure qu'ils avançaient et Derek finit par s'arrêter devant une porte située presque tout au bout du couloir, le cœur battant.

— Il est là, annonça-t-il d'une voix basse.

L'alpha appuya sur la poignée, s'attendant à ce que la porte soit fermée à clé, mais elle pivota sur ses gonds sans opposer de résistance. Le loup garou entra avec précaution dans la cellule, inondant la pièce de lumière. Il n'eut pas de mal à trouver Scott dans le petit local. L'adolescent était étendu à même le sol, recroquevillé sur lui, la peau diaphane, plus maigre que jamais, ses vêtements sales ne recouvrant pas entièrement toutes les blessures qui zébraient son corps.

— Scott … murmura Stiles d'une voix nouée.

L'adolescent venait d'entrer dans la cellule et regardait son meilleur ami sans pour autant le reconnaître. Ce n'était pas son frère de cœur qui était là. Ce ne pouvait pas être lui, cet être sale et blessé. Où était passé le Scott enjoué, naïf et innocent ? Où était son sourire un peu idiot ou son regard perdu quand une situation le dépassait ? Qu'est-ce que les Nettoyeurs lui avaient fait ? Et surtout, pourquoi l'avaient-ils fait ?

Derek s'accroupit pour poser une main sur l'épaule de Scott sans pour autant oser le secouer pour le réveiller. L'alpha avait peur de le casser s'il le brusquait trop.

— Il respire encore ? demanda Stiles d'un ton angoissé.

Le loup garou hocha la tête.

— Son cœur bat faiblement et il ne respire pas très fort, mais il est vivant.

Son amoureux manqua tomber au sol tant il se sentit soulagé en apprenant qu'ils n'avaient pas fait tout ça pour rien. Son frère de cœur était peut-être blessé, il ne ressemblait peut être plus à l'adolescent qu'il avait connu, mais au moins, il était toujours en vie. Le garçon ne put retenir une larme qui coula sur sa joue alors que Derek passait une main sous la tête de Scott pour le redresser un peu. L'alpha observa son bêta en silence, fronçant les sourcils.

— Par contre … commença le loup garou d'une vois hésitante, sentant que quelque chose avait changé chez l'adolescent bien qu'il n'arrive pas à savoir quoi.

Il n'eut cependant pas l'occasion de développer sa pensée, ni de terminer sa phrase. Deux coups de feu retentirent, déchirant le silence, et Jackson hurla de douleur.

— On s'est fait repérer ! glapit inutilement Louane en se tassant derrière la porte de la cellule pour s'en servir comme rempart contre les tirs.

Derek avait déjà passé Scott par-dessus son épaule. L'alpha attrapa la main de Stiles et l'entraîna à sa suite, prenant soin de partir dans la direction opposée à celle où se situait la personne qui leur tirait dessus.

— Vite, vite, vite, il faut sortir d'ici, couina Louane, faisant une nouvelle fois un commentaire qui ne servait à rien, alors qu'une balle sifflait près de son oreille.

Personne ne lui répondit et ils s'enfuirent à toutes jambes dans le laboratoire, Jackson pressant de la main gauche la blessure qui saignait au niveau de son épaule droite. Un coup de feu retentit de nouveau derrière eux et ils se jetèrent dans une salle, Stiles et Louane poussant un bureau pour barricader l'accès à la pièce.

— On est où ? s'enquit Derek d'un ton pressant.

La jeune fille fit une grimace désolée et montra la tablette dont l'écran présentait un large impact.

— Je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé, elle ne s'est pas pris une balle, parce qu'il y aurait un trou, mais je …

— On s'en fiche de comment s'est arrivé, grogna Jackson, dont l'épaule commençait à cicatriser. Comment on va faire pour sortir ?

Les quatre membres de l'équipe échangèrent des regards angoissés. La porte de la salle trembla, comme si quelqu'un venait de se précipiter contre elle.

— Je ne sais pas, fit Derek d'une voix blanche. Mais on ne peut pas rester ici.