— On est en train de mourir.
Stiles était abasourdi. Il frissonna et secoua la tête.
— Non, ce n'est pas possible !
Scott fit une moue embarrassée et son meilleur ami recula d'un pas.
— On ne peut pas être en train de mourir et papoter tranquillement sur le parking de l'hôpital, protesta-t-il.
Le loup garou baissa les yeux au sol et le fils du shérif fronça le nez.
— Et où sont les autres ?
— Je ne sais pas trop. Je me suis réveillé dans la voiture juste quelques instants avant toi. Vous étiez déjà là tous les deux. Il n'y avait personne d'autre. Je pense que c'est parce qu'on est les seuls à mourir …
Stiles secoua la tête.
— C'est impossible. Je ne veux pas y croire.
Scott haussa les épaules.
— On a rayé le mot « impossible » de notre vocabulaire depuis que je suis devenu un loup garou.
Une lueur de désespoir s'alluma dans les pupilles de son meilleur ami et le lycanthrope lui tendit la main.
— On peut aller voir à l'intérieur de l'hôpital ce qu'il s'y passe, proposa-t-il. C'est le meilleur endroit pour obtenir des réponses.
— Aller à l'intérieur ? répéta le fils du shérif.
Scott grimaça.
— Oui. Si on est des fantômes, personne ne nous verra.
— Et c'est sensé me rassurer ? grinça Stiles. Parce que si c'est le cas, ça me fait plus flipper qu'autre chose !
Un sourire étira les lèvres du loup garou.
— Tu m'as manqué, vieux.
Cette simple phrase rassura l'adolescent au visage constellé de grains de beauté. Il glissa ses doigts entre ceux de son meilleur ami. Scott lui fit un clin d'œil avant de resserrer son autre main sur l'épaule de Louane. La jeune fille ne pleurait plus, mais elle reniflait de temps en temps, les yeux rougis par les larmes qu'elle avait précédemment versées. Elle tenta de sourire au garçon mais ses yeux restèrent désespérément tristes.
Les trois adolescents s'avancèrent vers le hall d'entrée et entrèrent dans l'hôpital. Il n'y avait personne et un calme pesant régnait dans le bâtiment. Le silence en était même assourdissant. Jamais le lieu n'avait semblait aussi vide. En temps normal, il y avait toujours un infirmier à l'accueil, quelques médecins qui arpentaient les couloirs ou des personnes venues rendre visite à des patients.
Stiles et Scott échangèrent un coup d'œil peu rassuré. Ils avancèrent tout de même dans le hall d'un pas incertain, cherchant du regard quelqu'un pour les renseigner. Alors qu'ils allaient s'engager dans un couloir, Louane posa sa main sur la hanche de Scott et lui désigna du menton une femme sur sa droite. Les deux garçons tournèrent aussitôt la tête et se figèrent de surprise.
Grande, de longs cheveux bruns qui ondulaient dans son dos, un visage rond, de grands yeux dont les pupilles oscillaient entre le bleu et le vert, un sourire doux et réconfortant …
Stiles crut un instant qu'il était face à sa tante et que par conséquent, il avait plongé en enfer. Alors qu'il se demandait ce qu'il avait bien pu faire pour mériter une telle punition et qu'il serrait les poings, la lumière se fit dans son esprit et l'émotion lui noua la gorge. Il réussit pourtant à balbutier un mot qu'il n'avait plus prononcé depuis longtemps :
— Maman ?
Le sourire de Claudia s'élargit encore plus et elle ouvrit les bras. Stiles lâcha la main de Scott et fit deux pas avant de se précipiter pour se jeter contre sa mère. Une foule de souvenirs remonta dans son esprit avec cette étreinte. L'odeur des cookies du mercredi, le goût du chocolat chaud et de la limonade au citron, les chatouilles sur le canapé, les heures passées à travailler sur les devoirs de mathématiques, les dessins animés et les jeux vidéos, le plaid enroulé autour d'eux, les recettes de cuisine réalisées à quatre mains …
Tout cela lui avait tellement manqué. Elle lui avait tellement manqué.
La femme serra son fils contre elle, lui caressant les cheveux et l'embrassant sur le front. Puis, elle le força à reculer pour pouvoir l'observer, avec un sourire attendri et fier.
— Tu as bien grandi, mon chéri, murmura-t-elle en posant sa main sur sa joue.
— Comment ça se fait que tu es là, maman ? demanda l'adolescent, les yeux brillants.
— Je crois que Scott t'a déjà donné une partie de la réponse.
Stiles baissa les yeux avant de les relever vers sa mère.
— C'est parce qu'on est morts ? Tu viens guider nos âmes vers l'au-delà ?
Claudia sourit gentiment à son fils.
— Tu n'es pas encore mort, mon chéri.
L'adolescent fronça les sourcils.
— Mais alors … Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi on est là et où sont les autres ? Est-ce qu'ils vont bien ? Et pourquoi je te vois ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
La femme leva la main pour interrompre le flot de questions qui sortait de la bouche du garçon.
— J'avais presque oublié à quel point tu étais bavard, fit-elle en riant doucement. Tu étais intarissable quand tu étais petit et ça ne s'est pas vraiment arrangé quand tu as grandi.
— Maman … insista Stiles.
Claudia attrapa la main de son fils et se tourna vers Scott et Louane, qui s'étaient eux aussi approchés.
— Venez. Allons trouver un endroit où nous asseoir confortablement pour parler. Nous avons des choses à nous dire …
# #
Lorsque le 4x4 des Protecteurs se gara devant les urgences, une équipe médicale était déjà prête à intervenir. Derek jaillit du véhicule avec Stiles dans les bras, mais l'adolescent lui fut aussitôt retiré et placé sur un brancard. Le loup garou suivit les médecins qui emmenaient le garçon à l'intérieur de l'hôpital, se lançant des ordres, qui concernaient les soins à apporter, que l'alpha ne comprenait pas toujours. La seule chose qui était claire pour lui, c'est qu'on emmenait son amoureux au bloc opératoire.
Alors que les médecins poussaient le brancard de Stiles dans une pièce après avoir traversé un long couloir, l'un d'eux arrêta Derek dans sa course et le regarda avec un air compatissant.
— Nous allons l'emmener au bloc. Vous ne pouvez pas aller plus loin. Nous vous tiendrons au courant de l'avancée de l'opération.
Le médecin ne dit rien de plus et franchit les portes de la pièce sans accorder plus d'importance à l'alpha, qui resta les bras ballants dans le couloir. Il finit par se retourner lentement, avec l'impression que son corps entier était rempli de plomb. Le loup garou eut juste le temps de voir Louane et Scott, chacun sur un brancard et entouré par des médecins, avant qu'ils ne disparaissent à leur tour dans un autre couloir.
Jackson, qui avait suivi les deux blessés, s'arrêta en remarquant Derek et s'approcha de lui.
— Les autres vont bientôt arriver, annonça-t-il. On devrait aller les attendre devant l'hôpital, tu ne crois pas ?
Le loup garou ne répondit rien et le blond l'attrapa par le coude.
— Allez, viens, Derek. Ils sont entre de bonnes mains, ils vont les sauver.
L'alpha fit un pas en avant et Jackson en profita pour l'entraîner avec lui. Cependant, il était bien conscient que ce qu'il avait dit n'était pas totalement vrai. Oui, Scott, Stiles et Louane étaient entre de bonnes mains. Mais rien ne pouvait lui permettre d'affirmer que le personnel de l'hôpital de Beacon Hills pourrait les sauver.
# #
Claudia était assise sur un des sièges d'une salle d'attente de l'hôpital. A côté d'elle, Stiles lui serrait la main, ne la quittant que rarement des yeux, de peur de la voir de nouveau s'envoler. Scott et Louane s'étaient installés en face des deux Stilinski et attendaient que la femme leur en dise un peu plus sur leur situation.
— Je vais essayer de vous apporter des éléments pour comprendre ce qu'il se passe, expliqua Claudia. Mais vous devrez trouver les réponses à vos questions vous-mêmes.
Elle prit un instant pour rassembler ses pensées avant de demander :
— Vous savez où on est, n'est-ce pas ?
Scott hocha la tête et Stiles répondit :
— C'est l'hôpital de Beacon Hills.
— En effet. Et à votre avis, pourquoi vous y êtes ?
— Parce que nous sommes blessés, supposa son fils.
— Et dans un état plutôt grave, renchérit le loup garou.
Claudia acquiesça.
— Est-ce que vous êtes capable de vous souvenir comment vous en êtes arrivés là ?
Scott haussa les épaules.
— Je ne suis pas sûr de moi, mais je pense que j'étais à bout de forces. La dernière chose dont je me rappelle, c'est le noir de la cellule dans laquelle j'étais plongée. Et quand j'ai rouvert les yeux, j'étais sur la banquette arrière d'une voiture, avec Stiles et Louane.
La femme lui adressa un sourire gentil avant de se tourner vers son fils.
— Et toi, mon chéri ?
— Je … Je ne sais pas vraiment, avoua l'adolescent.
— Concentre-toi un peu, l'encouragea sa mère.
Le garçon fit une grimace et plissa les yeux.
— On avait libéré Scott, commença-t-il lentement, mais on s'était fait repéré. On s'enfuyait et … Je ne sais plus, je crois qu'on était dehors mais …
— On t'a tiré dessus, le coupa Louane.
Les regards se tournèrent vers elle et elle baissa le regard. Scott lui serra la main pour l'encourager à poursuivre.
— Je ne sais pas comment tu as fait pour l'oublier parce que moi, je revois très bien la scène, bégaya la jeune fille d'une voix tremblante. On courrait dehors, vers le 4x4 qui devait nous permettre de nous enfuir, et il y avait cet homme qui nous tirait dessus. Les balles sifflaient dans l'air à côté de nous.
L'adolescente renifla.
— Ta main glissait contre la mienne et je n'arrivais plus à respirer. Pourtant, on continuait de courir et on était presque arrivés à la voiture … Et puis, tu es tombé par terre, alors je me suis retournée pour voir ce qui t'arrivait et là, j'ai vu …
Louane montra du doigt le T-shirt ensanglanté de Stiles.
— Tu t'étais pris une balle. Il y avait beaucoup de sang et je … J'ai essayé d'arrêter l'hémorragie, même si on me tirait toujours dessus, mais je ne sais pas si j'étais très utile. Derek a commencé à courir vers nous, je crois qu'il avait donné Scott à Jackson … En tout cas, il venait nous chercher et moi, j'essayais toujours de te garder en vie.
La jeune fille agita ses bras, dévoilant les manches de son pull, elles aussi tâchées par de l'hémoglobine.
— James a fini par sortir du laboratoire. Il avait un fusil et il a tenté de tirer sur Derek. Par réflexe, je me suis levée pour m'interposer et c'est moi qui ai reçu la balle. Après, je ne me souviens que de la douleur et …
Louane fut incapable de continuer et Claudia se leva pour la serrer dans ses bras.
— Ne pleure pas. Je sais que c'est dur mais il y a de l'espoir.
— Je me suis fait tirer dessus en plein torse, sanglota la jeune fille. Comment voulez-vous que je survive ? J'ai combien de chance de n'avoir aucun organe vital de touché ?
La femme se recula et attrapa les mains de l'adolescente.
— Regarde-toi. Tu ne remarques rien ?
Louane secoua la tête. Claudia désigna son fils de la tête.
— Stiles s'est fait tirer dessus. Son T-shirt en est le premier témoin. Et toi ? Dans quel état est ton pull ?
La jeune fille fronça les sourcils et examina ses affaires.
— Il est … Normal …
— Alors, qu'est-ce que ça veut dire ? demanda la femme.
— Que tu ne t'es pas fait tirer dessus, souffla Scott.
— Mais … Si ! s'écria Louane. Si, je m'en souviens bien, James voulait tuer Derek, je me suis relevée et … Pourquoi est-ce que je serais là, sinon ?
Stiles pencha la tête sur le côté en faisant la moue.
— Et si ce n'était pas une balle que tu avais reçue ?
Scott fronça les sourcils et Louane haussa les épaules.
— Qu'est-ce que tu voudrais que ce soit d'autre ? demanda le loup garou.
— Je ne sais pas … admit le fils du shérif. Mais si elle est sûre de s'être fait tirer dessus et qu'il n'y pas de trace de balle …
Les trois adolescents restèrent silencieux un moment, cherchant la réponse à leur question, puis Claudia les aiguilla :
— Qu'est-ce que James a réussi à mettre au point, récemment ?
— Un poison à base d'aconit, annonça Scott. Et je peux vous assurer qu'il est redoutable. Mais quel est le rapport avec Louane ?
— Je suis allergique à l'aconit, déclara la jeune fille d'une voix blanche.
Stiles échangea un regard avec son meilleur ami. En effet, il avait oublié ce détail. Claudia confirma leurs soupçons.
— En effet, tu as été empoisonnée avec de l'aconit. Ton corps a très mal réagi et tu es dans un état critique. Mais tu es ici. Ça veut dire que tu peux t'en sortir.
— Ca fait deux fois que tu dis ça, maman, intervint Stiles. Mais je ne comprends pas vraiment ce que tu sous-entends.
La femme lança un sourire à son fils avant de se relever.
— Il est temps que vous voyiez le reste …
Elle s'éloigna vers un couloir et les trois adolescents s'empressèrent de la suivre. Alors que Claudia tournait à un angle et qu'ils la rejoignaient, ils eurent la surprise de se retrouver, non pas dans un autre couloir, mais devant une salle d'attente de l'hôpital où tous leurs amis étaient rassemblés.
Jackson serrait une Lydia en larmes dans ses bras tandis qu'Erica était blottie contre l'épaule d'Isaac, ses longs cheveux blonds cachant son visage. Matt et Allison étaient assis côte à côte, le teint pâle, le regard perdu dans le vide, l'air totalement abattu. Danny avait croisé les bras sur sa poitrine et ses yeux brillaient de tristesse. Boyd faisait les cents pas entre les chaises, les mains dans le dos.
Mais ce qui était le plus choquant, c'était l'attitude de Derek. L'alpha était effondré dans les bras de son oncle, le visage inondé de larmes, les épaules tremblantes et les épaules secouées par les sanglots. Ni Scott, ni Stiles ne l'avaient jamais vu dans un tel état. Peter semblait dépassé par la situation et il se décomposa encore plus lorsqu'il vit entrer Melissa, talonnée par le shérif.
— Que s'est-il passé ? Vous avez trouvé Scott ? Qu'est-ce qu'il y a ? Pourquoi vous pleurez tous ? s'enquit l'infirmière.
Sa voix était déformée, comme si les trois adolescents se trouvaient sous l'eau. Ils tournèrent la tête vers Claudia qui les observait avec attention.
— Qu'est-ce que ça veut dire, maman ?
— A ton avis, Stiles ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
L'adolescent haussa les épaules.
— Pourquoi tu nous montres ça ? souffla-t-il alors qu'une larme roulait sur son visage. A quoi ça va nous servir ?
— A prendre votre décision, affirma la femme en tendant la main pour essuyer la joue de son fils.
Scott lança un coup d'œil vers son meilleur ami avant de répéter :
— A prendre notre décision ?
Claudia ne rajouta rien et leur fit signe de la suivre. Ils repartirent en chemin inverse mais au lieu du hall de l'hôpital, ils se retrouvèrent au-dessus d'un bloc opératoire. La mère de Stiles leur fit signe de s'approcher de la vitre et les trois adolescents firent un pas en avant. Le fils du shérif sursauta en réalisant que c'était lui qui était sur la table d'opération, avec une équipe médicale qui s'activait autour de lui et des machines qui indiquaient ses signes vitaux – qui n'étaient d'ailleurs pas très encourageants.
Il recula, peu désireux de voir la scène, malgré la curiosité qui le dévorait habituellement. Scott et Louane détournèrent eux aussi le regard autant par pudeur que par déplaisir.
— Maman, si tu pouvais me prévenir, la prochaine fois qu'on regardera mon cadavre, ce serait sympa … grommela Stiles.
— Ce n'est pas encore ton cadavre, mon chéri, le reprit Claudia.
— Maman, arrête avec tes mystères ! la supplia le garçon. Dis nous tout.
La femme lui fit signe de se retourner avec son menton et l'adolescent leva les yeux au ciel avant de regarder derrière lui. Il fronça les sourcils en découvrant que le décor avait changé. Le bloc opératoire avait disparu et avait laissé place à une salle de soins intensifs dans laquelle des médecins et des infirmiers s'agitaient autour de deux lits.
Dans le premier, Scott était réchauffé par des couvertures, ses blessures étaient désinfectées et pansées et une perfusion partait de son coude pour rejoindre trois poches remplies d'un liquide transparent suspendues au-dessus de lui. Dans le second, Louane était branchée à une grosse machine qui faisait du bruit. Un tuyau s'enfonçait dans sa gorge et elle était si pâle qu'elle se confondait presque avec les draps de son lit.
Stiles lança un regard désolé à son meilleur ami.
— J'aurais aimé arriver plus tôt pour te sauver …
— Ne t'en fais pas, murmura le loup garou. Je sais que vous avez fait de votre mieux.
Le garçon se détourna pour serrer Louane contre lui. La jeune fille avait les yeux écarquillés par la peur et menaçait de fondre à nouveau en larmes. Au même instant, une porte s'ouvrit brusquement dans la salle de soins intensifs et une jeune fille se précipita dans la pièce, surprenant tout le monde.
— Louane ! hurla Hana d'un ton strident.
Un infirmier l'attrapa pour l'empêcher d'avancer et la traîna dehors en essayant de lui expliquer qu'elle ne pouvait pas entrer, qu'il fallait qu'elle attende que les premiers soins soient administrés et qu'on la tiendrait au courant de l'évolution de l'état de la patiente. Mais l'adolescente n'écoutait rien, sanglotant et tendant la main vers sa grande soeur, l'air désespéré. Louane ferma les yeux et se blottit davantage contre Scott, qui posa sa joue contre sa tête, bouleversé.
— Qu'est-ce que vous remarquez ? demanda Claudia, brisant le silence qui allait s'installer.
Stiles fronça les sourcils.
— On est vraiment tous mal en point.
— Mais encore ?
L'adolescent haussa les épaules et sa mère insista :
— Observe vos signes vitaux.
Le garçon regarda les écrans qui indiquaient le rythme cardiaque et le taux d'oxygène et fit la moue.
— C'est vraiment pas encourageant.
— Mais on est encore vivant, précisa Scott d'un ton sardonique.
Claudia hocha la tête.
— Oui. Vous êtes dans un état critique mais vous n'êtes pas encore mort.s.
— C'est une sorte de purgatoire ? s'enquit Stiles.
Sa mère haussa les épaules.
— Si tu veux l'appeler comme ça, tu peux. Mais c'est plutôt une sorte de lieu entre le monde des vivants et des morts qu'un endroit où attendre de savoir si on ira au paradis ou en enfer.
— Je ne suis pas sûr de saisir la différence, glissa Scott.
— Tu veux dire que le paradis, l'enfer, les anges, les démons, la vie après la mort, tout ça existe ? s'étonna son meilleur ami.
Claudia pencha la tête sur le côté.
— J'aurais beaucoup de choses à vous apprendre et je pourrais vous parler pendant des heures. Mais nous avons peu de temps. Vous êtes toujours en vie mais nous ne pouvons pas nous permettre de nous attarder sur des détails. Il va falloir que vous preniez une décision très vite.
— Quelle décision ?
La femme regarda son fils l'air perplexe, comme si la réponse lui paraissait évidente.
— Et bien, si vous choisissez de vivre ou de mourir, mon chéri.
Stiles haussa un sourcil.
— La réponse paraît évidente, non ? Il faut qu'on y retourne. Je n'ai pas fini mon devoir de sciences et si je ne le rends pas en temps et en heure, Harris va me mettre une mauvaise note !
Sa boutade tomba à plat. L'adolescent fit une grimace et observa Louane, qui hocha la tête, puis Scott, qui avait les yeux dans le vide. Le loup garou finit par lancer un regard navré à son meilleur ami.
— Désolé mais moi … Je ne veux pas y retourner.
