Matt avançait d'un pas lent dans le couloir de l'hôpital. Il se sentait très fatigué et chaque mouvement lui coûtait, comme si ses membres étaient de plombs. Le photographe s'arrêta pour observer l'intérieur d'une chambre à travers la fenêtre. Scott était allongé dans son lit, le teint pâle, les yeux clos. Ses signes vitaux étaient stables mais faibles et une perfusion partait de son coude jusqu'à plusieurs poches remplies de divers liquides.
Melissa était assise à côté du lit de son fils, lui tenant la main, le fixant avec l'espoir qu'il finirait par se réveiller. Parfois, elle lui caressait doucement la joue ou remettait ses cheveux en place. Peter s'occupait des jumeaux dès qu'il rentrait du lycée pour pouvoir laisser l'infirmière rejoindre Scott.
Matt se sentit profondément triste. Aucune mère ne devrait être privée de son enfant, surtout pas quelqu'un d'aussi gentil et attentionné que Melissa. Le photographe reprit sa route pour s'arrêter de nouveau une chambre plus loin.
Cette fois, c'était Stiles qui était allongé dans un lit d'hôpital. Tout comme son meilleur ami, ses signes vitaux étaient stables mais peu encourageants. Pourtant, l'opération qu'il avait subie afin de réparer les dégâts causés par la balle qu'il s'était prise pendant le sauvetage de Scott s'était admirablement bien passé et les médecins s'étaient révélés plutôt optimiste. Mais l'adolescent ne s'était toujours pas réveillé.
Il était sous assistance respiratoire et ses médicaments lui étaient administrés à l'aide d'une perfusion. Son père venait tous les soirs, après son service, se renseigner sur son état, mais celui qui ne quittait jamais le chevet du garçon, c'était Derek. C'est pour cela que Matt ne fut pas surpris de le voir endormi dans un fauteuil tiré près du lit de Stiles.
Lorsque l'adolescent était sorti du bloc, l'alpha avait demandé à le voir. Le personnel lui avait refusé l'accès à la pièce post-opératoire et le loup garou avait accepté de rester dans la salle d'attente. Mais dès que le garçon avait été placé dans une chambre, le jeune homme s'y était précipité et avait refusé de la quitter, même lorsque les infirmières lui avaient demandé de partir à la fin des heures de visite. Grâce à l'intervention de Melissa, Derek avait été autorisé à rester autant qu'il le voulait au chevet de Stiles et il n'était jamais sorti de sa chambre.
Le shérif lui déposait à chaque visite de quoi manger. Un croissant, une pomme, une petite bouteille d'eau … Le loup garou y touchait à peine. Il ne parlait pas non plus. Lorsqu'on lui adressait la parole, il répondait d'une voix morne et le seul sujet qui l'intéressait, c'était l'évolution de la santé de son amoureux.
L'ensemble de la meute avait été touchée par l'état de Scott et Stiles, mais voir leur alpha dans un tel état d'abattement affectait encore plus le moral de chacun. Allison n'était pas venue au lycée depuis deux jours et Matt avait envie de passer chez elle pour prendre de ses nouvelles, mais il était également tiraillé par le besoin d'aller voir Louane et une fois à l'hôpital, il avait du mal à quitter sa petite amie.
Derek bougea dans son fauteuil et finit par ouvrir les yeux. Il passa une main sur son visage las et fatigué et se redressa pour se rapprocher de Stiles. Le loup garou caressa le front de l'adolescent d'un geste doux et Matt détourna le regard par pudeur. Il poursuivit son chemin jusqu'à la chambre d'après et entra timidement dedans.
Louane avait l'air d'un fantôme, si blanche qu'elle en était presque translucide. Le photographe s'approcha de son lit et s'assit sur une chaise. L'organisme de la jeune fille avait été purgé de toute trace d'aconit et même si la quantité de poison aurait dû la tuer, elle avait été prise en charge juste à temps pour survivre. Mais comme Stiles et Scott, l'adolescente restait plongée dans un coma profond et les médecins ne savaient pas comment l'en sortir.
Matt posa son sac à dos au sol et se tortilla sur sa chaise.
— Salut, Lou. Je viens te donner des nouvelles. Scott et Stiles ne se sont pas réveillés non plus, alors, ne t'en fais, tu peux prendre ton temps. Enfin, tu nous manques quand même, alors ce serait bien que tu te réveilles dans pas trop longtemps.
L'adolescent renifla et ouvrit la porte de la table de chevet de Louane. Il en sortit un livre, retenant un gros soupir de découragement.
— Je vais reprendre ma lecture. J'espère que tu m'entends. Et j'espère que l'histoire te plaît. Enfin, un livre de Pierre Bottero, ça doit forcément te plaire, non ? Et puis, on parle d'Ellana en ce moment et c'est ton héroïne préférée, alors …
Matt ne rajouta rien et laissa passer quelques instants, le temps de ravaler le sanglot qui lui nouait la gorge. Puis, il commença sa lecture, espérant que Louane finirait par ouvrir les yeux. Et de préférence, rapidement.
# #
— Désolé mais moi … Je vais rester ici.
Stiles tourna la tête si vivement vers son meilleur ami qu'il crut se dévisser le cou. Louane oublia un instant ses larmes pour lancer un regard totalement surpris vers le loup garou. Le loup garou leur sourit faiblement.
— Je ne dis pas ça pour que vous restiez, vous devriez vraiment y retourner mais … Moi, je ne veux pas.
— Pourquoi ? demanda Stiles d'un ton perdu.
Pour lui, la réponse lui avait semblé tellement évidente qu'il ne comprenait pas du tout ce qui motivait son ami. Scott haussa les épaules.
— Je ne sais pas trop …
— Attends, tu ne vas pas me faire croire que tu ne sais pas pourquoi tu ne veux pas retourner dans ton corps quand on te donne le choix entre vivre et mourir ? s'énerva le fils du shérif.
Son meilleur ami lança un regard en biais vers Claudia qui l'encouragea en hochant la tête. Le garçon se racla la gorge avant de se lancer :
— Je n'ai plus envie de vivre. C'est tout simple et c'est peut-être dur à comprendre, mais je n'ai plus le courage. Regarde, Allison ne m'adresse plus la parole depuis qu'elle a appris qu'elle ne pourrait pas avoir d'enfant et …
— Quoi ? le coupa Stiles. Tu ne veux pas y retourner parce qu'Allison ne te parle plus ? Et moi alors ? Tu t'en fiches de me laisser tout seul ?
Scott baissa les yeux sur ses pieds en secouant la tête.
— Il y a aussi … Toutes les blessures … J'en ai marre de souffrir.
— Parce que tu crois que je ne souffre pas ? Tu crois que ça va régler tous tes problèmes d'abandonner et de ne plus lutter ?
— Non mais … C'est trop dur, trop douloureux. J'ai plus la force de me battre …
— Tu te moques de moi, hein ? railla le fils du shérif. Enfin, je me suis pris une balle pour aller te chercher ! Et Louane s'est fait empoisonnée avec de l'aconit … Tu ne vas pas abandonner maintenant, alors qu'on s'est sacrifié pour toi ?
— Tu ne comprends pas … murmura son meilleur ami.
— Alors, explique-moi ! insista Stiles.
Scott lui lança un regard plein de douleur.
— Ce que j'ai vécu là-bas, dans le laboratoire … C'était pire que tout. Je ne sais pas combien de temps j'y suis resté mais j'étais tellement mal que je ne me souvenais plus de rien. J'en suis même arrivé à me persuader que ma meute n'existait pas. J'étais sûr que toi, mon frère de cœur, tu étais un produit de mon imagination. Je ne me rappelais plus de vos noms et à peine de vos visages. Ils m'ont détruit, Stiles. Je ne pensais même pas que c'était possible de faire autant de mal à quelqu'un. Ils ont réussi à m'atteindre physiquement et moralement. Et le pire de tout, c'est que …
L'adolescent inspira profondément pour se calmer avant de reprendre :
— Le pire, c'est qu'ils ont même réussi à tuer mon loup.
Un silence suivit la déclaration du garçon, puis, Stiles papillonna des cils.
— Hein ? Tu plaisantes ?
— J'aimerais bien, soupira Scott.
— Mais … Tu en es sûr ? demanda le fils du shérif.
Son meilleur ami haussa un sourcil.
— Tu penses vraiment que je t'en parlerai si j'avais des doutes ?
Le garçon au visage constellé de grains de beauté ne sut quoi répondre. Il ne savait pas ce que c'était qu'être un loup garou, mais Scott lui en avait pas mal parlé les premières semaines qui avaient suivi sa morsure. Et Derek s'était parfois confié à lui. Stiles savait donc que le lien entre l'humain et l'animal était très fort, comme si c'étaient les deux moitiés d'une même âme.
Alors, même s'il n'avait jamais expérimenté le manque que pouvait ressentir son meilleur ami, il comprenait la douleur que ça devait être pour lui de ne plus avoir son loup en lui, de ne plus sentir sa présence réconfortante, d'avoir l'impression d'être incomplet. C'était un peu ce que lui-même ressentait lorsque Derek lui manquait.
Devenir un lycanthrope avait été une expérience assez déplaisante et un peu traumatisante pour Scott. Entre la pleine lune, ses transformations incontrôlées du début, les soucis de meute et des ennemis qui voulaient sa tête, il avait dû apprendre à se faire une place et à s'accepter comme il était, ce qui n'avait pas été facile.
Et maintenant qu'il avait appris à vivre avec son loup, voilà qu'on le lui arrachait … Soudain, Stiles comprenait la décision de son meilleur ami. Il n'était pas d'accord et il estimait que la vie valait la peine d'être vécue jusqu'à la fin. Pourtant, il ne pouvait en vouloir à Scott de ne plus avoir la force de se battre. Après tout, le fils du shérif ne savait pas toutes les horreurs que le garçon avait vécu. Et surtout, il devrait se réadapter à la vie sans son loup.
Cependant, Stiles ne voulait pas baisser les bras. Il voulait convaincre Scott de repartir avec lui dans le monde des vivants. Mais l'adolescent ne trouvait aucun argument. Son cerveau était une grande page blanche, vide d'idées et le garçon se contentait de fixer d'un air suppliant l'ancien loup garou. Comme s'il s'était déjà résigné à dire adieu à son meilleur ami.
Claudia interrompit doucement ses réflexions :
— Il va falloir que vous preniez une décision rapidement. Il ne vous reste que très peu de temps.
— Mais on vient seulement d'arriver, se lamenta Stiles.
— C'est une impression, lui expliqua sa mère. Le temps ne s'écoule pas de la même façon ici. Vous êtes déjà arrivés à l'hôpital depuis une semaine. De la même façon, si vous choisissez de vivre, vous mettrez peut-être longtemps à réintégrer votre corps. Parfois, le voyage est rapide, d'autres fois, il est très long.
Les trois adolescents restèrent silencieux un long moment, puis Louane prit la parole :
— J'y retourne.
Claudia hocha la tête mais l'adolescent se sentit obligée de s'expliquer :
— Je … Je pense que si on me laisse le choix, c'est une chance que je ne dois pas laisser passer. Et puis, il y a Hana, je ne peux pas la laisser toute seule, je suis la seule famille qu'il lui reste … Et je crois que ça ferait beaucoup de peine à Matt si je ne me réveillais pas alors …
La jeune fille se retourna pour jeter un regard derrière son épaule et observa son corps sur son lit d'hôpital. A côté d'elle, Matt lui lisait un passage du Pacte des Marchombres. Hana entra dans la chambre au même moment.
Claudia se leva et tendit la main vers Louane qui la prit.
— J'espère que si je te dis que tes parents et Nicolas t'embrassent et sont fiers de toi, ça ne changera pas ta décision.
Les yeux de l'adolescente s'embuèrent.
— Vous pourrez leur dire qu'ils me manquent et que je les aime ?
— Bien sûr. Tu leur manques aussi, assura la mère de Stiles.
La jeune fille baissa les yeux sur le sol et petit à petit, elle commença à disparaitre, comme si son corps n'était plus que des volutes de vapeur. Puis, il n'y eut plus de traces d'elle.
Claudia se tourna vers son fils et son meilleur ami.
— Et vous, les garçons ? Quelle est votre décision ?
Stiles était abattu. Il ne savait pas comment convaincre Scott de revenir sur terre avec lui. Il comprenait le point de vue de l'adolescent, mais il ne voulait pas le quitter. Son meilleur ami lui manquerait trop, il le savait. Soudain, le garçon eut une idée. C'était tout ce qu'il y avait de plus simple et il s'étonna même de ne pas y avoir pensé plus tôt.
Il y avait bien un moyen pour qu'ils ne soient plus séparés. Ca demandait un certain sacrifice, mais au moins, les deux amis resteraient ensemble pour l'éternité. Un sourire froid releva le coin des lèvres de Stiles et il annonça :
— Je reste avec Scott.
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Hana avait l'air maussade quand elle entra dans la chambre d'hôpital et Matt arrêta un instant sa lecture pour la saluer. La jeune fille se contenta de lancer un regard agacé à son livre :
— Encore en train de lui lire une histoire ? grogna-t-elle. On ne sait même pas si elle nous entend.
— Si c'est le cas, au moins, elle sait que je suis là, rétorqua le photographe.
Hana n'insista pas. Matt savait qu'elle était fatiguée et inquiète pour sa sœur, mais il n'appréciait pas trop de se faire rembarrer par une adolescente plus jeune que lui, surtout qu'il ne faisait rien de mal. Il allait reprendre sa lecture lorsqu'un bip irrégulier troubla la monotonie des pulsations cardiaques de Louane.
La même lueur d'espoir scintilla dans les regards de l'ancienne Protectrice et du photographe mais elle s'éteignit bien vite lorsqu'ils constatèrent que les signes vitaux de l'adolescente étaient revenus aussi faibles que d'ordinaire. Hana se laissa tomber dans un fauteuil et commença à pleurer. Matt tenta de la consoler :
— Il faut garder espoir, tu sais … Les médecins sont plutôt optimistes, ils disent que Louane pourra se réveiller. C'est une battante, elle va bien finir par ouvrir les yeux …
— Alors pourquoi elle ne l'a pas encore fait ? gémit l'adolescente.
Le photographe ne sut quoi répondre et resta silencieux un instant, se posant la même question que la jeune fille.
— Ne pleure pas …
Ni Matt, ni Hana ne réagit aussitôt en entendant cette voix éraillée et basse. Puis, dans le même mouvement, ils se retournèrent vers le lit de Louane. La jeune fille avait à demi ouvert ses paupières et les regardait tous les deux. Un cri échappa à sa sœur qui se leva d'un bond et se précipita pour s'asseoir près de son aînée.
— Tu m'as tellement fait peur, sanglota la cadette.
— Désolée … bégaya Louane en serrant Hana contre elle.
Elle trouva le regard de Matt et lui adressa un petit sourire.
— Merci pour la lecture, chuchota-t-elle.
Le photographe ne retint pas plus longtemps les larmes de joie qui menaçaient de couler sur ses joues. Louane avait repris connaissance.
C'était le plus beau jour de sa vie.
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— C'est hors de question ! s'écria Scott.
— Et pourquoi pas ? demanda Stiles d'un air provocateur.
— Tu as bien vu l'état dans lequel est Derek ? s'offusqua son meilleur ami. Il est complètement anéanti. Et tu as pensé à ton père, au mal que ça va lui faire si tu meurs ?
La bouche du fils du shérif s'arrondit de stupeur. Il n'en revenait pas.
— Tu te fiches de moi ? C'est toi qui viens me dire ça alors que tu as choisi sans remords de mourir ? Tu as pensé à ta mère, à ton frère et à ta sœur, à moi, et à ta meute, avant de prendre ta décision ?
Scott fronça les sourcils, un air gêné sur le visage.
— Je n'ai plus de loup, alors je n'ai plus de meute, maugréa-t-il de mauvaise foi.
Sa réponse eut le don d'agacer Stiles.
— Très bien mettons ta meute de côté. Ca laisse toujours ta mère, ton frère et ta sœur, et moi. Et je ne te parle pas d'Allison, qui, même si vous étiez un peu fâchés, t'aime beaucoup.
— Tu ne comprends pas, gémit Scott. Je n'ai pas pris cette décision à la légère, j'y ai longtemps pensé, quand j'étais dans ma cellule et …
— Il n'y a pas à discuter ! l'interrompit Stiles. Soit tu retournes avec moi sur terre, soit je reste avec toi. Mais je ne te quitte pas. Il en est hors de question. Rien ne nous a jamais séparés et on a toujours tout fait ensemble. On ne va pas commencer aujourd'hui à prendre des chemins différents.
Son meilleur ami ne sembla pas convaincu alors le fils du shérif insista :
— Et de toute façon, tu ne vois que le côté négatif, les gens à qui je vais manquer, la mort … Mais en choisissant de mourir, je retrouve ma mère.
Stiles lança un regard à Claudia qui l'observait d'un air neutre.
— Mon père sera très malheureux mais au moins, je serais avec toi et avec maman.
Scott se frotta le visage.
— Derek aussi va être malheureux. Tu as bien vu comment il était …
Le fils du shérif haussa les épaules pour dissimuler sa tristesse. Il ne voulait pas penser à l'alpha. Il ne voulait pas flancher. Pas maintenant qu'il avait enfin trouvé une solution. C'était quitte ou double. Soit son meilleur ami acceptait de vivre sans loup et ils repartaient tous les deux sur terre. Soit ils mourraient tous les deux.
Après quelques instants de silence, Scott demanda :
— Tu ne vas pas changer d'avis ?
— Et toi ?
Stiles sentit son cœur se serrer en voyant son meilleur ami secouer la tête et dut rassembler tout son courage pour affirmer :
— Alors, on reste et on meurt. Ensemble.
Il se tourna vers sa mère et tenta de lui sourire, mais ses lèvres lui parurent engourdies et il ne fut pas capable de faire autre chose qu'une grimace. Claudia le regarda avec toute la tendresse et tout l'amour qu'elle éprouvait pour lui.
— Je suis tellement fière de la personne que tu es devenue, mon chéri. Je n'aurais pas pu espérer mieux de ta part. J'aurais aimé avoir la chance de pouvoir vivre pour te voir grandir et t'épanouir. Tu me manques tous les jours et sache que je t'aime plus que tout, même dans l'au-delà.
Stiles haussa un sourcil, pas très sûr de ce que sa mère voulait lui dire. Et puis, soudain, son corps se mit à fourmiller et un éclair blanc l'aveugla. Tout disparut autour de lui et alors que les paroles de sa mère résonnaient autour de lui, il se demanda un instant s'il avait fait le bon choix.
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Derek tendit la main pour caresser le bras de Stiles, espérant que ce simple contact suffirait à réveiller l'adolescent. Mais le garçon resta dans son état comateux.
L'alpha était jaloux de Louane qui s'était réveillée deux jours plus tôt. Il n'était pas allé la voir. D'abord, parce qu'il refusait de quitter le chevet de Stiles. Ensuite, parce qu'il se fichait de l'état de santé de la jeune fille. Ou plus exactement, sa santé passait après celle de l'adolescent. Enfin, le loup garou aurait préféré que ce soit le garçon qui se réveille et pas l'ancienne Protectrice. Et au fond de lui, il culpabilisait un peu de ne pas éprouver plus de joie en apprenant que Louane était enfin sortie du coma.
Derek laissa ses doigts sur la peau de Stiles et ferma les yeux. Quand il était petit et que l'orage le terrifiait, Peter le faisait compter jusqu'à trois pour chasser sa peur. Alors, comme lorsqu'il était enfant, l'alpha compta dans sa tête, espérant que lorsqu'il soulèverait ses paupières, l'adolescent serait réveillé.
Un.
Deux.
Trois.
Le loup garou rouvrit les yeux. Stiles était toujours aussi inconscient. Derek se laissa retomber dans son fauteuil, l'air plus déprimé que jamais. Un bip irrégulier lui fit dresser l'oreille mais il n'y fit pas plus attention. Ce genre de bruits arrivait de temps en temps et s'il avait d'abord cru que c'était un signe du réveil de l'adolescent, il avait vite compris qu'il n'en était rien.
Un second bip irrégulier retentit et cette fois-ci, l'alpha fronça les sourcils. Ca, par contre, c'était inhabituel. Bientôt, d'autres bips plus rapides commencèrent à se faire entendre et le loup garou se leva de sa chaise pour observer l'écran qui indiquait les signes vitaux de Stiles. L'événement était assez étrange pour alerter les infirmières, qui commençaient à en parler à leur bureau, situé non loin de la chambre de l'adolescent. Derek captait leur conversation plus par réflexe que par réel intérêt, fasciné par les tracés qui se dessinaient sur l'écran de contrôle.
Et puis, une des infirmières décida d'aller voir dans la chambre si ce n'était pas un problème informatique qui déréglait la machine et leur envoyait de fausses indications. Elle n'avait plus que deux mètres à parcourir quand enfin, ce que l'alpha attendait se produit.
Stiles ouvrit les yeux.
