Note : Je ferais une petite publicité à la fin :) Et merci à Zarbi pour son review :)
Sans plus tarder, le commencement des aventures de Roxy ;)
CHAPITRE UN
PIECES
« I'm here again a thousand miles away from you,
A broken mess, just scattered pieces of who I am. »
C'était le grand jour.
Un an. Cela faisait un an que Roxy et sa mère avaient eu cet accident. Un an qu'elle était partie, que sa fille l'avait perdue, qu'elle les avait abandonnés. Un an qu'elle était morte.
Un an aussi que l'adolescente avait été privé de sa vue. Un an qu'elle tentait de vivre sans pouvoir voir le ciel bleu, le pâle soleil, le visage de son père… Un an que sa vie était devenue un enfer.
Les médecins avaient été incapables de sauver sa mère. Billie avait subi trop de dommage durant l'accident. Elle avait perdue énormément de sang, les médecins n'avaient jamais vu cela de leur vie. L'un d'entre eux avait dit à Mark qu'il avait remarqué deux petits trous dans sa nuque. Ils avaient de suite supposés que c'était des éclats de verres qui les avaient causés. Néanmoins, cela semblait avoir travaillé le père de Roxy.
Perdre sa femme avait été un coup brutal pour Mark. Il souffrait énormément au début, sa fille le savait, le sentait. Il ne riait plus et s'absentait souvent, elle songeait qu'il avait besoin d'être seul. Elle aussi en avait besoin parfois, bien entendu. Sauf qu'elle se trouvait constamment seule, plongée dans le noir complet.
A son arrivée aux urgences, Roxy était évanouie et elle ne se souvenait que de son réveil. Les premiers mots qu'elle avait entendus étaient ceux de son médecin.
- …tout ce qu'on a pu, malheureusement, votre fille ne pourra retrouver la vision.
Cela avait été un tel choc. Persuadée de rêver, elle avait tenté d'ouvrir les yeux mais son action avait été vaine. Ils étaient déjà parfaitement ouverts. C'était juste qu'elle ne pouvait pas le voir. Elle ne pourrait jamais plus rien voir.
Elle n'avait pas réalisé sur le coup. Pour elle, cette histoire n'était qu'un cauchemar et elle finirait par se réveiller. Le cauchemar durait depuis maintenant un an et elle ne s'était toujours pas réveillée.
Tous les soirs, elle s'endormait avec le fin espoir d'ouvrir les yeux et de voir la photo de sa mère, posée sur la table de chevet. Ne serait-ce qu'une vague floue de couleurs. Elle s'en moquait bien du moment qu'elle y discernait quelque chose.
Mais non. Elle était constamment dans le noir.
Elle devait se concentrer sur ses autres sens pour parvenir à survivre. Parce que sans ses yeux, elle ne vivait plus. Elle survivait dans un environnement en constante évolution. Un environnement fait de dangers, tous plus grands les uns que les autres. Alors elle s'accrochait aux sons, aux odeurs, aux textures. Elle espérait pouvoir supporter son manque de vision grâce à ses autres sens. C'était la chose la plus ridicule au monde.
La vérité, c'était qu'elle aurait préféré mourir dans cet accident, elle aussi. En fait, elle pouvait le dire, elle était morte. C'était juste un fantôme condamné à être isolée des autres. Dans son monde. Dans une bulle en verre. Un cauchemar sans fin.
Le pire était que son père n'était jamais là. Elle devait donc s'occuper seule. Le problème ? La seule chose qu'elle pouvait faire dans cette grande maison vide, c'était de penser. Or dès qu'elle pensait, elle se mettait à revoir l'accident dans sa tête.
Elle se rappelait des horribles propos qu'elle avait tenu à sa mère. Elle se souvenait de la peine qu'elle lui avait faite. C'était affreux de se dire que la dernière chose qu'elle lui avait dite était que c'était de sa faute si leur couple se déchirait. Un reproche de plus dans sa bouche.
S'il avait su que ce serait la dernière fois qu'elle lui parlait… Seulement, elle l'ignorait, elle n'aurait jamais pu le savoir. Alors en plus de vivre dans un univers fait de ténèbres, elle errait dans le pays des « si ». « Si j'avais su… » « Si j'avais pu… ».
Et repasser en boucle encore et encore chaque geste fait, chaque mot prononcé avant l'accident était devenu son passe-temps. En fait, elle se noyait dans ses souvenirs et personne ne pouvait la sauver. Et à chaque fois qu'elle pensait s'en sortir, trouvant une réponse logique au déroulement de cet accident, une nouvelle vague venait tout raser sur son passage, la noyant une nouvelle fois. Elle était dans une impasse.
C'était sûrement pour cela que son père avait décidé de déménager. Il espérait peut-être que si elle changeait d'air, elle finirait par oublier. L'oublie étant la chose que son père semblait être le plus à même à pratiquer.
Roxy avait bien remarqué qu'il sortait souvent ces derniers soirs. Elle supposait qu'il avait une aventure, mais qu'il ne voulait pas lui en parler. Il avait peut-être trop honte d'avoir oublié Billie si facilement. Cependant, Roxy pouvait comprendre, cela faisait un an. Lui aussi avait envie de tourner la page sur ce cauchemar.
Il en avait la possibilité, en l'occurrence. Il n'avait pas à subir un réveil constant qui le replongeait dans une réalité brutale, lui. Il avait juste à se lever un jour de plus et à aller travailler. En soit, ce n'était pas bien compliqué.
Quoi qu'il en soit, il avait décidé de déménager suivant une offre de son patron qu'il ne pouvait refuser. Pour cela, il devait se rendre à la Nouvelle-Orléans. Roxy ne pouvait pas dire qu'elle était excitée à l'idée de quitter une fois de plus une ville qu'elle commençait tout juste à apprécier. Seulement, qui était-elle pour empêcher son père de suivre ses envies ?
Elle espérait juste que ce serait la dernière fois qu'elle aurait à faire ses cartons. Surtout que c'était plus compliqué de les faire quand on ne voyait rien. C'était sûrement pour cela que son père avait engagé des déménageurs spécialistes qui s'occuperaient de tout faire. Néanmoins, cela prendrait du temps.
Et comme Roxy ne servirait sûrement à rien sur le terrain, elle avait décidé avec qu'elle resterait chez sa tante.
Et justement, aujourd'hui c'était le grand jour.
- Tu es prête Roxy ? s'enquit son père, au bas des escaliers.
Par pur reflexe, l'adolescente jeta un bref regard en direction de sa chambre, qu'elle venait de quitter. Elle ne la voyait pas mais pouvait l'imaginer. Ses murs couleur corail que son père avait pris la peine de peindre avec elle. Ses vieux posters de groupes de rock des années quatre-vingt. Son bureau rempli d'objets divers et variés. Sa table de chevet avec le dernier livre qu'elle avait pu lire, Le Monde de Charlie, posé dessus.
La lecture lui manquait aussi mine de rien. C'était un peu une addiction, elle avait besoin de se plonger dans un monde de fantaisie. Avec son léger problème de vision, c'était une chose qu'elle ne pouvait plus vraiment faire. Elle n'avait pas envie d'apprendre le braille, elle n'en avait pas la patience. Alors son père lui rapportait des livres audio, qu'elle écoutait. Seulement, ce n'était pas sa voix, elle n'arrivait plus à s'imaginer les choses comme avant.
C'était plus compliqué. Comme toute sa vie, à présent.
- On peut y aller, fit-elle en rejoignant son père dans le hall.
Elle sentit le regard de son géniteur sur elle.
C'était une des choses qui s'étaient développés depuis qu'elle avait perdu sa vision. Elle avait plus de ressentis. Quand quelqu'un la regardait ou était dans la même pièce qu'elle, elle pouvait le sentir. De même que lorsqu'un objet électronique était allumé, elle avait la sensation de l'entendre. Ce genre de choses qu'on possédait déjà sans être aveugle, mais qui se développaient une fois un des sens disparus.
Pour éviter d'inquiéter plus que cela son père, elle tenta un sourire. Elle espérait que c'était suffisant et comme il n'ajouta rien, elle supposa que cela l'était.
Elle sentit la main de Mark dans son dos, il l'entraînait vers la sortie. Sa canne tapait le sol et chaque son lui permettait de visualiser un potentiel obstacle. On aurait presque cru à un don, mais là encore ce n'était que médical. Son corps travaillait pour combler sa vue perdue.
Elle fut légèrement poussée jusqu'à la voiture. Son père lui ouvrit la portière pour qu'elle entre. Une fois à l'intérieur, le silence s'installa entre les deux personnes, brisé uniquement par les titres que crachait la radio.
- C'est quoi encore cette merde ? demanda subitement son père, parlant d'une énième musique commerciale.
Ce fut un moyen de justifier le changement soudain de station. Heureusement que Roxy et Mark avaient les mêmes goûts musicaux. De toute façon, elle ne prêtait même pas attention à la mélodie en bruit de fond. Elle était trop perdue dans ses pensées.
Elle songeait à la dernière fois qu'elle avait parlé à sa tante ou à sa cousine. Cela remontait à pratiquement deux ans. C'était durant les fêtes de fin d'année. Comme tous les ans, sa famille et elle étaient allés passer Thanksgiving avec Elizabeth.
Même si techniquement elle n'était plus membre de la famille, elle restait la meilleure amie de Billie. Et puis, s'ils ne venaient pas, il n'y aurait personne pour faire la cuisine. En effet, Liz n'avait jamais été particulièrement douée pour cuisiner. C'était Billie qui se chargeait de la dinde.
Dans les souvenirs de Roxy, sa mère était dans la cuisine en train de farcir une délicieuse dinde tandis que Liz parlait avec elle de son travail, de sa vie en générale. Et Billie l'écoutait toujours avec attention, ne venant jamais sur ses propres problèmes. C'était comme si cette journée n'était faite que pour Elizabeth.
Avant le divorce de cette dernière, Mark et Bill étaient toujours dans le salon en train de boire de la bière et de regarder le match de foot. Ils discutaient peu, surtout des affaires et des équipes qu'ils supportaient. De règle générale, ils se disputaient, buvaient, riaient, se re-disputaient, se narguaient mutuellement et ainsi de suite.
Quand Bill et Elizabeth s'étaient séparés, Mark avait émis des réticences à passer Thanksgiving avec son ancienne belle-sœur plutôt que son propre frère. Néanmoins, la mère de Roxy avait toujours insisté pour qu'ils ne passent plus trop de temps avec Bill. Celui-ci était un peu étrange, il parlait d'histoires mythiques et semblait avoir une mauvaise influence sur leur fille.
Les rares souvenirs que Roxy avait de lui montraient un homme sûr de lui, qui semblait toujours étrangement méfiant. Il aimait raconter des contes à sa fille et à sa nièce, des récits qui les effrayaient. Avec le temps, l'adolescente était passée d'une peur panique des histoires de vampires, zombies et de loups-garous à une fascination pour eux. Puis elle avait oublié jusqu'à ses croyances sur le sujet.
De toute façon, elle ne voyait plus son oncle depuis tellement longtemps. Elle avait fini par l'oublier, lui aussi.
En revanche, elle avait énormément de souvenirs d'Elizabeth. Cette femme était la gentillesse incarnée avec sa nièce. Elle l'aimait comme sa propre fille et n'hésitait pas à lui montrer. Depuis qu'elle était petite, Roxy avait toujours aimé passer l'été chez sa tante pour plusieurs raisons, dont l'affection que lui portait Liz.
Cela lui changeait de sa mère, trop absente. Bien sûr, Elizabeth était aussi très occupée, en tant que shérif de la ville, elle avait toujours du boulot. Cependant, contrairement à Billie, elle essayait d'être là pour sa fille et pour Roxy quand celle-ci était chez elle.
A plusieurs reprises, elle avait essayé de faire comprendre à Billie que sa fille ne demandait qu'un peu d'attention. Malheureusement, c'était déjà beaucoup plus qu'elle ne pouvait lui donner.
La dernière fois qu'elle l'avait vue, deux ans plus tôt, Elizabeth parlait essentiellement de la mort des parents Gilbert. Elle était très émue encore par cette histoire, de même que sa propre mère.
Il était vrai que les Gilbert étaient proches des Forbes depuis longtemps. Billie les avait rencontrés et avait passé du temps avec eux par le biais d'Elizabeth. Mark appréciait Grayson, c'était un fan de sport lui aussi. Et les femmes Forbes trouvaient toujours un sujet de discussion avec Miranda. Roxy en revanche ne les connaissait pas beaucoup, contrairement à leurs enfants qu'elle côtoyait.
Elle se souvenait avoir entendu sa mère discutait avec Elizabeth de l'accident, du fait que c'était plutôt suspect, du manque d'explications logiques sur la survie de l'aînée de la famille… Elle n'avait que quinze ans, mais elle comprenait parfaitement que cette histoire était plutôt étrange. Néanmoins, elle n'avait pu entendre que des brides de conversations avant que sa cousine ne vienne la chercher.
Caroline aussi avait été sous le choc pour l'accident des Gilbert. Cependant, Caroline était Caroline, elle passait rapidement à autres choses.
Plutôt superficielle, la belle blonde qu'était la cousine de Roxy avait toujours eu le chic pour penser au paraître avant de penser aux émotions. Elle fascinait la plus jeune Forbes grâce à cette manie qu'elle avait d'être toujours irréprochable dans ses gestes et ses paroles. Elle ne laissait que rarement la colère prendre le dessus et cherchait toujours à se venger en étant plus garce que les autres. C'était une parfaite petite princesse sortie d'une série à la Gossip Girl.
Roxy avait longtemps eu du mal à l'apprécier. D'aussi loin que remontait ses souvenirs, elles se disputaient pour un oui ou pour un non.
Quand elles étaient petites, Caroline ne supportait pas que Roxy soit dans ses pattes. La pauvre enfant était complètement perdue à Mystic Falls et sa cousine ne l'aidait vraiment pas à s'adapter. Elle n'aimait pas que la fillette soit amie avec ses propres amis et avait une fâcheuse tendance pour la prendre comme cobaye de ses expériences. Elle se souvenait en outre d'une séance maquillage qui l'avait rendue « fabuleuse ». Oui, fabuleusement laide, effrayante même.
En grandissant, la belle blonde n'avait pas changé d'un poil. Elle était toujours autoritaire et exubérante. Néanmoins, elle avait appris à apprécier la compagnie de sa cousine aussi blonde qu'elle. C'était essentiellement parce que Liz refusait de la laisser sortir si elle n'embarquait pas Roxanna avec elle. De ce fait, Caroline emmenait sa cousine partout. Et avait pris l'habitude de l'abandonner aussi partout.
Cependant, malgré tout, Roxy savait que sa cousine l'aimait. Elle avait juste une manière bien à elle de lui montrer.
Quoi qu'il en soit, la dernière fois qu'elles s'étaient vues, Caroline n'avait pas beaucoup évolué. Elle était toujours la même adorable peste que les étés précédents. Et elle l'embarquait encore dans des soirées où elle l'abandonnait aussitôt entrée.
Heureusement que Roxy arrivait à se fondre dans la masse, c'était plutôt facile quand tout le monde n'avait d'yeux que pour la jolie Caroline. Personne ne remarquait la petite blonde chétive aux grands yeux gris qui trahissaient son immense timidité.
Aussitôt la plus populaire des blondes entrée, c'était comme si les autres filles n'existaient plus. Et d'un côté, cela arrangeait bien Roxy. Elle n'aimait pas être le centre d'attention.
- Tu es définitivement sûre de vouloir aller chez Liz ? s'enquit soudainement son père, brisant le silence qui s'était installé depuis un moment. Tu sais que tu n'en es pas obligée. Tu pourrais venir avec moi à la Nouvelle-Orléans et m'assistais pour le déménagement.
Roxy tourna sa tête vers la gauche, en direction de son père. Du moins, elle supposait fortement que son père était à sa gauche vu qu'il était au volant. Elle lui fit un bref sourire qui lui demanda des efforts surhumains.
Son père avait tendance à essayer de lui faire oublier son propre handicap. Il voulait toujours qu'elle l'aide dans ce qu'il faisait, juste pour qu'elle ne pense pas qu'elle était un poids pour lui. Ou tout simplement qu'elle était complètement inutile. Malheureusement, elle savait que c'était le cas.
- Je sais, mais je ne serais qu'un boulet parmi tous ces cartons, lui répondit-elle calmement. Et puis, j'ai vraiment envie de revoir Caroline. Elle me manque.
Avec le temps, elle avait appris à mentir sur tout et n'importe quoi. Même à son propre père à qui elle ne mentait que rarement. C'était devenu chose facile depuis qu'elle savait que parfois un petit mensonge était mieux que la vérité. Parce qu'à la vérité, elle n'avait pas envie d'être un fardeau pour sa cousine. Elle se doutait que celle-ci était déjà en train de râler sur sa cousine handicapée qu'elle allait devoir trimballer partout avec elle. Cependant, elle n'avait pas vraiment le choix. Elizabeth et Caroline étaient sa seule famille à présent.
Après sa réponse, le silence revint dans la voiture. Parfois, Roxy avait la sensation que son père allait dire quelque chose, mais il ne reparla pas avant leur arrivée à l'aéroport.
- Tu es sûre alors ? insista-t-il une énième fois.
- Je t'appelle une fois là-bas, conclut Roxy légèrement agacée.
Il l'escorta jusqu'à son avion et après l'avoir serrée dans ses bras, lui souhaita de faire un bon vol puis reparti. Elle sentit qu'il n'était pas rassuré de la laisser seule, cependant elle avait tellement insisté qu'il n'avait pas vraiment eu le choix.
C'était une grande fille, elle s'en sortirait.
Et au pire, elle demanderait à quelqu'un de l'aider. Qui refuserait d'aider une pauvre adolescente aveugle ? Elle attirait sûrement la bienveillance de quelqu'un. Elle était tellement pathétique…
…nous vous souhaitons un bon voyage !
Alors ce chapitre ? Mise en place de la situation donc peu d'action, je sais x)
Que pensez-vous du personnage de Roxanna alias Roxy ? Et de son père ?
Est-ce que vous vous attendiez à ce qu'elle soit la cousine de Caroline ?
Sinon ma pub est pour le RPG sur lequel je suis, c'est un RPG TVD/TO super sympa et les gens sont cools,
il y a beaucoup de personnages non-pris alors si vous êtes intéressés, n'hésitez pas à me laisser un mp ou un review peu importe, je vous donnerai le lien :)
Voilà, je vous aime mes reviewers d'amour
