Note : Sans plus tarder, la suite des aventures de Roxanna !
CHAPITRE DEUX
TOO MANY FRIENDS
For all my sorrow and my pain, a feeling so alone.
Elle venait d'arriver à Mystic Falls. C'était bizarre, étrangement nostalgique comme endroit. Elle se souvenait de ses nombreuses vacances passées en ces lieux.
Elle se rappelait des couleurs chatoyantes qui dominaient la ville. Le grand soleil d'été qui tapait sur les nuques nues des jeunes filles. Les garçons qui jouaient au ballon dans le parc, sous une chaleur cuisante. Elle se remémorait chaque détail et pourtant, elle ne les voyait plus. Elle les sentait, les entendait essentiellement.
Et justement l'odeur agréable du pain chaud tout juste sorti du four qui lui transcenda le nez lui fit prendre conscience qu'elle venait de passer juste à côté de la boulangerie. A trois pas plus loin, il y avait l'endroit favori des amis de Caroline : le Mystic Grill. Ils y passaient une grande partie de leur temps, à papoter en buvant un verre.
La dernière fois qu'elle y était allée, elle se souvenait que Matt venait de prendre un job de serveur. C'était un peu avant le décès de sa sœur. Le pauvre, lui aussi avait perdu un membre de sa famille.
Rien qu'évoquer Matt lui rappelait son petit faible pour lui, étant plus jeune. Elle n'arrivait jamais à aligner plus de trois mots avec lui. Il la mettait mal à l'aise sans même le vouloir. Tout le monde avait remarqué qu'elle craquait pour lui, sauf le principal concerné fort heureusement.
Surtout que par la suite, il avait fréquenté Elena et comme elle était la meilleure amie de Caroline, Roxy n'avait plus trop intérêt à tenter quoi que ce soit. De toute façon, si elle ne le faisait pas avant, elle ne voyait pas pourquoi elle l'aurait fait alors qu'il aimait Elena. C'était s'assurer le râteau du siècle.
Ainsi, elle n'avait rien dit du tout sur ses sentiments. Elle avait juste attendu que cela lui passe. En plus, Matt ne la voyait que comme une petite-sœur. Il le lui rappelait souvent en la surnommant « P'tite Forbes » en l'occurrence.
Et ils ne se parlaient vraiment pas beaucoup. La plupart du temps, les seuls propos de Matt étaient pour lui demander de ne pas finir comme Caroline. Bien sûr, parce que sa cousine était horriblement superficielle et que Matt n'appréciait pas cette part de sa personnalité. Du moins, c'était jusqu'à présent.
Néanmoins, c'était connu, les choses changeaient, les gens aussi. Peut-être qu'elle-même avait changé ?
- Arrêtez-vous ici, je vais marcher, ordonna-t-elle au chauffeur du taxi en lui tendant un billet.
Le type en question était tellement occupé à écouter un match qu'il n'avait même pas prêté attention à la situation de cécité de l'adolescente. Il accepta volontiers l'argent et s'arrêta. Par chance, il daigna sortir pour lui donner ses valises et bientôt Roxy se retrouva seule dans la rue avec tous ses bagages sur le trottoir. Heureusement, c'était une grande fille et elle connaissait bien la ville, elle saurait s'en sortir.
Prenant d'une main ses bagages et de l'autre sa canne, elle avança dans la rue en s'orientant par rapport aux sons. Une musique un peu rock siffla à ses oreilles, elle sut qu'elle était au bon endroit.
Elle entra dans le Mystic Grill et se dirigea au bar. La musique était plutôt agréable, elle s'écoutait. Roxy pianotait en rythme sur le comptoir en attendant qu'on vienne prendre sa commande. Le temps que la mélodie cesse, quelqu'un arriva enfin et lui parla.
Elle reconnut aussitôt la voix grave et rassurante de Matt.
- Vous savez que vous êtes dans un bar, vous pouvez retirer vos lunettes, fit-il, un petit rire venant ponctuer sa phrase.
L'adolescente soupira. C'était loin d'être la blague du siècle mais malheureusement c'était bien Matt qui venait de la lui sortir.
Le pauvre allait vite regretter.
Néanmoins, elle retira ses lunettes laissant voir au jeune homme qu'elle gardait les yeux fermés. Habituellement elle n'osait pas enlever cette protection en verre, c'était comme un moyen de se cacher des autres. Cependant, Matt avait été un ami et de toute évidence, il devait savoir ce qu'il lui était arrivé par le biais de Caroline. Elle n'avait plus rien à lui cacher.
- C'est amusant Matt, sur toutes les personnes que je connais, j'aurai plutôt misé sur Jérémy pour faire ce genre de blague, lui répondit-elle en affichant son plus beau sourire.
Du moins, elle espérait que ce sourire qu'elle lui accordait était le plus beau qu'elle puisse faire.
Le pauvre n'osa pas répondre, elle l'entendit déglutir. Il était évident qu'il était gêné, à présent. Un long silence s'installa entre les deux personnes, brisé uniquement par une nouvelle chanson.
Jusqu'à ce quelqu'un se mette à crier sur le jeune homme, lui ordonnant de prendre la commande de la demoiselle.
- Oh oui, qu'est-ce que je vous sers ? s'enquit-il, très professionnellement.
Cette fois, c'était Roxy qui était gênée. Il la vouvoyait ? Il ne l'avait donc pas reconnue malgré sa remarque.
Elle remit ses lunettes et secoua légèrement la tête. Elle aurait tout aussi bien pu prétendre être quelqu'un d'autre et se rattraper de toutes ses années où elle ne lui avait jamais rien avoué en le draguant ouvertement. Elle sentait qu'elle avait l'assurance pour le faire. Ne pas le voir rendait les choses plus aisées, en fait.
Seulement, si elle était là pour deux semaines, elle serait amenée à le revoir. Surtout en connaissant Caroline et Elena, elles voudraient à tous les coups passer du temps ensemble avec leurs copains respectifs. Alors, elle renonça à sa première idée.
- Je suis étonnée que tu ne reconnaisses même pas ta p'tite Forbes, Matt ! lui reprocha-t-elle sur le ton de la plaisanterie.
Elle était sûre que si elle avait pu voir son visage, elle l'aurait aperçu se décomposer devant elle. Il lui fallut un petit moment pour faire le lien dans sa tête et quand ce fut le cas, il se décida enfin à reprendre la parole :
- Roxy ? demanda-t-il.
L'adolescente sentit dans son ton un étonnement et une certaine joie de retrouver une vieille amie. Elle ne put qu'acquiescer en souriant une nouvelle fois. Elle aussi se sentait bien d'être de retour à Mystic Falls, surtout avec des amis pour l'accueillir comme venait de la faire Matt.
En effet, aussitôt qu'elle avait affirmé qu'elle était bien la cousine de Caroline, le jeune homme avait quitté son comptoir pour venir la prendre dans ses bras. Elle nota ainsi qu'il n'avait pas changé de parfum, en deux ans. C'était toujours la même dominance puissante de menthe qu'elle aimait.
Etre dans ses bras avait quelque chose de réconfortant, d'agréable. Elle sentait tous ces tracas s'envoler. Jusqu'à ce qu'il se finisse par la lâcher.
- Qu'est-ce que tu fais ici ? Je te croyais à Los Angeles avec ton père, fit-il sur le même ton qu'avant.
- Eh non comme tu vois, je suis ici et je vais rester un petit moment, le temps que le déménagement à la Nouvelle-Orléans se termine, répondit-elle en indiquant la place où devait être ses valises.
- Vraiment ? C'est génial Roxy, remarqua-t-il. Et Caroline sait que tu es là ?
Ah ! Un petit détail qu'elle n'avait pas trop envie d'aborder.
Il était vrai qu'elle n'avait plus parlé à sa cousine depuis près de deux ans. Même à l'enterrement de sa mère, la demoiselle n'avait pas jugé bon de venir lui présenter ses condoléances. Roxy avait songé que Caroline la tenait pour responsable de la mort de Billie.
Comme si sa propre culpabilité n'était pas suffisante. Et bien qu'elle fut au courant de sa venue, elle n'avait pas jugé bon de l'appeler pour se tenir au courant. En fait, elle n'avait même pas prévenu les autres. Ceci expliquait bien des choses.
Au vu de sa tête, Matt devina aisément qu'il n'avait pas posé la bonne question. Il tenta de se rattraper, en pensant à contourner le sujet de sa cécité.
- Tu veux que je t'accompagne déposer tes bagages chez Liz ? proposa-t-il poliment. Ensuite on pourra rejoindre les autres, je l'avais prévu de toute façon.
Roxy fut tentée de dire oui, après tout il venait bien de dire qu'il avait prévu de les rejoindre avec ou sans elle. Il ne ferait donc pas un gros détour en allant avec elle chez sa tante, d'abord.
Néanmoins, elle savait aussi qu'il faisait cela parce qu'il avait pitié d'elle avant tout. Et puis en plus, elle venait d'arriver, elle n'avait vraiment pas envie de se taper l'incruste auprès des amis de Caroline.
Non, elle rentrerait juste et dormirait, elle était épuisée.
- Ce n'est pas nécessaire, je suis fatiguée en plus donc je vais rentrer et me coucher, lui expliqua-t-elle brièvement avant de reprendre ses bagages.
Elle ne fit que quelques pas avec sa canne avant de sentir une main se poser sur son épaule.
- Alors laisse-moi te déposer, au moins.
Puisqu'il insistait, elle n'allait pas refuser, ce serait certainement mal vu. Il lui proposa son bras et, étant donné qu'elle n'avait aucune raison de le refuser, l'accepta avec joie.
Il fallait bien qu'elle profite un peu de la pitié des gens. Même si au fond elle en voulait à Matt d'être aussi attentionnée avec elle. Parce qu'elle savait pertinemment que c'était juste à cause de sa cécité. En temps normal, il n'aurait même pas proposé de l'emmener voir les autres. Elle se serait débrouillée seule. Là, il devait penser qu'elle en était incapable.
Heureusement pour elle, Liz n'habitait pas loin du Mystic Grill et ils n'eurent pas vraiment le temps de parler de beaucoup de choses avant d'arriver.
En soit, Roxy avait laissé Matt, le peu bavard, monopoliser la conversation en lui posant des questions. De fait, elle avait appris qu'Elena avait rompu avec lui, d'abord à cause de l'accident de ses parents, puis parce qu'elle avait rencontré quelqu'un d'autre. Il avait ajouté qu'elle n'était plus avec non plus, mais qu'ils étaient restés bons amis et que Roxy finirait par le rencontrer.
Ensuite, il avait glissé rapidement qu'il avait eu une histoire avec Caroline. L'adolescente n'en était pas étonnée, sa cousine oubliait vite les sentiments des autres quand les siens parlaient. Là encore, ils avaient rompus pour que Care puisse sortir avec Tyler, celui qu'elle trouvait trop stupide pour mériter son attention, il y avait encore deux ans de cela.
Matt n'avait pas trop osé lui parler de la vie amoureuse de sa cousine, il avait dit qu'il préférait qu'elle lui en parle elle-même. Si encore elle daignait adresser la parole à Roxy.
Et enfin, ils étaient arrivés chez les Forbes.
- Bon tu es sûre de ne pas vouloir que je t'attende ? Tu ne dérangeras personne là-bas au contraire, les autres seront sûrement ravis de te revoir, déclara-t-il, insistant une fois de plus.
Elle glissa une mèche derrière ses cheveux avant de répondre avec un petit sourire :
- Non ne t'embête pas pour moi, comme dit je vais m'écrouler de toute façon.
Il cessa d'insister et lui glissa un « c'est bon de te revoir » avant de reprendre sa route.
De son côté, Roxy, ravie de sa première retrouvaille, gravit les marches qui la séparaient de la maison de sa tante avec un immense sourire aux lèvres. Elle n'eut pas le temps de sonner que quelqu'un ouvrit la porte. Un parfum fleuri qu'elle reconnut aisément lui indiqua qu'il s'agissait d'Elizabeth.
- Roxy ?! s'enquit-elle et vu son ton, elle ne s'attendait pas vraiment à la voir devant la porte.
- Bonjour Liz, tu avais oublié que je venais ? demanda l'adolescente, surprise.
- Pas du tout mais je t'attendais plus tard… entre !
Elle l'entraîna à l'intérieur sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit.
Roxy dut faire appelle à tous ses souvenirs pour se rappeler de la place des meubles et de chaque pièce dans la maison. Par chance, tout était encore à l'identique ou du moins, le canapé l'était lorsqu'elle s'assit dessus.
- Je suis désolée, j'allais me rendre au poste, une urgence, annonça sa tante un peu embêtée et surtout très pressée.
- Pas de soucis, je vais me débrouiller, la rassura Roxy avant de se relever et de prendre ses affaires.
- Parfait, tu te souviens de l'emplacement de la chambre de Caroline hin ? se renseigna-t-elle, sans attendre de réponse.
Elle allait partir mais juste avant, elle prit sa nièce dans ses bras et lui souffla un « c'est bon de te revoir » qui lui rappela étrangement sa rencontre avec Matt. Ils semblaient tous ravis de la revoir. Du moins, pour l'instant. Cependant, elle savait que Caroline ne serait pas du même avis.
Avec difficulté, elle monta ses valises jusqu'à sa chambre qu'elle partageait avec sa cousine. En se déplaçant à l'intérieur, elle se rendit compte que rien n'avait changé, là encore. Son grand lit, ses quelques peluches, sa coiffeuse, son armoire remplie de tenus sûrement magnifiques et son mur de photos… tout était encore là.
Elle se laissa tomber sur le lit, épuisée. Pour cela au moins elle n'avait pas menti, elle était littéralement exténuée. N'ayant pas fermé l'œil du trajet, elle n'avait envie que d'une chose : dormir jusqu'au jour suivant.
Et elle l'aurait bien fait, sauf qu'elle entendit le bruit d'une clé qu'on tournait et une voix familière qui se rapprochait. Puis l'inconnue entra dans la chambre et l'adolescente l'entendit signalait à son interlocuteur qu'elle le rappelait, d'une voix déjà ailleurs qui dévoilait aisément son choc.
Elle non plus ne s'attendait pas à voir Roxy dans sa chambre à son arrivée.
- Bonjour Caroline, fit l'adolescente pour briser le silence qui menaçait de rendre l'ambiance encore plus tendue.
- Roxy, constata-t-elle d'un ton indifférent. On t'attendait…
- …plus tard ? la coupa la blondinette. Oui, ta mère me l'a déjà signalé.
L'atmosphère était froide. Non pire encore, glaciale.
Caroline toisait sa cousine, cherchant une réplique cinglante à lancer. Roxy attendait la réplique de sa cousine pour rétorquer. Chacune était aux aguets.
Sauf que c'était complètement stupide. Pourquoi étaient-elles en guerre ? Cela n'avait aucun sens. Et bizarrement, ce fut la plus jeune des deux qui le fit remarquer.
- Care, tu m'en veux pour quelque chose ? s'enquit-elle, d'une petite voix, juste avant de se lever du lit.
La fameuse Care ne lui répondit pas. Roxy se permit donc d'enchaîner.
- Peu importe les raisons, deux ans sont passés depuis la dernière fois qu'on s'est adressé la parole, déclara-t-elle, légèrement agacée. De l'eau à coulé sur les ponts, on pourrait tourner la page ?
Elle avait le fol espoir de convaincre sa cousine matérialiste avec de simples mots. Elle savait bien que c'était complètement stupide. Peu importait les raisons de la tension entre elles, Caroline ne tournerait pas la page sans une petite vengeance. C'était toujours ainsi. Ceux qui lui faisaient du mal en prenaient deux fois plus.
Pourtant, elle entendit le rire cristallin de sa cousine. Ce n'était pas un rire faux, ni un rire jaune. Non, c'était bel et bien sincère. Et la seconde d'après, Caroline prenait l'autre blondinette dans ses bras.
- T'as raison c'est du passé, annonça-t-elle gaiement. De toute façon, rien ne pourrait faire partir ma bonne humeur en cette journée !
Roxanna était tentée de lui demander les raisons mais elle avait peur de briser leur petit lien familial. Elle se contenta de l'enlacer à son tour.
Une fois leur étreinte terminée, une sonnerie se fit entendre aussitôt coupée court par Care. Elle n'avait visiblement pas envie de répondre à cet appel. Et souhaitant empêcher Roxy de lui poser des questions, elle s'empressa d'expliquer sa venue.
- En fait ma mère m'a faite savoir qu'elle partait et du coup, je devais venir t'accueillir, lui dit-elle de sa voix aigüe légèrement agaçante. Alors bienvenue !
Elle rit une nouvelle fois et cette fois-ci, sa cousine la suivit. La situation s'y prêtait assez, l'ambiance glaciale était devenue conviviale et agréable en si peu de temps. C'était assez ironique et plutôt surprenant.
Une fois encore, le téléphone de Caroline sonna et de même que la minute d'avant, elle refusa l'appel.
- Je dois vraiment retourner chez les Salvatore…
Elle semblait presque agacée par sa remarque qu'elle était la seule à comprendre. Qui était les Salvatore ? Roxy n'avait pas eu vent des nouvelles depuis tellement longtemps. Elle ignorait bien l'identité de ses gens.
- Les Salvatore ? répéta-t-elle pour pousser sa cousine à s'expliquer.
Aussitôt, Caroline la prit par le bras sans la laisser contester et l'entraîna vers la sortie avec elle.
- Oh mais tu dois savoir tant de choses ! lui fit-elle, ravie de pouvoir raconter des ragots. Viens avec moi, on parlera sur la route et je te présenterai à tout le monde.
Roxanna ne put rien dire que la jeune femme la poussait déjà à monter dans sa voiture. Elle regrettait de ne pas pouvoir y voir quelque chose, elle aurait sûrement pu s'échapper tant qu'il était encore temps.
Néanmoins, une fois dans le véhicule, elle n'eut pas vraiment le choix. Caroline prit le volant, un vrombissement se fit entendre et la voiture déboula dans la rue. Et tandis qu'elles prenaient la route, Care entreprit de lui expliquer toutes les choses qui avaient changé.
Du moins, ce qu'elle pouvait savoir.
C'était assez long, elle avait loupé pas mal de choses en deux ans. L'arrivée du séduisant Stefan, par exemple. Caroline ne jurait que par lui, à chaque fois qu'elle abordait quelque chose, elle était obligée de dire ce qu'en pensait Stefan. Parfois dans la discussion, Roxy se demandait si elle n'en pinçait pas pour le jeune homme. Néanmoins, ils semblaient juste très proches. Elle n'arrêtait pas de dire qu'Elena était faite pour être avec lui et non pas avec Damon.
Damon, le fameux grand-frère de Stefan. Le même jeune homme avec qui Caroline avait eu une liaison. C'était il y a longtemps et puis, pour elle, cela restait « la pire erreur » de sa vie. Après cela, Damon semblait s'être attachée à Elena et vice versa. Jusqu'à maintenant, où ils s'étaient séparés et Caroline en semblait ravie.
Les histoires d'amour, voilà ce qui monopolisa la conversation pendant tout le trajet, au final. Heureusement, la jolie blonde était trop occupée à parler, elle ne pensait même pas à poser des questions à l'autre blondinette. Et Roxy en était plus que satisfaite.
Elles arrivèrent finalement sur le terrain des Salvatore.
Aussitôt descendue du véhicule, Roxy sentit la pression gonflait dans son ventre. Elle la paralysait même. C'était un peu masochiste, mais elle appréciait presque cette douleur qui contractait son abdomen. Elle n'avait plus trop d'occasion de stresser depuis qu'elle était enfermée chez elle. Au moins là, elle se sentait enfin libre de ressentir des émotions. Aussi minables soient-elles.
La raison d'une telle pression était simple. Elle avait peur.
Et si elle n'était pas à la hauteur ?
Elle allait rencontrer les nouveaux amis de Caroline, revoir les anciens. Ce n'était pas son monde ou cela ne l'était plus. Que sa cousine lui propose était déjà un exploit en soit, elle qui la trainait toujours comme un boulet avant. Cela prouvait qu'elle avait changé, mûri. Seulement, cela lui mettait aussi une pression supplémentaire. Elle devait être irréprochable, pour faire une bonne impression.
Juste avant d'entrée, Caroline lui glissa à l'oreille :
- Jérémy est là aussi, je suis sûre qu'il est impatient de te revoir.
Ce qui n'aida en rien la pauvre Roxanna. Au contraire, la pression fut plus grande et son rythme cardiaque augmenta à pleine vitesse.
Rien que de reparler de Jérémy, lui remémorait des souvenirs qu'elle avait enfouis depuis bien longtemps.
Il fut un temps où il était son meilleur ami, son confident. Lorsqu'ils étaient petits, ils jouaient toujours ensemble pour que les plus grands puissent s'occuper entre eux. Ils avaient leur cabane, leur jardin secret et personne ne devait les déranger, sous aucun prétexte.
Avec le temps, Jer était devenu un adolescent en pleine puberté et Roxy était une jeune fille dans la fleur de l'âge. Ils avaient commencé à flirter ensemble, pour des raisons plus ou moins obscures.
Un soir à une fête, Roxanna en avait assez de ne pas être abordé par les gens alors elle avait laissé entendre à Jérémy que le problème était son complexe féminin. Sa virginité qui se sentait à des kilomètres. Ils avaient alors fait un pacte : se dépuceler mutuellement.
Sauf qu'au final, ils n'avaient rien fait du tout. Roxy ne l'avait jamais regretté, Jer en revanche s'en était voulu de ne pas avoir été capable de manifester le moindre intérêt envers l'adolescente. Au début, elle l'avait mal pris mais le temps était passé et avec le recul, elle trouvait l'histoire plutôt drôle.
Seulement, maintenant que les deux avaient mûris, qu'en serait-il de leur retrouvaille ?
C'était la tête pleine de questions que Roxy fut entrainée à l'intérieur de la maison par sa cousine.
Une fois dedans, elle sentit comme un malaise. Le silence régnait et pourtant, elle pouvait sentir des regards posés sur elle. C'était très gênant comme situation et si elle avait pu, elle se serait sûrement enfuie. Néanmoins, elle devait montrer à sa cousine qu'elle n'était pas la seule à avoir mûri. Il fallait affronter cette situation embarrassante.
Elle n'était pas seule, en plus.
En effet, Matt vint de suite la saluer en la reprenant dans ses bras. Elle appréciait vraiment cette manifestation d'amitié de la part du beau blond.
Ensuite vint une silhouette bien plus fine, plus féminine. Elle reconnut l'odeur de vanille caractéristique de la pétillante Elena. Celle-ci aussi la serra dans ses bras et lui lança le fameux « c'est bon de te revoir » que tout le monde semblait aimer lui dire depuis son retour.
Elena était toujours très gentille avec Roxanna, depuis l'enfance. Elle appréciait surtout que la petite blonde passe du temps avec son frère. Ainsi, il était trop occupé pour rôder dans les parages ou pour s'occuper des affaires de sa sœur.
Et puis, Elena était la bonté incarnée. Elle faisait attention à ses amis et les considérait comme sa famille. Alors si Roxy était la cousine de Caroline, elle était aussi un membre de son entourage auquel la Gilbert tenait.
Quelqu'un vint lui tenir la main, comme pour lui apporter un soutient. C'était étrange. Du moins, cela l'aurait été si elle n'avait pas reconnu la voix de Bonnie.
- Tu vas bien Roxy ? s'enquit-elle en relâchant sa pression sur sa main pour mieux la prendre dans ses bras.
Si Elena était d'un naturel gentil, Bonnie avait tendance à être méfiante. Enfin, de règle générale elle l'était avec tout le monde, sauf avec Roxy. Du trio, la jeune femme était toujours celle qui plaidait la cause de Roxanna face à une Caroline autoritaire.
Elle prenait toujours soin de la jeune Forbes. Lorsqu'elle venait, elle s'intéressait toujours à sa vie et lui donnait des conseils. C'était une fille adorable. Et Roxy l'avait toujours bien appréciée.
Enfin, une ultime personne vint la tenir dans ses bras.
Elle ne la reconnut pas de suite. La personne en question était plus grande qu'elle d'une tête et avait une sacré force. C'était un jeune homme très musclé or elle ne connaissait personne d'aussi fort dans son entourage.
C'est alors que le garçon en question lui glissa un petit « tu m'as manqué » et elle sut aussitôt.
Elle le reconnut à sa voix, même si tout le reste de son être semblait avoir changé. Il s'agissait de Jérémy. Wow ! fut la seule pensée qu'elle eut. Jer était passé d'un adolescent chétif à… un jeune homme incroyablement bien foutu.
Enfin, du peu qu'elle avait senti, il était bien plus musclé qu'avant. Il portait même un parfum bien plus masculin que l'ancien. C'était très surprenant.
- Ehm… Roxy, je te présente Stefan et Damon, fit Caroline en indiquant certainement deux personnes que l'adolescente ne pouvait voir. Stefan, Damon, voici ma cousine Roxanna.
Sentant qu'ils la regardaient, elle tenta de sourire mais restait très gênée par sa propre timidité.
L'un des deux vint lui serrer la main, il avait bel et bien la poigne d'un homme. Aussitôt, sa cousine ne put s'empêcher de faire une remarque bien lourde :
- Ca doit être très chiant de ne pas voir.
Roxy haussa les épaules.
Oui, cela l'était mais à quoi bon remuer le couteau dans la plaie ?
Elle se contenter de ses autres sens, c'était le seul moyen qu'elle avait de survivre.
Néanmoins, elle n'était pas stupide. La remarque de sa cousine n'était pas anodine. En fait, elle voulait dire que ce qui était embêtant, c'était de ne pas pouvoir les deux beaux garçons qu'elle lui présentait.
Si déjà elle osait lui présenter des jeunes hommes potables, elle aurait pu au moins les voir. Mais non, la vie était une garce.
- Je peux voir en touchant, la corrigea Roxy, bien décidée à lui prouver que sa vie était quand même supportable. Disons que j'arrive à m'imaginer la personne, au moins.
Mauvaise idée. Elle sentit la remarque de Caroline s'abattre sur elle telle une poutre qui s'effondrait d'une construction.
- Oh tu n'as qu'à le faire pour t'imaginer Stefan, alors !
Elle faisait preuve d'un enthousiasme assez surprenant. Et mettait d'autant plus Roxy dans l'embarra. La pauvre, elle se mit à bégayer face à la proposition de sa cousine.
- Je ne crois pas que…
- Bien sûr, tu peux, la coupa l'un des deux garçons, le plus proche d'elle.
Elle supposa qu'il s'agissait de Stefan, puisque Caroline ne s'y opposa pas. Or elle semblait ne pas porter Damon dans son cœur.
Alors, les mains tremblantes comme jamais, elle les posa sur le visage du jeune homme. Elle essaya de se visualiser le fameux Stefan. Elle n'avait évidemment pas la couleur de ses yeux ou de ses cheveux, mais elle sentit des traits prononcés, une mâchoire carrée, des joues peu rondes, une masse de cheveux assez importante, des sourcils broussailleux, des lèvres fines et un nez imposant. Elle se l'imaginait comme un jeune homme très beau, qui semblait rempli de mystère à percer.
Seulement, malgré ses secrets, il restait une personne très souriante.
Elle cessa son petit jeu en laissant ses bras retombaient le long de son corps. Par reflexe, elle regarda en direction de la voix de Caroline, espérant qu'elle n'avait pas bougé. C'était un moyen de lui demander si elle était satisfaite par son petit manège. Etant donné son petit rire, elle semblait ravie.
Elle eut plus de chance avec le fameux Damon, celui-là ne vint pas se présenter à elle. De toute façon, il n'en aurait pas eu le temps, le téléphone de Roxy sonna et elle dut répondre. Elle se doutait bien qu'il s'agissait de son père.
Elle avait vu juste. Enfin, façon de parler.
Il chercha à savoir comment elle allait, elle resta vague comme toujours. Leur discussion ne dura pas bien longtemps, il la tint juste informé de l'avancement du déménagement et des travaux dans la maison. Il semblait distant mais elle s'y attendait un peu, il l'était toujours ces temps-ci. Après quelques mots plats et quelques questions sans grands intérêts sur les gens qu'elle avait vus jusqu'à présent, Roxy se décida à raccrocher.
Seulement, lorsqu'elle revint dans le salon, elle ne sentit plus les mêmes regards sur elle. En fait, elle se sentit incroyablement seule. Et c'était parce qu'elle l'était.
Ce n'était pas possible !
Quelques minutes absente et voilà qu'on l'abandonnait déjà. Néanmoins, elle n'allait pas se laisser faire de la sorte. Ils ne devaient pas être parti bien loin, en plus. Alors après avoir appelé à plusieurs reprises différents noms au hasard dans la maison, elle se décida à aller les trouver.
Elle prit sa canne et parti à leur recherche sur le vaste terrain des Salvatore.
Alors que pensez-vous de ce chapitre ?
Sa relation avec Matt est-elle plutôt surprenante ?
Son passé avec Jer vous semble-t-il intéressant ?
Et la rencontre avec les Salvatore ? Qu'en avez-vous pensé ?
A vendredi prochain pour la suite, avec l'apparition d'une nouvelle personne, je sens que vous allez aimer !
Amicalement vôtre, MissVeno'
