Le jour se lève sur l'imposant château caché en pleine Transylvanie. Tout autour de la piscine, des confettis ainsi que des rubans de toutes les couleurs gisaient sur le sol, marquant la fin d'une grande fête. Les derniers clients de l'hôtel rentraient à l'intérieur pour rejoindre leurs chambres. A leur passage, des sorcières marmonnaient entre leurs dents que si certains monstres étaient rentrés plus vite, elles auraient pu ranger toutes cette pagaille. Le soleil était déjà à moitié levé et elles allaient devoir tous nettoyer le lendemain pour que la piscine soit prête à temps pour les clients.

Dracula toujours dehors regarda autour de lui. Jamais auparavant il n'aurait toléré un pareil désordre, pourtant en ayant vu sa fille rire au éclat à chaque fois que Jonathan se ramassait une bombe à eau dans la figure, il ne pouvait s'empêcher d'être heureux et aucune urgence n'aurait pu empêché ça. Une douleur le fit sortir de ses pensée. Il regarda son corps à la lumière du jour. C'était une douleur atroce mais il se sentait bien. Il ne resta pas là plus longtemps, se transforma en chauve-souris et vola jusqu'à sa chambre. Il méritait quelques heures de sommeil après un concert en compagnie de ses amis. C'était la deuxième fois qu'il rechantait en public.

Rechantait.

Il chantait beaucoup avant...Avec ses amis, pour Martha, pour endormir Mavis quand elle était bébé...

Cette pensée le ramena à la clé. Il l'avait toujours bien cachée, pourtant la veille, il l'avait retrouvée par terre devant la porte de son bureau. Simple hasard ou sa fille y serait pour quelque chose? Non, elle lui avait donné sa parole, jamais plus elle n'irait fouiller dans ses affaires. Donner sa parole est une chose mais la tenir en est une autre. Il n'avait pas vraiment montré le bon exemple à sa fille sur ce point. Un doute s'empara de lui, il y avait des choses que Mavis ne devait en aucun cas découvrir et ces choses se trouvaient dans son bureau où quelqu'un s'était introduit imprudemment.

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Un dernier baiser, un signe de la main et Mavis quitte Jonathan pour entrer dans sa chambre. Tous les clients dormaient, elle avait vu son père rejoindre sa chambre, rien ne pouvait la déranger à présent. Elle s'installa confortablement dans son lit et sortit le vieux journal de dessous un coussin. Le cœur battant, elle l'ouvrit et continua sa lecture.

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Dracula et Martha se baladait dans les petits chemins d'un village d'Hawaï. Il faisait nuit et donc eux seuls s'amusaient à regarder les divers objets souvenirs dans les vitrines des petites maisons hawaïennes. Martha ne cessait de regarder autour d'elle. Au moindre bruit, ses muscles se tendaient et l'angoisse se lisait sur son visage. Au bout d'un chemin de terre, un chat sauvage comme on pouvait en apercevoir ici, renversa un tourniquet de cartes postales à quelques mètres d'eux. Martha s'accrocha au bras de Dracula en poussant un petit cris.

-"Pourquoi as-tu si peur?"

-"Mes parents m'ont toujours dit de faire très attention aux humains. Jamais je ne me suis introduite dans un de leurs villages..."

-"Tu n'as aucune raison d'avoir peur, je te promet de toujours veiller sur toi." Il lui fit un sourire rassurant et ils s'approchèrent des cartes postales éparpillées sur le sol. Ce village était isolé, c'est pourquoi la plupart des commerçants ne s'attardaient pas à ranger toutes les marchandises dans la boutique. Dracula souleva le tourniquet qui visiblement n'était pas solide du tout. Martha se baissa et prit un carte.

-"Regarde, elle est si jolie!"

-"Pourquoi avoir prit celle là? Il y en a d'autre..."

-"Non, parce que sur celle-ci, il est marqué :" Le paradis, vous le trouverez à Hawaï." Et c'est exactement ce que j'ai trouvé."

Un large sourire fendit le visage de Dracula. Il l'embrassa et l'emmena vers la plage, la carte sépia dans la main. Ils s'assirent sur le sable tiède, Martha la tête sur l'épaule du jeune comte et lui la cape autour des épaules de sa petite amie. Il ne faisait pas nécessairement froid mais juste se retrouver dans ses bras et la jeune fille était...au paradis.

-"Je me sens bien avec toi, je me sens en sécurité."

-"Tu le seras toujours, ma chérie."

-"Ma chérie? Mais j'y crois pas!" Quelqu'un venait de faire irruption sur la plage à quelques pas d'eux. Dracula sursauta et dans un nuage de fumée violette se retrouva devant l'intrus.

-"Qui êtes-vous!" Dit-il furieusement.

-"Oh mais elle, elle le sait." Répondit l'homme en regardant Martha. Dracula la regarda étonné.

-"Tu...Tu le connais?" Elle se leva et s'approcha lentement.

-"Oui, c'est une...connaissance."

-"Sale garce!" Lança l'homme. Martha détourna le regard.

-"Comment osez-vous..." Dracula serra les dents sentit la colère monter en lui. Personne n'avait le droit de dire ça à sa bien aimée. Il serra les poings et en un éclair, l'envoya cinq mètres pus loin.

-"Drake! Voilà qui je suis!" Il se releva, furieux d'avoir été humilié ainsi, et étonné de la force par laquelle il avait été envoyé au tapis.

-"Et excusez-moi d'interrompre votre petite balade amoureuse mais, Martha, tu viens avec moi!" rugit-il.

-"Elle n'ira nul part!" Dracula barra la route à l'autre vampire.

-"Comme c'est touchant! Mais... Nous ne sommes pas des connaissances, son père me la promis en mariage!"

Ces derniers mots le figèrent sur place. Il se tourna vers Martha toujours debout derrière eux.

-"Quoi, il a au moins 50 ans en plus que toi!" S'exclama Dracula, blessé intérieurement.

-"Je...Je suis désolé..." murmura-t-elle.

-"Sa famille n'avait pas vraiment le choix." Dit Drake en souriant méchamment. Les yeux de Dracula devinrent rouges. Drake se rendit compte que quoi qu'il fasse il ne serait pas de taille contre le comte, 50 ans de plus ou pas.

"Dis-lui de partir" Martha entendit cette phrase dans sa tête. Cette voix qui l'hante depuis qu'elle est en âge de se marier, cette voix, celle de Drake.

"Jamais, je l'aime, c'est mon zing, je ne veux pas de toi."

"Tu n'as pas le choix."

"On a tous le choix!"

"Sauf quand sa mère est en jeu."

Martha le regarda surprise.

"Que lui as-tu fait!"

"Dis-lui de partir!"

Entre temps Dracula avait envoyé un rocher dans la direction de Drake grâce à ses pouvoirs. Il l'évita à temps et s'étonna des pouvoirs du garçon. La télékinésie ne se développe pas à cette âge là, normalement. Drake sortit ses griffes et une bataille commença. Il réussit à déchirer le costume du comte au niveau de la poitrine. Du sang rouge foncé coula et des petites goutes s'écrasèrent sur le sol parmi les grains de sable. Il sourit, satisfait mais il n'avait fait qu'augmenter la colère de son adversaire. Dracula l'empoigna par le cou et le plaqua contre le tronc d'un palmier non loin de là.

"Si je meurs, jamais tu ne reverras ta mère, alors je te le redis une dernière fois : Dis-lui de partir! Maintenant!"

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Mavis referma le journal instantanément. Son cœur battait à la chamade. Elle avait peur de ce que sa mère choisirait. Son père ou sa grand-mère maternel? Elle ouvrit le journal et lui la page suivante mais la suite n'avait aucune cohérence. Elle examina de plus près le journal et remarqua des morceaux de papier accrochés entre les deux pages. Frustrée, elle se leva et couru rejoindre Jonathan dans sa chambre. Elle sauta sur le lit en secouant son petit ami toujours endormit.

Boum!

-"Ah! Qui est là!" Jonathan se releva, les cheveux en pétards.

-"Désolé! Pas trop mal?"

-"J'ai connu mieux comme réveil que de tomber de son lit après avoir été secoué par un vampire..." Mavis lui sourit descendit du lit pour l'embrasser tendrement.

-"C'est tout pardonné..." Dit Jonathan. "Alors qu'est-ce qui se passe pour que tu n'ai pas remarqué que je me trouve en caleçon devant toi?"

-" Excuse-moi, c'était important! C'est à propos du journal..." Elle rougit.

-"Explique-moi." Jonathan ramassa ses vêtements mal repliés sur une chaise en bois dans le coin de la chambre et commença à s'habillé en hâte, gêné que Mavis l'ai vu comme ça. Heureusement que ce journal la préoccupait.

-"Il manque une page! On dirait qu'elle a été arrachée, comme si...comme si celui qui l'avait enlevé voulait oublié ce qui avait été écris dessus."

-"Laisse-moi deviner, tu pense à ton père?" Appuyé contre le mur en face de Mavis, Jonathan était entrain de mettre ses vieillies chaussures.

-"Oui et cette page doit surement se trouver dans son bureau. Quelque part..." Elle regarda intensément Jonathan dans les yeux.

-"Oh-ooh, non, non je refuse de remettre les pieds dans cette pièce!"

-"Pourquoi?"

-"Parce qu'il y a deux jours, j'avais vu la porte ente-ouverte et que donc je pensais que c'était ton père qui était là. On a pas le droit d'y aller! Ton père va me tuer..."

-"Mais non, on ne se fera pas prendre..." Elle lui fit les yeux doux. Jonathan connaissait bien ces yeux là : le même regard qu'à leur premier baiser le jour des 118 ans de Mavis. Il soupira.

-"Bon ben il ne reste plus qu'à espéré qu'on peut devenir invisible comme Griffin..."