Auteur : KawaiiTenshi27

Disclaimer : Les personnages et l'univers dans lequel ils évoluent appartiennent à JKR.

Note de la traductrice : Youh ouh tout le monde, désolée je suis un peu plus en retard que ce que j'avais prévu pour ce chapitre, mais ma béta -la parfaite et si patiente Cybèle Adam... MERCI ma douce!- et moi avons quelques petits problèmes pour certains passages :-) Résultat des courses, le chapitre arrive à la bourre mais au moins j'ose espérer que vous ne serez pas trop déçus par la traduction :D

En tout cas, je ne sais pas comment vous remercier pour autant de sollicitude, les reviews m'ont fait énormément plaisir, même si je ne fais que traduire la fic ;-) Bref, je dirais simplement MERCI Barbotine-anciennement Diabolik vampyr, katory87, Kuro-hagi, Shima-chan, Zazo, Click La Magnifique, Loulou2a, ilai, Shmi, LumiNuitey, Cybèle Adam, yume-chan05, royale-de-luxe, Sorn The Lucifer's Angel, Ishtar205, Acetone, Yumeni et Edemi!


One-Night Stand

Deuxième partie

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Remus Lupin était assit contre la fenêtre du dortoir ; recroquevillé sur lui-même, il regardait la neige battre les carreaux et tracer des motifs en fondant au contact du verre.

Le ciel nocturne s'était assombri jusqu'à devenir gris acier, et la couleur lui enserra douloureusement la poitrine.

"Moony?" la voix hésitante venant de l'embrasure de la porte incita Remus à se retourner, et son regard rencontra une paire d'yeux reproduisant parfaitement la couleur du ciel ambiant. "Je t'ai amené un peu de thé." Sirius s'approcha prudemment de la banquette située sous la fenêtre et tendit timidement un mug fumant au jeune garçon. "Une cuillerée de miel et un nuage de lait, juste comme tu l'aimes."

"Merci," murmura Remus en acceptant le mug. Il but à petites gorgées et soupira avec reconnaissance.

Les yeux bruns-dorés revinrent alors sur la fenêtre ruisselante, la fixant du regard, et Remus se demanda si son humeur reflétait réellement le ciel ou si, par hasard, il s'agissait du contraire… Mais aucune des deux possibilités ne lui semblait très convaincantes.

La chaleur qui irradiait près de lui le poussa à se détourner de la fenêtre et il tomba sur un Sirius hésitant toujours à tout juste un pas de là.

Il souleva un sourcil brun clair avec ce qui lui sembla être un effort surhumain.

"Est-ce que le thé est bon ?" demanda Sirius en réponse à l'air interrogateur tout en entortillant nerveusement une mèche de long cheveux noirs entre ses doigts.

Remus essaya de sourire, mais s'aperçut qu'il en était incapable. "Oui," fit-il à la place. "Il est parfait."

Sirius resta planté là où il se trouvait, ne faisant que gesticuler. Ça ne lui ressemblait pas. Il se comportait très bizarrement depuis Cette Nuit-Là. Il était anxieux et agité, incapable de tenir en place. Il se montrait particulièrement attentionné, plus encore même qu'il ne l'était à l'approche de la pleine lune. Remus avait trouvé cela adorable le premier jour (peut-être que doux-amer serait un bien meilleur terme), quand Sirius descendait lui chercher de la nourriture et du thé ou du jus de fruit aux cuisines ou des livres à la bibliothèque, insistant pour que Remus se détende ; mais maintenant, trois jours plus tard, toutes ces attentions lui étaient devenues douloureuses.

Il n'était pas sûr de savoir pourquoi, il avait appris à gérer son béguin pour son meilleur ami il y avait des années, mais maintenant… Eh bien, maintenant, être aussi proche de ce qu'il voulait, de ce dont il avait besoin, et savoir qu'il ne pourrait jamais l'obtenir rendait tout cela extrêmement pénible.

Maintenant, il savait ce qui lui avait manqué, ce qui lui manquerait, et cette idée était presque bien plus que ce qu'il pouvait supporter. Les souvenirs de Cette Nuit-Là remontaient à la surface par bribes, venant le hanter avec des images et des sensations qu'il mourait d'envie de goûter à nouveau.

Il avait l'impression d'être le loup qu'il devenait une nuit par mois, pris au piège, fébrile et affamé. Et Remus en était malade, comme s'il lui manquait une part de lui-même ; la présence permanente de Sirius à ses côtés agissait comme un rappel implacable : plus jamais il ne se sentirait entier ; et pourtant, dans le même temps, il avait l'impression que cette pièce manquante le retrouvait toujours, dans le seul but de lui être arrachée chaque fois que Sirius quittait la pièce. Remus ne comprenait pas.

"… t'apporter quelque chose?" lui demandait Sirius.

"Quoi?" Remus revint à la réalité avec un sursaut douloureux.

"Est-ce que tu veux quelque chose?" demanda Sirius tout en continuant à tripoter ses cheveux.

Toi, songea Remus, et il se demanda s'il se comportait de manière aussi inhabituelle que Sirius.

"Non," mentit-il. "Rien." Et il s'en retourna à la contemplation de la fenêtre, ressentant le vague désir de hurler au ciel maussade, comme le loup hurlerait à la lune.

Il sentait encore la présence de Sirius à côté de lui et ne souhaitait rien de plus que de se jeter dans les bras du garçon aux cheveux sombres. Quelque part cependant, il avait l'impression que l'effort nécessaire pour bouger serait bien moins gros que celui qu'il devait fournir pour simplement continuer à respirer.

Devant lui, la neige fondue s'écoulait le long de la vitre au rythme des flocons encore gelés qui tombaient d'un ciel dont la couleur lui rappelait celle de certains yeux qu'il connaissait bien.

Il lui semblait que les cieux versaient des larmes de glace depuis un cœur gelé, et Remus se mit à souhaiter que son coeur gèle lui aussi. Pour endormir la douleur.

Les secondes se muèrent en minutes. Remus ne savait pas vraiment combien de temps il était resté assis sous la fenêtre, fixant le paysage, mais il savait qu'à un moment, Sirius était parti, sans que Remus ne sache où il était allé. Il pleura la perte du peu de chaleur que lui accordait une distance raisonnable entre deux amis, et ne remarqua pas les gouttes d'eau salées qui laissaient des sillons humides le long de ses joues, reflétant les dessins déjà tracés sur la vitre en face de lui.

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C'était la nuit. Une nuit froide. Il ne tombait plus de neige fondue, mais le temps était toujours brumeux et humide. Remus se tenait aux abords de la Forêt Interdite, fixant le ciel rougeâtre à travers les branches squelettiques des arbres nus.

Il attendait.

Une main sur son épaule le fit sursauter et se retourner si vite qu'il faillit perdre l'équilibre.

Des dents blanches déchirèrent la pénombre lorsque Sirius lui sourit.

Remus se demanda brièvement pourquoi il n'avait pas entendu l'autre garçon approcher, puis Sirius pointa quelque chose au loin, et Remus se retourna, fixant l'orée de la forêt en direction du château.

A plusieurs mètres de l'endroit où se tenaient les deux garçons, deux silhouettes sombres surgirent d'entre les arbres et se mirent à courir. Elles rasaient le sol, galopant sur quatre pattes, traînant derrière elles des queues qui flottaient dans le vent.

Remus ne savait pas vraiment s'il s'agissait de chiens ou de loups, mais tous les deux étaient incontestablement de race canine.

Ils s'approchèrent de l'endroit où se trouvaient les garçons. L'un des deux était un immense loup couleur fauve, mais il y avait quelque chose de bizarre chez lui - quelque chose de très bizarre : sa queue était trop touffue et son museau un peu trop long

Remus lâcha un hoquet silencieux quand il réalisa qu'il n'avait pas du tout affaire à un loup ordinaire, mais à un loup-garou. Mais… mais ce soir ce n'était pas la pleine lune. Etrangement pourtant, il n'avait pas peur, et, à côté de lui, Sirius ne paraissait absolument pas impressionné.

L'autre animal était un chien, noir et vraiment très grand, presque comme une ombre dans l'obscurité.

Avec stupeur, Remus se rendit compte que le chien ressemblait à s'y méprendre à Sirius transformé. En fait, Remus aurait juré que c'était bel et bien Sirius –il reconnaîtrait ce chien noir n'importe où– sauf que Sirius, sous sa forme humaine, se tenait près de lui, une main toujours posée sur l'une de ses épaules.

Le chien et le loup couraient côte à côte, si près l'un de l'autre que leurs fourrures semblaient ne faire qu'une. Puis, à peine à quelques pas de l'endroit où se trouvaient les deux garçons, les animaux s'arrêtèrent, se retournèrent, et regardèrent directement les humains.

Remus se figea. Tout son être lui hurlait des impulsions totalement contradictoires. Il avait désespérément envie de bouger et d'aller se placer entre Sirius et le loup-garou, mais sa tête lui ordonnait de rester le plus immobile possible, et que, contrairement à ce qu'il y paraissait, ils n'étaient pas dans le pétrin, ou, s'ils l'étaient, que tant qu'ils ne feraient pas de mouvements brusques, le loup ne les attaquerait pas.

Le museau du loup-garou s'agita, comme pour sentir le vent. Il fit un pas en avant, et puis un autre.

Le corps de Remus se contracta brutalement tandis qu'il essayait de ne pas bouger, priant n'importe qui pouvant l'entendre, pour que le loup les laisse partir sains et saufs.

La main quitta l'épaule de Remus, Sirius fit un pas sur le côté pour se dégager de derrière Remus et se dirigea vers l'animal couleur fauve.

Le cœur de Remus s'arrêta et son souffle se bloqua dans sa gorge. Pétrifié, tout ce qu'il pouvait faire c'était resté planté sur place à regarder Sirius et le loup-garou se rapprocher l'un de l'autre.

Sirius mit un genou à terre devant le loup et lui offrit sa main, paume vers le ciel, comme il l'aurait fait avec un chien ordinaire.

Remus sentit ses yeux sortir pratiquement de leur orbite lorsque, tel un toutou apprivoisé, le loup renifla doucement la paume tendue et la gratifia d'un coup de langue timide. Le cœur de Remus recommença à cogner et il réussit à vider puis remplir de nouveau ses poumons.

Le chien noir parvint à hauteur du loup et lui donna de petits coups avec son museau. Le loup se tourna et lécha le museau du chien. Ils restèrent ainsi pendant un moment, nez contre nez, comme s'ils s'embrassaient.

Soudain, Sirius fut de retour aux côtés de Remus, et, d'un geste souple, il attira le garçon aux cheveux fauves contre lui, l'entourant de ses bras et recouvrant la bouche de Remus de la sienne.

Ce qui parut être un instant plus tard, les deux garçons étaient de retour dans leur dortoir. Leurs chemises s'étaient déjà envolées lorsqu'ils basculèrent sur le lit de Remus, s'embrassant toujours sauvagement. S'appuyant sur ses bras, Sirius se releva légèrement, hésitant au-dessus de l'autre garçon. Le regard gris plongea dans les yeux brun-dorés.

Quelque chose poussa Remus à tourner la tête, et, debout près du lit, il vit le chien et le loup.

Les yeux de Remus croisèrent ceux du loup. Le brun-doré accrocha l'ambre saisissant, et, dans un effroyable éclair de lucidité, Remus réalisa qu'il se regardait lui-même.

Oubliant que Sirius se tenait au-dessus de lui, Remus se redressa en criant…

-

Les deux garçons ne fusionnèrent jamais.

Remus était seul dans son lit, en sueur, le coeur battant, la respiration hachée, fixant intensément l'obscurité. Cherchant… cherchant…

Il n'y avait rien. Pas de loup. Pas de chien. Pas de Sirius.

A suivre...