Auteur : KawaiiTenshi27
Disclaimer : Les personnages et l'univers dans lequel ils évoluent, appartiennent à JKR.
Notes de la traductrice : Yahou! Là! J'ai! Trop! Honte! Franchement, ça doit être le pire retard que j'ai jamais eu entre deux chapitres, et je vous présente mes plus plates excuses, même si je suis impardonnable. Pour ma défense, j'aimerais juste dire que depuis le premier jour, cette année 2007 est une vraie torture, je ne sais pas comment on peut accumuler autant de poisse en à peine quelques mois. Bref, revenons à ce qui vous intéresse! Je vous présente le chapitre 4 dont plusieurs passages ont été un peu compliqués à traduire, vous trouverez d'ailleurs sans doute quelques phrases un peu étranges, désolée par avance :-) Oh et comme toujours, prévenez moi si vous trouvez des horreurs, j'essaierais de corriger au mieux :-D
Avant de vous laisser à votre lecture, un énorme merci à Loulou2a, LumiNuitey, amaia009, cocbys, Shmi, Cybele Adam (ma douce et patiente Béta!), Sorn The Lucifer's Angel, Ishtar205, Yawee, Faëlle, Kuro-hagi, ma lune, misschatelle, ptitange, Marauder's Mad, haru et Abelforth Dumbledore pour les reviews! Je suis toujours épatée d'en recevoir quand on sait que je ne suis que la traductice.
One-Night Stand
Quatrième partie
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Remus était couché mais il ne dormait pas, il fixait le ciel de lit. Des mots et des phrases provenant du livre dans lequel il s'était plongé toute la soirée fusaient à l'intérieur de sa tête, refusant de le laisser dormir.
Première fois… acte sexuel… s'accouplent pour la vie… symptômes… léthargie… télépathie… création d'un lien… séparation… refus… mort…
Remus roula sur le côté et fixa les rideaux tirés.
Le livre avait tout expliqué. Les loups-garous s'accouplaient pour la vie.
Remus était un loup-garou. Remus et Sirius s'étaient accouplés.
Ce mot sonnait vraiment très cru, même dans l'esprit de Remus.
Les humains ne s'accouplent pas. Les animaux s'accouplent.
Malheureusement, Remus n'était pas humain, quoi qu'en disent ses parents et amis ; les derniers… évènements… n'avaient fait que confirmer ses certitudes
Et pire encore, maintenant il avait entraîné Sirius avec lui.
Leur comportement inhabituel à tous les deux, le manque d'énergie… c'était le lien qui les unissait. Ils s'étaient accouplés, mais parce qu'ils ne l'acceptaient pas, une barrière s'était dressée entre eux. Le lien tentait de s'approfondir, de détruire la muraille,de s'imposer, sans pour autant y parvenir. Résultat, ils dépérissaient à petit feu.
Remus se tourna de l'autre côté et enfonça son poing dans l'oreiller pour lui donner une meilleure forme.
Ils devaient accepter le lien tous les deux ou alors… ou alors rien du tout. Il n'y aurait rien. S'ils n'acceptaient pas le lien, Remus mourrait. Du moins c'est ce qui avait semblé ressortir du texte.
Si Sirius acceptait le lien et que quelque chose arrivait à Remus, Sirius risquerait de ne pas y survivre. Si Sirius acceptait, il serait enchaîné à Remus pour le restant de sa vie – cœur, esprit, corps et âme.
Si Sirius refusait, Remus n'y survivrait pas.
Mais comment Remus pouvait-il lui demander une chose pareille? Comment pouvait-il demander à Sirius de lui offrir sa vie?
Sirius avait insisté plus d'une fois sur le fait que de véritables amis devaient être capables de partager absolument tout. Le jour où Sirius avait avoué à Remus qu'il était au courant de sa lycanthropie, il lui avait ordonné de lui dire si jamais il avait besoin de quelque chose, et lui avait certifié que tout ce qui appartenait à Sirius appartenait désormais également à Remus. Mais demander à un ami la permission de lui emprunter une chemise ou une plume était quelque chose de totalement différent de lui demander d'abandonner toute sa vie.
Avec un grognement, Remus se retourna sur le ventre et enfouit sa tête dans son oreiller. Les traces d'une odeur persistant depuis déjà plusieurs jours titillèrent les sens du loup-garou. Remus inspira profondément : Sirius. Il arrivait à sentir le shampooing que l'autre garçon utilisait, mais également quelque chose de plus fort, de plus primal, quelque chose qui se trouvait être l'essence même de Sirius, et le loup identifia immédiatement l'odeur caractéristique de son compagnon.
Remus grogna de nouveau, mais cette fois, le son se fit plus canin. Pendant un moment, le loup lutta contre l'humain, et Remus plongea sa tête encore plus loin dans l'oreiller, inspirant profondément.
L'humain ne voulait pas forcer Sirius en quoi que ce soit, et craignait qu'en apprenant pour les rites d'accouplement chez les loups-garous, l'autre garçon ne se sente obligé d'accepter par loyauté ou au nom de leur amitié, ou bien à cause d'un sentiment de culpabilité ou même par pitié. Remus n'arrivait même pas à décider ce qui serait le pire, Sirius acceptant parce qu'il se sentirait désolé pour le pauvre loup-garou mourant, ou Sirius acceptant parce qu'il se sentirait responsable –tout comme il épouserait une fille qu'il aurait mise enceinte.
Le loup se moquait bien des choses comme le sens des responsabilités, la pitié ou l'amitié, tout ce qu'il voulait c'était son compagnon, et il se fichait de la façon de l'obtenir.
D'ailleurs, pour être honnête –et c'était le moment ou jamais de l'être– Remus était bien obligé d'admettre que son côté humain désirait Sirius aussi fort que le loup, et il ne se faisait pas d'illusion, il n'avait pas le droit de rejeter la faute sur le lien, il n'était pas l'unique responsable de son… intérêt.
Mais il ne pouvait pas détruire la vie de Sirius, même pour sauver la sienne. Il ne serait pas la grossesse accidentelle, l'enfant non désiré, l'erreur. Sirius avait un avenir, un réel avenir, et Remus ne supporterait pas d'être celui qui le lui gâcherait.
Lentement, rassemblant toute sa détermination, Remus roula sur le dos, s'éloignant de l'odeur persistant sur son oreiller. Le loup se battait, mais la pleine lune n'était pas assez proche pour que la balance penche en sa faveur, et l'humain gagnerait.
Des larmes d'amertumecommencèrent à perler aux coins des yeux de Remus et il les essuya d'un geste rageur avant de s'asseoir. Il ne s'apitoierait pas sur son sort. Peu importait ce qu'il allait lui en coûter, il sauverait Sirius. Et puis il n'avait aucun moyen d'être certain que le rejet du lien signerait son arrêt de mort à lui. Qu'est-ce qu'un simple bouquin pouvait connaître de ces choses-là de toute façon?
Il se frotta furieusement les yeux.
Et si c'était vrai…
Il se mordit la lèvre.
Serait-ce rapide? Est-ce qu'il dépérirait? Il avait déjà l'impression de dépérir. Il se sentait mourir. La mort ressemblait-elle vraiment à ça? Devrait-il laisser un mot, juste au cas où il s'effondrerait tout d'un coup? Combien de temps lui restait-il? Il y avait encore tant de choses qu'il aurait voulu faire, tant de choses qu'il aurait aimé dire… tout particulièrement à…
Tout se brouillait dans sa tête, tournoyant à une vitesse telle qu'il arrivait à peine à réfléchir correctement. Mais rien de tout cela ne semblait avoir d'importance de toute façon.
Le loup hurlait, furieux et plaintif.
Les larmes se déversaient toujours, mais il ne les remarquait plus qu'à peine.
Il avait toujours voulu voler.
Cette pensée vagabonde émergea soudain de la tornade qui faisait rage dans son esprit.
Il était terrifié par les hauteurs. Il avait détesté les leçons de vol qu'il avait été forcé de suivre en première année. Il avait réussi à survivre aux cours d'Astronomie uniquement parce qu'il faisait trop noir pour voir autre chose que les étoiles et les planètes à travers le télescope, et aussi parce qu'il regardait en haut, pas en bas.
Mais il avait toujours voulu voler.
Ses amis volaient. Haut. Vite. Loin de leurs problèmes. Le vent fouettant leurs cheveux et leurs robes.
Il voulait voler.
De toute façon, si la fin était proche, il pouvait bien essayer au moins une fois.
Remus se leva, ne remarquant même pas les flots salés qui coulaient librement sur ses joues.
Il n'avait pas de balai à lui, alors il ouvrit la malle de Sirius et prit le sien. Sans réfléchir, il attrapa également une cape et s'emmitoufla à l'intérieur. Pendant un moment, avec le coffre ouvert et la cape enroulée autour de ses épaules, par-dessus son pyjama, l'odeur de Sirius le submergea presque… alors il referma brutalement la malle et quitta la chambre.
Le léger parfum persistant sur l'étoffe flottait à sa suite, et sembla lui donner la force de continuer.
Ses pieds le portèrent à travers les couloirs et l'emmenèrent tout en haut de la Tour d'Astronomie. Au sommet, il lui fallut un moment avant d'arriver à ouvrir la porte et se frayer un chemin dans le vent. Il faisait noir dehors – l'épaisse couverture nuageuse bloquait la lumière des étoiles et de la lune – et le froid était mordant. La porte claqua derrière lui et le vent le heurta avec force, transperçant aussi bien le fin tissu que la lourde cape. Une partie de lui souhaitait qu'il ait pris le temps de s'habiller correctement, mais le reste de sa personne s'en fichait.
Maladroitement, il passa une jambe par-dessus son balai, et agrippa le manche. Il frappa le sol d'un grand coup de pied et s'éleva dans le ciel gris sombre.
Des bourrasques de vent le fouettaient de tous les côtés, essayant de l'arracher au mince manche auquel il se cramponnait. Il était terrifié, mais sa frayeur semblait s'émousser.
Même sa peur de voler ne signifiait plus rien.
La neige commença à tomber, et il fut rapidement trempé. Son corps tout entier était engourdi, mais il le remarqua à peine. Tout paraissait s'accorder tellement bien à la situation.
Peut-être que je devrais simplement tout laisser tomber, songea-t-il vaguement. En finir tout de suite, de façon brutale, tant que je ne ressens aucune douleur. Si je tombe, aucun refus ne pourra plus nous faire de mal, ni à moi ni à Sirius. Même si le lien est rejeté, il pourrait en souffrir. Je pourrais tout abandonner maintenant, et tout serait terminé.
REMUS!
Remus sursauta brusquement, et faillit lâcher le balai.C'était la voix de Sirius. D'où venait-elle?
REMUS!
Il regarda frénétiquement à gauche puis à droite, partout, mais il ne voyait rien.
REMUS! OÙ EST-CE QUE TU ES?
Là! Sur le bloc noir que formait la Tour d'Astronomie, tout en haut, près de la porte, on distinguait une minuscule ombre qui pouvait bien être une silhouette humaine. Mais il était impossible que Remus puisse l'entendre, même avec un sortilège d'amplification.
Remus! Reviens!
La voix se fit plus douce, mais tout aussi ferme, et, à travers ce ton plus calme, on pouvait détecter des traces de peur. Remus réalisa soudain que le son venait de l'intérieur de sa propre tête.
Est-ce que je suis dingue? Se demanda Remus comme une sourde angoisse s'insinuait dans son esprit.
…télépathie…
Le livre! Le livre avait mentionné la télépathie!
Alors Sirius était réellement dans sa tête, ce n'était pas simplement une voix qui ressemblait à la sienne.
Sirius? Appela-t-il, se demandant si l'autre garçon l'entendrait.
Remus? La réponse fut immédiate et clairement empreinte de panique.Remus, reviens! Où est-ce que tu es? Je suis au somment de la Tour. Je n'arrive pas à te voir. Je sais que tu n'es pas loin, mais je n'arrive pas à te voir! Reviens!
Presque comme si le balai obéissait aux pensées de son maître, Remus se retrouva soudainement sur le chemin du retour.
Il se posa et trébucha en descendant du balai, tombant presque à la renverse, mais Sirius le rattrapa, l'entourant de ses bras puissants.
"Tu es trempé," sermonna la voix rauque de Sirius à l'oreille de Remus. "Tu dois être gelé."
Mais malgré le froid qui le glaçait jusqu'aux os et l'absence de sensations dans ses jambes engourdies, Remus se sentait plus vivant en cet instant qu'il ne l'avait été depuis des jours. Les bras de Sirius autour de lui avaient brusquement allumé quelque chose au fond de lui et il se sentait merveilleusement bien
Sirius ramena Remus à l'intérieur, le soutenant pour descendre les escaliers et retourner à la salle commune.
Remus s'effondra sur l'un des canapés, submergé par une nouvelle vague d'épuisement.
Sirius ranima le feu d'un rapide coup de baguette, puis il fit venir une couverture dans laquelle il enveloppa fermement le loup-garou mouillé, avant de prendre la cape dégoulinante et de l'étendre devant les flammes pour la faire sécher.
"Tu te sens mieux?" demanda Sirius.
"Quoi?" Remus, dont les paupières s'étaient fermées toutes seules, se mit à cligner des yeux en direction du garçon aux cheveux noirs accroupi à ses pieds.
"C'est pour ça que tu as pris mon balai," dit Sirius, remuant la main en direction du balai appuyé contre le l'extrémité du canapé. "Pas vrai?"
Remus fronça les sourcils, essayant de réfléchir."Comment tu l'as –"
"Su?" Sirius haussa les épaules. "Je le savais, c'est tout. Là," il tapota sa poitrine. "Je savais que tu étais bouleversé, encore plus qu'avant, et je savais que tu irais au sommet de la Tour. Et après," son front se plissa, comme s'il cherchait à comprendre quelque chose, "...et puis après j'ai commencé à entendre des morceaux de pensées, j'avais l'impression de reconnaître ta voix, là," il tapota sa tête, "mais il y avait des interférences, comme quand on essaie d'écouter la RITM (Ndt : Radio Indépendante à Transmission Magique) à travers les barrières de Hogwarts." Il fronça soudainement les sourcils. "Est-ce que tu pensais à te suicider?" Le ton de sa voix indiquait qu'il était persuadé de faire une erreur.
Remus ne répondit pas, refermant simplement les yeux.
"Remus?" Une fois de plus la voix de Sirius se teinta de quelque chose qui s'apparentait fort à de la panique. "Remus?"
Celui-ci ne répondit pas.
Remus! La voix de Sirius retentit à l'intérieur de son crâne, et il ne put lui échapper. Réponds-moi, bordel!
"Oui!" hurla Remus, aussi bien dans l'esprit de Sirius qu'à voix haute, et même avec les yeux fermement scellés, il sut que Sirius avait grimacé.
"Pourquoi?" demanda doucement Sirius. "Pourquoi tu penserais à faire une chose pareille?"
"Ça aurait été plus simple pour tous les deux," avoua Remus encore plus doucement que Sirius.
"Je ne comprends pas."
Une main affectueuse repoussa les mèches de cheveux qui tombaient sur le front de Remus, et une vague d'émotions provenant de Sirius, déferla sur Remus, empreinte de réconfort, de sollicitude… d'amour.
Les yeux de Remus s'ouvrirent brusquement. D'un seul mouvement, il s'arracha du canapé et se rua dans l'escalier en colimaçon. Il déboula dans le dortoir, courut jusqu'à son lit et s'empara du funeste livre qu'il avait laissé sur la table de nuit.
Quand il se retourna, Sirius se tenait dans l'encadrement de la porte –il devait l'avoir suivit dans les escaliers- et affichait un air désemparé qui ne lui ressemblait pas du tout.
"Là!" Remus flanqua sans ménagement le livre dans les mains de Sirius. "Là!" fit-il encore une fois. "Tout est là!"
"Rem, je ne–"
"Tout ce qui s'est passé, tout ce qu'on a ressenti. Toi dans ma tête et moi dans la tienne."
"Qu'est-ce que tu–"
"C'est pour ça que tu crois avoir… des sentiments… pour moi." La lèvre de Remus menaça de se mettre à trembler. Il la mordit si fort qu'il sentit la peau se fendre.
"Qu'est-ce –"
"Je viens juste de le ressentir. En bas. Ça venait de toi. Tu crois que tu… m'aimes. Tu ne sais pas pourquoi, mais c'est ce que tu ressens. Je suis désolé."
"Tu es désolé pour quoi?"
"C'est de ma faute." Remus planta de nouveau ses dents dans sa lèvre et la douleur le rendit presque heureux.
"Ta faute?"
"Après…" Remus déglutit. "Après avoircouché ensemble, le matin suivant, quand on s'est réveillé dans le même lit, et qu'aucun de nous ne se souvenait ce qui s'était passé, et que tu m'as demandé si j'avais mal… je t'ai dit que oui, et la raison pour laquelle j'avais mal, c'était parce que je n'avais jamais couché avec personne d'autre."
"Je ne –"
"Tu étais mon premier, Siri. Tu étais mon premier, et je suis un loup-garou."
Sirius se contenta de le fixer du regard, ne comprenant visiblement pas.
Remus prit une grande inspiration. Le moment était venu. Il n'avait pas eu l'intention de le dire à Sirius, mais à présent il le devait ; le moment était venu. "Sirius, les loups-garous s'accouplent pour la vie."
A suivre...
