Voici la suite ! Attention, c'est quelque peu violent


Sur l'île des hommes poissons : qu'est-ce qu'un sentiment ? Part 3

L'homme poisson n'avait pas compris ce que j'entendais par là. Je l'étudiais soigneusement en me demandant par quoi j'allais commencer. Le genou me paraissait bien. Scrupuleusement, je posais ma main droite sur son genou, faisant glisser mes doigts dans les interstices de sa rotule, pendant que de la gauche, je touchais mon propre genou à titre de comparaison. J'enfonçais alors mes ongles en dessous de sa rotule ce qui lui arracha une grimace. Pour moi aussi c'était douloureux. Il semblerait que nous soyons fait de la même manière pour ce qui était de cette articulation. Je passais ensuite à ses pieds qui m'avaient intrigué pendant notre combat. Les miens étaient particulièrement sensibles et il m'était impensable de sortir sans chaussure.

Méticuleusement, je les observais. Forcément, ils étaient très sales. Ses orteils étaient palmés tout comme ses doigts, cette partie là aussi devait être peu sensible pour qu'il se permette d'être pieds nus. Comme tout à l'heure, j'enfonçais mes ongles dans la fine peau – à moins que ce ne soit une membrane. Cette fois-ci, je sus immédiatement que j'avais touché un point sensible car il cria.

– Pas les membranes ! Ça fait mal! Mais qu'est-ce que tu me veux à la fin !

Je l'ignorais et continuais d'appuyer avec plus de force. Il cria d'autant plus et je sentis la membrane se déchirer sous mes ongles tandis que du sang coulait légèrement. Vraiment sensible. Je passais ensuite à sa voute plantaire, mes pouces roulant sur la peau rêche. Le dessous de ses pieds n'étaient pas tendre comme les miens mais dur comme un cuir épais. Intéressant. Les hommes poissons semblaient partager, comme moi, des caractéristiques avec les humains mais aussi s'en distinguer par petites touches subtiles. J'avais hâte de découvrir nos différences. Déjà, la plus frappante, il n'avait pas de cornes comme moi. Cela ne me découragea pas pour autant. Qui sait, peut-être venait-il d'une contrée voisine à la mienne.

Minutieusement, je cherchais un bijou qui serait un item de pouvoir comme Angry. Rien. Cette race serait-elle une première fausse piste ? Pour le savoir, j'allais devoir le questionner. Instinctivement, je portais ma main à ma gorge meurtrie. Je ne voyais l'utilité de parler que dans des cas de ce genre : l'interrogatoire. Une de mes caractéristiques qui ne plaisait pas du tout à mes supérieurs ou ceux qu'ont m'avait dit être mes camarades. Sans sommation, je lui décochai à pleine puissance un coup de pied latéral, frappant du talon, sa rotule. Effet immédiat. Il hurla et sa rotule émit un craquement significatif. Luxée si ce n'était cassée. Les avantages d'être un artiste martial, je savais où frapper pour faire mal et engranger un maximum de dégât.

– J'ai quelques questions à te poser. Si je doute de tes réponses, chacune de tes articulations subiront le même traitement.

Il me regarda comme si j'étais fou et pourtant je ne voyais pas de peur dans ses yeux. Etrange.

– Tansui sait tout ce qui se passe sur cette île, il te fera payer au centuple quoique tu me fasses.

Impassible, je fis le tour de l'arbre auquel je l'avais attaché, lui prit les doigts et leur fit subir une torsion à 90° degrés. Ces phalanges émirent le bruit significatif d'os qui se brisent et ses doigts restèrent parfaitement perpendiculaires au dos de sa main.

– Tu ne parleras que pour répondre à mes questions.

Il se tut, serrant convulsivement les dents. De douleur ou de rage, je ne saurais le dire.

– D'où est issu votre race?

– Comment pourrais-je savoir une chose pareille ? Les humains savent-ils d'où ils sont nés, non. Hé bien nous c'est pareil.

J'aurais essayé.

– As-tu déjà rencontré quelqu'un de mon espèce d'où tu viens?

– C'est la première fois que je rencontre quelqu'un de ton espèce mais la prochaine fois que je te croise toi ou quelqu'un de ta race, ma revanche sera violente.

Regardant autour de moi, je cherchais un caillou qui pourrait lui faire comprendre que seules ses réponses m'intéressaient. J'en trouvais un parfait pour ce que j'allais faire. Sa pointe qui m'avait interpellé sortait de poing refermé. A l'aide de mes propres jambes, j'immobilisais sa jambe gauche, la droite étant inutilisable après ce que j'avais fait subir à son genou, et délicatement, je découpais la membrane entre son premier et second orteils. De toutes les choses que je lui avais infligé, ce fut celle qui le fit le plus hurler. Il faut dire que, bien que pointu, la pierre ramassée n'était pas propice à ce genre de travail alors le découpage ne fut pas très net ou franc.

– Pas de paroles que tu ne saurais tenir. Combien êtes vous sur cet archipel ?

Il ne savait rien de mon espèce, c'était un fait. Autant donc obtenir des informations relatives à ma mission.

– L'équipage complet de Tansui sera près à t'accueillir pour te faire la peau. Quand ils verront que je tarde à rentrer, ils vont venir me chercher, me trouveront, délivreront, et je te ferais subir à l'identique chacune de mes blessures,éructa-t-il

De nouveau, je lui immobilisais la jambe gauche et m'attaquai à la membrane entre le second et le troisième orteil. La pierre ripa et je lui entaillai méchamment l'un de ses orteils. Je n'entendais plus ses cris tellement j'étais concentré sur ce que je faisais. Ma tâche finie, je pris le morceau sanguinolent et le jetais sur lui.

– Je t'avais dit de ne répondre strictement qu'à mes questions.

– Tu es un psychopathe cruel et amnésique par le dessus le marché ! Tu ne m'as jamais dit ça, gémit l'homme-poisson de douleur.

Je réfléchis quelques instants. Il est vrai que je lui avais seulement dit de ne pas proférer de menaces qu'il ne pourrait pas tenir. De toute façon, c'était plus ou moins une menace qu'il venait de dire alors mon acte était totalement justifié. Et puis peu m'importait. Ce n'était pas moi qui souffrais et cela ne me posait aucun problème moral.

– Un chiffre précis.

– J'en sais rien ! Une quarantaine peut-être.

Ah oui. Tout de même. Je ne pouvais définitivement pas aller frapper à Tansui Kingdom pour attaquer de front.

– Votre spécialité?

– Tu ne sais vraiment rien de nous, constata-t-il atterré. Je m'approchais de son coude et il me répondit très vite : Tout dépend de l'espèce qu'on est. Certains pratiquent le karaté, d'autres utilisent des armes, ou encore parfois nos spécialités physiques en lien avec la mer. Par exemple, dans l'île d'où on vient, il y en a un qui se servait de ses lèvres développées comme d'un pistolet à eau.

– Pourquoi vous en prenez vous à Goa mais pas à Kokoyashi?

– Aucune raison particulière. Ils ont tenté de nous enfler sur l'argent, ils ont payé d'une autre manière. Kokoyashi a respecté les règles, on ne leur fait donc pas de mal. Pas physiquement du moins.

– Quels bâtiments de la marine avaient vous coulé ?

A ce moment-là, je vis qu'il comprit pourquoi j'étais là.

– Seulement deux. La Marine a très vite compris qu'elle ne pouvait pas nous débusquer alors on s'est arrangé avec la base régente d'East Blue. Ils ne nous signalent plus et on ne coule plus leur bateau.

Ce fut moi qui compris soudainement. J'étais l'opportunité parfaite pour la Marine. Une arme top secrète qu'ils pensaient indestructibles. Ils n'avaient rien à perdre à m'envoyer ici, du moins le pensait-ils. J'avais été utilisé. Les hommes poissons ne pouvaient pas leur reprocher quoique ce soit sur une éventuelle traitrise de par ma présence vu qu'officiellement, je n'existais pas – à moins de fouiller dans les bons dossiers – et si je réussissais à les débusquer d'ici, ce serait la Marine qui en prendrait toute la gloire. C'était bien pensé.

Pas le moins du monde perturbé par cette révélation de traitrise à mon encontre, je me demandais ce que j'allais pouvoir poser de plus comme questions mais rien ne me vint à l'esprit. Je l'avais salement amoché mon prisonnier. Il ne pourrait sans doute plus jamais marché à cause de son genou et sa jambe gauche ne valait guère mieux avec les membranes que je lui avais ôtées.

Ma pierre pointue toujours en main, je m'approchai de lui, il tenta de se débattre une fois de plus et l'arbre émit un craquement. Heureusement que je l'avais choisi bien épais. Comme un poignard, je tenais la pierre en prise inversée, pointe vers le bas, et frappais rapidement et successivement de chaque côté de la nuque épaisse de mon prisonnier. Je devais avoir touché soit l'artère thyroïde supérieure ou la veine du même nom car aussitôt le sang se déversa à gros bouillon. Les mains poisseuses du sang de ma victime, je le laissais là et cherchais un point d'eau.

Je m'étais sali le visage, les mains et les avant bras avec cette histoire. Heureusement, ma précieuse veste avait miraculeusement été épargné. Auquel cas, le cuir, ça se lavait bien.